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J’ai décidé de devenir champion du monde

J’ai décidé de devenir champion du monde

Dans quelques mois, cela fera un an que j’aurai lancé CourirUnTrail. Et ce lundi, je pars marcher 200km, en 7 jours, sans manger… En jeûnant… Avec 9 autres compagnons, dont Florian Gomet, aventurier hygiéniste, triathlète original, une source d’inspiration et un ami maintenant. En moins 

Stéphane Janssoone, instructeur Wim Hof, la méthode comme outil de développement

Stéphane Janssoone, instructeur Wim Hof, la méthode comme outil de développement

Stéphane Janssoone est instructeur Wim Hof. Derrière chaque instructeur Wim Hof se cache un être humain avec des capacités visuellement étonnantes. En fait, ce sont des superhéros. Et moi, j’aime bien les superhéros. Surtout quand ils me disent que je peux aussi en devenir un. 

Pierre Dufraisse de VérismeTV : une bonne santé pour changer votre monde

Pierre Dufraisse de VérismeTV : une bonne santé pour changer votre monde

Pierre Dufraisse, c’est un type éblouissant de santé et de force, qui, sur sa chaîne VérismeTV, est suivie par plus de 20 000 abonnés pour parler de… physiologie. Comprendre comment le corps fonctionne lorsqu’il est en pleine santé, et pourquoi la loi de l’hormèse -tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts – permet de devenir le superhéros qui sommeille en nous.

C’est un homme humble et ordinaire qui invite chacun à faire comme lui : expérimenter pour faire des choses extraordinaires.

Cet article révèle une annonce en avant-première. Saurez-vous la trouver ?

Comme d’habitude, la plupart des liens ont été mis à la fin de l’article afin de ne pas perturber la lecture.

Vous pouvez retrouver le podcast en haut de cette page et la version texte en dessous.

Pierre Dufraisse, naturopathe sur VérismeTV
Pierre Dufraisse, sourire aux lèvres 😉

Bonjour, Pierre Dufraisse, merci à toi de me consacrer du temps. Tu es naturopathe, et tu es bien connu sur internet avec ta chaîne VerismeTV où tu fais de la vulgarisation autour de la santé. Attention, là, on ne parle pas juste de ne pas être malade, mais aussi, et surtout comment être au maximum de ses capacités à travers l’activité physique, la respiration, l’alimentation, l’exposition au froid et au chaud. Tu utilises souvent le terme de loi d’hormèse.
Il est courant dans les podcasts de présenter l’invité, mais j’ai peur alors de devoir parler tout seul pendant un bon moment pour te présenter.
Est-ce que tu pourrais donner la parole à ton corps pour te présenter de son point de vue ?
Ça fait quoi d’être le corps de Pierre Dufraisse ?

Pierre Dufraisse :
Bonjour Mickaël, merci beaucoup. Ça fait bizarre d’être le corps de Pierre Dufraisse.
C’est une étroite relation que j’ai avec Pierre.

Il me considère comme un temple sacré.

Il n’y a pas tout le monde qui entre à l’intérieur de moi, ni n’importe quoi.
Il me remercie, il est plein de gratitude tous les jours envers moi, car on travaille ensemble, on avance ensemble dans cette vie, on n’est pas du tout dissociés.
En fait, on est une seule et même chose.

Il m’arrive plein de péripéties toute la journée !
Un coup, je suis dans un congélo à zéro degré.
Un coup, je cours très très vite, je fais des exercices physiques très intenses.
Puis, je vais rester immobile pendant une heure, et on va partir en méditation.
C’est l’expérimentation de ces extrêmes, activités-repos, qui fait que je suis en très bonne santé, et Pierre aussi.
Et tout ça, ça fait qu’on s’éclate.

Tous les deux, avec Pierre, on est naturopathe.
Notre mission qu’on s’est donnée, c’est de prendre soin de la santé des autres et de changer le monde, de le faire évoluer vers quelque chose avec de meilleures valeurs, ou en tout cas des valeurs qui nous semblent justes, et d’inspirer les gens au changement.
C’est ce qu’on tente de faire de notre mieux, toujours, sans perfectionnisme, mais plutôt avec de l’optimalisme.
On essaie de faire de notre mieux sur YouTube en vulgarisant la physiologie et la santé, mais aussi en parlant de cette fameuse loi de l’hormèse que tu as cité avec nos programmes d’accompagnements sur Hormese.com.
Là, on prend plus les gens par la main pour les aider à cheminer sur le chemin de la pleine santé.
On a souvent travaillé un par un en cabinet avec Pierre et les patients qui viennent nous voir.

Maintenant, ça prend une nouvelle aventure, avec l’écriture de livre aussi. Être le corps de Pierre, c’est très sympa, on s’amuse beaucoup !

corps Pierre Dufraisse...Comment ça a commencé ? À quel moment tu t’es dit : mon corps est un temple sacré, et je vais aider les autres à ce dont ils prennent aussi conscience de ce temple.

Pierre Dufraisse :
Ce n’est pas facile, de nos jours, n’est-ce pas ?
C’est un cercle vicieux.
Les gens ont très peu d’amour propre, donc ce qui rentre dans leur bouche, finalement, ce n’est pas grave, car à l’intérieur d’eux, ça n’a pas trop de valeur.
Plus tu leur apprends qu’à l’intérieur d’eux c’est magnifique et magique, et plus ils vont y mettre de la valeur.
Et donc, ce qu’ils mettent dans leurs assiettes va avoir de l’importance tout à coup.
Pour répondre à ta question, moi, c’est presque depuis toujours ou en tout cas depuis mon enfance. J’étais passionné par le sport.
Je suis le dernier de la famille, et j’ai un grand frère et un papa. Ils m’ont beaucoup inspiré, comme c’étaient des hommes et que j’étais un petit garçon, c’est eux que j’avais comme modèle,et que j’ai toujours d’ailleurs.
Je voulais devenir un homme costaud, viril, fier, etc.
Tout ce que j’étais pas trop en fait quand j’étais petit : j’étais en surpoids, etc.
J’ai toujours été inspiré, j’ai toujours eu cette tension vers m’améliorer, améliorer mon physique, mon mental, être plus intelligent…
J’ai toujours eu cette espèce d’espoir, mais jamais de mise en pratique.
Vers l’adolescence, je me suis dit, ça suffit maintenant de rêver, il faut passer à la pratique. Je me suis mis à vraiment me prendre en main à partir de 15/16ans, à faire des exercices physiques, à prendre soin de ce que je mettais dans mon assiette.
L’implication de la santé dans ma vie était là depuis longtemps.

Et lorsque j’ai eu 22/23ans, mon père a contracté une leucémie : un cancer du sang et de la moelle osseuse.
Je l’ai perdu quand j’avais 25ans.
Donc, pendant trois ans, ça a été très dur.

Je me suis rendu compte à quel point qu’une personne qui ne prend pas soin de sa santé, ça impacte tout son entourage.

D’abord sa famille, et ses proches.
Et il n’y a rien de plus terrible que de voir un proche qui souffre et ne pas pouvoir l’aider.
Alors, c’est sûr que la personne qui est malade souffre beaucoup.
Mais je pense que les personnes qui sont autour, qui l’aiment, souffrent encore plus que lui ou elle.
Là,je me suis dit, il faut qu’on puisse travailler en prévention pour que les gens ne vivent pas ce que ma famille a vécu pendant trois ans, avec la chimiothérapie, les salles stériles…

Donc, on va vulgariser la santé, faire en sorte de toucher le plus de gens possible, on va travailler en prévention, c’est-à-dire qu’on va expliquer comment ça fonctionne quand ça fonctionne bien. On ne va pas s’attarder à comment ça fait quand ça ne fonctionne pas, c’est-à-dire quand il y a un déséquilibre, une pathologie.. Ça, ça ne m’intéresse pas.

Moi, je veux expliquer comment ça fonctionne quand ça marche.
C’est beaucoup plus pertinent, selon moi.
Car tout à coup, on met le doigt, le focus sur les magnifiques processus régulateurs du corps, qui sont magiques.
On se rend compte qu’on est vraiment exceptionnel.
Alors que si tu mets le focus sur les maladies et les déséquilibres, au bout d’un moment, tu arrives à la conclusion que le corps fait n’importe quoi. La nature, elle n’avait rien prévu, un coup ça marche, un coup ça ne marche pas… Donc ça ne marche pas.

C’est pour ça que j’ai lancé VérismeTV, c’est pour ça que je suis devenu naturopathe. C’est pour ça que je prends soin de moi. Je sais que c’est important de prendre soin de moi, car je prends soin de mon entourage.

Tu as appelé VérismeTV en hommage au peintre Stéphane Dufraisse, qui était aussi ton père. Il cherchait à peindre le plus juste possible la réalité. Il a nommé cette manière de faire le vérisme, le fait de tendre vers la réalité.
Est-ce que tu n’as pas l’impression d’aller contre des idées dominantes, au niveau notamment de la médecine en France, plus que de pouvoir faire de la vulgarisation ?

Pierre Dufraisse :Pierre Dufraisse VérismeTV
J’essaye justement de ne pas entrer dans une forme de combat ou de lutte.
Car c’est vraiment le postulat actuel, on le voit dans tous les domaines, que ce soit les gilets jaunes, la politique, l’économie, on réagit toujours face à quelque chose. On se bat contre… Et en fait ,on nourrit le même défaut qu’on critique.
Et ça, ça tue la santé des gens. Si vous êtes toujours dans la négativité, ça vous ronge de l’intérieur.
On parle souvent de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein.

