Olivier Roland : Faire de sa passion une source de revenu

La vie, quelle aventure… Que ce soit la vie professionnelle, la vie personnelle, amoureuse, sportive… Que de vie, et que d’aventures ! Aujourd’hui, je vous propose un détour par la vie d’aventurier que vivent les entrepreneurs. Alors, écoutez le guide, Olivier Roland, pour cette excursion pour le moins originale sur CourirUnTrail !

Si vous êtes réfractaire à l’entrepreneuriat, remplacez simplement entrepreneur par aventurier…

Comme d’habitude, privilégiez le podcast. Mais pas de panique, je me suis fendu d’une retranscription !

Olivier Roland vous souhaite une bonne année !

Bonjour Olivier Roland. Comment te présenter ? Tu permets à des milliers de personnes de devenir entrepreneur, d’exploiter leurs passions, de toucher cet état d’esprit d’être proactif, de réconcilier la vie personnelle avec la vie professionnelle, en permettant notamment de créer une entreprise au service de sa vie, et non l’inverse.
Alors là, mon audience se demande si j’ai perdu la boule.
Pourquoi Mickaël invite Olivier Roland ?
Olivier, actuellement, tu sors la 2e édition du livre « Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études».
Derrière ce titre provocateur, tu parles d’hacker son apprentissage.
Ce qui nous amène aux deux sujets du jour du jour :
Comment hacker son apprentissage intellectuel ou physique, et comment trouver les fonds pour financer sa passion, tout en la partageant

Mais assez parlé, je vais te laisser te présenter. Qui es-tu ?

Olivier Roland :
Oui, comme j’aime bien dire, j’ai un bac moins 2.
Aujourd’hui, je dis que je suis professeur de libertés.
Je partage dans mes vidéos, mes articles, mes blogs et mes formations, comment être davantage libre.
Cela passe par la liberté matérielle : comment créer et développer une entreprise au service de sa vie plutôt que l’inverse ?
Je parle en connaissance de cause, car comme beaucoup d’entrepreneurs, on a créé une boite pour être libre et on finit par se retrouver dans une prison qu’on a construite soi-même car on travaille 60h par semaine, que c’est notre seule source de revenus, et qu’on ne voit pas comment la revendre, comment diminuer notre temps de travail sans diminuer la rentabilité…
Aujourd’hui, j’ai une boite qui est totalement au service de ma vie, qui me permet de voyager dans le monde entier, qui est entièrement sur internet, et j’enseigne aux gens à faire de même.
Et aussi j’enseigne la liberté dans sa tête : se libérer d’un maximum d’addiction négative, s’épanouir, se dépasser, sortir de sa zone de confort, devenir la meilleure version de soi-même, être toujours dans l’amélioration continue.

Je trouve qu’il y a beaucoup de similarité avec un sportif ou un aventurier.
C’est toute une entreprise à mener que le fait de gérer son emploi du temps, ses entraînements, ses objectifs, sa communication. Mais si tu as arrêté l’école avant le bac, comment as-tu fait pour hacker ton apprentissage, pour acquérir les compétences nécessaires pour avoir aujourd’hui une entreprise ?

Olivier Roland :
J’aime bien dire que j’ai une multinationale que je gère de ma chambre, grâce à la magie d’internet.
La première partie de mon livre est une critique du système éducatif.
Tout n’est pas à jeter, mais beaucoup de choses sont loin d’être optimales. Attendre que le système éducatif se réforme, c’est illusoire, car l’inertie est énorme. Il se réforme, mais prend énormément de temps.
Alors que la société avance beaucoup plus vite.
Ce qui fait que le système éducatif a un train de retard en permanence sur les besoins du monde actuel.
Quand on prend conscience de ça, il faut savoir dépasser les limites du système éducatif par soi-même, et notamment le fait d’apprendre à apprendre.
On peut passer 20 ans et plus sur les bancs de l’école, et on ne nous apprend pas à apprendre.
C’est aberrant.
C’est donc une compétence à acquérir par soi-même.
Donc, comment je me suis formé par moi-même ?
J’étais un geek très timide, les filles me faisaient une peur bleue.
Et donc comme beaucoup d’autres geeks, je me suis réfugiée dans le monde de l’informatique quand j’étais ado, car c’est un monde passionnant, et ne demande pas beaucoup d’interaction sociale.
Ce qui m’a permis de développer des compétences par moi-même, et ainsi de créer ma première boite à 19 ans dans le domaine de la prestation informatique.
Donc très vite j’ai compris qu’on pouvait acquérir des compétences par soi-même, car j’avais vite plus de compétences que la majorité.
On me demandait régulièrement de résoudre des problèmes qui leur paraissaient insurmontables.
Donc j’ai eu l’idée de créer ma première boite.
J’ai très tôt compris cela, et adopté une démarche d’apprentissage.

