Est-ce mal d’être passionné par la course à pied (ou par le tricot) ?

À notre époque, est-ce raisonnable d’être passionné ?
La passion est elle indispensable pour avoir de bons résultats ?
Peut-on avoir de bons résultats sans passion ?
Doit-on choisir entre être raisonnable et être passionné ?

Dans Champion dans la tête, François Ducasse parle de la passion.

Comme pour le premier épisode sur la Carte du Mental, je vais partir du livre pour y mêler ma propre expérience, et ainsi, j’espère, vous donner des pistes pour votre propre pratique.
L’idée n’est pas juste de parler pour trouver une excuse pour ne pas aller courir.
Non, je fais ces articles afin de prendre un peu d’élan, et de pouvoir courir plus longtemps.

Vous savez que j’aime bien faire des pas de côté, réfléchir différemment…
Bien loin d’un simple passe-temps, c’est surtout que je ne me reconnais pas dans les approches mainstream de la course à pied, du sport, de la vie, de la mort, de l’univers et de tout le reste.

 

Alors, la passion en course à pied, et ailleurs…

D’après François Ducasse, la passion est :

un état d’âme excessif, le contraire d’un état neutre.
C’est un intérêt irrésistible et exclusif pour une chose ou un but, entraînant un bouleversement de tout l’être, une intensification des émotions et de l’estime de soi.

J’aime ça !
On sort du politiquement correct, de la vie morne pour oser mettre du mouvement.
Je retiens le mot excessif.
Combien de fois je m’auto-sabote en voulant être “normal”, en suivant le chemin habituel ?
C’est une évidence, mais il est bon que je m’entende le dire : le chemin le plus fréquenté n’est pas le chemin le plus passionnant. C’est une évidence, car la passion est par nature exigeante.

“Un état d’âme excessif”.
“Un bouleversement de tout l’être”
“Une intensification de l’estime de soi”.

Excessif : au diable la modération !
S’engager pleinement dans une voie, comme je l’ai annoncé dans l’article J’ai décidé de devenir champion du monde, est excessif.

Mais la vie réclame de la radicalité !
Radicale, revenir aux racines, à la base.

Donc, la passion est un élan intérieur qui paraît excessif pour l’entourage.

Un bouleversement de tout l’être : il m’arrive de ne pas réussir à dormir, trop excité par des milliers de projets.
C’est bon signe ! (même si le sommeil est important, mais pour cela, il faut vider la mémoire vive avant de dormir… autrement dit, faire une transition pour aller vers le sommeil).

Et une “intensification de l’estime de soi” !
Quand on a un projet, un rêve un peu fou, il faut le respecter, nous l’avons vu ensemble la semaine dernière.
La passion va nous permettre d’être armés pour cela, en améliorant notre estime de soi.
Combien de fois vous êtes-vous résigné sur un rêve, vous disant que ce n’est pas pour vous, que vous n’avez pas les capacités ?

Qu’importe ! Cultivez votre passion, vos capacités vont venir.
Car le talent d’exercer son talent ne vient pas des autres ou de l’école, mais vient du fait de faire sautez des barrières mentales.
Soyez excessif !

Écoutons encore un peu ce que dit Champion dans la tête :

Les avantages de la passion sont si grands qu’il faut éviter de la gâcher.
Une passion est aveugle, elle nous empêche de voir les obstacles.
Elle nous procure l’énergie de surmonter des difficultés colossales.
Elle permet de développer l’estime de soi, de se sentir exister.
La nouvelle image de nous-mêmes qu’elle nous renvoie nous permet d’étayer les projets du moment, voire ceux de toute une vie.
La passion nous domine, elle est une « bonne folie », mais une folie qui s’exerce dans le réel.
Elle guide nos pas, donne du ou des sens à la vie : des sensations, une direction et une signification.

Oseriez-vous suivre votre passion ?La passion nous domine !
Mais pour se faire, il faut lâcher prise.
On retrouve l’idée de faire tomber une barrière mentale.
Car la passion ne sera jamais plus forte que toute notre éducation, nos préjugés, la pression sociale.
Elle nous dominera si on lui laisse l’espace pour s’exprimer.
Tout n’est que croyance.
La passion nous permet de privilégier certaines croyances plutôt que d’autres.
Réfléchissez à toutes les croyances que vous avez.
Il est d’ailleurs plus facile de réfléchir aux croyances que vous avez déjà laissé tomber, que vous avez déjà remplacées.