La bonne question à se poser est  : quel verre je remplis ?

Car si mon verre, c’est sans arrêt de la violence, de la colère, de la haine, de la frustration, en disant : ce n’est pas juste, les hommes politiques ceci, les gilets jaunes, blabla…
Jamais, vous n’allez être en bonne santé.
Jamais vous n’allez créer un système vertueux.
Il faut se focaliser sur ce qui marche, sur les solutions.
Donc, moi, je ne suis pas du tout là-dedans.
Tu vois, si tu prends VérismeTV, il n’y a pas d’émotionnel derrière. C’est très factuel : les poumons, ça marche comme ça, le diaphragme, ça marche comme ça.
Je ne mets pas de jugement de valeur.
Et cette neutralité permet aux gens de juste avoir le savoir, et c’est ça qui est important.

Après, pour répondre à ta question, oui, c’est complètement à l’inverse de ce qui se fait actuellement en termes de philosophie de la santé.
J’ai l’impression cependant que les gens s’y retrouvent.
Mais c’est sûr il y a beaucoup de personnes qui me demandent : qu’est-ce que je dois faire dans le quotidien ? Oui, tu expliques, mais qu’est ce que je dois faire ?
C’est sur que ce n’est pas facile de comprendre qu’il faut passer par la case expérimentation.
Il faut expérimenter de son côté une fois qu’on a compris pour trouver ce qui marche pour soi-même.
Ce n’est pas une tierce personne qui doit vous apporter la réponse, c’est vous-même.

Concrètement, si l’on doit être son propre pilote, quelle en est la carte ? Quels sont les points les plus importants ? Par exemple, avoir une bonne hygiène de vie est-elle indispensable pour pouvoir courir de longues distances ?

Pierre Dufraisse hygiène de viePierre Dufraisse :
Oui.
Si tu veux avoir une carte, je pense que la carte, on l’a tous plus ou moins en tête, même s’il y en a qui partent de très loin, car ils ne s’intéressent pas du tout à la santé, peut-être parce qu’ils sont jeunes et que tout marche très bien pour l’instant.
En général, les gens prennent conscience que c’est important quand il tape dans un mur ou touche le fond.
C’est-à-dire qu’on leur diagnostique un truc un peu lourd, une maladie quelconque, un cancer, et tout à coup, houlala, je veux faire marche arrière.
Pour faire marche arrière, c’est très dur au niveau physiologique.
Tout à coup, on donnera tout l’argent qu’on a pour retrouver la santé de sa colonne vertébrale ou de son foie.
Et malheureusement, ça demande des efforts.
Je prends le pari inverse, je fais de la prévention et l’on a une bonne hygiène de vie.
Généralement, les facteurs de santé, on les connaît plus ou moins, mais on n’a pas la discipline pour les respecter.
C’est à dire, par exemple, le sommeil -pour moi, ça commence par là, si tu veux être en bonne santé, il faut que tu dormes-.
On peut jeûner longtemps, on peut se passer de nourriture et d’eau pendant un certain temps.
Mais se passer de sommeil, personne ne peut le faire.

Donc, le sommeil, vivre à des rythmes physiologiques, ne pas être bombardé d’ondes néfastes toute la journée.
Je me bats pour que les gens arrêtent de mettre leur téléphone portable dans la poche, ce n’est pas possible !
Ça devrait être interdit, on devrait avoir des amendes, car ça nous foudroie le système nerveux, endocrinien, les gonades et les testicules qui sont juste à côté, on va vers une infertilité massive.
Il faut vraiment qu’il y ait une prise de conscience à ce niveau-là.

La nourriture industrielle bombardée de pesticides, de fongicides, de produits chimiques.
Tout le monde le sait, mais personne ne le fait. C’est obligatoire. Ce n’est même pas une fois sur deux.
Soit vous vous empoisonnez à pas cher, soit vous mangez cher. C’est sûr que manger bio ça coûte cher.
On n’est pas dans un système tourné vers la santé. Donc c’est normal que ce qui est bon coûte cher.
Car notre système est basé sur la raréfaction.
Mais une fois qu’on aura changé le système, une fois qu’on aura remis les bonnes valeurs au centre du jeu, je pense qu’on va arriver à un moment où ce qui est bon pour nous ne coûtera pas forcément cher.
On est dans une période de transition.

Je sais que ce n’est pas facile, mais il faut mettre la santé comme objectif numéro 1.

Donc, le sommeil, l’alimentation, les relations sociales, l’humilité, être dans le don, être tourné vers les autres.
Si votre cheminement dans votre vie n’est pas tourné vers autrui, je pense qu’il est voué à l’échec.
On doit vivre ensemble, c’est pour moi une certitude.

L’activité physique, bouger, lutter contre cette sédentarité qui est là au quotidien : on est assis, alors plein de déséquilibre se crée.
Ce sont des conseils de grand-mère : bien manger, bien dormir, être sympa avec son voisin et bouger régulièrement.
Tout le monde le sait, mais personne ne le fait.
Et moi, mon grand truc, c’est vraiment apprendre aux gens à mettre en place cette discipline, soit sur hormese.com avec mes programmes vidéos, soit en coaching un par un, je ne parle que d’astuces, en fait, qui vont permettre d’avoir cette discipline au quotidien pour aller vers la pleine santé.

Donc, pour l’histoire de la course à pied, tu vas devoir demander un effort prolongé à ton corps.
Pendant longtemps, tu vas envoyer une quantité assez colossale de sang, la vascularisation au niveau des muscles va être importantes, et va quitter le noyau -ce qu’on appelle le noyau, c’est tout ce qu’il y a autour des organes principaux, c’est-à-dire le cœur, le foie, les intestins, l’estomac, etc.-.
Une quantité importante va quitter le noyau pour aller vers les muscles.
Si tu n’as pas une santé optimale de tes viscères, notamment, quand le sang va faire des va et viens au niveau des viscères et des muscles, tu risques d’avoir des problèmes digestifs.
Les gens qui font de l’ultra-trail et des longues distances le savent bien : les crampes d’estomac, les diarrhées et ce genre de choses sont souvent un facteur limitant. Et là, il y a une perte d’énergie qui est énorme.
Toutes les personnes qui ont eu une gastro, une diarrhée savent bien que lorsqu’ils font que ça sorte, il n’y a plus aucune énergie.
Tu as juste envie de mourir, d’abandonner.
Donc il ne faut surtout pas que ça arrive pendant la course.
Rien que d’avoir une bonne santé du système digestif, ne pas manger de barre chocolatée ou de tube fluorescent avant la course -comme certains font pour faire une charge glycémique, c’est une très mauvaise idée-.
L’alimentation pendant la course ou le ravitaillement si vous décidez d’en avoir -ce n’est pas obligé- doit être le plus sain possible.
En delà de l’entraînement, il y a une bonne santé globale qui est obligatoire si on veut que la course se passe bien.

Justement. C’est une information en avant-première pour ceux qui nous écoutent.
Dans les alentours de juin, on m’a proposé de courir 100km à jeun, avec notamment Florian Gomet, aventurier bien connu ici, et Damien Artero, réalisateur chez Planète.D . C’est en train de s’organiser…

Le faire à jeun ne m’inquiète pas. Par contre, je n’ai pas le niveau actuellement pour courir 100Km. Est-il possible d’hacker la progression pour y arriver ? Que faut-il mettre en place de manière optimale, pour espérer être au top le jour J, et faire 50, 70 ou les 100km ?

Pierre Dufraisse :
Déjà, dis-toi bien que tu vas faire les 100 !
C’est important !
Que tu ne partes pas avec une échappatoire : “70, c’est déjà bien”.
Car c’est le meilleur moyen pour n’en faire que 50.
Dis-toi bien que tu vas faire les 100, ça, c’est sur.

T’es capable d’en faire 200, si tu veux.
On est très très loin de pouvoir taper dans ses limites physiologiques. Le mental joue énormément.

Déjà, je tiens à te féliciter, car se lancer dans un projet comme ça, ce n’est pas anodin. C’est un super défi que tu te lances, c’est top.

Comment aller plus vite que la musique ? En fait, comment aller plus vite que les gens normaux, on va dire, de ce qui se fait habituellement dans la course à pied.
Il faut que tu fasses tout ce que ne font pas les gens normaux.
C’est à dire, se coucher à l’heure du soleil -les heures avant minuit compte double – tu fais des nuits de 9 ou 10h.
Tu te couches à 20 ou 21h, et tu dors jusqu’à 6h du matin.
Tu vas voir que rien que ça, ça va te donner une énergie de dingue. Ça peut tout changer.
Déjà, te mettre en place une vraie discipline.
Manger sainement, frugalement.
Continuer à t’entraîner.
Si tu fais un jeûne intermittent, un 16/8 – ou tu ne manges pas le matin-, place tes zones d’entraînement relativement long -il y a des plans d’entraînement un peu partout sur internet- dans ces fenêtres de jeûne pour habituer le corps à taper dans les réserves au niveau des sources d’énergie. Qu’il ne compte pas uniquement sur le glycogène hépatique et musculaire, mais qu’il aille vraiment apprendre à faire des corps cétoniques, à utiliser les graisses du corps comme source d’énergie.
C’est important.