C’est donc avant tout une démarche, une attitude ?

Olivier Roland :
Oui, c’est une attitude, une philosophie.
C’est le fait de comprendre que le système éducatif n’est pas une vache sacrée intouchable qu’on ne peut pas critiquer qui serait parfait.
C’est un système humain, et comme tout système humain, il est imparfait.
Attendre qu’il se réforme, c’est illusoire.
Il vaut mieux prendre conscience des problèmes, et les contourner.
Si on attend, on perd une opportunité d’apprendre par soi-même, et surtout, il n’y a pas vraiment d’autre solution.

Tu parles d’apprendre par soi-même. Mais en même temps, tu as des mentors. C’est quoi le principe des mentors ?

Olivier Roland :
Apprendre par soi même ne veut pas dire apprendre de manière isolée.
Ça veut dire qu’on prend la responsabilité de son propre apprentissage.
Être le pilote, et non le déléguer à d’autres personnes.
Ça fait partie de la démarche d’aller vers des personnes ayant de meilleures compétences pour se former auprès d’eux. Mais nous les choisissions de manière consciente.
Les profs, ce sont les mentors.
Aujourd’hui, ce qui est génial, c’est que les mentors n’ont jamais été aussi accessibles, dans n’importe quel domaine.
Si tu es passionné de Judo, tu vas sur YouTube, tu tapes Interview David Douillet, et tu as des centaines de résultats. Tu peux passer des heures à l’écouter et te former.
Tu peux même chercher à le contacter.
Et c’est pareil dans tous les domaines.
L’idée est d’avoir une démarche pro active.
Ne pas attendre que le savoir nous soit donné par quelqu’un d’autre, mais de se dire :
okay, qu’est ce que j’ai envie d’apprendre ?
Dans quoi j’ai envie de me développer, qu’est-ce qui me passionne ?
Et aujourd’hui, avec le web, les mentors n’ont jamais été aussi accessibles dans toute l’histoire de l’humanité !
C’est incroyable.
Et aussi lire leur livre !
Souvent, les gens qui ont atteint un certain niveau dans leur domaine ont écrit un livre.
Dernièrement, j’ai lu l’autobiographie d’André Agassi «Open».
Elle est extraordinaire et très intéressante, qu’on soit intéressé par le tennis ou non, sportif ou non.
Du moment que vous êtes intéressé par le fait de rester au top de vos performances dans un milieu très compétitif. C’est très bien écrit, et très instructif.

Tu as réussi à avoir une interview de Tim Ferriss, qui est réputé être très difficile à approcher, car il gère de manière très optimisée son temps. Comment as-tu fait ?

Olivier Roland : Tim Ferris, c’est plus une anecdote. Je peux donner la démarche.
Déjà, aller aux évènements où le mentor est présent, c’est mon premier conseil. Par exemple, dans le trail, qui est un super champion ?

Il y en a beaucoup. J’aime beaucoup Stéphane Brogniart.

