Hagakure : 1ère Traversée des Vosges, le Récit !

Au moment où je m’attelle à l’écriture de cet article, nous sommes le 18 septembre, je suis sur une terrasse Cévenole en t-shirt, en sirotant un thé glacé au litchi… La vie est parfois cruelle, mais il faut que je me replonge dans la fraîcheur vosgienne de début septembre.

La 1ere Traversée des Vosges du projet Hagakure consiste en 5 jours de marche, d’Abreschwiller à Belfort, sur le tracé de Stéphane Brogniart, départ le 1 septembre. 210Km, 7700m de dénivelé positif, soit 40km par jour en moyenne.

“En ce qui me concerne, le début d’une aventure est de ne pas savoir comment je la réaliserai. Si je n’ai que 5 à 10% de réponses à mes questions, je pars. L’inverse ne serait pas intéressant.”
Mike Horn

Vous vous attendiez à ce que je commence le récit le matin du 1 septembre, sur le parvis de l’église d’Abreschwiller, avec ma compagne me souhaitant une belle aventure ? Pauvre naïf. L’aventure a commencé plus tôt, bien plus tôt.

Mi-août. Je travaille en tant qu’animateur. Mon job consiste à créer des animations pour les enfants, à les emmener en forêt, et si possible, les ramener sains et sauf à leurs parents. Initiation à la survie, au trailball, à la faune et à la flore… Chaque moment passé dehors est une petite préparation pour ma traversée. Mon esprit, lui aussi, cherche des moments de temps libre pour se préparer à la traversée.
Ma préparation est toujours un mélange d’organisation et d’improvisation. Plus j’ai confiance dans mon corps, mon matériel et mes connaissances, plus j’ouvre l’espace des possibles et m’autorise à improviser.

J’ai prévu de partir le 13 septembre, ce qui me laisse du temps pour organiser le tout.

Mais un coup de fil, une discussion et un peu d’imagination bousculent ce qui a été prévu.

Un dojo d’Aïkido dans les Cévennes a besoin d’un peu d’aide. C’est une occasion de se faire la main dans l’enseignement en assurant quelques cours, et de dynamiser le groupe local. Mais si ma compagne et moi acceptons la proposition, il faut être sur place le 8 septembre…
Mais… mais… J’avais commencé à tout bien prévoir : recevoir mes nouvelles Luna Sandals, faire un jeûne de 5 jours, dont trois à sec, faire une rando par semaine de 40-50km…

Passer trois mois dans le Sud, découvrir un nouveau lieu et de nouvelles personnes… En plus, quasiment un an jour pour jour après notre départ au Mexique en tant qu’élèves internes dans un dojo (Uchi-Deshi : un système à l’allure féodale pour aller dans la profondeur de notre être à travers un art martial…). Si ce n’est pas un signe…

Pour moi, il est évident que je veux saisir cette belle opportunité.

Les diablotins sont de la partie

Et voilà qu’un diablotin apparaît. C’est vrai, j’ai une excuse en or pour ne pas faire cette traversée maintenant. La décaler à 2019 : je serai mieux préparé, physiquement, mentalement et matériellement.

Je ne sais pas si vous connaissez ce diablotin. Il a pour mère la déesse de la procrastination intelligente, et le démon de la mauvaise fois comme géniteur. Ce diablotin s’exprime souvent en ces termes :

Pas de précipitation. Pourquoi faire aujourd’hui, ce que tu peux faire demain de manière bien plus efficace ?

Après tout, ce n’est pas de ma faute… Et puis, presque personne ne suit mes aventures Hagakure. Mes proches comprendront, les autres ne le remarqueront même pas.

Heureusement, la vie m’a déjà appris quelques petits trucs ces 25 dernières années. Notamment, si tu croises le doute, tue-le. Et pour le tuer, il faut agir.

“L’opportunité doit être investie avec tout mon être
Comme si c’était ma dernière chance.
J’évite ainsi les remords de l’inaction et j’apprends par l’action.”
Bushido, le code des Samouraïs

Donc, je dois bien sûr aller dans les Cévennes. Et je dois faire cette Traversée. Adaptabilité.

Nous partons pour les Cévennes le 7 septembre.
La Traversée dure 5 jours. Il faut prévoir un jour de plus par sécurité.
Je veux faire un jeûne. Minimum 3 jours, 5 jours idéalement.
Je dois gérer la reprise alimentaire, pour ne pas être mal pendant la Traversée.
Je ne dois pas abandonner les enfants en forêt, et donc tenir mes engagements professionnels.