Et après, il y a tout ce qu’on connaît en bio-hacking et loi de l’hormèse, toutes les autres pratiques qui vont pouvoir venir t’aider.
J’irai beaucoup sur le chaud et le froid, comme tu sais, c’est ma grande passion.
Utiliser le chaud, car tu vas augmenter la vascularisation au niveau musculaire, quand tu fais un sauna ou des bains hyperthermiques, afin d’augmenter le volume sanguin qui va se déplacer au niveau des muscles.
Donc si tu augmentes la chaleur, tu augmentes la vitesse des réactions chimiques.
Parce que, tout au niveau des atomes, les entrechoquements des électrons iront beaucoup plus vite, et c’est comme ça qu’on augmente les réactions chimiques.
Avec le froid, tu vas pouvoir jouer sur la santé des microcapillaires, c’est-à-dire tous les petits tuyaux qui parcourent les extrémités de ton corps pour qu’il y ait une meilleure vasoconstriction, une meilleure vasodilatation, et encore une fois, un meilleur apport d’oxygène et de nutriments.
Tu vas pouvoir jouer sur tout ça.
J’irai aussi du côté de la respiration avec les méthodes Buteyko et Wim Hof qui vont t’obliger encore une fois à faire avec l’inconfort.
Te placer à des zones d’inconforts et t’habituer à la douleur et à cette narration interne qui se passe quand ça va mal, quand t’es dans le rouge.
Sur 100km, il y aura beaucoup de moments, à mon avis, où tu vas te dire que tu as envie d’arrêter, tu vas trouver un milliard d’excuses pour arrêter.
Ce qui m’intéresse dans mon travail, ce sont les choses que les gens se racontent quand ça va mal, cette la narration interne quand ça va mal.
Quand ça va bien, je m’en fous. Quand tout le monde est assis sur son canapé, tu peux me raconter ta vie, tu peux me mentir, tu peux me raconter n’importe quoi, t’auras un beau discours.
Par contre, quand tu es dans un bain à zéro degrés, quand tu es en train de courir à jeun depuis 80km, quand tu es dans le rouge dans un effort, là, tout à coup, tous les masques tombent, et tu vois tes vrais défauts, ta proportion à très vite abandonner un effort, te détacher de l’objectif que tu t’étais fixé.

C’est pour ça que je dis que la loi de l’hormèse, c’est une école.
Parce que tu fais vraiment un cheminement intérieur qui est très intéressant.
Cette conversation avec soi-même, que l’on n’a plus du tout de nos jours.
Parce que les gens, tu les vois, ils s’assoient dans le bus, dans le métro, et hop, ils prennent leur téléphone portable, il n’y a même pas 5 secondes qui se passent avec eux-mêmes. Ils font une diversion de l’esprit, ils regardent quelque chose.

Donc c’est se réhabituer à tout ça, à la douleur.
Si j’avais un conseil à te donner, c’est ça.
Au bout de 50km, tes jambes vont avoir mal.
Comment tu fais pour rester et cohabiter avec la douleur pendant longtemps, pendant plusieurs heures encore ?
Ça peut se cultiver au quotidien, c’est ce que je fais.
Se rappeler à quel point tu as traversé des épreuves dans ta vie, il y a eu des moments un milliard de fois plus tard.
Donc, tu as des ressources, ne t’inquiète pas, tout va bien se passer.
Et c’est comme ça que tu peux y arriver, à aller dans l’inconfort, à prendre le confort dans l’inconfort.

Tu as parlé de la loi de l’hormèse et du bio-hacking. Serait-on tous des superhéros en puissance ? On serait tous capables de faire des choses que le commun des mortels trouverait surhumaines ?

Pierre Dufraisse :Pierre Dufraisse
C’est une évidence ! C’est ce qui saute le plus aux yeux dans mon travail de thérapeute.
Lorsque je reçois des mamans de 60-65ans qui me racontent leurs vies…
Parfois tu entends des histoires de vies, tu te demandes comment la personne en face de toi est encore debout : elle a vécu un viol, un inceste, elle a perdu toute sa famille dans un accident de voiture…
Les gens passent des épreuves dans leurs vies, ils traversent cinq fois l’enfer.
Et tout à coup, il faut faire une douche froide : ah non, je n’en suis pas capable, il faut du courage pour faire ça.

Mais ce n’est pas possible ! Tu as fait des trucs dans ta vie, tu es plus qu’un superhéros pour moi.
Les gens ne se rendent pas compte que ce sont des superhéros.
On a plus cet amour propre. On a très vite oublié qu’on est tous exceptionnels.
Déjà parce qu’on est unique. Il n’y a pas deux Mickaël ou Pierre Dufraisse sur cette planète. On est tous unique donc exceptionnel.
Si on s’intéresse un peu à la physiologie, on se rend compte qu’à l’intérieur de nous, il y a des trucs qui se passent qui sont magiques, au-delà de notre compréhension.
Si on prend deux secondes pour penser aux épreuves qu’on a passées dans sa vie, on se rendra bien compte qu’on est capable de faire des choses extraordinaires.
Donc oui, on est tous des superhéros, c’est clair.
Il faut juste qu’on se le rappelle, qu’on se fasse des petites piqûres de rappel au quotidien.
Et c’est pour ça que commencer la journée par une douche froide, c’est une piqûre de rappel.
C’est commencer la journée par une victoire.
Par se dire : ah ouais punaise, je suis quand même capable de faire des trucs dingues, personne ne le fait, ça. En hiver, je prends une douche froide le matin, après, j’ai du pep’s pour toute la journée, il ne peut rien m’arriver.
C’est ça qui est important pour moi, c’est l’amour propre qu’on se réapproprie. On est tous Superman, Batman, tout ce que vous voulez.

On m’a demandé, par rapport au jeûne intermittent. Lorsque les personnes font de 15 à 20h d’activités physiques par semaine, et sont en jeûne intermittent. C’est-à-dire qu’ils ne mangent que dans une fenêtre de 8h dans la journée, et passent 16h sans manger. On appelle cela le 16/8. Il existe différentes variantes, comme le 21/3, par exemple.
Mais comment manger assez pendant ce créneau réduit ?

Pierre Dufraisse :
Déjà, il faut demander à cette personne pourquoi elle se pose cette question.
Est-ce qu’en mangeant comme ça et en s’entraînant comme ça, elle voit ses performances stagner ou régresser ?
Est-ce qu’elle n’a pas d’énergie ?
Est qu’elle a une fonte musculaire ?
Ou est-ce seulement des doutes, car elle lit beaucoup de choses sur internet, elle entend beaucoup d’opinions différentes, et donc elle se demande juste si elle mange assez.
Pourquoi cette question surgit ?
Si on a un déséquilibre, si on a une baisse d’énergie, si la personne ne se sent pas bien, c’est clair qu’il faut revoir ce qu’on a mis en place.
On ne change pas une équipe qui gagne, mais une équipe qui perd, on la change.
Si dans l’équipe, il y a le jeûne intermittent, une alimentation x ou y, etc., on va reconsidérer les facteurs de santé. Ce n’est pas dit que ce déséquilibre vient du fait qu’on ne mange pas assez. C’est peut-être parce que tu ne dors pas assez ? Peut-être que c’est parce que tu entretiens une relation trop tendue avec ton conjoint ou ta conjointe, c’est peut-être parce que ton boulot n’est pas épanouissant…
On a très vite fait d’accuser le régime alimentaire ou autre chose. C’est une très bonne excuse pour ne pas regarder la poussière sous le tapis.
Se reposer les bonnes questions. Être franc avec soi-même, et ne pas se mentir.
Il faut expérimenter, tester. Je n’ai pas de réponse à donner général, car il y en a pas.
C’est toujours individuel les adaptations. Et ça, ça passe par l’expérimentation.

Ensuite, pour manger suffisamment, ne pas être en déficit d’apport de carburant, on va aller vers des aliments riches : de l’avocat, de la graisse de coco, des produits animaux si tu n’es pas végétarien ou végane et que tu es sûr et certain de la provenance et de la qualité du produit (local, que les animaux sont bien élevés, et que tu n’en manges pas des tonnes et à chaque repas).
Si les produits sont sains, tu verras qu’ils sont chargés en nutriment.
Donc, tu n’en a pas autant besoin en quantité que si tu mangeais de la nourriture industrielle.

Tu vas mastiquer aussi.
Si c’est un apport de nutriment qui t’inquiète, dis-toi bien qu’au 21e siècle, on n’absorbe que 20 à 30% de ses aliments.
C’est-à-dire qu’il y a même pas un tiers de ton assiette qui passe dans ton sang.
Tout le reste sort dans les toilettes. Autant maximiser ça.
Si tu ne sais pas mastiquer, si tu avales tout rond tes aliments, ça ressort tel quel dans les toilettes.
S’attarder sur la mastication pour être sur que derrière on absorbe 35 ou 40% à la place de 20%, c’est déjà beaucoup plus pertinent. Les gens s’intéressent toujours à qu’est ce qu’il faut que je mange, mais pas à comment.
Est-ce que tu mâches bien ta nourriture ?
Est-ce que tu manges quand tu as faim, et non parce qu’il est midi, tu as vraiment faim ?
Ce sont les vraies questions à se poser.
Il ne faut jamais être dogmatique.
Dire que je fais le jeûne intermittent, ou le régime cétogène, tu entres dans une forme de religion, et tu ne vas plus du tout écouter tes ressentis à partir de ce moment-là.
C’est l’erreur à ne pas faire.