Olivier Roland :
Quelle est la meilleure manière de le rencontrer ?
D’aller à ses évènements, tout simplement !
Bien sûr, il y aura de la compétition, vous serez un parmi beaucoup.
Mais ce n’est pas si dur de se distinguer des autres.
Car la plupart des personnes vont remercier la personne de l’avoir inspiré.
Il n’y a pas de mal à dire ça, mais tout le monde le dit, on ne va pas se distinguer.
Je recommande avant de rencontrer cette personne, de préparer une ou quelques questions vraiment pertinentes. Qu’est ce que je peux poser comme question qui va vraiment le faire réfléchir, qu’il va devoir puiser dans ses connaissances pour y répondre ?
On va tout de suite se distinguer, car peu de personnes vont faire cet effort, mais aussi, même si l’interaction ne dure que quelques instants, on va repartir avec une pépite, avec quelque chose d’intéressant qui va nous permettre d’avancer dans notre domaine.
Et c’est aussi une bonne manière de se connecter avec les gens.
Finalement’ quand quelqu’un doit réfléchir pour donner une bonne réponse, ça ouvre des portes.
Alors, faites vos devoirs !
Ne posez pas les questions dont votre mentor a déjà répondu un millier de fois dans des articles ou des vidéos ! Ne faites pas partie du énième touriste qui ne s’est pas renseigné avant.
Montrez que vous avez vraiment étudié ce que le mentor a dit.
Cela montre aussi que vous respectez son temps et ses compétences, tout en le challengeant un peu.
Et vous allez apprendre quelque chose.
Donc, allez aux évènements, avec les bonnes questions.
Puis vous pouvez enchaîner, dire que vous avez un site ou une chaîne, et demandez si vous pouvez à la fin de l’évènement l’interviewer pendant quelques minutes. En particulier en période de promotion d’un livre, par exemple.
Vous pouvez aussi utiliser la technique de l’escalier.
Par exemple, entre Teddy Rinner et David Douillet, le premier est clairement plus sollicité.
C’est comme pour tout, la gloire passe.
Donc, si quelqu’un est inaccessible pour vous, car vous êtes trop petit dans votre domaine, commencez par les stars d’antan. Elles sont plus accessibles.
Une fois une interview et une photo avec David Douillet, vous pouvez contacter Teddy Riner en disant que vous avez déjà interviewer Douillet.
Ça augmente vos chances qu’il accepte.
C’est une stratégie parmi d’autres.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu  Paul Fontaine: N'aie pas peur de souffrir!

L’un des freins que je repère souvent, c’est le scepticisme.
Comme on sait bien que le système éducatif n’est pas le plus performant, on peut avoir tendance à remettre en question beaucoup de choses, et finalement, on n’agit pas.
Dans ton livre, tu fais la différence entre le bon et le mauvais scepticisme. Comment faire la différence ?

Olivier Roland :
Contrairement au bon et mauvais chasseur, il y a une vraie différence !
Quand on voit quelque chose dans un domaine qui parait trop beau pour être vrai, quelque chose d’étonnant, de contre-intuitif, notre premier réflexe, souvent, est de se dire : si c’était aussi facile, ça se saurait.
Ou “c’est de l’arnaque», «Ça a marché pour lui, mais est ce que ça marcherait pour la majorité des gens ? Ça marcherait pour moi ?»
Il n’y a pas de problème avec cette réaction.
C’est même plutôt sain.
Il vaut mieux ça que d’être trop naïf.
Mais la différence entre le bon et le mauvais scepticisme, c’est la réaction qui vient ensuite.
Qu’est ce qu’on en fait ?
Le mauvais scepticisme va en rester là : c’est de l’arnaque, si c’était aussi simple, ça se saurait, etc.
Le bon scepticisme va se dire : il n’y a qu’une manière d’être sur, c’est de tester.
Il va utiliser son scepticisme comme fioul, comme motivation pour faire sa propre expérience scientifique.
Aller sur le terrain, voir par lui même si cette chose est vraie ou pas.
Dans mon livre, je donne l’exemple du saut en hauteur, aux Jeux olympiques de Mexico.
Pour la toute première fois, un type a fait un truc inédit.
Jusqu’à présent’ le saut se faisait avec les jambes en premier.
Lui, il a fait le saut avec le dos en premier.
Ça n’avait jamais était fait das les Jeux olympiques.
À tel point que le jury a tout d’abord refusé, avant de remarquer qu’aucune règle ne l’interdisait.
Il a gagné la médaille d’or.
C’était une technique d’outsider qui a totalement chamboulé les codes.
À l’époque, on pouvait se dire : c’est de l’arnaque, où il a eu de la chance, etc.
En 1980, plus de 10 ans après cet exploit, il y avait encore plusieurs finalistes qui utilisaient l’ancienne méthode. Comme quoi, ça met du temps à se répandre.
Mais aujourd’hui, c’est cette technique qui est devenue la norme.
Et c’est pareil dans tous les domaines !
Alors, j’invite tout ce qui nous écoute à prendre quelques instants et à regarder autour de vous.
Regardez tous ces objets qui vous parait d’être d’une banalité à pleurer, et qui serait apparu comme un miracle pour les grands-parents de vos grands-parents : téléphone, lampe ou un livre imprimé en couleurs…
Tout ce qu’on voit autour de nous comme objet banal à un moment donné était perçu comme une solution miracle à un problème particulier.
On est entouré de solutions miracles !
Donc ceux qui ne croient pas aux solutions miracles sont juste aveugles, et trop habitués aux objets autour d’eux…

