Marvin : Comment les arts martiaux ont changé ma manière de courir

Aventuriers, aventurières, bien le bonjour.

Je remercie Mickaël de bien vouloir me donner la parole sur ce blog d’excellente qualité.
Je suis également un blogueur dans le domaine du sport, plus précisément des arts martiaux.
Avec Anne, une amie et élève, nous tenons Corps et Esprit Martial, un blog sur la préparation physique et mentale pour les arts martiaux et sports de combat.
Mon art martial d’origine est le ju-jutsu mushinryu fondé par Armand Vallé.
Je suis actuellement enseignant et 3ème dan.
Cet article sur la souplesse pourrait particulièrement vous plaire, car c’est une qualité physique nécessaire à toutes les pratiques sportives mais aussi à la vie quotidienne !

Voilà pour les présentations, passons au vif du sujet, quel lien existe-t-il entre les arts martiaux et la course à pied et surtout comment les arts martiaux ont changé ma façon de courir.Photo dans un dojo de technique de luxation d'épaule (ude garami)

Je vous écris ici pour vous dire combien les arts martiaux et la course à pied sont étroitement liés dans ma vie.
La pratique martiale a transformé ma course à pied et m’a permis d’aimer cette discipline.
Je vais également vous expliquer comment la course à pied m’a permis d’exporter certains éléments des arts martiaux vers mon quotidien.
Si vous pratiquez vous-mêmes les arts martiaux, ou un autre sport, n’hésitez pas à nous dire dans les commentaires comment ils influencent votre façon de courir !

On commence avec un petit bout de mon histoire, et je vous explique pourquoi je détestais courir étant plus jeune.

Courir dans mon enfance et mon adolescence, une épreuve difficile

Lorsque j’étais plus jeune, je n’avais pas toutes les chances de mon côté pour devenir sportif. J’avais quelques problèmes de santé, qui font que je n’aimais pas du tout courir. Je n’étais pas encore un aventurier, (si on peut dire qu’aujourd’hui j’en suis un..), et surtout je me complaisais dans ces problèmes.

Asthme

Dessin d'une femme faisant de la ventolineDessin d'une femme faisant de la ventoline

J’étais asthmatique depuis mon plus jeune âge, et cela m’a valu quelques aller-retour dans les hôpitaux de ma région.
Cette situation n’était pas commode, le moindre exercice un peu cardio, un peu trop de stress, et je me retrouvais limité dans ma respiration.
Et pour couronner le tout, j’étais allergique à des choses bien trop nombreuses à mon goût (j’ai même été déclaré allergique au test neutre !).

Donc aller me balader en forêt, c’était déjà prendre un risque élevé de faire une crise d’asthme, alors aller courir, c’était vraiment prendre des risques inconsidérés.
C’est un peu comme aller dans une école primaire avec un sachet de bonbons et une pancarte “Celui qui m’arrache un cheveu gagne un bonbon”, c’est des coups à finir dans un sale état.

Surpoids

Le souci, c’est que le traitement pour l’asthme que je prenais quotidiennement (cortisone), favorise la prise de poids.
Donc je me sentais assez mal dans ma peau et je voulais perdre ce bourrelet qui enrobait ma sangle abdominale.

Homme prenant son tour de taille

J’ai donc essayé de courir, et même si ce ne fut pas très glorieux, cela m’a aidé à progresser vers mes objectifs.
Mais, entre les crises d’asthme et le fait que je me sentais très peu compétent (je courais bien moins vite que mes frères ou mes camarades), je n’éprouvais vraiment aucun plaisir à la course.
Je dirais même que j’avais de l’aversion pour cette pratique.

J’allais courir à peu près régulièrement, autour d’un stade (passionnant de faire des tours de stade !), sans vraiment éprouver du plaisir à le faire, juste pour améliorer ma santé et mon bien-être.
Je voyais la course comme un moyen et pas un but en soi.
D’ailleurs, je ne comprenais pas l’intérêt que certaines personnes portaient à cette discipline.
Des gens se lèvent plus tôt pour faire un footing ?
Mais pourquoi ils ne restent pas à lire un livre, c’est beaucoup moins contraignant.