Tu ne mets pas en avant un type d’alimentation en avant, alors ? Faut-il passer par l’expérience, pour voir ce qui nous donne de l’énergie, et ce qui nous en prend ?

Pierre Dufraisse :Pierre Dufraisse explique la physiologie
Eh oui.
Tu sais, les aliments sont neutres.
Mis à part tout ce qui est industriel. Ça, je n’y touche pas.
Mais si tu prends les aliments qui sont bruts, naturels, peu ou pas transformés, locaux et bio, ils sont neutres. Ils n’ont rien demandé à personne. Il n’y en a pas un qui est bon ou mauvais. Ils sont tous neutres.
Ce qui va faire qu’ils sont bons ou mauvais, c’est l’interaction avec ta physiologie, avec ton corps.
Si tu manges un produit riche en protéine, même si c’est le plus sain du monde, mais que tu as un estomac au rabais, qui est très fatigué, tu n’as pas la capacité à produire suffisamment d’acide chlorhydrique, tu ne vas pas pouvoir digérer les protéines. Pour ton voisin, ça marche très bien de manger des œufs, de la spiruline, des aliments riches en protéines. Mais pour toi, ça ne va pas du tout aller.
Si ta vésicule biliaire et ton foie ne sont pas au top, faire un régime cétogène est la dernière idée qu’il faut avoir, car c’est très riche en matière grasse. Or, la bile est là pour émulsifier les graisses et digérer le gras.

Donc il n’y a pas de bon conseil si ce n’est un conseil qui soit individualisé et en parfaite corrélation avec la physiologie de la personne en question.
On a très vite fait de mettre en avant un régime cétogène, avec des glucides bas.
Ça vient du fait que l’une des glandes qui doivent s’adapter à notre rythme totalement fou et moderne, c’est le pancréas. Les glandes surrénales prennent cher ainsi que la thyroïde.
Le pancréas aussi, car c’est lui qui règle beaucoup la glycémie sanguine à travers l’insuline, le glucagon, il est tout le temps sursollicité. C’est une glande aussi de l’adaptation.
Et comme on est tout le temps en train de stresser, de s’inquiéter, d’être dans l’anxiété qu’on a des rythmes et des hygiènes de vies qui ne sont pas bonnes, il est tout le temps en train de réguler l’énergie circulante sous forme de glucides dans le sang, et l’énergie qui est stocké sous forme de glycogène. Il fait le va-et-vient, et il s’épuise, et on a de plus en plus de diabétiques.
Et comme dans notre alimentation, on a des sucres cachés, les gens mangent des produits industriels, beaucoup de sucres, donc beaucoup d’insuline qui est pompée par le pancréas pendant toute la journée. Donc, ce n’est pas étonnant que le régime cétogène soit autant un succès de nos jours.
Le régime cétogène, on enlève les glucides, on soulève le pancréas, et d’un coup, les gens perdent du poids et ça remet un métabolisme à peu près dans les clous. Mais c’est juste une réaction au déséquilibre moderne.
Donc je ne mets pas un régime particulier en avant, sauf de s’habituer au jeûne intermittent.
Mais ce n’est même pas le jeûne intermittent que je mets en avant, c’est l’écoute du ressenti.
C’est à dire, manger qu’en on a faim. C’est juste ça.
Et si tu manges quand tu as faim, tu verras que tu as plus besoin de longue période de jeûne, de période où tu laisses ton organisme tranquille, avant que la vraie faim ressorte.
Si tu fais ça, tu vas te rendre compte que généralement le matin, tu te réveilles, tu n’as pas envie de t’engouffrer un gros petit-déjeuner. T’es juste en train de te réveiller, tu n’as pas envie de manger. Donc tu laisses passer du temps.
Et la faim, tu l’as sens venir vers 11h, midi voir plus tard.
Finalement, tu ne manges que deux fois par jour, ou une fois.
Et puis, parfois, tu manges trois fois. Ce n’est pas grave.
Il faut être adaptable.
C’est ça la santé, être adaptable et pouvoir changer les choses.

Quels sont les choix qui ont fait de toi ce que tu es ?

Pierre Dufraisse :
Est-ce qu’on a trois heures devant nous ? (rires)
Disons que la chance que j’ai eue  a été de grandir avec tous les défauts possibles de notre monde moderne. C’est une chance maintenant. Sur le moment, c’était un calvaire.
J’étais le dernier de la famille, donc le petit chouchou : maman, est-ce que je peux arrêter ? Mais oui, mon chéri, abandonne, abandonne.
Si les copains et copines se moquaient de moi disant que je suis gros, j’allais voir mes parents : mais non, mon chéri, tu n’es pas gros.
Tu vois, le surpoids, le rejet – ne pas être incorporé dans le groupe – , ne pas être le plus intelligent du groupe – être juste moyen et avoir un grand frère et une grande sœur qui réussissaient bien à l’école -, être toujours dans cette frustration-là.
C’est ce qui a fait qu’à un moment, je me suis dit : est-ce que quand tu regardes dans le miroir, tu as envie de voir ça, ou tu te vois différent ? Quand je pensais à moi-même, je me disais, je veux être fort, je veux être bien, j’avais plein d’images de superhéros, de bande dessinée, de mangas, de jeux vidéo qui m’inspiraient. Mais quand je regardais dans le miroir et que je me disais que pensent les gens quand ils me voient, c’est tout le contraire.

Et là, les choix qui se sont imposés à moi, c’est :

Mets-toi en place une discipline, mets-toi des règles de vie pour changer tout ça.

Donc dès que j’ai eu l’occasion de partir de la famille, alors qu’on est dans un cocon familial très proche, on s’aime tout beaucoup entre nous, je suis partie vivre au Japon.
Je ne suis pas partie une semaine en Espagne, je suis parti vivre 6ans au Japon.
Je me suis dit que ça va te changer complètement.
J’étais frileux, je me suis formé au yoga du froid, le yoga Toumo chez Maurice Daubard, où tu nages sous la glace, tu restes en statiques à poil dans la neige pendant une heure par -20.
Et maintenant, le froid, ça me fait rire, ça me fait plaisir.
Je suis content quand il fait froid, car je sais que je vais le renforcer.
J’étais arachnophobe, j’avais peur des araignées, quand je suis allé au Cambodge, je me suis forcé à manger une mygale.
Parce que c’est la tradition là-bas de manger des mygales.
Pierre Dufraisse mange mygaleSur la photo,surtout, je souriais, car je voulais garder une image de moi en train de le faire et que ça paraisse facile. En fait, j’étais en train de trembler comme un fou, je transpirais, j’avais des sueurs froides, mais je l’ai fait comme même. Maintenant, je ne vois une araignée de rien du tout, je m’en fiche complètement.

Dès que j’ai eu dans ma vie un truc qui me gonflait, j’agissais.
Punaise, je suis frileux ? Tous les hivers j’allais à Bali ou en Thaïlande, car je fuyais l’hiver en France.
Au bout d’un moment, je me suis dit ça me gonfle, fais en une force. N’essaye même pas de l’évincer de ta vie, fais-en une force. Pareil pour les araignées, la perte de poids, la prise de masse musculaire…

C’est un truc dont t’as envie ou que tu n’as plus envie d’avoir dans ta vie, tacle-le maintenant. Pas demain, tout de suite.

Les mygales mangées par Pierre DufraisseC’est le choix de la discipline qui a fait ce que je suis maintenant.
Je suis quelqu’un qui a grandi sans aucune discipline personnelle. J’avais le droit de faire ce que je voulais, quand je le voulais. On me pardonnait parce que j’étais le petit dernier.
Maintenant, pour être sûr que ça ne resurgissent pas, je me mets des garde-fous, des règles de conduite, j’écris beaucoup, je médite, je me rappelle de ce que j’ai fait, de ce que j’ai accompli dans l’année, la semaine dernière, hier.
Et cela me permet d’avoir une vraie discipline au quotidien. C’est ça, les choix.

Tu écris beaucoup : des bilans, de la gratitude, ce genre de chose pour le rendre conscient ?

Pierre Dufraisse :
Oui, beaucoup de gratitudes. Et aussi mes envies, mes doutes, mes peurs, mes émotions et mes sensations dans les bains froids et le sport.
Mes pensées quand ça va mal, la fameuse narration interne quand tu es dans le rouge.
C’était quoi les excuses que tu t’es sorti quand t’avais envie de sortir du bain froid ?
Moi, généralement, les excuses sont : je les déjà fait hier, c’est bon, aujourd’hui, je peux ne pas le faire. Ou j’ai fait du sport juste avant, il ne faut pas trop que je force.
Tu vois, tu te choppes des excuses tout le temps. Ces excuses-là, je vais les noter, pour m’en rappeler, pour me dire: pfff, t’es bête. Car après coup, on a l’air bête, mais sur le moment, on y croit à nos excuses…

Tu as une routine d’écriture tous les jours ?

Pierre Dufraisse :
Oui, je commence tous les jours par de l’écriture, de la lecture.
J’écris toujours ce dont j’ai de la gratitude pour, et de la fierté aussi envers moi-même et mes proches.
Ça peut être un truc qui s’est passé la veille, ou un truc qui va se passer dans la journée. Ou un truc plus profond, une sensation que j’ai sur le moment.
Je commence toujours ma journée par ça.
Et après je lis.
Les premières lectures de la journée, c’est entre une demi-heure et une heure. Ça va être de la physiologie, car j’adore. Ma bible, ce sont les bouquins de physiologie. En ce moment, je suis sur tout ce qui est la base de la biochimie. Je suis en train de préparer une série de vidéo pour VérismeTV sur le sujet.
Ensuite, il y a l’écriture de mes différents livres qui vont sortir cette année.
Donc, c’est une phase d’écriture que j’aime beaucoup, car c’est une forme de méditation pour moi. Entre temps, j’aurai fait mon bain froid dans mon congélo. Et après, le bain froid, je vais sûrement prendre une boisson chaude, soit juste, de l’eau chaude, soit une tisane.