J’ai beaucoup apprécié ton livre, alliant à la fois des études scientifiques, et des cas concrets.
Je pense que ce livre peut toucher non seulement les entrepreneurs, mais tous ceux intéressés par l’apprentissage.

Les aventuriers sont souvent sensibles au fait de partager et donner du sens à leurs expériences. A travers les réseaux sociaux, avec des textes, des photos et des petits films.
Mais ils peinent souvent à récolter les fonds, ne serait-ce que pour financer leurs aventures.
Comment faire lorsqu’on a une très forte passion et des compétences, pour trouver au moins un équilibre financier ?

Olivier Roland:
Mon approche permet potentiellement de gagner de l’argent, mais aussi d’être un formidable accélérateur d’apprentissage, tout en permettant d’avoir plus d’opportunité pour explorer leurs passions.
Il s’agit de créer un blog et son écosystème (Instagram, Facebook, YouTube…).
Par exemple, dans le domaine de la course d’endurance, ça va t’amener énormément de possibilités.
Mais tout de suite, je casse une idée reçue, une croyance limitante.
On croit qu’il faut être le meilleur expert du monde, 8e dan ceinture dan.
Non !
On peut même être un complet débutant, et tout de même créer son écosystème, tout en étant complètement transparent.
Je prends l’exemple de Laurent Breillat avec son site Apprendre la Photo. C’est le site sur la photo le plus fréquenté en France.
Quand il a commencé, il ne connaissait rien !
Et il m’avait demandé : «Je n’y connais rien, mais ça m’intéresse. Je peux faire un blog dessus ?»
Bien sûr !
Mais il faut en faire une force, en étant transparent.
«Oui, je démarre, et on va apprendre tout ensemble.
Quand je vais rencontrer un problème, vous pouvez être sûr que vous allez aussi le rencontrer, car tous les débutants rencontrent les mêmes problèmes.»
Et surtout, vous allez être beaucoup plus connecté à votre audience, par rapport à un expert qui a démarré il y a longtemps, qui ne s’en souvient plus bien, le matériel a changé, etc.
Il en a d’ailleurs fait son slogan : ensemble et pas à pas.
Il a développé sa compétence petit à petit, et il est maintenant un expert reconnu.
Tous les ans, il est invité au salon de la photo pour faire une conférence, il fait salle comble, il a été démarché par Eyrolles pour écrire un livre.
D’ailleurs, il a déposé son slogan, il va falloir trouver autre chose !
Mais vous avez compris l’idée !