Par exemple, je pensais que je n’allais jamais pouvoir faire du sport régulièrement.
Car petit, on me l’avait dit, je ne suis pas un sportif, j’ai un décalage de longueur entre mes deux jambes.
Ça ne fait rien, je suis fort au jeu d’échecs, j’aime bien lire, je serai un intellectuel.
Donc, pendant longtemps, je refusais le terme de sportif. J’aime bien bouger, mais c’est tout.
Et puis un jour, j’ai décidé de m’investir dans les arts martiaux.
Les côtés spirituel et physique se rejoignent.
Pour aller plus loin, je dois résoudre ce problème physique, ou m’y résoudre de laisser tomber.
Ma passion pour les arts martiaux m’a permis d’aller plus loin dans la compréhension de mon corps.
Et de faire tomber cette croyance : je ne peux pas faire de sport à haute dose.
Et bien si.
Mais à moi de tracer le chemin.

Autre croyance : le fait de ne pas pouvoir faire un sport d’endurance, car je perdais connaissance petit.
J’ai une constitution fragile, voilà tout.
Eh bien non !
C’était une histoire d’alimentation !
Je reviens d’une rando de 5 jours en jeûnant, 150km avec du dénivelé : aucun évanouissement.
Croyance : 0 Mickaël : 1 point.

Je sais qu’il me reste beaucoup d’autres croyances, à laisser tomber petit à petit.
Pour ce faire, l’action est primordiale : je pense ne pas être capable, tant pis. Je le fais quand même, et j’apprends.
La passion permet d’être excessif, d’agir contre soi-même, pour finalement découvrir que ce “soi-même” n’était qu’une chaîne.

Ça me fait penser que ce dimanche, j’ai un trail de 54km qui m’attend.
J’ai peur. Je ne suis pas capable.
Mais je serai sur la ligne de départ.
Et ma foi, j’en suis tout excité…
C’est bon signe 😉

Alors, quand est-on champion dans la tête ?

Toujours tiré du fantastique livre Champion dans la tête.

Je le suis quand…
• Je n’ai pas peur d’être déraisonnable
• Je m’accorde le droit de ne faire qu’un avec ma passion.
Je ne le suis pas quand…
• J’affirme avoir une passion, mais je ne verse jamais dans l’excès.
• Je renonce à améliorer ma condition à cause des risques.

Ces questions sont vachement importantes.
La passion est excessive, rappelez-vous.
On ne peut pas rester dans le cadre, et vivre pleinement sa passion.
Oui, être passionné dérange.
Ce n’est pas raisonnable.
Tant mieux. Jusqu’à preuve du contraire, nous n’avons qu’une vie.
Et il y a tellement de choses excitantes à vivre.
Des choses extraordinaires.
Pour sortir de l’ordinaire, il faut agir différent.

Est-ce que je m’accorde le droit de ne faire qu’un avec ma passion ?
Comment cela se traduit-il, concrètement ?
Si votre entourage vous considère comme quelqu’un d’étrange, c’est bon signe !

Pour finir, si on parlait un peu des risques…
Renoncer à améliorer sa condition à cause des risques.
Évidemment, ne soyez pas stupide.
Sinon, vous n’allez pas le rester longtemps.
Cependant, la plupart des risques ne sont pas dans le réel, mais dans notre tête.

Si je fais trop de sport, je vais m’évanouir…
Si je rentre dans ce bain glacé, je vais aller mal…

L’inconnu fait peur, car c’est éprouvant pour le cerveau d’appréhender ce qu’il ne connait pas.
Or, votre condition actuelle, il la connait.
Et même si elle est désagréable et frustrante, c’est bien plus économique pour lui – le cerveau – le cortex préfrontal pour être précis- de faire en sorte que vous restez dans une situation désagréable connu, que de plonger vers l’inconnu.
David Manise parlerait d’automatisme dans l’interview pour CourirUnTrail.
Un risque, c’est une invitation à trouver un chemin pour y aller, sans être stupide.

La prochaine fois que vous trouvez quelque chose de risquer, demandez-vous pourquoi ?
Le risque est-il que vous réussissez ?
Et alors, qu’est-ce que ça changerait pour vous, pour votre situation ?

Soyez passionnés, soyez fous, soyez vivant !

Cette série d’articles sur Champion dans la Tête de François Ducasse et là pour faire trembler vos barrières, vous armer pour l’inconnu et vous faire kiffer votre life, quoi !
À très bientôt pour le prochain article sur le sujet, on parlera de suivre son désir…

Envie de faire sauter une barrière ?
Et si vous arrêtez de subir le froid avec la première formation de l’école des Aventuriers ?

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