Bienvenue dans “Gère ma Vie”, le jeu de gestion interactif où il n’y a pas de gagnant.

Évidemment, ce fut possible. Quitte à faire chevaucher certaines activités – Être en jeûne sec et animer ? – Pas de souci.

Le calendrier s’est montré plutôt coopératif, et j’ai renvoyé le diablotin faire mumuse dans un endroit plus chaud.

Mes Luna Sandals viennent des Etats-Unis. 20 jours de délai, mais je n’ai pas trouvé mieux plus près…

Tiens, ils ont agrandi le paquet.
Tiens, elles paraissent vachement grandes, tout de même.
Tiens, mon pied a vachement rétréci.

Oh la vache, je me suis gouré de taille.

Je n’ai plus le temps d’en commander d’autres. Adaptabilité, toujours.

Randonner en chaussures ? Non, hors de question. Si il pleut (il paraît qu’il y a des risques qu’il pleuve dans les Vosges… Il paraît…), les chaussures mouillées sur 5 jours, non. De plus, pour être le plus léger possible, pourquoi s’encombrer de chaussettes ?

Je passe au monstre bleu Décath’. À la recherche de la sandale de rando la plus physiologique possible…

Il y a 5 modèles, de 13 à 80 euros…

Je le savais : la plus physiologique est celle qui est la moins perfectionnée, et donc la moins chère. A 13 euros mes sandales, cela me change des Lunas à 80…

Elles ne sont pas parfaites, elles ont notamment un petit soutien plantaire sur l’intérieur. Mes pieds vont devoir s’en accommoder.

Ça, c’est fait.

La liste des points d’eau ? Aucun souci, Nicolas Castano du projet Terre Loups m’a envoyé les lieux – avec photos ! Il y a un endroit où il n’y a pas d’eau sur 40 km. Mais grâce au jeûne sec, je sais que, en cas de pépin, je peux rester plusieurs heures / jours sans eau. Mentalement, je suis en confiance.

L’itinéraire ? A l’ancienne, le GPS du téléphone me servira uniquement en cas de doute. L’autonomie est assez mauvaise, et je ne veux pas m’alourdir d’une batterie externe.
J’ai donc imprimé les 14 parties de cartes, sur 7 pages A4, que j’ai retaillées aux ciseaux. Parfait !

Je suis prêt. Évidemment, j’aurai aimé être un peu plus prêt : un mental un peu plus confiant, un corps un peu plus musclé, certains objets un peu plus éprouvés… Petit diablotin, je vais te laisser moisir sous la pluie.

31 août, notre château ambulant (tel un rônin moderne en quête d’accomplissement, je vis avec ma compagne dans un van aménagé) est posé à 3km d’Abreschwiller, lieu du départ. Difficulté à m’endormir avec le stress de l’aventure, nous regardons un film (bon, d’accord, un rônin très moderne…). Vous savez, vous, que le diablotin a une sœur qui fait dans l’auto-sabotage ?

1er septembre, 7h : le réveil sonne. Il fait frais. Cette fraîcheur m’accompagnera pendant toute la balade.
7h30 : Sur le parvis de l’église, l’aventure commence. Une première et dernière photo, avant cinq jours de jeûne technologique.

Hagakure : le matériel de la première Traversée des Vosges

Premier objectif : atteindre Schirmeck – à 30km / 940m+ – pour retrouver un compagnon de chemin, qui devrait m’accompagner jusqu’au lundi matin, au Col du Bonhomme.

Je me sens léger, je cours par moment, malgré mon sac un peu lourd pour cela. Qu’importe ! D’ailleurs, c’est agréable, cela descend. Je continue de courir, innocemment, la fleur aux dents… Néanmoins, malgré mon innocence, j’ai grandi dans les montagnes. Toujours se méfier quand ça descend. Mais la course est tellement facile en descente…
Trop, c’est trop. Je sens l’erreur de parcours. Ayant trottiné pendant une vingtaine de minutes en descente, ce n’est pas bon signe. Je sors le GPS – déjà – pour confirmer que j’ai raison. Parfois, j’aime avoir tort, pourtant. Effectivement, petite erreur de parcours.

J’aime l’état mental qui apparaît à ce moment-là. Je suis seul, ce n’est pas une situation héroïque, c’est juste la vie. Je dois faire demi-tour, remonter pendant bien 30minutes pour revenir où j’étais. Une petite heure de « perdue ».