Tu te lèves toujours à la même heure, ou cela varie en fonction de ta forme et des saisons ?

Pierre Dufraisse :
C’est relativement constant.
Je me couche tôt. Disons que vers 20h, il n’y a plus grand mode.
Vers 20h, 20h30, je me mets au lit avec un bon bouquin, et je bouquine pendant une demi-heure.
Je m’endors vers 21h, je me réveille entre 5 et 6h le matin.
Ce qui fait de grosses nuits, 8-9h de sommeil.
Mais j’en ai besoin, car je suis très actif la journée.
Je me lève tôt, c’est génial, car il fait encore nuit, tu peux sortir dans le froid, il n’y a encore personne, j’adore ce moment là, où la nature aussi se réveille, le ciel est magnifique en plus en ce moment.
Je mets vraiment de l’importance sur le sommeil.

Quel est le pire conseil qu’on t’a donné ?

Pierre Dufraisse :
Houlala, ça va être dur. Il y en a beaucoup des conseils terribles.
Des conseils ou des grosses bêtises qu’on entend toute la journée.
Ça me fait rire maintenant, mais au début, ça m’énervait.
Parce que t’as envie de changer le monde, donc t’as envie que tout le monde prenne conscience des choses qui concernent la santé.
Donc dès que quelqu’un dit une personne tu as envie de le secouer comme un poirier.
Maintenant, grâce à VérismeTV, je sais que je touche beaucoup de gens, donc je me suis calmé.
Mais tu vois, quand je me balade en short et en t-shirt en hiver dehors, presque tout les jours, il y a quelqu’un qui me dit : houlala, tu vas attraper froid !

Comment tu veux attraper froid ?
Ne serait-ce que les mots qui sortent de la bouche de la personne, ça ne veut rien dire.
Attraper froid ?
Quelle est cette histoire ?
On ne peut pas attraper froid !
Si tu as un système adaptatif au ras des pâquerettes, car tu n’es vraiment pas en santé, tu n’es vraiment pas adaptable, peut-être que le froid va te faire grelotter.
Peut-être que le froid va induire une réponse inflammatoire du corps avec des douleurs quelque part.
Je ne sais pas en fait où trouver le mal là-dedans.
Peut -être le plus mauvais conseil que j’entends, en ce moment en hiver, c’est couvrez-vous bien, mettez quelque chose de chaud. Ça ne veut rien dire aussi.
Les habits ne sont pas chauds. Les habits n’ont aucune chaleur.
Pour qu’il y ait de la chaleur, il faut que ce soit vivant.
Votre corps produit de la chaleur, ça , c’est clair, car c’est un sous-produit de l’activité cellulaire.
Donc, quand vous mettez un habit, ça garde plus ou moins la chaleur de votre corps. Mais le pull que vous mettez, il n’est pas chaud ou froid, il est neutre, il a la température de la pièce. Donc déjà, ça, ça ne veut rien dire.

Donc, renforcez-vous, exposez-vous au froid, et couvrez-vous après avoir froid, pas avant.
Couvre-toi, il fait froid : alors les gens commencent à se couvrir dès l’intérieur.
Non, tu sors, tu expérimentes le froid, tu goûtes le froid, ça demande une réponse adaptative à ton corps, surtout la thyroïde qui va faire la thermogenèse du corps, et une fois que tu seras sûr d’avoir bien froid, au bout de 5 ou 10 minutes, si tu veux, mets un pull ou une veste, mais attends d’avoir froid avant de te couvrir !

Es-tu convaincu de quelque chose que les autres considèrent comme une folie ?

Pierre Dufraisse :
Pour citer mon maître à penser qui m’a énormément influencé, Maurice Daubard :

Dans la douleur, il y a l’enseignement.

Il y a très peu de gens qui y croient. Ou alors, ils disent oui, oui, sans doute, mais sans jamais vraiment l’expérimenter.
C’est vraiment dans les épreuves qu’on se découvre soi-même.
Je vais vous donner un spoiler sur les années qu’ils vous restent à vivre : ça va être dur. Ça va être très dur.
La vie ne fait pas de cadeau. La vie, c’est épreuve sur épreuve, difficulté sur difficulté.
Donc autant apprendre à se renforcer et à faire que ces difficultés à chaque fois sont des opportunités de grandir.
Et finalement, au bout d’un moment, à chaque difficulté ou épreuves, vous allez presque être content, car cela va être de nouvelles opportunités de faire un nouveau cheminement. C’est important.
Cultiver l’inconfort, c’est aussi faire un cheminement intérieur, et se redécouvrir soi-même.
Dans la douleur, il y a l’enseignement.

J’aime bien aussi la phrase : la douleur est inévitable, mais la souffrance est optionnelle. Je pense qu’on peut facilement confondre les deux, et du coup, chercher à éviter la douleur, alors que pour moi, la souffrance c’est ce qu’on fait de la douleur, on peut avoir mal et en tirer un enseignement, voir en faire quelque chose de positif.
Trois mots, idées, concepts ou valeurs qui animent ta vie ?

Pierre Dufraisse :
Il y en a beaucoup.
Déjà, discipline et exemplarité.
Ces deux mots sont gravés en moi, j’essaye de me les rappeler au quotidien, ils sont écrits en gros chez moi.
L’exemplarité, c’est très important.
Être exemplaire par rapport aux valeurs qui me semblent justes.
J’ai des valeurs, mais est-ce qu’au quotidien, je les exprime ces valeurs ?
Est-ce qu’on pourrait me prendre comme exemple pour exprimer ces valeurs ?
Une phrase que j’aime énormément, et qui résume toute ma philosophie : le processus est la récompense.
Ne jamais chercher la récompense dans le but à atteindre, dans la projection, dans l’objectif.
C’est le meilleur moyen de finir perfectionniste, et de ne jamais tolérer l’échec, de ne jamais avancer.
Alors que si tu es focalisé sur l’instant présent, sur juste faire les choses bien ici et maintenant, sur le processus en cours, là tu vas connaître la vraie plénitude.
C’est ce que nous dit Eckart Tolle dans son ouvrage quand il parle d’instant présent.
Pour moi, il n’y a que ça.
Le Zazen aussi, ne faites que de respirer.Et si vous balayez, ne faites que balayer.
Ce genre de chose m’inspire beaucoup. Le processus et la récompense.


Je me rappelle une fois tu as conseillé l’apprentissage de l’imperfection, de Tal Ben-Shahar. Ce livre parlait de la pression qu’on peut ressentir dans la vie de tous les jours d’être perfectionniste, alors que ce n’est pas naturel, et même pas réalisable. C’est d’ailleurs de là que j’ai appris le terme d’optimalisme que tu as nommé au début.
As-tu un livre à conseiller, ou tu vas sortir un livre bientôt ?

Pierre Dufraisse :
Ça fait trois ans que j’écris un roman d’aventures qui va se passer dans le corps humain.
Le but de VérismeTV à la base était de toucher les jeunes et les ados.
Qu’avec de l’humour, de la légèreté, de la vulgarisation, on apprenne la physiologie.
Je me dis que si on touche les enfants maintenant, on change le monde tout de suite.
Même pas dans deux générations, mais dans une génération.
C’est-à-dire qu’un enfant qui a une idée en tête et qui comprend la santé, il va tanner ses parents pour tout changer.
D’un coup, il va dire : je ne veux plus manger ça, parce que c’est mauvais.
Et les parents vont s’adapter tout de suite.

Donc on change le monde immédiatement si on change les enfants.

C’est une discussion que j’ai eue avec Gunter Pauli, qui est un très grand monsieur que j’ai eu la chance d’interviewer pour VérismeTV, qui est un monsieur qui change le monde dans le monde de l’écologie et du développement durable.
Je suis toujours estomaqué -dans le bon sens du terme – de voir l’engouement qu’ont eu le Seigneur des Anneaux, Harry Potter et des sagas comme ça qui soulèvent les foules et les masses.
Les enfants, les adultes, qui se rassemblent autour d’épopées fantastiques. C’est l’aventure, il y a plein de valeur comme la camaraderie.
C’est prenant, c’est bien fait, on s’amuse.
Et je me disais, s’il existait un récit d’aventures aussi captivant que ça, avec des péripéties, aussi géniales, mais qu’en même temps, on apprenait le corps humain, la physiologie, ce serait génial.
Toute la planète entière comme Harry Potter lirait un bouquin comme ça, ce serait magnifique…

Donc ça fait trois ans que j’écris ce bouquin !

Je le remanie, je le reprends, je change des trucs. Il y aura trois tomes.
Le premier sortira cette année, en 2019.
Je veux qu’il y ait des illustrations, je fais donc le tour des illustrateurs, je suis en contact déjà avec deux maisons d’édition qui sont intéressées pour le publier.
Donc, ça va le faire. Je suis très content, et j’espère que ça va plaire au plus grand nombre.

Et après, conseil de lecture, je pourrai en donner des milliards.
Comme le thème de la journée, c’est courir à jeun, ultra-trail, se dépasser, loi de l’hormèse…
Le livre, en anglais, de David Goggins.
Vous lisez son livre, vous lisez toute la philosophie sur la loi de l’hormèse.
Ce type, c’est une source d’inspiration pour moi.
Il est parti vraiment avec des gros boulets aux pieds, du surpoids, une enfance terrible, afro-américaine avec le racisme, une histoire familiale très difficile, et ça a était le premier américain a avoir terminé tous les entraînements militaires.
Il a été marines, seal, il a fait tous les pires entrainements, tous les pires ultras trails, comme la Badwater.

Il a fait tout ça sans entraînement, juste à la force du mental.
C’est quelqu’un qui se place tous les jours dans l’inconfort.
C’est-à-dire que mon petit bain a zéro degré tous les matins, lui, il fait 20fois ça avant le lever du soleil.
Par exemple, il déteste courir, ça l’a toujours gonflé. À la base, il aime bien le bodybuilding, aller en salle et soulever de la fonte.
Eh bien, tous les matins, ils commencent par courir 15 bornes.
Et si tu lui demandes pourquoi, il te dit : parce que je déteste ça.

Sa phrase d’accroche : je ne fais rien si ce n’est pas chiant.

En anglais, c’est : If it doesn’t suck, I won’t do it.
C’est exactement ça.
Toute la philosophie de se mettre dans l’inconfort pour faire un cheminement intérieur, la narration interne.
Il explique parfaitement dans son livre, en anglais. Il y a aussi ses podcasts sur YouTube, ou il y a le sous-titrage en anglais, si ça peut aider. Une grosse source d’inspiration.

Les livres aussi de Maurice Daubard.
Pour le dépassement de soi, Mike Horn, très intéressant et captivant aussi. Ça fait reconsidérer les petites épreuves du quotidien.
Déjà tout seul. Il part tout seul. Tu dis a quelqu’un tu vas passer deux semaines tout seul, déjà il balise. Mais lui il part tout seul des mois entiers, 6mois, 1 an, sur la banquise, par -40.
Quand sa tente crame et qu’il perd ses doigts, il en faut du courage pour revenir à la charge et repartir au charbon. Ça remet en perspective les choses.

Quelle est la question que tu aurais aimé que je te pose, et forcément, ta réponse ?

Pierre Dufraisse :
Je ne sais pas… Qu’est-ce qui te fait rire ? Et je t’aurai répondu : Kaamelott !
C’est important aussi de trouver de la légèreté dans son quotidien.
Je parle beaucoup de développement personnel, mais j’adore l’humour, je fais plein de blagues.
C’est très important, c’est pour cela que je mets de l’humour aussi sur VérismeTV.
Et alors, Kaamelott, ça me prend aux tripes ! Je peux le regarder sans arrêt, sans jamais me lasser. Chaque personnage est tellement bien travaillé, à tellement le bon dialogue, la bonne réplique au bon moment, c’est juste jouissif.
Et c’est très intelligent aussi, beaucoup de messages cachés, de secondes lectures à avoir.

Un petit hommage à Astier qui commence le tournage de la trilogie au cinéma !
Pour finir, où peut-on te suivre pour avoir des nouvelles de toi ?

Pierre Dufraisse :
VérismeTv sur YouTube. Sur Facebook : Pierre Vérisme.
Sur Instagram, j’essaye d’être actif aussi, poster des photos sympas qui change de VérismeTV, je suis souvent en train de faire des entraînements.
Et Hormeses.com pour ceux qui veulent passer à la pratique.
Sur VérismeTV, j’ai ma casquette d’enseignants, mais je ne donne pas de conseils. Sur hormese.com, je remets ma casquette de naturopathe, et je vous donne des conseils.
On me le demande souvent sur VérismeTV, mais ce n’est pas le lieu. VérismeTV est là pour la physiologie et l’enseignement. Pour les conseils, il faut soit me prendre en coaching personnel, ou allez sur hormese.com et suivre une formation en vidéo.

Hormeses.com, c’est ouvert à tout le monde, ou il faut forcément être beau, sportif et riche ?

Pierre Dufraisse :
Non, je voulais que ce soit ouvert à tout le monde.
J’ai toujours reçu en cabinet tout profil.
J’ai commencé avec les sportifs, car c’était ma passion et j’avais de très bonnes connexions dans le monde du sport, mais 70% des gens qui viennent me voir, c’est la maman du coin avec trois enfants, ou des adolescents, je veux m’adresser à tout le monde.
Les deux modules disponibles pour le moment c’est les exercices physiques – que poids du corps, sans instrument, pour quelqu’un qui veut soit se renforcer dans sa pratique, soit découvrir l’exercice physique, pour tout niveau, même un compétiteur, il trouvera son compte – et le deuxième module, ce sont les techniques de respirations, et tout le monde peut respirer, et tout le monde va avoir énormément de bénéfices à connaître des techniques de respiration très puissantes que sont la méthode WIm Hof, la méthode Buytako, et les techniques de yoga Toumo.

Merci beaucoup, Pierre Dufraisse, pour ce partage, je suis sûr que nos routes vont se recroiser !

Aventurier, si vous avez aimé cet article sur Pierre Dufraisse, je vous conseille de lire l’ebook de l’article Prêt pour la prochaine étape de l’humanité ?

Pierre Dufraisse naturopathe
Pierre Dufraisse qui accueille la Vie !

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Joan Roch : Ma Vie est un Ultra

Joan Roch : Ma Vie est un Ultra

[ratings]

Faire de sa Vie un Ultra-Trail

Ultra-Ordinaire, journal d’un coureur, de Joan Roch. Paru aux Éditions de l’Homme en 2016.

C’est un récit d’aventures véridiques par celui qui courait plus de 5000km par an, avec des sorties biquotidiennes de 5 à 250km par jour, 5 jours par semaine.

Le livre, majoritairement illustré par les photos de l’auteur, regroupe différents articles qui sont parus initialement sur son blog.

La promesse du livre :

Ainsi, il nous fait vivre une aventure humaine hors du commun et pourtant accessible à tous.

Accessible à tous, vraiment ? Voyons voir ça…

 

Un coureur qui tarde à naître…

Qu’on soit clair dès le début, Joan Roch a toujours été sportif. Mais, en tant qu’adolescent, il était plutôt dans la catégorie des sportifs sans sport de prédilection : tennis, golf, athlétisme, Aïkido, basket-ball… Comme tout bon jeune ouvert d’esprit (et influençable), il suivait ses amis dans leurs passions sportives.

De la course à pied ? Pas vraiment. Ce n’est qu’à vingt ans qu’il se met à la course. Sans succès. Et oui, courir peut se montrer vraiment ingrat. Viennent ensuite le service militaire (avec un peu de course à pied, oui!) et l’inévitable… Boulot, dodo, kilos (et jeux vidéos). Cependant, il y a quelque chose. Un petit truc qui démange. Un petit truc qui dérange. Qui dérange son corps, ses mollets. De temps en temps, innocemment, il chausse ses chaussures. Pour courir un petit peu, sans grande régularité ni conviction. Mais le fait de courir est là, ancré en lui.

Au fur et à mesure, il arrive à courir deux à trois fois par semaine. Pas facile avec une femme, des enfants, un boulot, les trajets…

Est-ce donc ça la vie ? Les contraintes s’imposent, on ne peut pas faire ce qu’on souhaite. La volonté ne suffit pas. Et difficile de trouver la motivation pour courir le matin, avant que la tribu ne se réveille, ou le soir, après une journée assis au travail…

Ne peut-on pas modifier les lois de l’espace-temps ?

Spoiler : Si.

La clé de la réussite : la régularité

La régularité ? On connaît ça. Et après tout, si Joan Roch courrait déjà deux à trois par semaine, il est régulier, non ? C’est ce qu’on peut lire un peu partout, dans les nombreuses recommandations pour coureurs… Et c’est ce qu’il pensait aussi. D’ailleurs, courir plus n’est pas recommandé. Mais quand les signes du destin montrent un chemin, difficile de ne pas chercher à l’arpenter : son travail est situé à 10km de chez lui. Il a déjà pris goût à la gratuité de son trajet via le vélo. Alors, le jour où il se fait voler son mode de transport…

Et si… et si il avait la folie d’y aller en courant ?

10 km le matin, 10 km le soir. Pas vite, hein. Juste à son rythme du moment. Voilà qui réglerait le souci de trouver le temps et l’énergie de s’entraîner. 20 km par jour ? 5 Jours par semaine ? Des semaines à 100 km ? Bien supérieur à ce dont il a l’habitude. Mais la chance sourit aux audacieux, non ?

Étrangement, si le démarrage était souvent difficile, une fois le corps lancé, cela se passait plutôt bien.

J’ai donc persisté. Je n’ai même jamais triché. Je n’avais pourtant de comptes à rendre à personne et je ne m’étais pas non plus fait de promesses. En y repensant, je n’ai jamais regretté d’être allé courir et, finalement, je ne me suis jamais lassé de répéter le même parcours. Au cours des quatre saisons, j’ai pu voir, non, sentir la nature se transformer.

1ère année de ce régime saugrenu : Okay.

2ème année : Comment partager cette expérience ? Caméra au poing (ou sur le front), Joan Roch enregistre ses escapades biquotidiennes, en fonction de la météo.

Pour ce projet de court-métrage, rapporter des images spectaculaires était plus important que mon confort.