Surprotection

À cause de mes problèmes de santé ma mère m’a toujours protégé, et peut-être un peu surprotégé.
Dès qu’il y avait un cross, ou même du sport d’endurance en cours de sport, elle essayait de m’en dispenser.
Comme toutes les mamans, elle a fait de son mieux pour protéger et aider son enfant, et je ne la remercierai jamais assez, mais je pense que ce fut une erreur.

Deux ninjas

À tous les parents, si votre enfant fait de l’asthme, amenez-le faire du sport s’il vous plaît.
Ce qui m’a permis de sortir de ce cercle vicieux, c’est mon grand frère, de 9 ans mon aîné, qui m’a inscrit au ju-jutsu à l’insu de ma mère lorsque j’étais en classe de troisième.
J’étais toujours obèse, mais de façon bien moins prononcée.
Et surtout, depuis que je l’avais vu pratiquer le ju-jutsu dans son adolescence je voulais en faire.
Au début, cela a été facile de tromper notre mère, vu qu’on était souvent ensemble, on disait qu’on partait se balader alors qu’on allait au dojo.
Au fur et à mesure, notre mère à compris le pot au rose.
Mais elle ne pouvait pas défaire ce qui était fait, je faisais du ju-jutsu.
Rien qu’à cette idée mon coeur dans ma poitrine faisait des bonds !

La première chose qui a transformé ma pratique de la course à pied, c’est mon sensei, Dédé.
En échauffement on faisait des tours de tatamis en courant.
Il m’attendait au coin de celui-ci avec mon inhalateur en cas de crise.
Mais il m’encourageait à me dépasser.
Au début, au bout d’un tour j’avais besoin de m’arrêter, mais quand au bout de quelques mois j’ai pu tenir le même rythme que le groupe, je me suis senti très fier, et empli de gratitude pour celui qui m’avait fait me dépasser.

Enfant sur une butte

Cela peut paraître stupide, mais à ce moment-là, je me suis dit que la course à pied pouvait finalement m’apporter énormément de choses.
Sans ce lien entre les arts martiaux et la course à pied qui s’est créé à ce moment-là, je ne serais certainement pas ici en train de vous écrire.

Problèmes de dos

J’ai continué à courir au moins une fois par semaine, jusqu’à mon année de terminale, soit un peu plus de 4 ans plus tard.
Si ce n’était pas mon activité préférée, j’y allais moins stressé, avec plus de légèreté.
Mais n’exagérons rien, je n’y allais pas de gaieté de coeur non plus !

Et grâce à cet entraînement j’ai réussi à arracher un 20 sur 20 en course d’orientation au baccalauréat.
Ma mère, qui pensait que le sport n’était pas fait pour moi, a été très étonnée.
C’est également l’année où j’ai eu ma ceinture noire, autant dire que je m’entrainais régulièrement (10h par semaine en moyenne au dojo, sans compter les entraînements supplémentaires avec mes frères pour me préparer) et intensément.

Seulement, nous étions bien moins informés qu’aujourd’hui (merci internet) et je courais avec des tennis basiques.
En pleine croissance, cela a fini par me créer des douleurs dans le bas du dos.
Il a fallu que je stoppe la course à pied et que je pratique les arts martiaux plus doucement.
Mais comme c’était ma première année de faculté, je le vivais assez bien, j’ai pu m’investir un maximum dans les études.

L’histoire ne s’arrête pas là, ne vous inquiétez pas.
Les arts martiaux m’ont non seulement donné confiance en moi pour que je puisse m’améliorer dans la course à pied, mais ils m’ont permis de faire évoluer le sens que je donnais à ma course.

Les arts martiaux ont transformé le fond de ma course, ma course a transformé ma façon d’être au monde

J’ai pu rejoindre le dojo du maître fondateur de notre école, Armand Vallé, en y allant 1 fois par semaine à partir de ma deuxième année de licence, tout en continuant à suivre les cours dans mon dojo d’origine.
C’est à cette période que ma pratique s’est transformée, mon but dans la course a totalement évolué.