C’est déjà un bon point.
Mais un blog va aussi vous apporter des immenses opportunités.
Avec un blog et l’écosystème qui va avec, vous pouvez beaucoup plus facilement interviewer des gens.
Et vous n’avez pas besoin d’interviewer le Teddy Riner de votre domaine.
Vous pouvez déjà interviewer le prof local. Puis vous utilisez la technique de l’escalier. Avec un blog, c’est beaucoup plus facile.
Quelque chose que beaucoup de personnes ne comprennent pas, c’est qu’une plateforme comme un blog, c’est un excellent accélérateur de votre apprentissage.
Quand vous avez une plateforme, vous êtes motivé pour donner des bons conseils à votre audience.
Du coup, vous allez vous mettre dans une démarche de recherche de solution qui sera beaucoup plus systématique et poussée que sans le blog.
Vous allez trouver des trucs que vous n’aurez pas trouvés sinon.
Vous allez aussi avoir une motivation impressionnante.
Petit à petit, vous allez développer une audience qui va vous poser des questions, vous challenger, créer une sorte de brainstorming permanent autour de votre domaine.
Et puis vous allez aussi enseigner.
Or, ça a était prouvé scientifiquement : la manière la plus efficace d’apprendre est de l’enseigner.
Pourquoi ?
Car on peut savoir quelque chose, mais de manière confuse.
Pas de manière assez claire pour pouvoir l’expliquer.
Et du coup, on ne peut pas utiliser ce savoir de la meilleure manière.
Ainsi, l’expliquer permet de mieux apprendre.
Et encore une fois, cela vous permettra de rencontrer des mentors. Et devenir meilleurs.
Donc, vous pouvez démarrer en étant un débutant, ça accélère votre apprentissage, ça vous donne des opportunités, y compris d’être démarché par des éditeurs, d’être contacté par des gens meilleurs que vous, et par des sponsors.
J’ai Maxence Rigottiet dans mes élèves qui a un blog sur la course à pied. Il a régulièrement des opportunités. Dernièrement, c’est Adidas qui lui a payé un séjour de 5 jours en Corse pour une chaussure de courses, en rencontrant des sportifs haut niveau.
Et potentiellement, vous pouvez trouver des sponsors.
Et vous allez peut-être pouvoir enseigner votre savoir et gagner votre vie comme ça, avec des workshops, des formations, des coachings…

Outre l’aspect financier, cela permet aussi de partager à plus de monde, car notre audience grandit. Et donc on peut inspirer plus de monde grâce à cet écosystème.

Olivier Roland:
Exactement. C’est un cercle vertueux, où vous allez inspirer plein de monde.

Quel est le grand choix qui a fait de toi ce que tu es devenu ?

Olivier Roland:
Bonne question.
Déjà, le fait d’avoir mis en place des expériences qui demandent peu de temps, d’énergie et d’argent.
Il y a 2 grandes écoles dans entrepreneuriat et souvent dans la vie: la première est de brûler ses navires.
Si tu échoues, tu te retrouves à la rue.
Soit tu réussis soit tu meurs.
Ce n’est pas du tout mon approche.
La deuxième approche consiste à prendre des risques mesurés.
Comment j’ai fait ?
Lorsque j’ai arrêté l’école à 18 ans, je n’ai pas fait ça sur un coup de tête.
J’avais mis en place une expérience qui m’avait donné la confiance nécessaire pour le faire.
En fait, je me suis rendu compte que j’avais développé des compétences en informatique qui me permettaient de résoudre des problèmes qui concernaient plein de gens.
Quand on s’est rendu compte de ça avec un pote, on s’est dit pourquoi on ne gagnerait pas de l’argent avec ?
On ne s’est pas dit : on arrête l’école, on fait un business plan pendant un an avant de créer notre boite.
On s’est dit : okay, qu’est ce qu’on peut mettre comme expérience pour tester ?
On a passé une petite annonce dans un journal local.
Ça nous a coûté 60 francs, pour 5 000 francs de chiffre d’affaires en un an.
Ouah, génial, c’est positif !
On a rencontré les gens, on a vu qu’on pouvait vraiment résoudre leurs problèmes, ils nous ont donné de l’argent. C’était un test concret.
Un test qui nous a demandé très peu de temps, d’énergie et de ressource.
Et il n’a pas disrupté notre vie.
C’est ça qui m’a donné la confiance nécessaire pour arrêter l’école.
Vous pouvez vous poser la même question.
Si vous avez un projet ambitieux, où vous vous dites si vous réussissez, ce sera génial, mais il y a des risques…
Posez-vous la question : qu’est ce que je peux faire comme expérience simple, efficace, qui demande peu d’investissement, et qui me permet d’être confronté à la réalité du terrain, plutôt que de faire des plans sur la comète dans ma chambre pendant des mois ?
Ensuite, rencontrer les bonnes personnes, oser poursuivre mer rêves, apprendre tout au long de ma vie, et de sans cesse me dépasser.
C’est un peu tous ces choix-là qui ont fait ce que je suis aujourd’hui.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu  Nicolas Castano : Courir avec les loups

Quel est le pire conseil qu’on t’a donné ?