Si le chemin est plus important que la destination, alors ce genre d’erreur n’est pas censé impacter le moral. Au contraire, cela rallonge, que du plaisir en somme, non ?

Je n’en suis pas encore là…

Je prends juste un malin plaisir à observer l’impact que cela peut avoir. Pour l’instant, ça va. Il y aura sûrement d’autres moments comme ça. Chaque chose en son temps.

J’ai une bonne vitesse de marche, que j’estime pas loin des 5km/h.

Gare de Schirmeck, 30km / 940m+, 14h45 : Lieu de rendez-vous pour récupérer Plouis, mon compagnon. Certains d’entre vous se rappellent de lui, c’était le Schtroumph bleu du Marathon en escadrille.

Plouis, une bonne tête de champion !
Plouis au sac léger, une bonne tête de champion…

Il est là. Et je ne peux que m’étonner. Non pas de sa présence, mais de l’absence de gros sac sur son dos.

J’ai une certaine expérience en rando, et j’ai une certaine fierté d’être considéré, par le commun des mortels, comme un Marcheur Ultra-Léger. Ou en tout cas, bien plus léger que la norme (concernant le matériel, bien évidemment, et non de ma masse corporelle). Et là, Plouis a moins de matos que moi. Certes, il n’est là que pour une grosse trentaine d’heure, mais seule la nourriture devrait nous distinguer. Étant en autonomie, la majorité du matériel devrait être similaire.

Un sac qui doit faire dans les 20 litres à tout casser, avec la tarp et le matelas qui se ballade à l’extérieur… Il manque quelque chose… Le sac de couchage.
« J’ai trouvé un sac de survie pour alpiniste. Le vendeur ne voulait pas me le vendre, mais je l’ai pris quand même »

À chacun son autonomie. Je ne veux pas lui faire partager mes peurs, je souris en acquiesçant. Parfois, il y a des génies qui s’ignorent.

Nous repartons, direction le Struthof, encore une bonne dizaine de kilomètres avant de s’arrêter pour la nuit.

Je suis assez fatigué. Après avoir dépassé ce lieu tristement célèbre qu’est le Struthof, le seul camp de concentration nazi sur le sol français, je décrète, au 42ème km et 1700m+, que c’est l’endroit parfait pour grignoter et dormir. Je me couche rapidement, emmitouflé dans mon sursac, laissant Plouis installer sa tarp et son système ultra-light de couchage.

Je l’entends juste constater : « mais, il n’est que 18h30 ». Trop tard, la fatigue me berce déjà vers un monde où les jambes sont légères comme les ailes d’un papillon…

C’était la première fois que j’expérimentai le concept de sursac bivi. Le principe est de se passer de tarp (et de tente) en mettant son sac de couchage dans un grand sac. Au besoin, il suffit de mettre un k-way au dessus de sa tête pour ne pas être mouillé. Avantage secondaire appréciable : le sursac fait aussi office de coupe-vent. Autant vous dire qu’au réveil, j’avais bien chaud, ce qui est plutôt rare quand je passe une nuit dehors. J’émerge donc, bien reposé, le corps et l’esprit vaillant.

J’aperçois à ce moment la forme vaguement humaine d’un être assis, recroquevillé sous moult vêtements. D’après la mine de cet individu, la nuit a dû être longue, sombre et bien trop consciente.

L’ultra-minimalisme en matière de couchage n’a pas encore été trouvé…

Le couchage de Plouis : ceci n'est pas le couchage parfait
Le couchage de Plouis : ceci n’est pas le système parfait…

Mais qu’est-ce qu’une nuit avec peu de sommeil à 25 ans ? Sans ménager mon compagnon fatigué, je range mes affaires, profitant de l’énergie du vent frais. Ça te requinque n’importe quel bonhomme, non ?

Alors, c’est parti, en sandale et t-shirt, pour marcher les 40km du jours. Plouis suit, avec ses 5 couches de vêtements, dont deux caleçons…

Nous sommes le 2 septembre, deuxième jour de l’aventure. Au fur et à mesure de la journée, notre oralité est étroitement liée au dénivelé qui s’accumule, et le silence est le meilleur reflet de notre état de forme. Les paysages sont magnifiques, j’aime particulièrement l’ambiance des forêts, même si elles sont un peu trop rangées à mon goût. Parfois, je creuse l’écart avec Plouis, qui me rattrape à la prochaine mini-pause. Je suis étonné que malgré son état, il soit plus vigilant que moi pour trouver le bon chemin.