Avoir des objectifs

On en parle suffisamment régulièrement, mais le fait d’avoir des objectifs précis permet de rester motivé et de se voir évoluer.
On a plusieurs articles sur ce thème dont celui-ci : “Comment rester motivé et continuer à progresser comme dans Karate-Kid”.

J’ai échoué le jour de mon deuxième dan parce que j’ai fait une crise d’asthme à la fin de mon combat. Et même si je l’ai terminé, je n’ai pas eu assez de kime (d’énergie) pour valider un passage correct.

Si je comprenais cette situation, j’étais frustré d’échouer. C’est là qu’Armand Vallé m’a tenu ce discours.

De nombreux maîtres d’arts martiaux étaient des asthmatiques, mais ils se sont accrochés, ils se sont dépassés et sont devenus des maîtres.

Une autre phrase qu’il avait dit durant un stage a fait écho à ce moment-là.
Il nous avait souhaité “maladresse” .
Puis il avait expliqué qu’une personne maladroite aurait plus de mal à apprendre un mouvement, mais comme elle se donnerait plus de mal qu’une personne agile, elle développerait bien plus de qualités (motivation, dépassement de soi, etc.).
C’est pour cette raison que souhaiter la maladresse à quelqu’un c’est lui souhaiter d’avoir la force de dépasser cette maladresse et de devenir une meilleure version de lui-même.

Je m’égare.
Fort de ces idées, j’ai rejoint le stage d’été, qui est reconnu comme éprouvant physiquement.
Arrive l’épreuve d’endurance, une épreuve qui a été horrible pour moi tant physiquement que mentalement.
On devait faire le tour d’un parc dans un temps donné et arriver tous ensemble.
S’il venait à manquer une personne, on recommençait en ayant une minute supplémentaire.
Je remercie mes amis, qui ont dû faire un tour de plus à cause de moi, et qui, en plus de cela, ont dû m’encourager tout au long pour que l’on arrive à temps.

Ce stage m’a donné un objectif : réussir à courir avec mes camarades sans être un boulet pour eux.
Mais il m’a surtout permis de faire sortir du dojo mon esprit combatif.
Avant cette épreuve, j’étais combatif sur les tatamis mais plutôt en retrait le reste du temps.
Cela m’a donné assez de confiance en moi pour m’apprendre à m’affirmer.

Bilan : il y a trois ans, durant un autre stage d’été j’étais content et amusé, car grâce à mon entraînement, c’est à moi qu’a échu le rôle de booster les derniers.
Je devais être derrière eux, courir à leur rythme et les aider à gérer la course.
Et je me suis rappelé avoir pensé être un boulet, mais ce jour-là je me suis dit que finalement j’avais peut-être été un stimulant, et les remerciements de ceux que j’ai aidés m’ont vraiment touché.

Créer un lien entre ma pratique des arts martiaux et la course à pied

Mais le fait de courir avec mes camarades n’était pas la seule chose qui m’intéressait dans la course. Je voulais aussi devenir plus performant dans ma pratique, pouvoir tenir plus longtemps.

Comme l’explique Joel Jamieson ( Ultimate MMA Conditionning, Joel Jamieson), notre corps est comme une voiture.
L’endurance est notre capacité de réservoir, et l’explosivité c’est le moteur.
Si vous êtes très explosif mais avec un tout petit réservoir vous n’irez pas bien loin.
Je devais donc augmenter mon endurance pour devenir plus performant.

Il a fallu que je crée un lien concret entre ma pratique sur les tatamis et la course à pied.
Je voulais avoir des objectifs sur le court terme.
Et, même si la course ne me paraissait plus détestable, elle n’était toujours pas enviable.
J’avais vraiment envie de changer cela. Il fallait que cela change, je voulais avoir envie d’aller courir.
Je me suis alors dit que je devais trouver d’autres façons de courir.
Car il ne dépend que de nous de prendre du plaisir dans ce que nous entreprenons.

Faire du fractionné

J’ai compris que j’avais du mal à prendre du plaisir car la course me semblait trop linéaire, trop régulière, et je ne m’amusais pas. J’ai alors commencé à faire une forme de fractionné sans même savoir ce que c’était.
Mais maintenant j’en sais un peu plus, et pour les curieux je vous parle plus en détail du HIIT dans l’article “Entraîner votre condition physique à la plage”.

Montre

Je me suis tout simplement dit que nos combats durent environ 3 minutes, avec 1 minute de pause. J’allais donc courir sous la même forme après mon échauffement. Je faisais donc 3 minutes à une vitesse élevée et 1 minute à une vitesse plus lente.
J’ai appris bien plus tard que c’est utilisé dans la préparation physique spécifique d’un athlète.

Au fur et à mesure j’ai pu essayer différentes formes, et même sous la forme de hiit, avec des cycles de 30 secondes de sprint et 30 secondes de course beaucoup plus lente.
C’est à partir de ce moment que j’ai également commencé à m’intéresser à la préparation physique et me questionner sur le rôle qu’elle avait dans les arts martiaux.
J’avais souvent entendu dire qu’elle n’était pas du tout nécessaire aux artistes martiaux, mais je commençais à remettre cette idée en cause.

Je pense que sans cette forme de course, je n’aurais pas pu prendre du plaisir à la course avant de nombreuses années.
Le fait d’avoir un objectif et un défi à chaque course me donnait envie de me dépasser et de recommencer.
Je ne me disais plus que c’était dommage d’aller courir parce que le canapé avait l’air beaucoup plus sympa que cette piste dans les bois, mais qu’il fallait à tout prix que j’arrive à faire mieux que la dernière fois.

En plus de cela, j’ai vu de grosses différences sur les tatamis.
J’arrivais à récupérer beaucoup vite, je me fatiguais moins et je maîtrisais mieux mon corps.
Bref, c’était vraiment positif, je prenais enfin du plaisir et je pouvais en même temps mesurer mes progrès.

Un moment agréable avec une boule de poils

Durant cette période j’ai également eu la chance de récupérer un super toutou formidable.
Le fait d’aller courir avec elle m’a permis de mieux l’éduquer mais aussi de passer des moments privilégiés.
Cela a créé un lien de confiance entre nous, c’est une chienne que j’ai récupéré lorsqu’elle avait un an et dont j’ignore le passé.

chien aui court

En même temps qu’un épanouissement personnel, j’ai trouvé une forme d’engagement envers autrui, ce qui est la plus forte source motivation d’après Martin Meadows ( Comment développer l’autodiscipline dans le sport de Martin Meadows).

J’adore vraiment les moments que je passe avec elle à courir.
Et lorsque je n’ai pas le temps d’aller courir avec elle (comme en ce moment), elle me le fait savoir !

L’inconvénient est qu’en vieillissant, elle a un souffle au coeur et elle ne peut plus suivre sur des séances de fractionné.
Mais ce n’est pas très grave, j’alterne les courses avec elle à un rythme modéré et sans elle avec du fractionné.

Passer du temps avec soi-même

Une autre chose que j’ai appris à faire durant la course à pied c’est de respirer. Non, je ne parle pas du cycle de respiration externe classique, je parle d’un souffle intérieur, faire un break, prendre du temps pour moi.

Dans notre article “Améliorez vos performances grâce au mokuso“, nous expliquons combien c’est utile pour les arts martiaux de méditer.
Mais il existe bien des façons de méditer.
Et j’ai appris à le faire en courant.
J’ai essayé de pratiquer le mushin (esprit vide, au sens de libre, sans pensée inutile, disponible) en courant.
Le mushin est quelque chose que je souhaite atteindre, notamment dans ma pratique martiale.
C’est encore un point qui réunit les arts martiaux et la course à pied, me permettant de faire évoluer ma façon de courir et d’y prendre plus de plaisir.

Je trouve que la course est un bon moyen de rentrer en méditation et que la méditation est un très bon moyen d’améliorer sa course à pied.
Courir est un mouvement assez naturel, il ne demande pas une attention très conséquente, et en même temps il demande un très haut niveau de concentration, car il faut faire attention où l’on met les pieds, il ne faut pas perdre le rythme pour ne pas finir essoufflé, etc.
De ce fait, on peut laisser son esprit en sorte de veille, une vigilance constante, tout en essayant de faire les choses sans y penser.

Lorsque j’ai commencé à pratiquer ainsi j’ai remarqué que je perdais beaucoup moins mon souffle, même si les musiques que j’écoutais pendant ma course ne gardaient pas le même tempo.
Mais au bout d’un certain temps j’ai aussi remarqué que j’étais plus alerte durant les cours de ju-jutsu.
J’arrivais mieux à gérer les situations de stress et les adversaires en surnombre.

Cette façon de courir me donne également beaucoup de plaisir.

Les arts martiaux et la course à pied ont un lien encore plus profond.
Ma pratique martiale à changé ma façon de voir la course mais elle a aussi changé ma façon de courir et de me tenir au quotidien. Je vous explique tout en détail !

Les arts martiaux et la course à pied m’ont permis de me sentir mieux dans mon corps

Au début de ma vie de coureur je courais n’importe comment.
Je ne savais pas comment me tenir ni gérer mon souffler.
Je ne savais pas non plus ce qu’était une foulée.
Pour moi courir était un moyen de se déplacer plus rapidement d’un point A à un point B.
Il fallait pour cela mettre les pieds l’un devant l’autre de façon successive et rapide.
Cela s’arrêtait là.
Non, s’il vous plaît ne me jetez pas des tomates.

Mais comme l’explique Mickaël dans son article “Born to run nous sommes fait pour courir“, l’homme est fait pour courir, donc j’ai réussi à faire évoluer ma pratique.
Et j’ai remarqué que les arts martiaux et la course à pied ont des principes proches, et le fait de pratiquer l’un m’aide à comprendre l’autre.

Avoir le dos droit

Dans les arts martiaux on vous embête souvent avec votre posture, le fait d’être toujours droit au niveau du dos. Cela à un vrai intérêt au niveau du combat (on fait moins d’appels car les membres ne sont pas en arrière et on peut se recroqueviller pour esquiver), mais pas uniquement.

Lorsque j’ai eu mes problèmes de dos j’ai commencé à vouloir faire évoluer toutes mes pratiques sportives.
Je me suis demandé ce qui faisait que j’avais cette douleur qui est apparue.
Et je me suis rappelé d’un défaut que j’avais corrigé dans les arts martiaux et nulle part ailleurs : avoir le dos droit.

dos droit

Avoir le dos droit est une épreuve difficile, surtout à notre époque.
On a tendance à avoir les muscles antérieurs (abdominaux, pectoraux) plus musclés que notre dos.
Du coup on se voûte naturellement. De plus on travaille souvent penché en avant (écriture, lecture ou encore sur un ordinateur), ce qui n’aide pas du tout.
Je me suis alors efforcé de me tenir plus droit tout le temps.
D’ailleurs, c’est un exercice que j’ai repris récemment, car j’ai remarqué que j’avais recommencé à arrondir le dos !
Ce qui est formidable, c’est que la course à pied m’a permis de faire sortir un élément du dojo pour l’incorporer dans ma vie quotidienne.
Grâce aux arts martiaux et à la course à pied je me sens bien mieux au quotidien !

En effet, j’ai commencé à courir avec le dos bien droit.
Pour cela je me concentre sur la rétroversion du bassin et le fait de descendre les épaules.
Wahou ! l’effet est quasiment immédiat, je n’ai plus mal au dos quand je cours, car ma sangle abdominale gainée protège ma colonne des chocs !
Je revis.
En plus de ça, je respire bien mieux.
Vous savez lorsque vous respirez un air un peu vicié en restant sous la couette pendant un moment et que vous prenez une bouffée d’air frais.
C’est revigorant et agréable n’est-ce pas ? J’ai eu la même impression.
Chaque inspiration devenez agréable, rafraîchissante.