2ème année : Okay. Nombre d’heures d’enregistrement : 7h.
Résultats : après distillation, il reste 3 minutes et 22 secondes d’un grand cru, rapidement devenu viral.

Beastie Runs from Joan Roch / Ultra-ordinary on Vimeo.

La course à pied est enfin revenue à ses origines utilitaires.

Avant toute chose, courir

Joan Roch court pour aller au travail. Joan Roch court pour revenir du travail. Et ceci lui permet de courir des ultra-trails.

Oui, ces ultra-marathons (entre 42km et… 250km, parfois plus) qui se courent (et se marchent) en montagne en une seule fois, dont les organisateurs sont :

des sadiques, des pervers, des tortionnaires qui maîtrisent parfaitement l’art de vous faire emprunter les pires sentiers de leur coin de pays au moment de l’année où les conditions météo vont le plus certainement vous pourrir la vie.

Oui, il y en a près de chez vous, et si vous lisez cet article, c’est que vous rêvez sûrement d’en courir un. Voire que vous l’avez déjà fait. Félicitations.

La simplicité (et non la facilité) de l’entraînement de Joan se retrouve aussi dans son approche de la gestion de la course.

Approche minimaliste : une paire de chaussures, un cuissard et une montre.

course à pieds

En ne transportant rien, je ne me soucie de rien. Enfin, c’est ma théorie.

Courir, en refusant ce qui rend la course compliquée, calculée, préméditée, matérialiste.

Avancer, en ne me fiant qu’à mes sensations, plutôt qu’au rythme imposé par un gadget qui ne connaît rien de mon état de fatigue.

Un sujet récurent (malheureusement), qui revient chez les coureurs, accompagnés de grosses vagues de marketing : les chaussures. Alors Joan, ton choix ?

 La seule chose qui compte, c’est la présence d’une semelle.

Il achète autant que possible toujours le même modèle, tant qu’il existe (ce qui est difficile, étant donné que les fabricants changent souvent tous les ans, pour une version soi-disant améliorée).

Une simplicité de matériel qui ne s’arrête pas là. Ses expérimentations biquotidiennes qui bravent la météo, lui ont permis d’apprendre à s’habiller et surtout à avoir chaud, froid, faim et soif, et à découvrir que :

le corps s’adapte à presque tout, à condition « de lui donner la chance de montrer ce dont il est capable ».

Il boit très peu pendant la course. Ce qui le rend plus léger, ayant besoin de moins d’eau.

À force de pratique, j’ai changé bien des choses dans ma façon de faire.

À l’image des alpinistes, il mise sur la légèreté et donc la rapidité du déplacement pour ne pas avoir besoin de s’alourdir de vivres.

Un modèle alimentaire ? Sans connaissances, c’est par la pratique qu’il a trouvé ce qui lui convient le mieux : le ventre léger, voire vide.

L’entraînement à vide semble avoir réveillé en moi des mécanismes dont je n’avais évidemment jamais eu besoin dans mon ancienne vie.

Au diable le conformisme et vive l’expérimentation ! Bien décidé à écouter mon corps, j’ai donc mangé quand j’avais faim plutôt qu’à heures fixes.

Le message est limpide et l’obéissance de mise : si je n’ai pas vraiment faim, inutile de me forcer à manger.

Courir fait-il mal ?

Joan Roch ultra ordinaire

Lorsqu’on étudie des athlètes, l’une des hypothèses que l’on aimerait pouvoir confirmer est la suivante :

Arrivé à un certain niveau, les difficultés s’envolent, et il ne reste que le plaisir (?).

Alors, courir fait-il (encore) mal ? Joan Roch, ce héros père de famille respectable souffre-t-il encore ? Et si oui, comment gère-t-il la douleur?

Les réponses : Oui. Oui. Par le mental.

Les traileurs sont souvent regardés par les gens normaux avec beaucoup d’incompréhension, voire ce sourire gêné et compatissant, réservé aux simplets ou aux fous. Dire que les traileurs sont un mélange des deux est une possibilité que l’on peut aisément garder à l’esprit.

(oui, car passer des heures à courir en montagne pour revenir au point de départ n’est pas une activité qu’on peut qualifier de « normale »)

Attention, ce que vous allez lire ne va pas plaire à votre maman. Ni à votre médecin. Ni à votre compagnon / compagne. Et peut-être même pas à vous-même.

L’entraînement transforme le corps en profondeur, dans toutes ses fonctions. Parfois, ça grince, d’autres fois, ça coince.

Lors de ces courses interminables, à travers la planète, Joan navigue entre la douleur et la blessure pour pouvoir progresser. Faire de la douleur une amie, sans toutefois aller jusqu’à la blessure. En tout cas, c’est la théorie. C’est sa théorie.

J’aimerais pouvoir claironner que j’ai trouvé une recette pour courir sans encombre pendant des heures, mais c’est impossible. […] J’ai moi-même assez d’abandons à mon actif pour savoir que franchir la ligne d’arrivée n’est pas scientifiquement prévisible. Tant que la tête veut, le corps même brisé va suivre. À l’inverse, si la motivation s’étiole, c’est le début de la fin, même quand rien d’autre ne cloche.

Joan est donc encore humain. Il lui arrive d’avoir mal, surtout pendant les 20 ou 30 heures que peuvent représenter un ultra-trail. Il mise sur son mental pour dépasser la douleur. Souvent, ça marche. Parfois, non. Surtout que dès le lundi matin, il doit repartir -en courant- à son travail.

Mais si courir peut faire si mal, pourquoi s’infliger une telle épreuve ?

Pour essayer, une fois de temps en temps, d’exploiter ce capital que j’ai accumulé pour aller à la recherche de ma limite personnelle absolue, sans jamais véritablement pouvoir l’atteindre, puisque le corps ne fait pas crédit.

Il a aussi son mantra à lui, pour lui redonner courage :

Ce ne sont que quelques heures de ma vie

Devant le néant qu’induit le manque de sens de s’infliger une telle épreuve, et ce, plusieurs fois par an, Joan s’est une fois inventé un personnage, son alter ego : Batman. Et tel le justicier masqué, il s’élance tout au long de la course pour motiver les autres participants. Et ça a marché !

L’Échec ? Une étape vers le succès

L'échec, une étape vers le succès ?

Voilà une notion qui me semble très importante à relever. Devenir un ultra-traileur dépend de beaucoup de facteurs. Et il est tout à fait légitime de se demander si c’est possible pour nous. Ou si c’est réservé à une élite, génétiquement favorisée.

Lorsqu’on dit à Joan qu’il est spécial, il répond simplement que c’est juste de l’entraînement, que c’est le résultat d’une décennie de progrès infimes.

Joan Roch a souvent abandonné. Comme n’importe qui d’autre. Dans le monde de l’ultra-trail, même le favori peut abandonner. L’abandon, la blessure, le coup de mou ne sont en aucun cas signe de ne pas pouvoir réussir.

L’abandon n’est pas une barrière. Mais une étape nécessaire pour aller plus loin. C’est une source d’apprentissage. Et cela fait partie du jeu.

Et petit à petit, grâce à ces échecs (que le mot est mal choisi!), Joan apprend à mieux se connaître et donc, à mieux gérer son état.

Mais pourquoi court-il ?

Si la question n’est pas originale, les réponses le sont souvent. Si l’auteur nous donne un ensemble de réponses, il est encore plus intéressant de regarder ce qui s’est passé après la sortie du livre.

Deux mois après, en mai 2016, Joan Roch arrête de courir. Considérant que le trail ne lui a plus rien apporté de nouveau depuis l’Ultra-Trail du Mont-Blanc en 2015, il ne parvient pas à trouver la motivation pour s’élancer sur ses prochains défis déjà programmés.

Alors, discrètement, il arrête tout. Sa vie n’est plus la même, les circonstances ont changé. Joan Roch arrête de courir. Même pour aller au travail.

Déprimé ? Apparemment non, il arrête, simplement, naturellement. C’est la fin. Il lâche un dernier « Plus jamais ça ». C’est grand. Se sentir assez libre pour arrêter du jour au lendemain. Un grand homme.

Et puis, en 2017, un sursaut. Joan Roch est à nouveau inscrit sur un trail, le 160km du Bromont. Le grand retour ? Non, juste comme ça.

Un homme libre, je vous dis… Ah, et il ne prend même plus sa montre pour courir.

Pour en revenir à son livre, Ultra-Ordinaire, journal d’un coureur : pourquoi court-il ?

Pour la mobilité. Plus rapide qu’à pied, plus libre qu’à vélo. Dans un monde où mobilité et vitesse sont souvent confondues, il souhaite revenir au simple fait de courir, activité universelle, simple, ancestrale et bienfaisante.

Voilà pourquoi je cours. Pour me déplacer sans aucune contrainte et pour explorer des lieux à ma guise.

Je cherche mes limites. Je doute qu’elles existent vraiment.

Pour se maintenir en forme, afin de réaliser des ultra-trails.

Il n’y a aucun autre objectif que celui d’avancer. Matin et soir. Jour après jour. Pour voir jusqu’où ma routine peut m’amener. Ma vie est un ultra.

Joan Roch comme modèle

Nous l’avons vu, courir un trail est avant tout un état d’esprit, et si le corps doit être préparé, il en est de même pour l’attitude.

Dans notre époque où la connaissance est cachée sous l’information, et où l’action est plus difficile que de savoir, il est particulièrement intéressant d’avoir des repères. Ces repères peuvent être d’origines diverses, et notamment des modèles, des mentors. Des personnes inspirantes qui nous aident à garder le cap, à savoir quoi faire.