Nous espérons atteindre le col du Bonhomme le soir même, mais petit à petit, cela ne semble plus être du domaine du possible. Or, mon compagnon frileux doit être récupéré le lendemain matin au Col à 9h. Sauf si il se fait chercher avant…

J’ai peur de subir des reproches de la part des Offices de Tourismes du coin, mais je dois encore une fois vous parler d’un autre démon qui sévit dans les Vosges. Un démon particulièrement attachant. Telle une graine discrète, il grandit à grande vitesse dans un coin de l’esprit. L’esprit de Plouis pour être précis.

On regarde la carte. Plouis peine pour avancer. Où peut-il être cherché ? Je tente de le motiver, il me répond élégamment :

“Quelqu’un de sage m’a dit un jour qu’on donne les conseils qu’on aimerait entendre.”

Je me tais, maudissant la débilité profonde de la philosophie de comptoir.

Arrivé au col de Sainte-Marie-aux-Mines, 75km / 2800m+, on se sépare, afin qu’il puisse retrouver la civilisation, sa femme, un bain, un repas chaud et un lit respectable. La civilisation, ça n’a jamais été mon truc, je continue. Non mais.

Le soleil qui descend petit à petit me redonne de l’énergie, et je me mens à moi-même en me promettant qu’après cette montée, je m’arrête. Je me fais avoir pendant plusieurs montées, et j’arrive à l’Arbre de la Liberté, après la Tête du Violu. Un magnifique refuge non gardé semble m’attendre. Sur un panneau, il est écrit que le Champ du Feu est à 12h (nous avons dû quitter cet endroit il y a 8h environ). Parfait, je mérite bien de me reposer et en plus, j’ai un toit au-dessus de la tête.

L'arbre de la liberté, un refuge pour la nuit

Une mezzanine, avec des araignées à moins d’un mètre au-dessus de moi. Il n’y a aucune raison que je monte au plafond. Donc, elles n’ont aucune raison d’en descendre. Chaque chose à sa place. Je me prépare, trouve un magazine altermondialiste fort intéressant. Avant l’extinction des feux, je regarde l’heure.

18h30.
Il n’y a pas à dire, la marche, ça use. L’idée de repartir pour grappiller encore une heure ou deux me traverse l’esprit. Mais je ne suis pas homme à se laisser mener par ses impulsions. Je me promets de me lever tôt, et mets mes pieds au même niveau que ma tête pour une bonne nuit de sommeil.
Mes jambes sont lourdes. Les soulever pour changer de position me demande beaucoup d’énergie. Et mon genou droit semble hésiter : ai-je mal à droite du genou, ou à gauche ?

Je m’endors, rêvant qu’une équipe de chantier vient détruire la maison tout entourée d’un lac gelé.

3 septembre, 7h. Un brouillard épais a pris possession de la montagne. Je repars confiant, des jambes moyennement légères, un genou droit encore en pleine réflexion. Par moment, la visibilité ne dépasse pas les dix mètres, mais cela me permet de croiser des chevreuils, et même, chance, un chamois. Petit privilège des lève-tôt non sensibles à la météo.

Le manque de visibilité n’aide pas à trouver le chemin, et les travaux forestiers non plus. Face à un énorme panneau “interdit, travaux forestiers”, je prends deux minutes pour évaluer la situation.

Je n’ai pas assez de mobilité pour faire du hors-pistes. Je pourrais, malgré le panneau m’aventurer sur le chemin fermé mais … CRAAAAC… un énorme bruit retentit. J’imagine sans peine l’arbre d’une centaine d’années qui tombe fatalement. Non, je ne vais pas aller par là. Il ne me reste qu’une solution : allumer le GPS, faire un détour et retrouver le chemin un peu plus tard. Oui, en longeant une route un peu plus bas, c’est possible.

Ainsi, j’ai pu atteindre le Col du Bonhomme : 86km et 3350m+.

Et puis, le Col du Lac Blanc : 93km et 3670m+.
Une idée me vient à l’esprit. Démon perfide ou ange salvateur ?