C’est à ce moment que je me suis dit qu’un jour je devrais faire un marathon.
Qu’il doit être agréable de pouvoir faire une course méditative pendant des heures, respirant des bouffées d’air frais à chaque pas, en admirant un beau paysage.
Mais pour l’instant je me cantonne à des courses entre 3 et 7 km, pour des questions d’emploi du temps.
Malgré mes entraînements je n’ai pas encore acquis le don d’ubiquité.

Placement de la tête

Tout comme le dos, la façon dont je tiens ma tête en courant a évolué par la pratique des arts martiaux. Dans la pratique martiale, on doit rentrer le menton et lever le sommet du crâne. J’essaie de me tenir comme ça lors de la course, mais aussi au quotidien.

Je dois avouer que c’est quelque chose de difficile, surtout si l’on n’a pas le dos droit.
Mais les jours où je fais attention à le faire régulièrement je ressens moins de tensions dans mes épaules et mes trapèzes. Vous devriez essayer surtout si vous travaillez beaucoup assis !

Travailler des deux jambes

Dans les arts martiaux, en tout cas ceux que je pratique, on ne se déplace pas qu’avec la force d’une jambe.
La jambe avant tire, la jambe arrière pousse.
Et on gagne ainsi en explosivité dans notre déplacement.

Ce travail, je l’ai commencé récemment en course.
Donc, ce que je vais vous dire ici, n’est que le balbutiement de ma réflexion, mais je tenais à le partager avec les aventuriers que vous êtes, car je suis sûr que cela peut vous intéresser, n’est-ce pas ?

Pour pouvoir travailler des deux jambes, il faut une flexion des deux genoux, si une jambe est tendue, vous perdez en explosivité, car vous devez d’abord la détendre.
Donc j’ai appliqué la même chose à ma course.
Je me suis dit qu’il fallait que j’évite de garder mes jambes tendues.
Cela a eu pour effet d’atténuer les chocs de la course.

Puis il a fallu que je m’entraîne à tirer d’une jambe et pousser de l’autre.
J’ai commencé à le faire en marchant.
J’ai d’abord travaillé la propulsion de la jambe arrière.
Je pense que l’exercice le plus productif que j’ai pu faire a été de marcher sur des zones glissantes et en pente.
J’ai bien ressenti le mouvement à faire pour pousser de la jambe arrière tout en la ramenant en avant.
Il y a une astuce pour réussir à prendre appui sur une zone glissante, il faut que vos orteils aillent dans la direction de votre marche et que votre pied pousse en s’enroulant (vous décollez d’abord le talon, puis le milieu du pied et vous finissez par décoller tout le pied).
C’est le deuxième orteil qui vous donne la direction de votre pied.

La traction de la jambe avant a été plus complexe à travailler.
J’ai réussi à la visualiser grâce à deux choses.
La première est la définition de la marche humaine : “une succession de déséquilibre”.
Il fallait donc que ma jambe avant me propulse en déséquilibre dans la direction souhaitée.
La seconde, je me suis imaginé quelqu’un me tirant par la ceinture devant moi (si vous voulez ressentir cette sensation, accrochez un élastique à votre taille et à un arbre devant vous, tendez-le et avancez dans sa direction).
Il fallait que ma jambe avant remplace le rôle de cette personne qui me tire.
Petit à petit j’ai senti une légère évolution.

Depuis que je cours de cette façon je produis un effort différent.
Je fais des enjambées plus longues et mon rythme moyen de pas est plus élevé.
Je m’essouffle un peu moins.
Par contre je puise plus dans mes ressources musculaires.
J’aime particulièrement courir de cette façon après une séance de force sur le haut du corps.

Cet article se termine, s’il vous a plu n’hésitez pas à le partager un maximum.
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Merci à toi, Marvin, pour cet article fort intéressant. Quel chemin personnel tu nous livres là !

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