Olivier Roland :
On l’entend souvent.
«Ne créer pas ton entreprise, tu vas te planter, deviens employé ou fonctionnaire, ce sera beaucoup mieux, tu auras la sécurité de l’emploi.»
L’entrepreneuriat, c’est une aventure.
Ça fait peur, mais c’est excitant.
C’est une aventure extraordinaire.
Si vous sentez l’appel au fond de vous, il ne faut pas s’en priver.
Si vous êtes ce que j’appelle un rebelle intelligent, allez-y.
Tout le monde n’est pas fait pour cette vie-là, mais si vous ressentez l’appel, allez-y.
Sinon, vous allez vous dessécher.

C’est vraiment intéressant. Dans ma tête, je remplace entrepreneur par aventurier, et je trouve que ça colle bien. Si tu pouvais te rencontrer quand tu avais 20 ans, quel conseil te donnerais-tu ?

Olivier Roland :
Justement, j’ai écrit «tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études», en me disant que j’allais écrire le bouquin que j’aurais aimé avoir a 19 ans pour éviter beaucoup d’erreurs.
Donc mon conseil aurait été : lis ce fucking livre !
Mais si j’avais pu donner qu’un seul conseil, sans donner le bouquin, cela aurait été : intéresse-toi au web plus vite. Même su j’avais une boite dans informatique, on ne considérait pas le web comme accélérateur de croissance.

Est-ce que tu es convaincu de quelque chose que les autres considèrent comme une folie ?

Olivier Roland :
Déjà, le fait de créer son entreprise et que ce n’est pas si risqué.
Beaucoup de personnes ne sont pas d’accord.
La plupart des gens restent dans leur moule. Ils restent dans ce que j’appelle leurs pantoufles en ciment.
Ils s’ennuient un peu mais c’est confortable.
C’est très difficile d’en sortir.
Ça parait alors fou de se dire : je peux accomplir des choses extraordinaires, sans le bac, je peux créer une entreprise, voyager autour du monde quand je veux, inspirer du monde.
Maintenant, je fréquente des gens dont c’est la norme, je suis connecté à des entrepreneurs inspirants, des sportifs de haut niveau, des gens qui se dépassent. Donc c’est devenu la norme.
Mais quand je regarde objectivement la société, c’est tout de même un peu fou, ces pantoufles…

Penses-tu que l’entourage peut être un frein ? Faut-il rechercher des gens qui partagent la même vision ?

Olivier Roland :
Oui, c’est très important.
La personne qui va vouloir créer son entreprise n’a certainement pas d’entrepreneur dans son entourage. L’entourage ne pense pas à mal, dans la majorité des cas.
Mais si ce ne sont pas des entrepreneurs, ils vont avoir du mal à se connecter avec ceux que vous faites.
C’est certainement la même chose pour les sportifs.
Donc, sans se couper de son entourage, c’est très important de se connecter avec des gens qui sont dans la même démarche, qui sont dans le même état d’esprit.
Et l’une des solutions est d’aller aux évènements.
Pour rencontrer les mentors, mais aussi rencontrer les gens qui suivent vos mentors.

Trois concepts qui animent ta vie ?

Olivier Roland :
La liberté.
J’aime bien dire que je suis prof de liberté.
Je suis passionné de liberté.
J’ai envie d’être libre de créer ma propre vie, ma propre aventure, sans passer par les chemins ultras balisés de la société.
Ensuite, dépassement de soi, sortir de sa zone de confort.
Puis, apprentissage permanent.

Quels sont tes prochains projets ?