Et si vous vous inspiriez de Joan Roch ?

  • Essayez l’entraînement quotidien, voire biquotidien. Attention, ne cherchez pas à augmenter votre charge de travail ! Si vous courez déjà, répartissez simplement votre charge sur 5 jours. Si vous ne courez pas encore, allez-y progressivement, pour trouver votre limite, avant de chercher à la repousser. Commencer petit pour aller loin.
  • Courir est un mode de déplacement naturel. Levez-vous, et courez !
  • En cas de difficulté, trouvez-vous un mantra. Par exemple : Ce ne sont que quelques heures de ma vie. Ce ne sont que quelques heures de ma vie. Ce ne sont que quelques heures de ma vie…
  • Soyez libre dans votre pratique. C’est vous qui choisissez vos contraintes. Prenez une direction et explorez-la.
  • Trouvez-vous un alter ego qui vous accompagne, comme Batman pour Joan Roch. Cela peut être simplement une version de vous dans un 1 an, qui vous encourage à devenir ce que vous êtes.
  • Apprenez à avoir faim, soif, froid, chaud, et observez comment votre corps réagit. Vos limites viennent-elles de votre organisme, ou de votre mental ?

Alors, est-ce que tout le monde peut vivre des aventures à la manière de Joan Roch ?

C’est ce que le livre nous propose en quatrième de couverture.

Et effectivement, oui.

Déjà, en tant que lecteur, nous le suivons à travers 16 ultra-trails, agrémentés d’articles mêlant anecdotes et réflexions. Mais surtout, chaque page est une invitation à écrire sa propre histoire, à trouver sa manière de fonctionner, loin d’une préparation rigide. D’ailleurs, devinez quoi ? Joan Roch a horreur des plans d’entraînements !

Ressources

 

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Stéphane Brogniart : Devenir Champion du Monde de mon Monde

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Stéphane Brogniart est un personnage bien connu dans le milieu de l’ultra-trail. Déjà, il a l’aspect homme des bois réglementaire : grand, svelte, cheveux longs, vit dans sa cabane. Et puis, il en a dans les guibolles, palmarès à l’appui. Dans les guibolles, dans le ventre et dans la tête. Eh oui, dans la tête aussi, car outre son statut d’ultra-traileur reconnu, il porte aussi la casquette de conférencier, de préparateur mental pour sportif et bientôt celle d’aventurier. Car pour Stéphane, l’ultra-trail n’est qu’un outil pour atteindre son cloud , c’est-à-dire sa raison de vivre.

Le 30 juin 2018, dans la magnifique médiathèque de Remiremont (si vous suivez Stéphane de temps en temps sur les réseaux sociaux, c’est impossible d’ignorer qu’il est vosgien et fier de l’être), Stéphane Brogniart était présent en compagnie de Sarah Vieuille (championne de France de Trail long) pour présenter le documentaire “Un pas après l’autre” et taper la discussion, histoire de remettre l’église au centre du village (une expression chère à Stéphane).

Et franchement, impossible d’être déçu d’avoir fait le déplacement. Quand Stéphane Brogniart parle, le trail devient philosophie de vie.

Je vous propose dans cet article un paradigme qui pourrait bien vous changer la vie

Devenir Champion du Monde de mon Monde

Avant toute chose, une raison de faire

Est-ce que cela vous est déjà arrivé de vous demander, en plein milieu d’une course, ce que vous êtes venu faire là ? Sans forcément être au fond du trou, le corps râle, le mental en a marre, et bordel, pourquoi vous vous êtes infligé ça….

Mais qu’est-ce que je fous là ?

Oui, c’est tout à fait la question à se poser. Et vous allez devoir vous la poser. De toute manière, si ce n’est pas maintenant, ce sera dans quelques kilomètres. Ou un autre jour. Une autre course. Ou simplement le matin au réveil. Pourquoi faites-vous ça ? Pourquoi ça, plutôt qu’autre chose ?

C’est quoi ton cloud, ta grande idée, ton projet, ton objectif de vie ?

Vous ne pourrez pas y échapper. Pas le choix, vous êtes un être pensant. On ne peut pas échapper à son humanité. Comme c’est inévitable, autant y penser et y répondre maintenant, plutôt qu’en plein milieu du Cirque de Mafate, au 63 ème km de la Diagonale des Fous, avec personne pour vous sortir de là.

Plein de gens courent juste pour courir. C’est le traileur clé de 12 (autre expression favorite de Stéphane). Quand les difficultés arrivent, le mental lâche.

Alors, c’est le moment de réfléchir : si j’ai tellement de mal à me motiver pour aller courir, si je râle, si je peste… En fait, si je n’ai pas envie de courir, c’est peut-être juste que je n’ai pas de raison valable de le faire. De raison profonde. Retournez-vous. Un ours affamé vous poursuit ?  Des aliens teigneux ont besoin d’un cobaye humain pour une expérience secrète ? Votre compagnon / compagne (5ème Dan de Ju-jitsu brésilien) vous a retrouvé en bien trop bonne compagnie ?

Non ?

Alors, pourquoi courez-vous ?

Si c’est pour des podiums, du succès, un peu de gloire, okay. Pas sûr que le trail soit la bonne discipline. Pas sûr que ce soit très intéressant pour vous.

Ce qu’il faut, c’est trouver son cloud, son idée perchée dans le ciel. Pensez-y. Vous allez en avoir besoin.

Ici et maintenant

Traileur clé de 12 : Moi, je cours pour me vider la tête. D’ailleurs, j’adore avoir la musique à fond sur les oreilles.

Depuis quand se vider la tête est positif ?

Pour Stéphane Brogniart (et pour 3000 ans de culture orientale), quand on court, il n’y a que l’ici et maintenant. Se couper des tensions extérieures, ramener ses pensées à ce qu’on fait, et pourquoi on le fait (vous avez trouvé votre cloud ?).

La course ne se passe pas dans le passé, ni à l’arrivée, mais ici. À 2m50 devant vous. Et 2m50, on peut toujours les franchir en quelques foulées. Donc on peut toujours avancer.

Potentiel et contrainte

Nous avons tous un potentiel théorique. Que vous l’acceptiez ou non, vous ne pourrez pas devenir le nouveau Kilian Jornet . Mais par contre, vous pouvez essayer de devenir la meilleure version de vous-même.

Le potentiel théorique varie, en fonction d’une multitude de critères. Cela ne doit pas vous faire peur, mais bien au contraire vous encourager : il y a tellement de possibilités différentes de s’améliorer : alimentation, sommeil, entraînement, technique, gestion du stress, du mental… Par contre, être dans le déni ne vous aidera pas.

Avec Stéphane, on ne se cache pas derrière d’anciennes performances ou un futur hypothétique. Il faut être le meilleur possible le jour de la course, pas avant, pas après.

“Les athlètes passent beaucoup de temps à justifier leur médiocrité en cherchant des excuses, plutôt que de se centrer sur soi pour progresser.

Le jour où j’ai compris ça, j’ai vraiment commencé à progresser.”

Prendre un dossard, c’est tout mettre en œuvre pour être la meilleure version de soi le jour de la course. Et après l’arrivée, tirer les conclusions, et non les excuses.

Chaque excuse pendant la course, chaque pensée parasite nous éloigne de notre plein potentiel. Et risque de nous faire glisser sous la contrainte.

Si la contrainte devient trop lourde, on glisse en dessous, et c’est fini. Rester au-dessus de la contrainte. Avoir des armes assez solides. Et pour cela, devinez quoi… ? Il faut avoir une sacrée bonne raison de pourquoi on court. Et être centré sur soi.

Quand on court, on ne doit pas chercher à être traileur. On doit être soi.

Stephane Brogniart et Sarah Vieille

Nous avons tous un potentiel qui nous est propre. Il s’agit d’approcher les 100% de son potentiel. Devenir non pas champion du monde, mais bien, comme le répète Stéphane Brogniart : Champion du Monde de mon Monde. Et franchement, que peut-on souhaiter de mieux ?

C’est d’ailleurs dans cette optique là que Stéphane prépare son grand projet d’aventurier : la traversé du Pacifique à la rame en solitaire. C’est pour 2023, l’aventure s’appelle ETARCOS, et permettra à notre Vosgien de se rapprocher de son cloud, en vivant une situation en totale autonomie, pendant plusieurs mois.

Stéphane Brogniart comme mentor ?

  • Trouver son cloud personnel : c’est quoi votre raison / projet / objectif ? Le trail n’est qu’un outil, un tremplin.
  • Derrière chaque dossard, faire une colonne de + et une colonne de – . Et pour chaque –, mettre une piste d’amélioration concrète (action à entreprendre).
  • Se connaître. Et pour ça, n’écoutez pas les conseils à la mode : testez.
  • Ne soyez pas dans votre zone de confort, soyez en train de l’atteindre.
  • Si vous glissez sous la contrainte (emploi du temps chargé, stress, manque d’énergie), c’est que le projet ne vaut pas le coup. Posez-vous les bonnes questions.
  • Ne soyez pas le traileur en clé de 12, soyez vous-même.
  • Vérifiez régulièrement que l’église est au centre du village.

Merci, Stéphane, pour la bonne dose d’inspiration !

Pour suivre Stéphane Brogniart :

Alors, que retenez-vous de cet article ? Dites-le-moi dans les commentaires 😉