Je commence à douter de pouvoir aller jusqu’à Belfort. Car mon genou droit est toujours tiraillé d’un côté et de l’autre. Il y aurait des tendons pas contents, cela ne m’étonnerait pas. Mon pied droit râle aussi. Je soupçonne les sandales. Je pourrais atteindre le Col de la Schlucht, puis redescendre sur Munster où vivent mes parents. Pour une première tentative, faire 3 jour sur 5, un peu plus que la moitié, c’est honorable.

Et si c’était une excuse ? Et si je ne voulais qu’un peu de confort ?

Lors du Marathon du Vignoble 2018, au bout du deuxième km, je ressentais déjà une gêne, puis une douleur à l’extérieur du genou droit. Je m’étais dit : je vais jusqu’au bout. Je concentrais mon attention pour entrer dans un état semi-méditatif et continuais malgré tout. Arrivé au 21ème km, je m’étais arrêté, forcé de remarquer que mon corps ne faisait pas de caprices, mais qu’il s’agissait bien d’un souci biomécanique. Une matinée passée aux urgences le lendemain l’avait confirmé. Il s’agit de ne pas refaire la même erreur.

Je n’ai qu’à continuer jusqu’au Col de la Schlucht, et prendre une décision à ce moment-là.

Évidemment, la décision était déjà prise. Mais je voulais au moins croire que mon corps pourrait vouloir changer d’avis.

Arrivé au Col de la Schlucht, 105km et 4100m+. Un petit doute est encore présent : je pourrais continuer. Après une bonne nuit de sommeil, je pourrais repartir les muscles et surtout les tendons reposés. Je décide finalement de rentrer. Et rentrer, cela signifie marcher encore 13km avec 765m-. Et la descente, ce n’est pas le plus moral-friendly.

Poco a poco, je me rapproche de la maison. À 4km, je m’assieds en mangeant une pomme fraichement cueillie. C’est déjà la fin de l’aventure. Ai-je arrêté trop tôt ? Je vis sans regret. Et c’est trop tôt pour analyser. Mais quand même…

Une bonne petite pause de 10 minutes, en mâchant avec gratitude cette pomme. De retour à la civilisation. Les gens me regardent d’un air un peu méfiant dans le village. Qu’est-ce que c’est comme vagabond, celui-là…

Je me relève pour marcher la petite heure qu’il me reste. Je me relève. J’essaie de me relever. Je suis relevé. Je pose mon pied droit par terre. J’ai une douleur à la voûte plantaire du coté gauche, au sommet de l’arche. J’ai une douleur à l’extérieur du pied, une douleur au genou à l’intérieur, et une autre à l’extérieur.

J’ai bien fait de prendre la décision de rentrer.
Et l’aventure n’est pas encore finie. Je dois réussir à avancer sans trop m’abimer.

J’arrive à la maison. Mon périple aura fait en tout 118km et 4150m+, en trois jours.

Pendant quelques jours, la marche fut difficile.

Cela fait quelques années que je ne porte que des chaussures minimalistes – donc plates, avec de la place pour mes orteils. Mes pieds se sont habitués et prennent petit à petit une forme non contrainte par des chaussures. Le fait de revenir à des chaussures un peu moins respectueuses de la physiologie de mes pieds a apparemment sur-sollicité certains tendons. Et comme j’ai un côté droit dont les muscles sont plus courts, c’est lui qui a payé la facture…

Place à la vie Cévenol !Nous sommes aujourd’hui le 18 septembre 2018.
Il est temps de quitter la terrasse. J’ai pu reprendre toutes mes activités, même la course pieds nus. Je suis comme un ancien fumeur, qui a voulu réessayer juste une fois, pour voir ce que ça fait. Eh bien, je vous le dis, les chaussures qui n’ont pas la forme de mes pieds, ce n’est pas pour moi !

Cette expérience est 100 % bénéfique pour moi. J’ai pu faire toute la partie de la balade que je ne connaissais pas. J’ai fait trois jours de marche intense. J’ai appris à gérer plus finement mon alimentation. Je compte retenter la Traversée en marchant au printemps 2019. Pour ainsi, en septembre 2019, améliorer mon temps, et passer sur 4 jours.
Enfin, ça, c’est si je ne suis pas envoyé à l’autre bout du monde pour l’Aïkido.

Maintenant, place à la vie cévenole.

Merci d’avoir lu ce récit.
Un petit commentaire, un petit partage, c’est comme un sourire sur un sentier, cela ne coûte rien, mais ça me touche 😉

Cliquez ici pour retrouver l’article sur la préparation de la 1ère Traversée des Vosges.

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