Olivier Roland:
La deuxième édition de mon livre vient de sortir, avec une préface de Xavier Niel, le fondateur de Free, dont je suis très content.
Et une maison anglaise vient d’acheter les droits pour le sortir prochainement.
Il sera vendu aux USA et en Angleterre, mais aussi au Canada, en Inde…
Bref, c’est plutôt extraordinaire. Ce n’est pas courant qu’un livre français pratique soit traduit…
Sinon, beaucoup de personnes me demandent un livre sur ce que j’appelle l’entreprise asynchrone.
Dans mon entreprise, il n, y a pas d’horaire de bureau, ni même de bureau.
Mon équipe est tout autour du monde, certains voyagent et se balade en permanence.
On ne demande pas aux gens d’interagir en temps réel.
Je vais probablement écrire sur ce sujet.

Quelle est la question que tu aurais aimé que je te pose ?

Olivier Roland :
C’est une bonne question. Il y a tellement de sujets intéressants…
«Quelle était ta mission en écrivant ce livre ?»
Il y a toujours un objectif en tant qu’auteur, en dehors du succès commercial.
Il y a une mission, un message à partager.
Quand j’ai eu l’idée de ce livre, en 2012, j’avais déjà ma boite qui me permettait de gagner ma vie à un niveau que je n’aurais pas imaginé, de pouvoir voyager autour du monde, d’inspirer des dizaines de milliers de personnes par mois…
Je me suis dit : ouah, génial, c’est quoi la prochaine étape maintenant ?
J’ai regardé la pyramide de Maslow.
Comment je peux atteindre les derniers niveaux : la réalisation de soi et l’apport de valeur maximal ?
Comment ?
En créant mon chef-d’œuvre.
J’ai toujours voulu écrire. J’avais même publié une nouvelle de science-fiction il y a quelques années.
Donc voilà, j’allais écrire mon livre, mon chef-d’œuvre, le livre que j’aurai aimé lire à 19 ans.
Écrire ce livre, et tout donner pour lui.
M’accomplir à travers ce livre tout en apportant un maximum de valeurs.
Je pense qu’il y a beaucoup de gens comme ça, les rebelles intelligents, qui ont tous les signes de succès extérieurement, mais qui se rendent compte qu’il y a autre chose dans la vie que ce qu’on leur a dit.
C’est à dire : passe le plus gros diplôme que tu peux avoir, et fait du métro-boulot-dodo pendant 40 ans et éventuellement à la retraite, tu peux commencer à profiter de la vie.
Il y a d’autres choses à explorer !
Et typiquement, ça passe par la création.
La création artistique, écrire un livre, une pièce de théâtre…
La création de sa propre aventure comme faire un tour du monde pendant un an… Créer sa propre entreprise. Qu’importe, tant que c’est de la création.
La création, c’est une aventure.
Et donc, des gens comme ça, il y en a plein.
Tous ces rebelles intelligents.
Beaucoup de personnes sont des braises.

Elles ont besoin d’un tout petit peu de brise pour qu’elles prennent et que ça fasse un magnifique feu rempli de chaleur et de lumière.
Mais le souci, c’est que ces braises ont été mouillées toute leur vie.
Parce que le système éducatif n’est pas conçu pour les personnes créatives, pour les personnes autonomes qui sortent du lot.
Ce système étouffe ces gens-là.
Alors, ma mission avec ce livre, c’est d’être cette petite bise pour que certaines braises puissent prendre.
Et je suis très content, car je pense que ça a marché.
Dernièrement, j’ai eu comme commentaire sur Amazon :

«J’ai découvert que j’étais un rebelle intelligent, et que je n’avais pas eu le manuel d’utilisation. Ce livre est ce manuel pour que je puisse m’épanouir.»

Voilà, c’est ça ma mission.

Apprendre avec Olivier Roland

Si vous êtes débutant dans ce monde de CourirUnTrail, faites un tour par ici…

Vous avez aimé ?
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  


2 thoughts on “Olivier Roland : Faire de sa passion une source de revenu”

  • Merci pour ce superbe interview d’Olivier Roland ! Passionnant !!
    Beaux échanges sur le système éducatif, comment se former soi-même et développer ses propres compétences 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *