Étiquette : philosophie

Uchi-Deshi : Tu es ton seul refuge

Uchi-Deshi : Tu es ton seul refuge

Une curieuse manière de se dire au revoir… Le seul Refuge, c’est toi, m’a dit Senseï Il n’a le droit de voir personne d’autre. Oui, Senseï. Les deux yudansha (porteur de ceinture noire) acquiescent. Mon oreille gauche bourdonne encore. Qui a dit que le corps…

Mickaël Preti : la course est un art !

Mickaël Preti : la course est un art !

Si la course est un art, le pas marque son rythme et ses routes sont un poème. Un précieux territoire de la pensée où jamais les étoiles ne s’éteignent. Mickaël Preti Ce n’est pas du Saint Exupéry, mais l’invité de CourirUnTrail, Mickaël Preti. Ce type…

Article invité : Le plaisir de courir !

Article invité : Le plaisir de courir !

La joie est dans tout ce qui nous entoure, il suffit de savoir l’extraire.
Confucius.

Je suis Timothée du blog courir-libre-en-montagne.com et j’aide les passionnés de Trail (course en montagne) à progresser dans leur vie et ce magnifique sport grâce à la montagne. Aujourd’hui j’écris un article invité sur le blog de Mickaël.

Au delà de tous les objectifs que nous nous lançons, il est important de se rappeler pourquoi nous faisons ce que nous faisons.

  • Pourquoi est-ce que je cours en montagne ?
  • Pourquoi est-ce que je passe mes journées dehors ?

Alors oui il y a l’objectif sportif pour certains mais aussi et surtout le plaisir de courir en montagne !

L’envie de découvrir, l’envie de se perdre dans ces magnifiques paysages. L’envie de réapprendre à se connaître, à retrouver une certaine motivation dans ses forêts. Que l’on soit sportif ou non, la montagne peut beaucoup nous apprendre et être une très bonne école. La nature en général nous apprend tout ce qu’il y a à savoir sur la vie.

Courir, un plaisir ?

La montagne va vous aider à rester humble

Son calme, ses dangers, ses petits coins de paradis nous apprennent à rester nous même, à ne pas nous prendre pour ce que nous sommes pas.

La montagne comme méditation

Alors que nous passons nos journées à penser à un tas de choses inutiles, la montagne nous ramène à l’essentiel. Prendre nos chaussures, un short et partir.

Le fait de m’allonger dans un coin que j’aime beaucoup, une forêt tranquille ou un alpage magnifique sans bruit me permet de me concentrer sur moi. Je ferme les yeux et j’écoute.

Lorsque je reprend ma course, en plus d’être totalement détendu, j’ai l’impression d’un peu mieux connaître l’endroit dans lequel je cours.

Petit coin de paradis pour méditer.

Des défis au delà de la performance

Lorsque nous entendons « défis », nous pensons au trail, à la course, à celui qui finira premier. Mais cela va beaucoup plus loin que ça. J’aime la course pour les rencontres, pour la compétition et voir ce que je peux améliorer.

Mais le sens même de ce que nous faisons, à la base, reste la progression personnel.

Il est bien beau de se comparer, mais ce qui compte uniquement, c’est notre développement personnel. Alors peut être que cette année vous avez pris du poids, vous vous êtes laissé allé ou que vous ne vous sentez pas à la hauteur par rapport à tel personne qui à l’air d’avoir tellement plus que vous. Mais le développement personnel c’est se comparer à soi et à personne d’autres.

Un matin je me suis réveillé, j’ai mis mes baskets, un short, un tee shirt, j’ai pris une bouteille d’eau et je suis sorti. J’ai pris le premier chemin sans trop savoir ou j’allais, puis ça avait l’air sympa à gauche, alors j’ai pris à gauche. Et ainsi de suite pendant plusieurs heures. Je n’avais toujours pas mangé, je me sentais bien, dans les alpages du massif de la chartreuse. J’ai continué à courir, j’ai enchaîné quelque sommets.

Au final, cela a duré 9 h pour 50 km et 3700 m d+. Ce jour la je venais de réaliser ma plus grande performance sportive. Je n’avais jamais couru plus de 20 kilomètres et me voilà à courir sur 50 km. Je n’avais jamais fait de sortie de plus de 2 heures à jeun et me voilà à rester dans cet état pendant 9h.

Ce jour la j’ai compris que les seules limites qui existaient étaient dans ma tête. Depuis pour moi, tout est possible, tout est réalisable. Je n’avais pas préparé ce défi, j’avais juste suivi mon envie sur le moment, je restais conscient et concentré. Maintenant lorsque je suis sur une course, je me demande toujours si c’est courir que je veux ou juste être libre de poser mon pieds là ou il a décidé de se poser.

Quelques conseils pour arrêter de réfléchir et enfin prendre du plaisir en montagne

C’est parce que nous pensons trop, c’est parce que nous réfléchissons à pleins de choses inutiles que nous ne faisons rien. La seule façon de prendre du plaisir en montagne, c’est d’arrêter de réfléchir. Voici comment éviter de se disperser et réaliser tous ses rêves.

  • Si tu as envie de faire quelque chose, fais le.

En disant cela, je pense à l’entourage qui peut parfois être un frein à la motivation. De nombreuses fois j’avais de gros projets qui peuvent paraître dangereux ou insensé. Ce sont ces projets qui m’ont le plus appris dans la vie.

Je ne dis pas d’être inconscient, il y a des limites, mais un bon gros projet peut parfois faire peur autour de vous. Faites le.

  • Met tes chaussures et vois ce qui se passe.

Je me souviens encore des nombreuses fois ou je me levais le matin et me disais « bon qu’est-ce que je fais aujourd’hui ?» Je réfléchissais pendant une demi heure voir une heure pour prendre une décision. Maintenant lorsque cela m’arrive, je met mes chaussures et après je réfléchi. C’est comme ça que de grands projets se réalisent. Si l’inconnu vous fait vraiment peur, pensez à votre journée la veille, pour éviter la procrastination.;)

Nos yeux se sont posés sur cette montagne, nos jambes ont suivies.

  • Concentre toi sur l’instant présent.

Les moments en montagne sont tellement meilleurs lorsque vous pensez à ce que vous faites ici et maintenant plutôt que de se demander si Sabrina a bien rempli le dossier ou ce qui va se passer quand vous allez rentrer. On s’en fout. Vous avez un paysage magnifique, l’envie de découvrir, alors mettez de l’énergie dans ce qui vous donne envie.

Plus vous deviendrez fort, plus vous prendrez du plaisir

J’ai remarqué cela à mes débuts. Il était difficile pour moi de prendre du plaisir alors que je m’essoufflai après 5 secondes de montée. C’est vraiment lorsque j’ai commencé à devenir « fort » (à mon échelle) que j’ai pris du plaisir. Dévaler les pentes, caresser le chemin avec le bout de ses pieds sans même ressentir le besoin de s’écrouler par terre et de prendre un masque à oxygène, c’est quand même vachement agréable. Pour ça, il n’y a pas de secrets, il faut progresser, devenir un peu meilleur chaque jours.

Image de paysage reflétant le plaisir de courir

Les souvenirs sont meilleurs lorsqu’on a était dans l’effort

J’ai de meilleurs souvenirs des sorties ou j’ai était au bout de moi même ou je suis allé cherché mes limites, que celles ou je suis allé me balader pour ne pas rien faire de ma journée. Sortir de sa zone de confort peut faire du bien au corps et au mental. Et alors si vous arrivez à combiner effort et partage, vous êtes un champion !

Le partage !

Je finirais là dessus car c’est ce qui me semble être le plus important pour vraiment profiter de la vie. Il y a un équilibre à trouver pour aimer la montagne. Je vais vous expliquer. Lors de mes débuts, j’allais en montagne seul. Puis après m’être inscrit dans un club et avoir rencontré du monde, j’étais tout le temps accompagné.

Alors oui c’est génial ! Partager sa passion avec un amis, il n’y a rien de mieux. Mais le problème c’est qu’à force d’enchaîner les sorties à deux ou plus, je commençais à me lasser. J’avais besoin de me retrouver seul de temps à autres. J’ai donc repris tout doucement les sorties en solo. Et j’y ai trouvé un plaisir immense.

L’équilibre !

Si vous partez seul vous allez vous sentir seul, mais si vous partez en groupe vous allez être lasser de la présence de quelqu’un à chaque sortie. Il n’y a pas de secrets, il faut faire un petit peu les deux. Éviter la solitude tout en pouvant parfois se concentrer sur soi.

Clique ici pour découvrir comment le stoïcisme peut changer ta vie et ta façon de courir en montagne.

Merci d’avoir pris le temps de me lire.

A très bientôt, Timothée.

Thierry Sache : Suivre ses envies

Thierry Sache : Suivre ses envies

Thierry Sache, allons-y ! Mais oui, allez-y. Écouteurs dans les oreilles, lancez le podcast (juste en haut de cet article). Parce que Thierry Sache a des choses à vous partager ! Si vous êtes gentils, et quémander une retranscription texte, je le ferai peut-être 😉…

Mouvement conscient : bouger naturellement ou faire de la M****

Mouvement conscient : bouger naturellement ou faire de la M****

Clément de Mouvement Conscient ! Oui, il est là ! Épinglé en podcast. Lancez l’épisode, savourez, pensez, agissez ! Avec sa chaîne Mouvement Conscient, il apporte une tonne de connaissances pratiques pour écrire le manuel d’utilisation de son propre corps. Quelques bribes de Clément ci-dessous,…

Vivre en forêt !

Vivre en forêt !

J’aime courir. Me déplacer. J’aime la foret. Surtout en montagne.

Et aujourd’hui, laissez-moi fantasmer…

Le mythe du bon sauvage fantasmé par moi !

C’est comme si chaque nouvelle expérience que je vis, chaque nouvelle bribe de connaissance que j’incorpore, chaque nouvelle pièce qui trouve sa place dans le puzzle de mon existence me poussaient, m’attiraient inéluctablement vers la forêt, vers le fait de vivre en forêt.

Comme si la Vie, ou à minima la mienne, présentait une compatibilité maximale avec un milieu peu civilisé. Plus précisément, avec la forêt comme je la connais depuis que je suis né.

Ce n’est pas seulement une possibilité supplémentaire, un milieu où je me sens bien, parmi d’autres. “Je peux vivre en forêt ou autre part, c’est du pareil au même”

Non.

Je sais bien qu’en forçant, je peux fonctionner en ville, à la campagne (peut-être même en plaine, quoique…), entre des murs de béton et de plâtre.

Seulement voilà, je ne crois pas avoir été conçu pour ça.

À vrai dire, je ne pense pas avoir été prédestiné pour quoi que ce soit. Encore heureux.

Cependant, cependant…

Mes fonctionnalités doivent être plutôt basiques, et l’option “Bien-être en civilisation” n’est disponible qu’en version démo, seulement les 30 premiers jours (parfois juste 1 journée, parfois j’atteins les 3 mois).

Il doit y avoir un module à acheter quelque part, mais je n’ai pas franchement envie de le chercher, je crois bien.

J’aurais trop peur de le trouver.

Bien sûr, quand j’avais quatorze ans, on me disait que :

Tu es jeune, (donc) c’est normal.
(Tout comme d’être anarchiste, humaniste, rêveur, quoi… ?)

Normal de ne pas se sentir dans la norme.

Aujourd’hui, douze ans plus tard, j’ai l’impression d’entendre la même rengaine.

Et je crois que ce sont les mêmes qui parlent, encore et toujours.

Suis-je resté jeune ? Ou est-ce eux qui n’ont pas arrêté de vieillir ?

Laisse-les nous mépriser, nous appeler jeunes et incultes
C’est la maladie du siècle, dans le cœur des surins
Les terriens ont enterré ce qui faisait d’eux des humains
Keny Arkana

 

Vivre en forêt

La forêt. Peut-être que je ne suis pas assez clair.

Peut-être que quand j’en parle, les mots forêts et nature font appel à d’autres représentations chez mes interlocuteurs interloqués.

Ils ont rangé la forêt dans loisirs et vacances et nature dans bobo et utopie.

Si je parle de civilisation comme d’une possibilité d’organisation sociale parmi d’autres, on invoque l’image de l’austérité.

Ou de l’ascétisme.

Tant de mots reliés à des concepts mal définis, flous. Parle t’on vraiment de la même chose ?

Forêt.

Je ne parle pas d’un retrait, d’un ermitage.

Simplement une présence en forêt.

Certains rentrent le soir dans leur appartement.

Je fantasme sur le fait de pouvoir rentrer le soir à l’extérieur.

Cela m’apparaît comme l’état naturel pour moi. Je précise. Pour moi.

Je ne considère pas la nature comme un « plus », apportant des bienfaits permettant d’améliorer l’hygiène de vie. Il me semble au contraire que nous sommes amputés de celle-ci par la civilisation. Nous sommes des super-héros entourés de kryptonite dans le quotidien. Vivre en forêt, c’est enlever ce qui me traîne, ce qui m’enfonce.

La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à enlever.
Antoine Saint-Exupéry

Je pourrais construire devant vous, dans cet article, le puzzle de ma vie, tous ces choix qui me montrent la voie simple de la forêt, appuyé par la science, la réflexion, l’intuition…  Petit à petit, pièce après pièce, article après article. Toujours dans un souci d’explication, et non pour convaincre.

Parfois, il faut prendre un peu de temps. La pièce semble étrange, déformée, laide. Il “suffit” de l’assembler avec les bonnes pièces pour avoir une cohérence globale, et un tableau magnifique.

Ce tableau, c’est la forêt. Une vie en forêt. Vivre en forêt.

Je vous l’avais dit, c’est un fantasme. Un désir profond qui me pousse à vivre, tout simplement.
Ce n’est pas obligatoire de fantasmer, c’est juste indispensable pour continuer à animer ma vie, jour après jour.

Et vous, votre tableau de vie, il est comment ?

Plutôt aventurier, anti-fragile, passionné ?

Que crève la Nature !

Que crève la Nature !

Amis traileurs, coureurs, amoureux de la nature et de la vie, aujourd’hui, j’ai envie de vous rentrer dedans. Gentiment. Si vous le permettez. Donc, que crève la Nature ! Oui. Qu’elle crève. Si tu rencontres le Bouddha, tue-le. Maitre Zen Lin-Tsi Je paraphrase : Si…

Rémi Camus : les aventuriers peuvent être des lanceurs d’alertes

Rémi Camus : les aventuriers peuvent être des lanceurs d’alertes

5400 km en courant à travers l’Australie (en récoltant des fonds pour l’association française du syndrome de Lowe). L’occasion d’aller découvrir réellement le mode de vie des aborigènes. 4400 km en hydrospeed sur le Mékong. L’occasion de comprendre les populations bordant le bord de ce…

Ce site n’est pas pour les sportifs !

Ce site n’est pas pour les sportifs !

Je vous en avais parlé dans le dernier mail. Je n’écris pas pour les sportifs. Pas pour le traileurs de base.
Celui qui me dit au départ d’une course que je n’ai pas “la tenue adapté pour courir”.
Ici, c’est un puits à idée, une invitation à oser, à découvrir.
Je t’invite alors à une petite mise en perspective…

Mise en perspective

Je ne suis pas un sportif !
“Je t’assure que je m’y serai peint tout entier et tout nus”. Michel De Montaigne.

Au début de l’écriture d’un article, je ne sais pas encore où il va m’emmener.

Où je souhaite t’emmener.

Tant de choses à dire, et dans un même temps, tout me semble si cohérent, si logique, que j’en arrive à la conclusion : à quoi bon dire des banalités ?

Et du coup, je me tais.

À quoi bon dire ce que tout le monde sait déjà ? On peut savoir sans adhérer.

Là est mon erreur.

Car je tiens pour acquis ce que je crois que les autres savent sur moi.

Je me retrouve tout étonné le jour où je mesure la différence entre l’image que j’ai de moi, et l’image que les autres ont de moi. Je crois que je suis un être sans mystère pour mon entourage, que mes traits de caractère, mes idéaux et mes convictions ne sont une surprise pour personne.

 

Cependant, ils ne peuvent pas avoir une image fidèle de ce que je suis, si je ne laisse rien paraître, gardant (par peur ? par timidité ? par pudeur ?) pour moi ce qui me semble couler de source.

Pour simplifier :

Nouveau concept / idée -> Apprivoisement (ou rejet) -> Incorporation au sein de ma vision -> il me devient familier -> Pourquoi ne l’ai-je pas compris plus tôt ? Cela tombe sous le sens, le reste de l’univers doit déjà l’avoir compris.

Je me livre ici, sur ce site, à expliquer ce qui constitue mes choix et mon mode de vie. J’espère que vous trouverez matière à réfléchir, et même, encore mieux à agir. Si je faillis à ces deux missions, j’aurai au moins réussi à clarifier, ne fut-ce qu’un temps, à ce moment précis, ma pensée.

Tout est mouvement. Les mots ne peuvent que photographier la réalité et non la filmer, la capter comme le ferait une caméra. La réalité se retrouve figée.

Considérez toujours que mes écrits sont dépassés, et que seul mes actions me reflètent.

Réfléchir, c’est fléchir deux fois.
Alain Damasio

C’est l’histoire du Petit Prince et du Renard. Le Renard est cette connaissance extérieure, inconnue (et peut-être même inquiétante, désagréable). Je dois d’abord apprivoiser l’intrus, ce perturbateur de la représentation du monde que j’ai construit jusqu’à présent.

Si le savoir est une arme, elle est dirigée avant tout vers moi-même, c’est avant tout une menace pour mon propre confort. Repenser les choses, c’est se dépenser.

Mais se mortifier dans sa pensée devenue immobile – se satisfaire de ce qu’on sait déjà – c’est remplacer le fait de penser par l’obligation sournoise de panser son être, ses blessures telles que l’auto-satisfaction, la prétention, la médiocrité, la mesquinerie, et tout ce qui nous fait être de plus en plus petit tout en se sentant élevé.

Si penser n’est pas l’origine de l’existence (n’en déplaise à René Descartes “Je pense donc je suis”), ne plus penser mène à la fermeture (d’esprit), à l’arrêt, à une mort, qui, si elle n’est pas physique, est bien présente intellectuellement.

On finit par abaisser les autres pour se sentir plus grand.

Il est passé où le Renard ? Il est toujours là.

Il est indispensable. Je dois apprivoiser le Renard. Le Renard, ou un autre animal. Une araignée, un lézard, une sauterelle. Un lion. Quelque chose qui menace mon con-fort. Mon con-forteresse, dirait Alain Damasio.

Bon, et alors, cette bestiole, métaphore du savoir qui te dérange ?

Mode de vie
Mon mode de vie me semble être si évident… Niant le chemin que j’ai parcouru pour y arriver.

Une fois que nous nous sommes apprivoisés, l’impression d’étrangeté disparaît. Et voilà que j’en viens à nier le fait même qu’elle ait pu exister à un moment donné. C’est si… évident ?

Si je ne le savais pas avant, c’est que je n’étais pas prêt à me familiariser avec ce nouvel animal. Mais maintenant, c’est devenu naturel.

Et j’extrapole à autrui.

Autrui qui doit sûrement avoir fait tout ce taff, bien avant moi.

Voilà donc le pourquoi de mes écrits, pourquoi je tiens ce blog, afin de clarifier mes espiègles évidences intérieures. Limpide, n’est-ce pas ?

Et en dernier lieu, et non des moindres, mes écrits ne cherchent ni à persuader, ni à convaincre.

Je prône le dissensus. Le consensus, c’est “on n’a pas la même vision MAIS on avance”. Le dissensus, c’est : “on n’a pas la même vision ET on avance”. Le consensus, c’est chacun qui fait des compromis. Pouah !

Toute la beauté du vivre ensemble est de ne pas être d’accord. Et c’est une chance, de ne pas être d’accord ET de vivre ensemble. Le dissensus, on reste entier et on bénéficie des autres. Tout un défi pour les anars et autres personnes passionnées !

Comme Montaigne, je me dédouane avant même d’écrire. Prendre du recul pour mieux sauter. Mise au point pour garder l’esprit et la main ouverts.

Merci d’avoir lu 😉

Essais de Montagne

Marcher et jeûner dans les Vosges !

Marcher et jeûner dans les Vosges !

Du 7 au 11 septembre 2019, 6 aventuriers et aventurières en herbe se sont lancés dans un jeûne de 5 jours. 5 jours sans manger, mais autrement remplis grâce à des randonnées, des conversations animées à propos de mode de vie et d’alimentation, et des…

Jamel Balhi : Merci pour ce thé rafraîchissant !

Jamel Balhi : Merci pour ce thé rafraîchissant !

En quoi cette course est liée à ta cause noble, Mickaël ? Là, je te le dis, tu fais de la merde. C’est quoi ta cause noble ? Tu dois pouvoir me l’expliquer. Sinon, c’est con d’aller courir. Le trail, c’est con. Moi, je n’ai…

#ChampionDansLaTête : Courir : un désir, un besoin ?

#ChampionDansLaTête : Courir : un désir, un besoin ?

Suivre son désir ?

Suivre son désir ?

Nous sommes dans une époque particulière.
Jamais, nous avons eu autant de possibilités, de moyens et d’outils pour assouvir nos désirs.
Jamais, dans l’histoire de l’humanité, ou en tout cas, du Néolithique, c’est-à-dire depuis 10 000 ans, nous n’avons pu mettre autant en avant nos désirs, sans honte.
Pour peu que nous soyons dans un pays dit développé, et donc riche matériellement, nous avons devant nous une plaine où tous nos désirs peuvent être mis en scène.
Cela fait partie du deal de l’idéologie marchande, capitaliste : si tu veux quelque chose, tu peux l’obtenir, il suffit d’en mettre le prix.

Nous avons dépassé depuis un moment le simple fait d’honorer nos besoins et désirs matériels.
Aujourd’hui, et plus que jamais, ce sont les expériences qui priment.
Bien loin d’un revers ou d’une défaite du matérialisme marchand, c’est justement l’occasion de faire exister dans l’économie ce qui ne peut être touché, mais qu’on peut tout de même accumuler : les moments inoubliables.

Et là où on pensait qu’on ne pourrait pas vendre grand-chose, on trouve justement de multiples moyens de vendre l’inexistant : soit en basculant à nouveau dans les objets et produits dérivés au service de l’expérience (“avec cette paire de chaussures, vous allez avoir de meilleures sensations, une meilleure expérience de course), soit en mettant en place le cadre pour vivre ses expériences (c’est ce qui se passe pour n’importe quelle course organisée).

Bien sûr, je ne critique pas de manière stérile cet état de fait.
Je l’entretiens, même.

D’ailleurs, vous avez vu ma dernière formation pour devenir Champion du Monde de son propre Monde ? :p

Je constate juste les faits.
Et je m’insère dans ce système en vendant mes formations.
Même si, en France, l’argent est souvent un tabou, je ne considère pas que l’argent soit bien ou mal.
C’est un outil, et le considérer autrement, c’est entretenir un rapport conflictuel avec lui.

Si j’étais riche, si j’étais pauvre, est-ce que mes journées seraient différentes ?
Pas vraiment.
J’essayerai aussi de courir tous les jours, de passer du temps dans la nature, d’exposer mon corps à du stress bref et intense pour qu’il se renforce, de faire des câlins à ma compagne, et d’écrire des articles.
L’argent me permet juste d’avoir un cadre plus ou moins adapté à cela.

Courir et désir...Mais revenons aux désirs. Avec un s à désirs.
Je ne sais pas pour vous, mais moi, mes désirs font office de moteur d’enthousiasme.
Ce n’est pas le but du désir qui est vraiment important, mais le fait qu’il me met en branle, qu’il m’invite à échafauder des plans pour le réaliser, et donc à vivre des expériences pendant le laps de temps où je suis en vie quelque part sur cette planète.
On dit que le marketing, que la société actuelle crée des désirs, voir des besoins de toute pièce.

C’est faux.
Psychologiquement, on ne peut pas créer de désirs de toute pièce.
Le marketing s’appuie sur des grands besoins à satisfaire : le besoin d’appartenance, le besoin d’action, le besoin de partage, de sécurité…
Lorsque vous avez envie de quelque chose, ne jetez pas la pierre à la société, mais demandez-vous à quel besoin ce désir répond ?
Pourquoi avez-vous envie de cette pâtisserie ?
Est-ce pour partager un moment social (besoin d’appartenance, de partage), pour compenser un stress, pour avoir du réconfort… ?
Laissons donc la pauvre société où elle est, et commencez à prendre vos responsabilités.
Comprendre pourquoi vous avez des désirs, à les identifier, à être sûr que c’est bien vos désirs et non ceux des autres.
Avoir envie d’être finisher d’un ultra-trail pour un besoin d’action et d’estime de soi, ou pour que votre père soit fier de vous ?
Si vos désirs sont identifiés, si c’est bien les vôtres, alors ici commence le chemin.
Votre chemin.
Votre grand désir.
Après tout, on est ici pour parler d’aventure.
Vous avez votre grand désir ?
C’est le vôtre ?
Vous êtes prêt à le suivre ?
C’est une qualité mentale, et donc une compétence à développer, la faculté de suivre son désir.

Dans cette série d’articles consacrée au livre Champion dans la tête, de François Ducasse et Makis Chamalidis, je consacre un article à chaque qualité mentale qu’il partage. 36 qualités mentales. Évidemment, ce n’est pas exhaustif. Il y en a bien plus, certaines extrêmement spécifiques.

Voilà ce qui est dit sur la qualité : “Suivre son désir” :

Qu’est-ce que c’est ?

Écouter ce qu’on désire au fond de soi-même et se libérer de ses inhibitions pour oser aller au bout de sa conviction intime ; c’est aussi ne pas confondre son désir et celui des autres, ne pas se laisser enfermer dans le désir de l’autre.

L’idée

On ne fait bien que ce qu’on désire !
Parfois, il y a plus de risques à ne rien faire (par manque d’initiative, par goût du confort) qu’à se dire : « J’y vais et, au moins, j’aurai essayé ! ».
Certains n’osent pas réveiller leur désir, d’autres préfèrent l’occulter, et d’autres encore veulent tellement satisfaire les désirs des parents et des entraîneurs qu’ils s’oublient.
Peut-on s’investir à fond dans une activité sans respecter son désir ?
Comment faire alors pour savoir ce qui nous plaît vraiment ?
Il faut d’abord apprendre à s’écouter et à se débarrasser de ce qui peut étouffer le désir : la peur d’être ridicule, la tradition familiale, la culpabilité.

Est-ce que je suis champion dans la tête ?

Je le suis quand…

  • Mon désir est à la fois mon objectif et mon repère.
  • Je sais ce que je ne veux pas, je sais ce que je veux.

Je ne le suis pas quand…

  • Je n’ose pas réveiller et afficher mon désir.
  • Je sacrifie mon propre désir à celui des autres.

Personnellement, ce qui me semble le plus difficile, c’est bien d’identifier son désir.
Dans la formation Devenir le champion du monde de son propre monde, nous consacrons tout un temps sur le fait de savoir ce qu’on désir.
Souvent, l’idéologie humaniste nous fait croire que nous sommes un être unique, indivisible (un “individu”), avec un libre arbitre absolu.
Ce constat ne correspond pas à la réalité, où nous pouvons avoir deux désirs contradictoires (“perdre du poids” et “manger cette tablette de chocolat).
C’est vu comme un défaut de notre volonté, une faiblesse de notre mental que de ne pas réussir à tenir nos objectifs.

Il y a un changement de paradigme à effectuer.
À vivre, même.
L’expérience et les études mettent en avant que nous ne sommes pas une seule et même entité.
Mais au contraire, que nous avons plusieurs “nous” en “nous”.
Et quand vous dites “je”, ce n’est peut-être pas représentatif de ce que vous êtes réellement.
Croire que nous sommes un tout cohérent, un “moi authentique”, c’est aller de déception en déception.Reconnaître ses propres désirs ?

Nous sommes un univers, un monde merveilleux !
Comprendre ce monde, c’est ne plus être esclave de la météo intérieur
Donc, avant de brandir un désir en ignorant tout des processus qui sous-tendent ce dernier, pourquoi ne pas se poser quelques instants, pour découvrir ce qu’on désire, certes, mais aussi pourquoi on le désire.

Je vous rassure, malgré le ton de cet article, il ne s’agit pas de faire de l’analyse à outrance, de la psychanalyse de comptoir, non.
C’est avant tout l’expérience qui doit primer.
Agir, réfléchir pour pouvoir mieux agir.
Pas de masturbation intellectuelle par ici.

Le “moi authentique” n’existe pas, car plusieurs entités nous composent. On peut parler du maître, de l’artiste et du corps. On peut parler de l’architecte et de l’artisan. On peut parler de l’enfant intérieur, du cerveau reptilien, du cerveau mammifère…
Des terminologies différentes pour qu’on arrête d’agir comme un écervelé du bocal !

Et quant à chaque fois, je me prête volontiers au jeu du champion dans la tête…

Mon désir est-il à la fois mon objectif et mon repère ?
Je souhaite parcourir de longues distances, en courant.
Pour voyager, pour me déplacer, et pour vivre des expériences fortes, en même temps qu’un moyen d’introspection passant par le mouvement. J’ai des objectifs concrets, qui servent ma grande raison, mon cloud.
Et c’est mon repère. Dans le doute, dans le quotidien, je peux simplement me demander : est-ce que t’elle action me permet de faire un petit pas vers mon grand objectif ?
Car, après tout, c’est ce qui compte : faire des petits pas, tous les jours, vers mon objectif.

Le deuxième point, pour être champion dans la tête :
Je sais ce que je ne veux pas, je sais ce que je veux.
J’ai une liste mentale longue comme mes jambes de ce que je ne veux pas. Vivre, pour moi, c’est surtout jeter tout ce que je ne souhaite pas.
Et ces derniers temps, à force d’avoir jeté beaucoup de choses – je suis un minimaliste, de la tête aux pieds, en passant par les objets ( 80% de mes affaires tiennent dans mon sac à dos et sur moi) -, ce que je souhaite se dessine de plus en plus.
Disons que je suis, sur ce point-là, champion à 80%. Il faut bien garder quelques % pour le futur…

Cependant, je ne suis pas champion dans la tête si “Je n’ose pas réveiller et afficher mon désir.”
C’est bien là que CourirUnTrail a tout son intérêt.
Outre le fait de partager, de rencontrer de nouvelles personnes, et de faire rentrer des sous, c’est un entraîenemnt pour afficher et assumer mes désirs.
Comme beaucoup, car “nul n’est prophète en son pays”, mon entourage n’est pas spécialement réceptif à mes choix de vies étranges.
Mais nous vivons une époque formidable où nous pouvons, avec un peu d’effort, créer sa propre tribu.
Donc, grâce à vous, grâce à CourirUnTrail, je peux avancer sur les sentiers (au sens propre comme au figuré), tout en sachant que quelques parts dans le monde (au moins francophone), quelques personnes comprennent ce que je fais.

Besoin de reconnaissance, vous avez dit 😉 ?

Merci d’avoir lu cet article.
Si le sujet vous intéresse, si vous voulez partir à l’exploration de votre propre monde, et en devenir champion, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil à la formation ” Devenir le Champion du Monde de son propre Monde“.

Myriam et Jacky : Champions du monde, heureux et frugivores !

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Je suis tombé sur des aventuriers, des vrais ! Bon, ici, on a l’habitude d’en voir un peu partout, c’est vrai… Mais là, ce sont des champions du monde de raid aventure… Je vous l’ai dit, ce sont des vrais. Et ils sont heureux. Ils…

Les 20 citations qui claquent d’America Extrema de Florian Gomet !

Les 20 citations qui claquent d’America Extrema de Florian Gomet !

America Extrema est le récit écrit et vécu par Florian Gomet, aventurier hygiéniste, d’un bout du Canada jusqu’en Alaska. C’est certainement le meilleur livre d’aventure non-fiction que j’ai lu. J’en ai extrait quelques citations, la substantifique moelle toute relative et toute personnelle. Et je crois…

Marvin : Comment les arts martiaux ont changé ma manière de courir

Marvin : Comment les arts martiaux ont changé ma manière de courir

Aventuriers, aventurières, bien le bonjour.

Je remercie Mickaël de bien vouloir me donner la parole sur ce blog d’excellente qualité.
Je suis également un blogueur dans le domaine du sport, plus précisément des arts martiaux.
Avec Anne, une amie et élève, nous tenons Corps et Esprit Martial, un blog sur la préparation physique et mentale pour les arts martiaux et sports de combat.
Mon art martial d’origine est le ju-jutsu mushinryu fondé par Armand Vallé.
Je suis actuellement enseignant et 3ème dan.
Cet article sur la souplesse pourrait particulièrement vous plaire, car c’est une qualité physique nécessaire à toutes les pratiques sportives mais aussi à la vie quotidienne !

Voilà pour les présentations, passons au vif du sujet, quel lien existe-t-il entre les arts martiaux et la course à pied et surtout comment les arts martiaux ont changé ma façon de courir.Photo dans un dojo de technique de luxation d'épaule (ude garami)

Je vous écris ici pour vous dire combien les arts martiaux et la course à pied sont étroitement liés dans ma vie.
La pratique martiale a transformé ma course à pied et m’a permis d’aimer cette discipline.
Je vais également vous expliquer comment la course à pied m’a permis d’exporter certains éléments des arts martiaux vers mon quotidien.
Si vous pratiquez vous-mêmes les arts martiaux, ou un autre sport, n’hésitez pas à nous dire dans les commentaires comment ils influencent votre façon de courir !

On commence avec un petit bout de mon histoire, et je vous explique pourquoi je détestais courir étant plus jeune.

Courir dans mon enfance et mon adolescence, une épreuve difficile

Lorsque j’étais plus jeune, je n’avais pas toutes les chances de mon côté pour devenir sportif. J’avais quelques problèmes de santé, qui font que je n’aimais pas du tout courir. Je n’étais pas encore un aventurier, (si on peut dire qu’aujourd’hui j’en suis un..), et surtout je me complaisais dans ces problèmes.

Asthme

Dessin d'une femme faisant de la ventolineDessin d'une femme faisant de la ventoline

J’étais asthmatique depuis mon plus jeune âge, et cela m’a valu quelques aller-retour dans les hôpitaux de ma région.
Cette situation n’était pas commode, le moindre exercice un peu cardio, un peu trop de stress, et je me retrouvais limité dans ma respiration.
Et pour couronner le tout, j’étais allergique à des choses bien trop nombreuses à mon goût (j’ai même été déclaré allergique au test neutre !).

Donc aller me balader en forêt, c’était déjà prendre un risque élevé de faire une crise d’asthme, alors aller courir, c’était vraiment prendre des risques inconsidérés.
C’est un peu comme aller dans une école primaire avec un sachet de bonbons et une pancarte “Celui qui m’arrache un cheveu gagne un bonbon”, c’est des coups à finir dans un sale état.

Surpoids

Le souci, c’est que le traitement pour l’asthme que je prenais quotidiennement (cortisone), favorise la prise de poids.
Donc je me sentais assez mal dans ma peau et je voulais perdre ce bourrelet qui enrobait ma sangle abdominale.

Homme prenant son tour de taille

J’ai donc essayé de courir, et même si ce ne fut pas très glorieux, cela m’a aidé à progresser vers mes objectifs.
Mais, entre les crises d’asthme et le fait que je me sentais très peu compétent (je courais bien moins vite que mes frères ou mes camarades), je n’éprouvais vraiment aucun plaisir à la course.
Je dirais même que j’avais de l’aversion pour cette pratique.

J’allais courir à peu près régulièrement, autour d’un stade (passionnant de faire des tours de stade !), sans vraiment éprouver du plaisir à le faire, juste pour améliorer ma santé et mon bien-être.
Je voyais la course comme un moyen et pas un but en soi.
D’ailleurs, je ne comprenais pas l’intérêt que certaines personnes portaient à cette discipline.
Des gens se lèvent plus tôt pour faire un footing ?
Mais pourquoi ils ne restent pas à lire un livre, c’est beaucoup moins contraignant.

Surprotection

À cause de mes problèmes de santé ma mère m’a toujours protégé, et peut-être un peu surprotégé.
Dès qu’il y avait un cross, ou même du sport d’endurance en cours de sport, elle essayait de m’en dispenser.
Comme toutes les mamans, elle a fait de son mieux pour protéger et aider son enfant, et je ne la remercierai jamais assez, mais je pense que ce fut une erreur.

Deux ninjas

À tous les parents, si votre enfant fait de l’asthme, amenez-le faire du sport s’il vous plaît.
Ce qui m’a permis de sortir de ce cercle vicieux, c’est mon grand frère, de 9 ans mon aîné, qui m’a inscrit au ju-jutsu à l’insu de ma mère lorsque j’étais en classe de troisième.
J’étais toujours obèse, mais de façon bien moins prononcée.
Et surtout, depuis que je l’avais vu pratiquer le ju-jutsu dans son adolescence je voulais en faire.
Au début, cela a été facile de tromper notre mère, vu qu’on était souvent ensemble, on disait qu’on partait se balader alors qu’on allait au dojo.
Au fur et à mesure, notre mère à compris le pot au rose.
Mais elle ne pouvait pas défaire ce qui était fait, je faisais du ju-jutsu.
Rien qu’à cette idée mon coeur dans ma poitrine faisait des bonds !

La première chose qui a transformé ma pratique de la course à pied, c’est mon sensei, Dédé.
En échauffement on faisait des tours de tatamis en courant.
Il m’attendait au coin de celui-ci avec mon inhalateur en cas de crise.
Mais il m’encourageait à me dépasser.
Au début, au bout d’un tour j’avais besoin de m’arrêter, mais quand au bout de quelques mois j’ai pu tenir le même rythme que le groupe, je me suis senti très fier, et empli de gratitude pour celui qui m’avait fait me dépasser.

Enfant sur une butte

Cela peut paraître stupide, mais à ce moment-là, je me suis dit que la course à pied pouvait finalement m’apporter énormément de choses.
Sans ce lien entre les arts martiaux et la course à pied qui s’est créé à ce moment-là, je ne serais certainement pas ici en train de vous écrire.

Problèmes de dos

J’ai continué à courir au moins une fois par semaine, jusqu’à mon année de terminale, soit un peu plus de 4 ans plus tard.
Si ce n’était pas mon activité préférée, j’y allais moins stressé, avec plus de légèreté.
Mais n’exagérons rien, je n’y allais pas de gaieté de coeur non plus !

Et grâce à cet entraînement j’ai réussi à arracher un 20 sur 20 en course d’orientation au baccalauréat.
Ma mère, qui pensait que le sport n’était pas fait pour moi, a été très étonnée.
C’est également l’année où j’ai eu ma ceinture noire, autant dire que je m’entrainais régulièrement (10h par semaine en moyenne au dojo, sans compter les entraînements supplémentaires avec mes frères pour me préparer) et intensément.

Seulement, nous étions bien moins informés qu’aujourd’hui (merci internet) et je courais avec des tennis basiques.
En pleine croissance, cela a fini par me créer des douleurs dans le bas du dos.
Il a fallu que je stoppe la course à pied et que je pratique les arts martiaux plus doucement.
Mais comme c’était ma première année de faculté, je le vivais assez bien, j’ai pu m’investir un maximum dans les études.

L’histoire ne s’arrête pas là, ne vous inquiétez pas.
Les arts martiaux m’ont non seulement donné confiance en moi pour que je puisse m’améliorer dans la course à pied, mais ils m’ont permis de faire évoluer le sens que je donnais à ma course.

Les arts martiaux ont transformé le fond de ma course, ma course a transformé ma façon d’être au monde

J’ai pu rejoindre le dojo du maître fondateur de notre école, Armand Vallé, en y allant 1 fois par semaine à partir de ma deuxième année de licence, tout en continuant à suivre les cours dans mon dojo d’origine.
C’est à cette période que ma pratique s’est transformée, mon but dans la course a totalement évolué.

Avoir des objectifs

On en parle suffisamment régulièrement, mais le fait d’avoir des objectifs précis permet de rester motivé et de se voir évoluer.
On a plusieurs articles sur ce thème dont celui-ci : “Comment rester motivé et continuer à progresser comme dans Karate-Kid”.

J’ai échoué le jour de mon deuxième dan parce que j’ai fait une crise d’asthme à la fin de mon combat. Et même si je l’ai terminé, je n’ai pas eu assez de kime (d’énergie) pour valider un passage correct.

Si je comprenais cette situation, j’étais frustré d’échouer. C’est là qu’Armand Vallé m’a tenu ce discours.

De nombreux maîtres d’arts martiaux étaient des asthmatiques, mais ils se sont accrochés, ils se sont dépassés et sont devenus des maîtres.

Une autre phrase qu’il avait dit durant un stage a fait écho à ce moment-là.
Il nous avait souhaité “maladresse” .
Puis il avait expliqué qu’une personne maladroite aurait plus de mal à apprendre un mouvement, mais comme elle se donnerait plus de mal qu’une personne agile, elle développerait bien plus de qualités (motivation, dépassement de soi, etc.).
C’est pour cette raison que souhaiter la maladresse à quelqu’un c’est lui souhaiter d’avoir la force de dépasser cette maladresse et de devenir une meilleure version de lui-même.

Je m’égare.
Fort de ces idées, j’ai rejoint le stage d’été, qui est reconnu comme éprouvant physiquement.
Arrive l’épreuve d’endurance, une épreuve qui a été horrible pour moi tant physiquement que mentalement.
On devait faire le tour d’un parc dans un temps donné et arriver tous ensemble.
S’il venait à manquer une personne, on recommençait en ayant une minute supplémentaire.
Je remercie mes amis, qui ont dû faire un tour de plus à cause de moi, et qui, en plus de cela, ont dû m’encourager tout au long pour que l’on arrive à temps.

Ce stage m’a donné un objectif : réussir à courir avec mes camarades sans être un boulet pour eux.
Mais il m’a surtout permis de faire sortir du dojo mon esprit combatif.
Avant cette épreuve, j’étais combatif sur les tatamis mais plutôt en retrait le reste du temps.
Cela m’a donné assez de confiance en moi pour m’apprendre à m’affirmer.

Bilan : il y a trois ans, durant un autre stage d’été j’étais content et amusé, car grâce à mon entraînement, c’est à moi qu’a échu le rôle de booster les derniers.
Je devais être derrière eux, courir à leur rythme et les aider à gérer la course.
Et je me suis rappelé avoir pensé être un boulet, mais ce jour-là je me suis dit que finalement j’avais peut-être été un stimulant, et les remerciements de ceux que j’ai aidés m’ont vraiment touché.

Créer un lien entre ma pratique des arts martiaux et la course à pied

Mais le fait de courir avec mes camarades n’était pas la seule chose qui m’intéressait dans la course. Je voulais aussi devenir plus performant dans ma pratique, pouvoir tenir plus longtemps.

Comme l’explique Joel Jamieson ( Ultimate MMA Conditionning, Joel Jamieson), notre corps est comme une voiture.
L’endurance est notre capacité de réservoir, et l’explosivité c’est le moteur.
Si vous êtes très explosif mais avec un tout petit réservoir vous n’irez pas bien loin.
Je devais donc augmenter mon endurance pour devenir plus performant.

Il a fallu que je crée un lien concret entre ma pratique sur les tatamis et la course à pied.
Je voulais avoir des objectifs sur le court terme.
Et, même si la course ne me paraissait plus détestable, elle n’était toujours pas enviable.
J’avais vraiment envie de changer cela. Il fallait que cela change, je voulais avoir envie d’aller courir.
Je me suis alors dit que je devais trouver d’autres façons de courir.
Car il ne dépend que de nous de prendre du plaisir dans ce que nous entreprenons.

Faire du fractionné

J’ai compris que j’avais du mal à prendre du plaisir car la course me semblait trop linéaire, trop régulière, et je ne m’amusais pas. J’ai alors commencé à faire une forme de fractionné sans même savoir ce que c’était.
Mais maintenant j’en sais un peu plus, et pour les curieux je vous parle plus en détail du HIIT dans l’article “Entraîner votre condition physique à la plage”.

Montre

Je me suis tout simplement dit que nos combats durent environ 3 minutes, avec 1 minute de pause. J’allais donc courir sous la même forme après mon échauffement. Je faisais donc 3 minutes à une vitesse élevée et 1 minute à une vitesse plus lente.
J’ai appris bien plus tard que c’est utilisé dans la préparation physique spécifique d’un athlète.

Au fur et à mesure j’ai pu essayer différentes formes, et même sous la forme de hiit, avec des cycles de 30 secondes de sprint et 30 secondes de course beaucoup plus lente.
C’est à partir de ce moment que j’ai également commencé à m’intéresser à la préparation physique et me questionner sur le rôle qu’elle avait dans les arts martiaux.
J’avais souvent entendu dire qu’elle n’était pas du tout nécessaire aux artistes martiaux, mais je commençais à remettre cette idée en cause.

Je pense que sans cette forme de course, je n’aurais pas pu prendre du plaisir à la course avant de nombreuses années.
Le fait d’avoir un objectif et un défi à chaque course me donnait envie de me dépasser et de recommencer.
Je ne me disais plus que c’était dommage d’aller courir parce que le canapé avait l’air beaucoup plus sympa que cette piste dans les bois, mais qu’il fallait à tout prix que j’arrive à faire mieux que la dernière fois.

En plus de cela, j’ai vu de grosses différences sur les tatamis.
J’arrivais à récupérer beaucoup vite, je me fatiguais moins et je maîtrisais mieux mon corps.
Bref, c’était vraiment positif, je prenais enfin du plaisir et je pouvais en même temps mesurer mes progrès.

Un moment agréable avec une boule de poils

Durant cette période j’ai également eu la chance de récupérer un super toutou formidable.
Le fait d’aller courir avec elle m’a permis de mieux l’éduquer mais aussi de passer des moments privilégiés.
Cela a créé un lien de confiance entre nous, c’est une chienne que j’ai récupéré lorsqu’elle avait un an et dont j’ignore le passé.

chien aui court

En même temps qu’un épanouissement personnel, j’ai trouvé une forme d’engagement envers autrui, ce qui est la plus forte source motivation d’après Martin Meadows ( Comment développer l’autodiscipline dans le sport de Martin Meadows).

J’adore vraiment les moments que je passe avec elle à courir.
Et lorsque je n’ai pas le temps d’aller courir avec elle (comme en ce moment), elle me le fait savoir !

L’inconvénient est qu’en vieillissant, elle a un souffle au coeur et elle ne peut plus suivre sur des séances de fractionné.
Mais ce n’est pas très grave, j’alterne les courses avec elle à un rythme modéré et sans elle avec du fractionné.

Passer du temps avec soi-même

Une autre chose que j’ai appris à faire durant la course à pied c’est de respirer. Non, je ne parle pas du cycle de respiration externe classique, je parle d’un souffle intérieur, faire un break, prendre du temps pour moi.

Dans notre article “Améliorez vos performances grâce au mokuso“, nous expliquons combien c’est utile pour les arts martiaux de méditer.
Mais il existe bien des façons de méditer.
Et j’ai appris à le faire en courant.
J’ai essayé de pratiquer le mushin (esprit vide, au sens de libre, sans pensée inutile, disponible) en courant.
Le mushin est quelque chose que je souhaite atteindre, notamment dans ma pratique martiale.
C’est encore un point qui réunit les arts martiaux et la course à pied, me permettant de faire évoluer ma façon de courir et d’y prendre plus de plaisir.

Je trouve que la course est un bon moyen de rentrer en méditation et que la méditation est un très bon moyen d’améliorer sa course à pied.
Courir est un mouvement assez naturel, il ne demande pas une attention très conséquente, et en même temps il demande un très haut niveau de concentration, car il faut faire attention où l’on met les pieds, il ne faut pas perdre le rythme pour ne pas finir essoufflé, etc.
De ce fait, on peut laisser son esprit en sorte de veille, une vigilance constante, tout en essayant de faire les choses sans y penser.

Lorsque j’ai commencé à pratiquer ainsi j’ai remarqué que je perdais beaucoup moins mon souffle, même si les musiques que j’écoutais pendant ma course ne gardaient pas le même tempo.
Mais au bout d’un certain temps j’ai aussi remarqué que j’étais plus alerte durant les cours de ju-jutsu.
J’arrivais mieux à gérer les situations de stress et les adversaires en surnombre.

Cette façon de courir me donne également beaucoup de plaisir.

Les arts martiaux et la course à pied ont un lien encore plus profond.
Ma pratique martiale à changé ma façon de voir la course mais elle a aussi changé ma façon de courir et de me tenir au quotidien. Je vous explique tout en détail !

Les arts martiaux et la course à pied m’ont permis de me sentir mieux dans mon corps

Au début de ma vie de coureur je courais n’importe comment.
Je ne savais pas comment me tenir ni gérer mon souffler.
Je ne savais pas non plus ce qu’était une foulée.
Pour moi courir était un moyen de se déplacer plus rapidement d’un point A à un point B.
Il fallait pour cela mettre les pieds l’un devant l’autre de façon successive et rapide.
Cela s’arrêtait là.
Non, s’il vous plaît ne me jetez pas des tomates.

Mais comme l’explique Mickaël dans son article “Born to run nous sommes fait pour courir“, l’homme est fait pour courir, donc j’ai réussi à faire évoluer ma pratique.
Et j’ai remarqué que les arts martiaux et la course à pied ont des principes proches, et le fait de pratiquer l’un m’aide à comprendre l’autre.

Avoir le dos droit

Dans les arts martiaux on vous embête souvent avec votre posture, le fait d’être toujours droit au niveau du dos. Cela à un vrai intérêt au niveau du combat (on fait moins d’appels car les membres ne sont pas en arrière et on peut se recroqueviller pour esquiver), mais pas uniquement.

Lorsque j’ai eu mes problèmes de dos j’ai commencé à vouloir faire évoluer toutes mes pratiques sportives.
Je me suis demandé ce qui faisait que j’avais cette douleur qui est apparue.
Et je me suis rappelé d’un défaut que j’avais corrigé dans les arts martiaux et nulle part ailleurs : avoir le dos droit.

dos droit

Avoir le dos droit est une épreuve difficile, surtout à notre époque.
On a tendance à avoir les muscles antérieurs (abdominaux, pectoraux) plus musclés que notre dos.
Du coup on se voûte naturellement. De plus on travaille souvent penché en avant (écriture, lecture ou encore sur un ordinateur), ce qui n’aide pas du tout.
Je me suis alors efforcé de me tenir plus droit tout le temps.
D’ailleurs, c’est un exercice que j’ai repris récemment, car j’ai remarqué que j’avais recommencé à arrondir le dos !
Ce qui est formidable, c’est que la course à pied m’a permis de faire sortir un élément du dojo pour l’incorporer dans ma vie quotidienne.
Grâce aux arts martiaux et à la course à pied je me sens bien mieux au quotidien !

En effet, j’ai commencé à courir avec le dos bien droit.
Pour cela je me concentre sur la rétroversion du bassin et le fait de descendre les épaules.
Wahou ! l’effet est quasiment immédiat, je n’ai plus mal au dos quand je cours, car ma sangle abdominale gainée protège ma colonne des chocs !
Je revis.
En plus de ça, je respire bien mieux.
Vous savez lorsque vous respirez un air un peu vicié en restant sous la couette pendant un moment et que vous prenez une bouffée d’air frais.
C’est revigorant et agréable n’est-ce pas ? J’ai eu la même impression.
Chaque inspiration devenez agréable, rafraîchissante.

C’est à ce moment que je me suis dit qu’un jour je devrais faire un marathon.
Qu’il doit être agréable de pouvoir faire une course méditative pendant des heures, respirant des bouffées d’air frais à chaque pas, en admirant un beau paysage.
Mais pour l’instant je me cantonne à des courses entre 3 et 7 km, pour des questions d’emploi du temps.
Malgré mes entraînements je n’ai pas encore acquis le don d’ubiquité.

Placement de la tête

Tout comme le dos, la façon dont je tiens ma tête en courant a évolué par la pratique des arts martiaux. Dans la pratique martiale, on doit rentrer le menton et lever le sommet du crâne. J’essaie de me tenir comme ça lors de la course, mais aussi au quotidien.

Je dois avouer que c’est quelque chose de difficile, surtout si l’on n’a pas le dos droit.
Mais les jours où je fais attention à le faire régulièrement je ressens moins de tensions dans mes épaules et mes trapèzes. Vous devriez essayer surtout si vous travaillez beaucoup assis !

Travailler des deux jambes

Dans les arts martiaux, en tout cas ceux que je pratique, on ne se déplace pas qu’avec la force d’une jambe.
La jambe avant tire, la jambe arrière pousse.
Et on gagne ainsi en explosivité dans notre déplacement.

Ce travail, je l’ai commencé récemment en course.
Donc, ce que je vais vous dire ici, n’est que le balbutiement de ma réflexion, mais je tenais à le partager avec les aventuriers que vous êtes, car je suis sûr que cela peut vous intéresser, n’est-ce pas ?

Pour pouvoir travailler des deux jambes, il faut une flexion des deux genoux, si une jambe est tendue, vous perdez en explosivité, car vous devez d’abord la détendre.
Donc j’ai appliqué la même chose à ma course.
Je me suis dit qu’il fallait que j’évite de garder mes jambes tendues.
Cela a eu pour effet d’atténuer les chocs de la course.

Puis il a fallu que je m’entraîne à tirer d’une jambe et pousser de l’autre.
J’ai commencé à le faire en marchant.
J’ai d’abord travaillé la propulsion de la jambe arrière.
Je pense que l’exercice le plus productif que j’ai pu faire a été de marcher sur des zones glissantes et en pente.
J’ai bien ressenti le mouvement à faire pour pousser de la jambe arrière tout en la ramenant en avant.
Il y a une astuce pour réussir à prendre appui sur une zone glissante, il faut que vos orteils aillent dans la direction de votre marche et que votre pied pousse en s’enroulant (vous décollez d’abord le talon, puis le milieu du pied et vous finissez par décoller tout le pied).
C’est le deuxième orteil qui vous donne la direction de votre pied.

La traction de la jambe avant a été plus complexe à travailler.
J’ai réussi à la visualiser grâce à deux choses.
La première est la définition de la marche humaine : “une succession de déséquilibre”.
Il fallait donc que ma jambe avant me propulse en déséquilibre dans la direction souhaitée.
La seconde, je me suis imaginé quelqu’un me tirant par la ceinture devant moi (si vous voulez ressentir cette sensation, accrochez un élastique à votre taille et à un arbre devant vous, tendez-le et avancez dans sa direction).
Il fallait que ma jambe avant remplace le rôle de cette personne qui me tire.
Petit à petit j’ai senti une légère évolution.

Depuis que je cours de cette façon je produis un effort différent.
Je fais des enjambées plus longues et mon rythme moyen de pas est plus élevé.
Je m’essouffle un peu moins.
Par contre je puise plus dans mes ressources musculaires.
J’aime particulièrement courir de cette façon après une séance de force sur le haut du corps.

Cet article se termine, s’il vous a plu n’hésitez pas à le partager un maximum.
Continuez à soutenir “Courir Un Trail” pour son magnifique sens de l’aventure, et si vous avez quelques minutes à utiliser passez récupérer votre programme d’assouplissement complet gratuit sur notre blog (un eBook + une vidéo).

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Merci à toi, Marvin, pour cet article fort intéressant. Quel chemin personnel tu nous livres là !

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Guillaume Arthus, ou comment ne pas tout casser chez soi permet de finir les courses les plus dures du monde…

C’est l’occasion de découvrir comment on peut planifier un projet, se donner les moyens et les outils pour y arriver, et comment faire si ce dont on a besoin – comme du matériel – n’existe pas à ce jour.

Mais aussi : doit-on choisir entre son job et l’ultra-trail ?
Et l’astuce pour faire de grandes choses, grâce à ces petits moments qu’on refuse de perdre…

Je vous recommande l’écoute du podcast, disponible en haut et sur toutes les plateformes d’écoute. Les mots ne peuvent pas retranscrire tout le personnage… Néanmoins, vous pouvez retrouver l’intégralité de l’interview ci-dessous.

Toutes les photos sont de l’invité lui-même !

 

Bonjour Guillaume Arthus,
Merci de consacrer du temps à CourirUnTrail. Alors, te présenter… Tu fais de la course à pied dans ta vie. Ou plutôt, tu fais de ta vie de la course à pied. Beaucoup de course à pied. 4000km par an, partout sur la planète, tout en tournant des vidéos.

Guillaume Arthus :
Des vidéos, oui, et se faire plaisir.

Et une de tes particularités, c’est, comment dire… quand on parle de course à pied, on pense à des marathons dans des grandes villes, ou à des belles montagnes, des oiseaux qui chantent, le soleil qui brille, l’herbe qui verdoie. Mais toi, pas forcément.
Tu t’amuses, par exemple, à courir 271 fois dans les mêmes escaliers à Montmartre, ou de tenter de courir 320km dans un tunnel en Angleterre.
Ou dans le désert…
Ou encore, courir 50km en buvant 11 bières.

Guillaume Arthus :
Guillaume Arthus et les escaliers de MontMartreAbsolument.
La course à pied, et l’ultra en particulier, va se faire principalement en montagne ou en bord de mer, comme dans le Golfe du Morbihan.
Mais il y a des moments où il faut aller se tester.
Tester son mental et sa vitesse, ainsi que sa capacité à courir quand il n’y a rien autour, pour devenir plus fort par la suite.
Récemment, je me suis un peu plus concentré là-dessus : les escaliers de Montmartre, courir dans un tunnel, faire la même boucle de 7km quasiment 24h de suite.
L’idée est de vraiment travailler le mental dans ces courses pour pouvoir faire d’autre chose après, et notamment de profiter pleinement de la montagne quand j’y suis.
Ce n’est pas forcément la finalité en soi de faire des courses comme ça sans aucun paysage, mais ça m’aide énormément par la suite quand je suis dans les Alpes ou autre pour vraiment profiter au maximum.
Au final, quand on a un bon paysage, c’est plus facile mentalement, mais quand on a déjà eu des épreuves où il n’y a rien à voir, et qu’il fallait tout faire avec sa tête, on est beaucoup plus serein, face à l’adversité quand on est en montagne.

Ce n’est pas une volonté en soi de ne faire que des courses bizarres et étranges, mais surtout la volonté d’être vraiment prêt lorsqu’on en a besoin, dans des paysages grandioses.

C’est plus un tremplin, une préparation mentale, plutôt qu’un moyen de chercher tes limites ?

Guillaume Arthus :
C’est ça. Après, les limites mentales font partie de l’exercice, et bien entendu, cela m’intéresse d’aller les chercher.
Mais c’est aussi un outil de travail.
C’est un peu compliqué d’expliquer quand on voit ce genre de chose – par exemple à Montmartre, 271 fois les marches de Montmartre, plus de 11 000 m+ en un peu moins de 80km pour 22h – c’est compliqué d’expliquer que je suis en train de m’entraîner en faisant une séance de côte pour faire d’autre chose plus tard.
Pareil dans le tunnel, ne pas voir la lumière du jour pendant 1 jour et demi ou 2 jours et faire 200 bornes dans un tunnel, c’est juste pour travailler le mental et être sûr qu’on est prêt pour les objectifs à suivre.
C’est vrai que lorsqu’on regarde un objectif par-ci par-là, et qu’on voit uniquement ces courses, ça peut paraître bizarre comme pratique de la course à pied, mais en fait, ça s’intègre vraiment dans un plan global d’entraînement à l’année.

Là, je vais faire environ un ultra par mois, et il y a 3 ou 4 ultras un peu étranges dans l’année.
Et le reste de l’année, vraiment se faire plaisir.
Aller courir par exemple un 250 km en Angleterre – la Viking Way – où l’on doit être en navigation et en semi-autonomie et boucler le tout en moins de 36h.
L’idée est d’avoir des épreuves qui paraissent difficile et totalement inutile de prime abord, mais en réalité, c’est un outil de travail totalement fabuleux pour la longue distance et faire des ultras après.

Comment en es-tu arrivé-là ? Quelle est ton histoire pour qu’aujourd’hui, tu coures et filmes tout ça ?

Guillaume Arthus :
Il faut savoir que j’ai commencé à courir il y a 9 ans environ, absolument par hasard.
J’étais nageur avant.
Pour les études, je devais partir de ma ville, de Paris, pour aller à Angers, où je n’avais plus la possibilité d’être en club de natation.
Et par conséquent, arrêter la natation.
Le jour où j’ai appris ça, j’étais un petit peu énervé…
Au lieu de tout casser chez moi, je suis allé courir le lendemain matin, dans un bois à côté de chez parents.
J’ai tourné autour du lac jusqu’à ce que je n’en puisse plus.
J’étais vraiment lessivé quand je suis rentré.
C’était la première fois que j’avais couru.
En rentrant, mon père me demande ce qui s’est passé, j’étais parti deux heures.
Il me dit de regarder ce que j’ai fait. J’ai regardé sur la carte, et en fait, ce jour-là, j’ai fait un semi-marathon.Guillaume Arthus

Donc, la première fois que j’ai vraiment couru de ma vie, j’ai fait un semi-marathon.
Deux ou trois ans plus tard, je me suis dit que c’était là mon sport.
Ce fut une évidence, la natation, c’était terminé, mais que mon nouveau sport, c’est la course à pied.
Très rapidement, ça s’est transformé en long.
J’ai fait trois marathons entre 2010 et 2012, qui étaient un peu calamiteux.
Enfin, mon premier temps, c’était 4h40, puis l’année d’après 4h20.
Donc, pas calamiteux, mais c’est tout à fait accessible, rien de bien mirobolant.
Mais ensuite, quand je me suis vraiment mis à faire du fractionné et autres, c’est parti en freestyle !
L’année où je passe 3h30 sur mon troisième marathon à Paris, je m’inscris à deux trails, je finis la Saintélyon.
Un an après, je fais un 170km au Canada, où j’étais en Amérique du Nord pour mes études.
Et en 2014, 4 ans après avoir commencé à courir, je suis sur le départ de l’UTMB, et je le finis.

C’est assez bizarre comme profil et comme découverte de la course à pied.
Puisqu’au final, je suis tombé dedans par hasard, je suis resté, et je me suis assez rapidement mis à faire du long.
Parce que c’est ce qui m’intéressait : explorer des territoires en courant, aller voir des choses absolument incroyables…
Mais quand j’y réfléchis, je n’ai jamais couru pour faire de la distance.
Pour moi, la course à pied et la distance a toujours été un prétexte pour aller explorer de nouveaux endroits, voir de nouvelles choses, et explorer ses limites.
Et dans ses notions, faire des vidéos pour partager ce qu’on voit et des chemins que je découvre où il n’y a pas de course, seulement 30 personnes passent par là par an, en faire une vidéo pour montrer aux gens qu’il y a autre chose que les courses pour aller courir. C’était quasiment une évidence.
Ma première GoPro a été directement importé des US, car ce n’était pas encore vendu en France.
Tout de suite, je me suis dit que c’était nécessaire pour moi de documenter et de pouvoir partager par la suite ces expériences personnelles. Je me suis aperçu qu’il y a plein de gens qui pouvaient être intéressés et qui au final le sont, par découvrir de nouveaux espaces et d’aller les explorer à leur tour.

Tu avais déjà une bonne base en natation ?

Guillaume Arthus :
Je n’étais pas très bon nageur, mais je n’étais pas mauvais non plus.
Je faisais le 100m en 1minute 1 en bassin olympique.
Ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas exceptionnel non plus.
J’avais une condition physique correcte, mais pas non plus exceptionnelle.
Et même aujourd’hui, ma condition physique est plutôt bonne – si je m’inscris à l’UTMB, je ne vais pas avoir de problème à le finir, mais je ne vais pas non plus être dans les cinquante premiers.
Mais j’ai un niveau suffisant pour être dans le premier tiers du classement de n’importe quelle course.
Sur les courses qui sont particulièrement difficiles mentalement, où il y a de la navigation, des barrières mises contre les coureurs – c’est à dire, où la course essaie de ne pas avoir de finisher – c’est là où je vais être, on va dire, moins mauvais que les autres, et c’est à ce moment-là que je vais pouvoir faire des podiums.

Quelle est ta routine d’entraînement, que ce soit pour le physique ou pour le mental, vu qu’apparemment, le mental te distingue des autres coureurs d’ultra ?

Guillaume Arthus :
Distingue, je ne sais pas, mais c’est vrai que je porte une grande importance au mental.
Au final, quand on est en train de piocher depuis 30h, et qu’on a pas dormi, la différence ne se fait plus dans les jambes, mais dans la tête.
Donc, travaillez le mental au même titre que le physique, c’est pour moi primordial.
Et quelque part, ça permet aussi d’avoir du confort dans la vie de tous les jours.
À force d’avoir fait des efforts tellement violents mentalement et de s’être fait tellement violence en course, on se retrouve, dans la vie “réelle”, avec des moments qui, au final, ne sont pas graves, on va pouvoir s’en sortir…

Pour la routine d’entraînement, j’ai des saisons assez longues.
Je fonctionne par session de 8 mois. Je commence toujours par un énorme bloc de travail, où je vais faire 150km par semaine – en gros, c’est deux marathons par semaine, l’un le mardi soir, l’un le dimanche matin.
Je vais vraiment faire du volume, principalement sur du plat, essayer de travailler le foncier.
Ensuite, je vais enchaîner sur différents ultras qui vont être comme des sorties longues.
C’est à dire, pour préparer un 250km, je vais faire un 100 miles – 160km – deux semaines avant, par exemple.
Sur le papier, on a l’impression que je fais des ultras tout le temps, mais en fait, c’est surtout que maintenant, une sortie longue, c’est un 150km.
Donc forcément, au bout d’un moment, ça commence à faire beaucoup de kilomètres…
Je suis vraiment sur une session de 8 mois pour une saison.
Je vais être entre 7 et 8 trails au-dessus de 80km dans une saison, avec un ou deux objectifs principaux au-dessus de 250km.

Que de la course à pied, ou tu croises de l’entraînement ?

Guillaume Arthus :
Je ne croise pas trop.
Ça m’arrive de temps en temps d’aller nager un peu, mais sinon, je ne croise pas. Je ne fais pas de préparation générale non plus. Par contre, je varie les entraînements : je continue à faire du fractionné, à aller sur la piste faire des 400m, continuer à faire des footings, des séances de côtes. Et comme je voyage pas mal pour la course à pied, j’utilise les autres courses comme sorties longues et comme atelier de travail pour faire du dénivelé, savoir gérer son sac à dos et son alimentation, passer une nuit blanche à courir… J’utilise vraiment les courses comme modules d’entraînement.

Cela fait pratiquement 5 ans que je travaille sur un projet qui s’appelle la Via Alpina.
C’est un trail qui fait toutes les Alpes, de Slovénie à Monaco, en traversant les 7 pays des Alpes.
2650km avec 170 000m+.
J’ai passé les cinq dernières années à travailler sur ce projet.
À être prêt physiquement, mentalement ainsi que sur d’autres compétences.
Depuis 2014 -la fin de mon UTMB -, toutes les courses que j’ai faites ont été dans cette optique-là, de devenir plus fort et d’acquérir les compétences nécessaires pour pouvoir être prêt pour attaquer ce projet un peu pharaonique qui va commencer en septembre de cette année – 2019.
Après 5 ans de travail, c’est bientôt le moment de passer à l’acte.

Tu étais seul dans cette préparation, ou tu avais une équipe ?

Guillaume Arthus :
Je n’ai pas eu d’équipe autour de moi.
Je n’ai jamais eu vraiment d’entraîneur non plus.
J’étais en stage à un certain moment en entreprise, et j’ai eu l’occasion de travailler avec Bruno Heubi pendant six mois.
Bruno Heubi a gagné les 100km de Millau et il a été en équipe de France de Marathon et de 100km.
Il sait comment faire pour courir longtemps.
C’était il y a quelques années maintenant – 5/6ans – mais j’ai adopté sa stratégie et philosophie d’entraînement qui est toute basée sur l’endurance maximale aérobique -c’est une variante de la VMA pour ceux qui connaissent.
L’idée est de dire : quelle est ta vitesse fondamentale, et comment tu peux l’améliorer et la soutenir la plus longtemps possible.
J’ai gardé cette philosophie d’entraînement.
Je ne suis pas suivi par un coach ou une équipe en particulier, mais ma philosophie est celle de Bruno Heubi, qui est d’ailleurs un entraîneur totalement fabuleux.
Pour ceux qui veulent progresser, je vous conseille d’aller le voir.

C’est vrai qu’à titre personnel, je n’ai jamais été très coach et encadrement.
Quand j’ai compris une philosophie, j’essaye avec plus ou moins de réussite de le reproduire par moi-même, et ainsi apprendre. L’idée, au lieu d’avoir une équipe qui m’encadre pour me donner des conseils, j’ai voulu beaucoup apprendre sur le terrain.
Et c’est là que courir 200km dans un tunnel pour se tester mentalement, cela devient tout de suite assez logique.

J’avais quatre compétences qui étaient pour moi nécessaires d’acquérir : MENA.
Le Mental, l’Endurance, la Navigation et l’Autonomie.
Le mental, on voit bien ce que c’est : la résilience, la capacité à prendre de bonnes décisions.
L’endurance physique, avoir les jambes pour : est-ce que je suis capable de faire 60km par jour avec 4000m+, 43 jours de suite – ce que je dois faire pour les Alpes.
Et deux autres compétences moins connues dans le monde de l’ultra-trail, car les courses sont souvent balisées.
La navigation : savoir se servir d’une boussole, savoir estimer les temps de passages entre tel et tel point en fonction des courbes de dénivelé présent sur une carte, pour se dire si j’ai le temps d’aller au prochain point, au prochain refuge, au prochain ravitaillement.
Et l’autonomie, ce n’est pas seulement savoir quoi manger, mais surtout, savoir gérer son sac à dos, qu’est-ce qu’on met dedans pour avoir une protection pour l’ensemble du climat, il y a plein d’éléments derrière l’autonomie : à quelle vitesse on est capable de faire une rotation ?
La rotation, c’est le temps qu’on va passer entre courir et dormir, et dormir et courir. C’est du temps perdu par jour. Si tu n’es pas en train de dormir, c’est que tu n’es pas en train de te reposer de la manière la plus efficace possible.
Et si tu n’es pas en train de courir, c’est que tu n’es pas en train d’avancer.
Dans cette partie autonomie, l’idée est d’avoir le matériel et les compétences nécessaires pour pouvoir bouger le plus rapidement possible, et enchaîner jour après jour la performance pour pouvoir faire ces Alpes en courant.
C’est vraiment 5 ans de travail à développer 4 compétences pour pouvoir atteindre cet objectif.

Pour le mental, tu as des exercices quotidiens, ou c’est ta routine d’entraînement et le fait de courir dans un tunnel qui te permet de le développer ?Guillaume Arthus

Guillaume Arthus :
Courir dans un tunnel de temps en temps, ça aide.
Mais c’est plus une phase de test alors, c’est là où on va vérifier les acquis.
Mais sinon, mentalement, c’est plus, par exemple : j’ai prévu de sortir à 18h, qu’il neige, qu’il grêle ou qu’il y ait une tempête, à 18h, je suis dehors.
L’idée, c’est que l’entraînement doit être plus difficile que la course.
Les conditions météo ne doivent pas jouer sur le fait de partir à l’entraînement.
Si je ne me sens pas bien parce que j’ai mal au bide, je vais tout de même aller courir, etc.
Ne pas utiliser les moments d’inconforts comme une excuse pour décaler ou ne pas faire une séance, mais utiliser ça comme une zone de travail.
Pareil, entre 2012 et 2015, je faisais les sorties le dimanche soir après le film, où j’allais courir 35 bornes dans Paris et revenir à 3/4 heures du matin pour apprendre à courir la nuit.
Et à 7h, j’étais au travail.
Se mettre dans les situations d’inconforts – que ce soit physique, en termes de sommeil, ou mental -, se mettre dans le mal, mais dans un cadre contrôlé d’entraînement pour pouvoir ensuite le jour J être prêt.
Parce qu’au final, le corps et la tête ont déjà vu tellement pire en entraînement, que le jour J, c’est facile.
Et en termes de résultat, mentalement, je ne sens plus la fatigue arrivait avant la deuxième nuit.

Concrètement, si je pars courir le vendredi matin à 6h, je commence à ressentir la sensation de fatigue deux jours après, le dimanche matin avant le lever du soleil.
Quasiment deux tours d’horloge sans avoir la sensation de fatigue.
Et c’est un exercice mental essentiellement.
Le corps n’a pas besoin forcément de dormir, mais le cerveau va t’envoyer des signaux de malade : faut que tu dormes, ça fait 36h que t’es debout.
Mais dans la réalité, tu n’as pas forcément besoin de dormir. Ça s’apprend, et c’est un travail mental.
C’est là qu’on voit que ça porte ses fruits.
Travailler le mental en se forçant de faire des sorties difficiles en entraînement, dans des conditions difficiles, c’est le secret pour moi afin d’arriver à être plus fort dans la tête, par rapport à soi-même, bien entendu.

Tu t’entraînes combien d’heures par semaine ?

Guillaume Arthus :
Entre 10 et 15h, en fonction des semaines.
Bien entendu, il faut trouver le temps.
Et trouver le temps, c’est ne pas regarder la télé, éviter de regarder des séries sur Netflix.
10h par semaine, c’est un peu moins d’une heure et demie par jour.
Et une heure et demie par jour, c’est assez facile à trouver, en fait, quand tu coupes Facebook et Twitter, et que tu évites de regarder des vidéos sur YouTube.
Tout le monde peut trouver une heure et demie par jour pour pouvoir dégager 10h par semaine.

Une question primordiale. Peut-être la moins sensée de l’interview, ou la plus inutile : est-ce que tu pourrais expliquer à ma maman pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu fais de la longue distance ?

Guillaume Arthus :
Comment expliquer à ta mère pourquoi je fais ça ?
Je pense que c’est juste parce que je peux.
Au-delà même de la Via Alpina et de ce projet dont on peut dire que tout ce que j’ai fait dans ces cinq dernières années, c’était justement pour aller vers ce projet.
Mais alors, je pourrai maintenant devoir expliquer pourquoi je veux faire cette traversée des Alpes.
C’est justement parce que je peux.
Et j’ai envie de voir si je peux effectivement le faire.
Et je crois qu’il n’y a pas d’autres raisons.
Et je crois que s’il y avait une autre raison, pour essayer de prouver quelque chose à quelqu’un d’autre, ou même se prouver à soi-même… Enfin…
Il y a des moments, quand on voit un objectif, et qu’on sent que c’est possible de le faire et qu’il faut juste travailler pour y arriver, c’est une motivation suffisante pour y aller et le faire.
Je crois qu’il n’y a pas de raison.
Ce n’est pas très satisfaisant pour ta mère ni pour la mienne, je t’avouerai.
Mais ta mère va s’y faire, au même titre que la mienne s’y est faite.
La mienne a mis 5 ans à s’y faire.

Il faut prendre un peu de temps pour comprendre que cela fait partie d’un mode de vie.
Aujourd’hui, c’est la manière dont je vis, de faire de l’ultra et d’aller courir tous les week-ends. L’entourage s’y fait, au final.
Au début, ça paraît bizarre et vraiment étrange, et par la suite, on a le droit à des discussions vraiment hallucinantes : tu as fait quoi ce week-end ? 150 bornes. Ah, du coup, tu t’es traîné, tu t’es un peu tourné les pouces.
C’est assez drôle, tu vois.
Au début, c’est : mais pourquoi ? Et au final, les gens s’habituent à tout.

La famille… Et les amis aussi, non ? 10h d’entraînement dans la semaine, il y a moins de temps pour le côté social…

Guillaume Arthus :
Oui, c’est vrai. Je sors quand même moins qu’avant.
Mais je sors tout de même une à deux fois par semaine.
Je n’ai pas sacrifié les amis pour autant.
Mais c’est vrai que les week-ends où je suis en vadrouille pour aller courir à droite à gauche, en Angleterre où je ne sais où, il y a des occasions que je loupe.
Par contre, quand je suis là à Paris, ou en France, je fais toujours l’effort de me déplacer, car je sais que les occasions sont réduites, donc à chaque fois qu’il y en a une où je suis dispo, j’y vais.
Et puis, les gens s’y font.
Ils savent que ça fait partie de ta personnalité.
S’ils ne sont pas d’accord, ça ne changera rien de toute façon.
Il y a des amis qui s’en vont et des nouveaux qui arrivent, c’est la vie.
Mais dans l’ensemble, les gens comprennent ce qu’on cherche à faire, ou plutôt, savent que ça fait partie du deal.
Ce n’est pas pour autant que je vais refuser une bière ou autre, les gens qui me côtoient savent très bien que si on me demande de faire une petite soirée, d’aller boire des bières et refaire le monde dans un bar, je suis le premier partant.

Justement, par rapport à l’entraînement invisible, donc le repos, l’alimentation… As-tu un axe particulier, ou est-ce que ça se fait assez naturellement ?

Guillaume Arthus :
C’est assez naturel.
C’est-à-dire que je ne vais pas me faire violence, que ce soit sur l’alimentation ou sur le repos.
Après, je n’ai pas besoin de beaucoup de repos, je ne dors que 6h par nuit, ça aide.
En termes d’alimentation, je ne suis pas végane, je ne fais pas excessivement attention.
Par contre, je ne prends pas de plats préparés, ou de compléments alimentaires, ou des choses comme ça.
C’est juste des gros volumes, en fait.
Quelqu’un mangerait 200grammes de pâtes, j’en mangerai 300 ou 400.
En soi, ce n’est pas une alimentation très rigoureuse. Je vais boire de la bière jusqu’à l’avant veille de la course, voir la veille.

Après, je cours aussi pour le plaisir.
Donc, si je dois retirer toute forme de plaisir à côté de la course à pied, juste pour avoir une zone de plaisir, ça ne me paraît pas très sain comme approche.
J’ai plus une approche hédoniste de l’affaire.
Et tant pis si ça me coûte de la performance.
De toute façon, ce n’est pas vraiment pour ça que j’y vais.
L’idée, c’est vraiment de se faire plaisir et de pouvoir maintenir un effort constant sur plusieurs jours.
Garder du plaisir sur l’alimentation et dans l’a-côté, c’est quasiment primordial pour pouvoir gérer mentalement l’effort et la difficulté.

Est-ce que tu penses que tout le monde peut faire la même chose que toi ? De l’ultra-trail, de l’ultra longue distance…Guillaume Arthus

Guillaume Arthus :
Absolument.
Maintenant, est-ce que tout le monde a la volonté de mettre l’effort nécessaire et les sacrifices associés à faire de l’ultra-trail ou de la longue distance, je ne pense pas.
Et ce n’est pas parce que les gens sont plus faibles ou plus forts ou quoique ce soit, non.
C’est une question de volonté.
Il y a des gens qui ont d’autres priorités, de fonder une famille, d’avoir des enfants et autres… Et c’est très bien. Mais ça prend du temps également.
Il y a un trade off, comme on dit en anglais.
On ne peut pas tout avoir dans la vie.
Je pense que si toutes les personnes qui sont effectivement motivées pour le faire peuvent le faire.
Ça va paraître un peu bizarre ce que je vais dire, mais pour moi, l’UTMB, ça reste quelque chose d’accessible.
Ça ne veut pas dire que tout le monde peut le faire du jour au lendemain, pas du tout.Ça veut dire qu’avec un plan d’entraînement sur 3/4 ans, quelqu’un qui est motivé, qui a la condition physique – qui n’a pas de déficience grave, cardiaque ou autre – peut tout à fait arriver à finir l’UTMB.
Ça ne veut pas dire que cette personne va finir dans les tout premiers et dans des conditions de fraîcheurs totalement incroyables, non. Ça va lui coûter, ça va être difficile.
Mais je pense que tout le monde peut le faire.
Il faut se donner les moyens.
Quand on commence à faire des choses difficiles, effectivement il y a du travail, il y a des sacrifices.
Il faut être sérieux dans ce qu’on fait.
Mais tout le monde peut le faire.
Il faut juste avoir l’envie.
Sans l’envie, on ne fait rien.
Et de l’envie découle ta motivation.
Et la motivation va te forcer à te donner les clés, et va te développer musculairement, mentalement, ta capacité à gérer ta course…
Bref, à te donner les clés pour y arriver.

Quels sont les choix qui ont fait de toi ce que tu es devenu ?

Guillaume Arthus :
Beaucoup de hasard.
La manière dont j’ai commencé la course à pied, déjà.
C’est un peu symbolique de ce qui me fait aujourd’hui être un ultra-traileur.
Je pense qu’il y a beaucoup de petits moments où on ne se rend pas forcément compte de leur importance.
Si je m’étais dit en 2010, à moi-même, que le fait d’aller courir pour me défouler au lieu de tout casser chez moi, me mènerait 9 ans plus tard à traverser les Alpes en courant, je me serai regardé entre quatre yeux en disant : arrête un peu tes conneries, c’est n’importe quoi.
Je trouve qu’il y a beaucoup de moments, d’opportunité comme ça qu’on ne voit pas, des pertes latentes.
Toutes ces petites choses qu’on remet à demain et que finalement, on ne fait pas, si ça se trouve, c’était l’un des moments clés qui allait changer absolument tout.
Je crois que c’est un peu la philosophie que j’ai adoptée ces dernières années dans mon entraînement, et dans la vie en général : ne pas remettre au lendemain ce qu’on peut faire aujourd’hui, car, sans le savoir, on a peut-être non seulement repousser l’échéance qu’on avait aujourd’hui, mais potentiellement quelque chose de beaucoup plus grand.
Et la seule manière de savoir si c’était quelque chose de beaucoup plus grand, c’est de le faire, et de regarder a posteriori quelques années plus tard.

Quel est le pire conseil qu’on ta donné ?

Guillaume Arthus :
Je crois que c’était au début de la course à pied : on ne doit pas faire plus d’un marathon par an.
C’est une connerie absolue.
Ça vient d’études de je ne sais plus trop où dans les années 80.
L’idée – qui n’est pas totalement faux – est de dire que si on veut faire un chrono dans l’année et absolument tout donné, et donc aller au maximum de ses capacités, effectivement, un par an, c’est le maximum.
Mais la manière dont ça a été interprété par tout le monde, c’était de dire : eh bien voilà, tu ne dois pas faire plus d’un marathon par an, qu’importe à quelle vitesse tu le cours.
Mais pas du tout ! Tout est une histoire d’intensité et de durée.
Si tu fais quelque chose à faible intensité, tu peux faire 5 marathons, 6 marathons à la suite, et en faire comme ça des sessions, 10 par an.
Ça ne pose pas de problème.
Maintenant, ça ne veut pas dire que quelqu’un qui n’a jamais couru peut en faire 10 par an.
Les limites imposées sur le papier – pas plus d’un marathon par an- c’est n’importe quoi. Et puis, il y a des choses empiriques aussi qui vont casser la théorie.

Il y a une autre théorie qui m’a fait hurler, sur le sommeil : obligé de dormir après 36h.
Dans le même temps, il y avait une “petite” course, le Tor des Géants, où les gens ne dorment pas pendant plus de 48h – une centaine de personnes ont fait ça…
Il ne faut pas forcément prendre tous les conseils qu’on voit sur internet, ou même si ça vient d’une étude brute comme ça.
Avoir un regard critique, regarder le contexte où ça a été fait, et toujours remettre en question les conseils qui ont été donnés.
Un ou deux conseils font hurler, et un ou deux qui après analyse critique paraissent beaucoup plus censés que de prime abord.

Dernièrement, on m’a cité une étude : faire un ultra-trail, c’est s’enlever 6 mois de sa vie.

Guillaume Arthus :
Eh bien voilà, j’ai déjà perdu 5 ans de ma vie.
C’est le genre d’étude à hurler.
Tu te demandes comment ils ont fait pour être publiés… Ça fait vendre du papier, c’est très bien.
Dans la vraie vie, non, absolument pas.

Tu n’as pas l’impression de raccourcir ta vie quand tu cours, alors ?

Guillaume Arthus :
Non. Tu sais, c’est l’éternelle question : est-ce que tu as envie de vivre jusqu’à 85 ans en n’ayant rien fait, ou jusqu’à 80 ans en ayant fait des choses tous les week-ends ?
Raccourcir ta vie… Mais si tu ne fais plus rien dedans.
Est-ce que tu es vraiment en train de la raccourcir ? Tu es plutôt en train de l’allonger de l’autre côté.
Ça ne veut pas dire pour autant que je vais clamser à quarante ans.
On sait qu’on a un capital santé dès le départ, qu’on peut entretenir, maintenir, développer… mais on part avec une base.
Après, libre à nous de faire ce qu’on veut avec.
Mais moi vivant, tu ne me verras jamais me dorer la pilule sur la plage trois semaines par an.
Ce ne sera jamais mes vacances.
Ça va très bien à des gens, et tant mieux pour eux.
Je trouve que c’est un peu dommage au vu des opportunités qui existent, de réaliser des projets, de finalement juste être libre à ne rien faire.

Si tu pouvais te rencontrer à 20 ans, donc il y a 8 ans, quel conseil te donnerais-tu ?

Guillaume Arthus :
C’est un peu près quand j’ai commencé à courir.
Je crois que je ne me donnerais pas de conseils, sur la course à pied en tout cas, car je ne me serai pas cru.
C’est ce que j’ai dit avant, si je m’étais dit il y a 8 ans, qu’aujourd’hui, je suis en train de parler parce que je prépare une traversée des Alpes en courant, je me demanderai quelles sont les drogues de synthèses qui ont été développées depuis, et qu’est ce que je suis en train de fumer.
Donc, sportivement, je ne me serai rien dit.
Par contre, d’un point de vue humain, je me serai dit qu’il aurait peut-être fallu faire encore plus de ces petits moments qui change tout.
Et de vraiment ne rien remettre au lendemain, d’essayer de vivre pleinement le jour J pour éviter de louper quelque chose d’important.

Es-tu convaincu de quelque chose que les autres considèrent comme une folie ?

Guillaume Arthus :
C’est une bonne question.
Je suis convaincu qu’on est tous censés faire un projet, quelque chose de sa vie, hors du commun…
Entreprendre, essayer…
Quand je regarde autour de moi, dans les discours, c’est souvent le cas, tout le monde dit la même chose.
Mais dans les faits, il y a peu de gens au final qui vont se dire, on y va vraiment.

Est-ce qu’on est prêt à quitter son job pour un projet ?
Est-ce qu’on est prêt à se lancer dans l’entrepreneuriat ?
Est-ce qu’on est prêt à tout plaquer pour devenir violoniste professionnel ?
Est-ce qu’on est prêt… ?

Il y a plein de gens qui vont dire : oui, j’aimerai bien…
Ou pire, j’aurais du…
Et au final, ils ne l’ont pas fait.
Et ils ne le feront peut-être jamais.
Et ça, je suis convaincu : il faut tenter même si on se plante.
Dans la mesure du risque, bien sûr. On ne va pas sauter d’un avion sans parachute.
Mais pour autant, ça ne veut pas dire qu’on doit rester enfermé chez soi sans rien faire. C’est une allégorie, les gens ne restent pas enfermés chez eux sans rien faire.
Mais ils peuvent rester dans un confort du quotidien…
Et je pense vraiment que tout le monde a quelque chose à offrir, que tout le monde peut faire quelque chose d’exceptionnel.
Mais au final, il faut se donner les moyens, avoir l’envie, et la motivation de se donner les moyens pour faire ces choses-là.
100% des personnes qui ont fait quelque chose d’exceptionnel ont essayé.
Combien ont échoué avant, je ne sais pas.
Mais il y a une base : tous ceux qui ont réussi ont essayé.
Que les gens essayent plus…Que essayer fasse partie inhérente de la vie.
Que les gens prennent plus de risque.

Trouver sa singularité ?

Guillaume Arthus :
Trouver ce qui te fait plaisir.
Ce n’est pas forcément être singulier.
Si quelqu’un, son plaisir, c’est d’élever une famille et d’avoir trois enfants, c’est super. Et s’il arrive, tant mieux.
Ce n’est pas forcément un projet singulier, mais c’est son projet qui le fait vivre et ceux pourquoi il veut vivre.
Et dans ce cas-là, cette personne a tout compris.
Mais si une autre personne fait trois enfants, juste parce qu’il n’avait pas envie d’en avoir deux et demi comme la moyenne nationale, et qu’elle se rend compte ensuite qu’elle n’a rien fait de sa vie, et qu’elle voulait faire du piano, c’est là que je trouve que c’est extrêmement dommage.

Pourrais-tu choisir trois mots qui animent ta vie ?

Guillaume Arthus :
On va essayer.
Le premier que je donnerai, c’est projet. Que je substitue à rêver.
Un rêve, c’est quelque chose qu’on veut atteindre, mais sans travailler pour. Alors qu’un projet, c’est très lointain, mais qu’on va essayer d’obtenir, qu’on réussisse ou non.
Le deuxième mot, c’est essayer. Essayer, qui est le pendant du troisième mot, échouer.

Les trois se rejoignent. Quand on a un projet, on va essayer, et on va de temps en temps échouer.
Je pense que ces trois moteurs sont absolument essentiels pour le développement personnel et en particulier dans l’ultra-trail.
Quand on veut commencer à faire de la distance, il est nécessaire d’essayer, d’échouer, et de continuer à avancer pour aller vers nos projets.

Ton prochain projet, Via Alpina ?

Guillaume Arthus :
Absolument.
5 ans de travail pour faire ce projet : 2650km de Slovénie à Monaco, en autonomie complète.
Je vais acheter de la nourriture en cours de route, bien sûr, mais je n’ai pas d’équipe d’assistance.
L’idée est de pouvoir explorer les Alpes, que je connais déjà par petites touches, par des courses ou autres, au Liechtenstein et autre.
L’explorer de A à Z et faire cette aventure un peu hors-norme.
Mais ce n’est vraiment pas parce qu’est hors-norme que je souhaite le faire, j’avais vraiment envie de découvrir les Alpes et voir ce que ça donne, et de pouvoir le partager.
C’est un projet qui me tient à cœur, forcément, 5 ans de ma vie dédiée, on peut s’en douter que ça me tient à cœur…

J’ai commencé à travailler avec une équipe de production professionnelle de vidéo, Peignée verticale, qui fait des projets splendides. Cela me permettra de faire un documentaire sur la Via Alpina, et partager cette expérience que j’espère inoubliable pour moi, et donner envie aux autres de partir à l’aventure – pas forcément sur ce format-là-, de tenter les choses et de se rendre compte que ça ne sert à rien de rêver, il vaut mieux avoir un projet et travailler pour.

Pour ce projet-là, pour boucler le budget sur la partie vidéo, il y a une page de financement participatif.
Les gens peuvent participer à la réalisation du documentaire, sachant que l’ensemble des fonds vont effectivement au documentaire. J’ai déjà réuni la plupart des fonds, plus de 95%. Il s’agit d’aider pour le complément, les 5000euros manquant.
Les personnes qui soutiennent le projet seront invités à la première du documentaire sur Paris, avec toute l’équipe, en avant-première.
Cela permet aux gens qui me suivent depuis plusieurs années de participer enfin à un projet comme ça.
Mais aussi, cela permet de partager le documentaire aux mieux, sur un projet qui est, il faut tout de même le reconnaître, un peu fou.

Professionnellement, comment ça se passe pour que tu puisses partir pendant plus de 40 jours ?

Guillaume Arthus :
Il faut négocier avec son job.
Ce sont des discussions difficiles, mais nécessaires.
Quand on a un projet de vie, qui a commencé avant même l’obtention de mon job actuel – je suis aujourd’hui comptable.
Forcément, mon ordre des priorités personnel, je le connais.
Ensuite, l’aligner avec le projet professionnel également.
Mais il faut savoir aussi se donner les moyens de ses ambitions, même si ça peut vouloir dire, quitter son job.
Alors, normalement, ce ne sera pas le cas pour moi. Il faut savoir jusqu’où on peut aller. Se donner les moyens de réussir.

Tu as déjà pensé à l’après ?

Guillaume Arthus :
Oui, un peu.
Mais c’est difficile de l’exprimer.
Déjà, parce que c’est un gros projet déjà.
Mais ça me donnera sûrement d’autres idées pour faire des projets dans le même genre, si celui-ci aboutit correctement.
Pour l’instant, on va déjà se concentrer sur la Via Alpina, c’est déjà un beau projet !
Et ensuite, il y a le documentaire.

Mais il y aura forcément un après.
Quand j’ai commencé à courir en 2010, je me suis donné 10 ans pour arriver sur l’UTMB, et j’y étais en quatre.
Et après l’UTMB, je me suis donné 5 ans pour traverser les Alpes, et j’y suis effectivement en 5 ans.
Donc il y aura forcément un autre projet, car c’est comme ça que je fonctionne.
Je fonctionne avec un objectif, et travailler pour, d’accomplir quelque chose.
Juste parce qu’on peut, en fait.
Ce n’est vraiment pas pour prouver quelque chose à qui que ce soit, et encore moins à moi-même.
Mais juste, quand on peut faire un truc comme ça, je pense qu’il est quasiment nécessaire, on a le devoir de le faire.
Je ne sais pas si c’est cohérent, mais l’idée, c’est ça.
Il n’y a plus de motivations extérieures.
Il y a quasiment plus de motivations internes non plus.
C’est tellement dans les veines, dans la chair, que je n’ai plus besoin de me motiver moi-même à me dire que je vais y arriver, ou à puiser dans une source externe de motivation.
Je sais que je vais y arriver, de toute façon.
Parce que je n’ai pas le choix.
Parce que je ne me donne pas le choix, et que je n’ai pas besoin d’avoir le choix.

Tu n’es plus du tout dans le pourquoi, juste dans le comment.

Guillaume Arthus :
Exactement.
Et quand on n’est plus dans le pourquoi, c’est beaucoup plus simple.
On s’amuse plus à faire des plans sur la comète.
On arrive en étant le plus préparé possible.
L’échéance est ce qu’elle est, septembre sera septembre.
Je serai au plus prêt possible, avec la meilleure condition physique possible, la meilleure préparation mentale possible, les conditions de navigations les plus propices possible, et être au maximum possible de l’autonomie.
À tel point que je me suis mis à faire du design pour mon propre matériel, pour pouvoir faire mon propre sac à dos, ma propre doudoune, etc.
Pour avoir du matériel à la pointe de la technologie et répondre aux mieux à mes besoins.
Du coup, j’ai dû apprendre la couture, etc.

Le projet en soi qui est de courir simplement… Aujourd’hui, pour pouvoir courir au mieux pendant 43 jours, j’ai dû apprendre à coudre…

Ça marque bien aussi l’esprit.
Si tu as besoin d’apprendre à coudre parce que tu ne trouves pas le sac à dos qui correspond à ce qui t’intéresse, eh bien tant pis ! Tu t’achètes une machine à coudre, tu vas commencer à chercher des matériaux, tu vas faire des patrons, des prototypes, et tu sors un sac à dos qui t’intéresse.
C’est vraiment dans l’approche même de la Via Alpina.
J’ai un besoin qui est de faire le plus rapidement possible et dans les meilleures conditions la Via Alpina.
Et pour ça, je dois développer mes compétences, je dois développer mon physique, et avoir le meilleur matériel possible.
Et tous les moyens possibles sont bons. Tous les moyens, on s’entend, sans se piquer, bien entendu.

C’est totalement fantastique de se dire que tu es parti d’une colère qui t’a fait aller courir autour d’un lac, à apprendre la couture pour aller vivre une aventure dans les Alpes. C’est une sorte de conte de fées.

Guillaume Arthus :
Oui, c’est incroyable.
Et c’est pour ça que je ne dirai rien si je me rencontrai il y a 8 ans.
Ce serait spolié, ce serait gâché.
C’est ce côté magique, on ne sait pas où on allait, et au final, on y est allé quand même.
Ça a un côté sympa.
Si je savais directement où j’allais, ce serait beaucoup moins satisfaisant d’y aller.
Il y a ce côté un peu initiatique et découverte de soi.
Et d’apprendre des choses. D’échouer. De prendre de mauvaises décisions. D’abandonner des courses. Et de se relever. De repartir. De continuer à travailler et à progresser.

Une question que tu aurais aimé que je te pose ?

Guillaume Arthus :
C’est une bonne question !
Il y a une question qui revient souvent, sur mon job et les sponsors.
Je n’ai pas de sponsors.
J’en avais les années précédentes, mais je les ai laissés de côté pour pouvoir avoir le meilleur matériel possible.
Et j’ai effectivement un job, je travaille entre 50 et 60h par semaine, je suis comptable dans un grand groupe.
Il y a beaucoup de gens quand ils me voient ou m’entendent dire que je fais un ultra par mois, ils se demandent si c’est mon métier.
Non, pas du tout. J’allie vraiment un job, on va dire, comme tout le monde, travail dans un bureau, avec costard cravate – même si je n’y vais pas avec un costard cravate, mais tu vois l’idée – à essayer de briser des barrières avec des gros projets.
Je crois que c’est important, ça fait partie du message : on n’est pas forcément obligé d’être sponsorisé pour pouvoir entreprendre des projets, bien au contraire.

Si tu avais la possibilité d’en faire ton métier à temps plein, tu le feras, ou tu as besoin de cet équilibre ?

Guillaume Arthus :
On ne va pas se mentir.
Si quelqu’un a une passion, et peut vivre de sa passion, c’est comme si cette personne avait arrêté de travailler.
Bien entendu, j’aimerais que ce soit le cas.
Il faut aussi rester réaliste.
Quand on regarde qui peut vivre de la course à pied et qui vit de la course à pied sur le long terme, il y a quand même très peu de personnes qui y arrivent.
C’est souvent des élites mondiales via des sponsorings, et très peu par la création de projets comme celui-là.
Bien entendu, j’aimerais pouvoir en vivre. Bien entendu, j’aimerais pouvoir en faire un produit de grande consommation du sac à dos que je suis en train de concevoir, et permettre aux autres coureurs d’en profiter. La même chose pour la doudoune et la veste étanche.
Maintenant, il faut aussi être réaliste.
Même si le projet est dans les bacs, et que je vais tenter l’aventure aussi à ce niveau-là, je sais pour autant que ce ne sera pas forcément le cas. J’aurai essayé de le faire en tout cas.

Je pense que c’est l’idée de l’ultra-trail, vraiment, la philosophie, de se dire : on ne sait pas forcément si on va arriver jusqu’au bout, mais au moins, on va se donner tous les moyens d’y arriver.

Tu t’imagines toujours courir dans 10 ans, 20 ans, 30 ans ?

Guillaume Arthus :
Dans 20 ans, oui. Dans 30 ans, je ne sais pas.
Il y a 10 ans, je ne courais pas du tout, et ma vie allait très bien.
Donc je ne sais pas si un autre moment va arriver dans ma vie et je vais aller faire autre chose, de fonder une famille, ou de faire beaucoup de vélo… Il y a plein d’axes différents, et on évolue. Je ne sais pas si je courais dans 30 ans, mais si c’est le cas, je pense que j’aurai baroudé pas mal et j’aurai vu pas mal de choses et j’aurai encore pas mal d’histoires à raconter.

As-tu un livre à conseiller ?

Guillaume Arthus :
Ça va paraître bizarre, mais ce n’est pas un livre sur la course à pied.
C’est la formation de l’acteur, de Constantin Stanislavski.
C’est un livre assez obscur des années 80.
Il y a un passage absolument incroyable.
C’est une vraie histoire.
Il y a une grande actrice russe qui n’arrive pas à monter un personnage. Son personnage, c’est son objectif final, quelque part.
Le metteur en scène, l’auteur du livre, lui dit : concentre-toi sur les petites choses, les tout petits points de détails que tu peux voir : un geste de main, une intonation de main, telle ou telle phrase dite comme ça, et tu verras qu’au final, tu arriveras à tout rassembler vers cet objectif.
Dans le livre, il appelle ça un super objectif.

Cette philosophie de dire : on ne sait pas comment atteindre l’objectif final – le rôle pour l’actrice – on se concentre sur les petites choses qu’on sait faire et qu’on peut améliorer.
Et au final, ça nous aidera à atteindre le grand projet.
Pour moi, c’est primordial, juste se concentrer sur les petites choses.
Un peu obscur comme bouquin, c’est vrai.

Où peut-on te suivre ?

Guillaume Arthus :
Sur internet, vous pouvez me retrouver sur YouTube sur Guillaume Arthus.
Et sur tous les autres réseaux sociaux sur Runnexplorer, qui est le nom du projet avec l’ensemble des vidéos, une petite centaine, et des nouvelles régulièrement.
C’est aussi là que les gens vont pouvoir suivre la Via Alpina ainsi que les courses les plus farfelues de la planète, ou alors avec de beaux paysages.

Tu as une formation dans la vidéo ?

Guillaume Arthus :
Non.
C’est aussi un exemple des choses qu’on découvre sur le tas et qui finalement nous sert.
Je suis autodidacte.
J’ai commencé à faire des épisodes de Star Trek avec des amis à l’âge de 8 ans.
On avait fait des épisodes entiers qu’on faisait à l’appareil photo, avec des séquences de 20 secondes, car l’appareil ne pouvait pas filmer plus de 20 secondes. On faisait des épisodes de 45 minutes, avec du montage.
Je reviens encore dessus : on ne sait pas où tel projet va nous conduire plus tard. Quand je faisais à 8 ans des vidéos de parodie de Star Trek, je n’aurai pas pu dire que cela m’amènerait à faire des centaines de vidéos sur la course à pied 10 ans plus tard.

Fantastique… Je te remercie beaucoup de m’avoir consacré du temps. Un mot de la fin ?

Guillaume Arthus :
Pas spécialement. Merci d’avoir pensé à moi et de partager le projet Via Alpina. J’espère que ça va plaire aux auditeurs !

Guillaume Arthus

Courir encore un peu plus loin

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Bienvenue dans votre vie, cette œuvre d’art dont vous êtes le héros.
Extrait de l’e-book La prochaine étape de l’humanité

Pendant trois jours, j’ai partagé l’entraînement et la vie quotidienne de Florian Gomet, aventurier hygiéniste. J’en ai tiré un reportage de 14 minutes, et surtout, un e-book qui permet de mettre de l’aventure dans sa vie, de manière très pratique et pas-à-pas. Si le reportage vous a plu, l’e-book est parfait pour vous.

Pour avoir accès à l’e-book, votre première mission est simplement de laisser votre adresse-mail ci-dessous. Vous êtes libre de vous désabonner à tout moment.

Vous retrouverez :

  • L’intégralité des interviews
  • Le fichier personnel de la méditation de Florian Gomet
  • Un pas-à-pas pratique sur l’exposition au froid, le jeûne, l’alimentation vivante, la course pieds nus, la respiration…
  • La bibliographie et la webographie

Le lien de téléchargement de l’ebook : La prochaine étape de l’humanité

(faites un clic-droit, puis enregistrer sous…)

La prochaine étape de l'humanité, avec Florian Gomet

Christian Harberts : Courir pieds nus !

Christian Harberts : Courir pieds nus !

Cette interview est disponible au format audio téléchargeable ci-dessus, sur YouTube ci-dessous, et à l’écrit en dessous de la vidéo. Plus aucune excuse pour ne pas découvrir Christian Harberts… D’ailleurs, vous le connaissez peut-être déjà… Pour faciliter la lecture, vous pouvez retrouver tous les liens…

J’ai besoin de vous !

J’ai besoin de vous !

[ratings] Bien le bonjour les Aventuriers ! Aujourd’hui, un article un peu spécial. Un article qui demande de l’interactivité de votre part… Vous êtes prêt ? Tout d’abord, pour ceux qui préfèrent l’image au texte, la substantifique moelle se trouve sans compromis dans cette vidéo…

Crocsman : Il parcourt 19000km en CROCS !

Crocsman : Il parcourt 19000km en CROCS !

[ratings]

Sur le plus haut trône du monde, nous ne sommes assis que sur nos culs.
Michel de Montaigne

Dans la plus belle paire de chaussures, nous n’avançons que grâce à nos pieds.
Mickaël de la Montagne

Introduire un article avec du Montaigne, cela aurait fait plaisir à ma prof de français du lycée. Mais pas sûr que la suite de l’article aurait plu à mon prof de sport…
Aujourd’hui, je vous partage un entretien avec Jean-Louis Valderrama.
Le cercle des ultra-marathoniens français est évidemment restreint, de par la difficulté des courses.
Faire 1000km en quelques jours vous semble impossible ? Pas pour eux.
Le cercle de ceux qui le font en costume est encore plus petit, en toute logique.
Mais voilà, ce cercle va encore plus se réduire.

Ultra-marathon + costume +… en crocs… = CrocsMan !

Ce n’est pas un mythe, il existe réellement. Il parcourt l’Europe et les sites internet. Une araignée radioactive l’a piqué ? Serait-il surhumain ? Peut-on s’en faire un ami -qui n’a pas rêvé d’avoir un superhéros comme ami – ? Pourquoi fait-il ça ?

Réponse : l’araignée l’a piqué au tendon d’Achille. Il possède une grande humanité, donc il est vraiment humain. C’est certainement un très chouette ami . Et pour le pourquoi, je vous laisse le découvrir…

Retrouve cette interview en audio (en haut), en vidéo (juste en dessous) et la retranscription texte sous la vidéo. Plus d’excuses pour ne pas découvrir CrocsMan !

Tous les liens des courses et personnes mentionnées sont à la fin de l’article.

Bonjour Jean-Louis. Au début d’une interview, il est de coutume de présenter l’invité. Cependant, j’avoue que j’ai un peu de mal… Alors, je me suis dit que ce serait vraiment le pied si tes chaussures de courses pouvaient se charger de cette délicate mission… Est-ce qu’elles sont partantes ?

Jean-Louis Valderrama CrocsMan : Elles sont partantes !

Bonjour, nous sommes les crocs de Jean-Louis Valderrama, alias Crocs Man. 49 ans, un peu boiteux, un genou cassé. Du coup, il use une des copines plus que l’autre. Habituellement, on traînait plutôt à la plage ou au jardin. Mais ce bon Jean-Louis n’a rien trouvé de mieux que de nous faire traverser des contrées. Alors, on fait avec, on se balade, on a vu pas mal de pays… On le remercie pour ça.

Plutôt bitume ou trail ?

Jean-Louis Valderrama CrocsMan : 98% bitume. Avec mes soucis de genoux, un ligament croisé en moins, plus je suis stable, mieux c’est. Lorsque la visibilité est bonne, sur des portions nature, tout va bien. Mais je dois voir où je mets les pieds, et je dois vraiment faire attention.

Donc tu cours en crocs ?

Jean-Louis Valderrama CrocsMan : Jusqu’au mois d’aout 2018, j’ai fait environ 19 000 km de route en crocs. Ça s’est plutôt bien passé. Une bonne centaine de marathons. Plus de 40 ultras, de 50 km à 1300 km. J’ai traversé trois fois la France avec la Transe Gaule (1190km et 145000m+ ) et la Mil’Kil (1003km et 10500m+), j’ai traversé une fois l’Allemagne. Depuis cet été, je me suis lancé sur autre chose. Mais c’était une belle aventure.

Quelle est l’origine de cette aventure ?

Jean-Louis Valderrama CrocsMan : J’ai commencé en basket comme tout le monde. Et puis j’ai choppé une mauvaise tendinite au tendon d’Achille à gauche. J’ai mon tendon qui s’est calcifié et mal soigné. J’avais dans mon programme de faire les 6 jours de France à Antibes. Sauf que je ne pouvais pas supporter de courir trop longtemps en basket. Il fallait à tout prix que je trouve une solution. J’ai vu une fois des enfants se balader en crocs. Ça m’a paru sympathique, ces petits sabots légers, avec une simple sangle pour tenir le pied. J’ai voulu essayer, ça m’a inspiré. C’était ce qu’il me fallait : quelque chose de léger, qui ne me stresse pas le talon, pour pouvoir parcourir des centaines de kilomètres sur 6jours. Je me suis lancé, j’ai essayé 5km puis 10. Et un semi. Un marathon. Un 24h…

J’ai vraiment été convaincu et j’ai validé définitivement ses chaussons.

J’ai fait mon premier 6 jours à Antibes en crocs. Au bout du compte, 472km en sabot.

Avant de te convertir, tu étais déjà un coureur confirmé ?

Jean-Louis Valderrama CrocsMan : Oui, j’ai fait mon premier marathon en 2008. J’ai commencé à courir en crocs en 2012. J’ai eu le temps de faire une bonne trentaine de marathons et quelques 24h en basket. En tout, j’ai dû faire une bonne centaine de courses en basket.

C’est donc suite à un souci biomécanique que tu t’es mis aux crocs, comme solution ?

Jean-Louis Valderrama CrocsMan : Avant de m’attaquer aux 6 jours à Antibes, j’avais tout de même pu faire un 24H et un 48h. Et sur 6 jours, qu’importe ce que les coureurs ont aux pieds, ils souffrent. Ils ne faisaient pas mal de découpe dans leurs chaussures : à l’avant pour les ongles, à l’arrière pour l’inflammation du tendon, et des découpes sur les côtés pour les ampoules. J’ai observé tout ça et je me suis servi de toutes ces observations pour essayer de me présenter à cette course dans les meilleures conditions et donc avec un chaussant le plus adapté possible.
Encore aujourd’hui, bon nombre de coureurs finissent par ne plus supporter leur chaussure et finissent en claquette, en savate, en tongues et d’autres en crocs. On finit en crocs parce qu’on s’y trouve bien. Je me suis dit, pourquoi ne pas commencer directement avec ces chaussures confortables, et non pas attendre de souffrir. Autrement dit, ne pas attendre d’être en défaillance pour sortir la roue de secours.

Génial. J’aime beaucoup la réflexion. Si tes chaussures te caractérisent -on t’appelle Crocs Man- ce n’est pas le seul élément. J’ai lu que tu possédais plus d’une centaine de costumes…

Crocs Man et Star Wars, Girona 2016
Girona 2016

Jean-Louis Valderrama CrocsMan : Effectivement. À mes débuts, je courais en tenu de coureur , comme tout le monde.
Puis j’ai croisé d’illustres coureurs qui courent tout le temps déguisé. Pour ceux qui ont déjà fait des marathons, on peut voir Moïse et Jésus un peu partout en France et même ailleurs.
J’ai trouvé ça super cool.

Quand j’ai pris plus d’assurance et que je commençais à courir en crocs, je trouvais que c’était quand même assez triste, monotone et trop sérieux tous ces coureurs sur marathon. Je suis dit qu’un peu de gaieté et un peu moins de prise au sérieux pourraient être sympathiques. Je me suis mis à me déguiser.

Cela m’a permis de rencontrer tous ces joyeux drilles qui se rassemblent la plupart du temps, notamment sur un même forum spécialisé sur les marathons, Courir le Monde. De marathon en marathon, on se retrouve, c’est très sympathique.
Le fait de dédramatiser en se déguisant, ça peut paraitre comique.
Mais pour le cerveau, le fait de courir déguiser, consciemment ou inconsciemment, est beaucoup moins stressant. Il ne se met pas en mode compétition, mais en mode ballade, en mode je vais rigoler. On se retrouve bien moins stressé, avec au final moins de problème musculaire ou même de blessure qu’un coureur qui est concentré sur sa foulée, son allure, sur sa montre, sur sa nourriture et ainsi de suite. Au final, le coureur lambda se crée tout seul du stress, des bugs qui le mènent parfois à l’échec.

Courir déguisé ça permet de dédramatiser, de déverrouiller pas mal de choses, et l’on est bien plus à l’aise, plus sur de soi, et ça passe tout seul.

Ça permet aussi d’engager la discussion avec les coureurs voisins, qui parfois nous prennent pour des charlots, mais on court aussi bien qu’eux et à la même allure.

J’ai donc adopté et validé cette tenue.

J’ai vu sur un forum que tu as fait des adeptes… Est -ce le début d’une remise en question de la sacro-sainte chaussure perfectionnée pour courir ?

Jean-Louis Valderrama CrocsMan : J’ai essayé. J’ai profité des forums pour expliquer ma démarche, les expériences que j’ai pu faire ainsi que les résultats, et notamment les résultats des courses.
Partager des questionnements, faire réfléchir les coureurs. À en croire certain, si on pouvait se payer des chaussures à 600 euros pour courir plus vite, il faudrait le faire. Je ne suis pas convaincue.

J’aime bien, comme dans la vie de tous les jours, rechercher la valeur intrinsèque de chaque chose.
Pourquoi je mets des chaussures aux pieds ?

Pour protéger mes pieds des cailloux, des bouts de verres, des frottements. Et donc je suis revenu presque à l’origine de la chaussure. Ça a fonctionné.
Au début, évidemment ,on m’a pris pour un guignol : il va se blesser et on en entendra plus parler. Sauf qu’à force de kilomètres, j’ai fait des expériences.
On n’est pas des centaines et encore moins des milliers à avoir traversé la France et autres .
On a fini par me croire et a gagné en crédibilité, car ça tient la route.

Certaines personnes m’ont contacté par messagerie privée ou directement sur les forums, en m’interpellant, en me posant des questions. Je leur dis : qu’est ce que vous risquez ?

Si je vous vendais les mérites magiques d’une chaussure à 300, et qu’elle ne vous convient pas, vous prenez un risque. Mais une paire de crocs, c’est 30 euros, voire moins sur internet. Et si ça ne marche pas, vous pouvez toujours aller à la plage et au jardin avec. Certains ont osé, ils se sont lancés, et finalement on adopté. Pour certains, ils ne les ont plus quittés.
J’ai des collègues qui avaient vraiment des problèmes de pieds, qui ne supportaient plus les baskets.
Ils étaient sur le point d’arrêter la course à pied. Ils ont essayé les crocs, et maintenant ils ont couru des centaines de marathons.

Ils font juste oser. Courir en crocs, c’est plus oser affronter le regard des autres et de ne pas avoir peur d’être critiqué ou moqué que d’être blessé.

On ne risque rien. Pas mal ont essayé. Aujourd’hui, j’ai une page Facebook Crocsing pour qu’on puisse réfléchir ensemble et partager nos expériences.

Ça fait maintenant 6 ans d’expériences et d’échanges. Avec une paire de crocs, on court entre 500 et 1200km, en fonction de sa foulée et du type de terrain, donc autant qu’avec des baskets, mais pour 30 euros. Donc ça vaut le coup.

C’est un sacré coup de pavé dans la marre dans le monde de la publicité des baskets de course. Toute cette technologie déployée dans les chaussures de courses…

Jean-Louis Valderrama CrocsMan : Je traîne beaucoup sur les courses, et finalement, on me fait toujours la remarque : toi, tes pauvres pieds, je les plains.
Je leur dis, on se donne rendez-vous à l’arrivée, on se déchausse et on regarde nos pieds.

CrocsMan aux 6 heures de ST FONS
Les 6 heures de St Fons

Ça ne choque personne qu’il y a des tas de blessés dans nos proches, des ampoules à n’en plus finir, des coureurs qui n’ont plus d’ongles. C’est d’ailleurs comme ça qu’on reconnait les coureurs sur la plage. Ça ne choque personne, alors que c’est tout de même des chaussures tellement élaborées…
Il y a effectivement des questions à se poser, et dans ma réflexion, que ce soit avec des crocs, ou avec autre chose comme des sandales pour ma part maintenant, il s’agit de minimiser les frottements, de minimiser les contacts et de rechercher vraiment la valeur.

Pas seulement d’acheter des chaussures pour briller, tel un effet de mode. Pour moi, le principal, c’est d’arriver au bout d’une course. Après, que les chaussures soient belles ou non, je m’en fiche. Du moment que je suis finisher et que j‘ai réalisé mon objectif, mon rêve et ma course, c’est le principal. Je ne suis pas payé pour porter des baskets ou des crocs. Et encore moins pour porter des baskets et leur faire de la pub.

Aujourd’hui, avec ton expérience, quels seraient les conseils que tu donnerais à quelqu’un qui voudrait commencer la course à pied ?

Jean-Louis Valderrama CrocsMan : Je n’ai pas beaucoup de conseils à donner.

Si j’avais un conseil à partager, ce serait de s’écouter soi-même et non les autres.

En France, tout le monde est spécialiste. On dit dans le foot qu’il y a 50 millions de sélectionneurs pour l’équipe de France. En course à pied, c’est un peu pareil.
Si tu écoutes les uns et les autres, tu n’as que des experts, des podologues, des vendeurs de chaussures, tous des professionnels, des spécialistes. Et cela peut-être à tort. Du coup, les débutants écoutent tout le monde et un peu n’importe qui. Ils croient et font confiance aux expériences des autres.
Mais on est tous différents, avec un vécu, des blessures, un historique, il y a des gros, des minces, des maigres, des petits des grands, il y a de tout !
Pas deux pareils, donc ce qui est valable pour l’un ne l’ait pas forcément pour l’autre.

Ce qu’il faut, c’est avant tout se découvrir, s’écouter, apprendre à marcher, puis à marcher vite, puis à trottiner…

Aujourd’hui, tout le monde veut aller vite, on veut tout de suite battre des records et se comparer aux autres. On en oublie les fondamentaux : avant d’apprendre à courir, il faut d’abord apprendre à marcher.

On veut aller trop vite sous la pression sociale. On ne veut pas être ridicule devant les collègues, on ne veut pas passer pour un bleu au club quand on s’inscrit. Alors on force, mais on force plus que ce dont on est capable, on se blesse facilement, on met les chaussures au garage pour deux mois, puis on repart de zéro.

Si on veut durer, il faut apprendre au corps à courir, aux pieds et aux muscles à s’adapter. S’il y a tellement d’ampoules, c’est parce que les pieds n’ont pas le temps de se faire. Il faut forger son corps.

Ne pas bruler les étapes. Commencer par des petites distances,s les augmenter petit à petit. Quand on pense avoir fait le tour d’une distance, passer à l’autre.

Et surtout, s’écouter soi-même avant d’écouter les autres.

Tu continues d’évoluer dans ta quête de la chaussure parfaite. Tu abandonnes les crocs. Est-ce qu’on va enfin te voir débourser des sous pour acheter une vraie paire de chaussures de course à pied?

Crocs Man : Grand raid de Camargue 2018
Grand raid de Camargue 2018

Jean-Louis Valderrama CrocsMan : Non, surement pas.
Cela fait partie de ma philosophie minimaliste à moi.
Mettre une trentaine d’euros, 35 euros, c’est déjà bien suffisant. Ce n’est pas dans le prix qu’on va trouver la qualité d’une chaussure. Pour moi, il n’y a pas une vérité. Rien n’est arrêté.
Donc je continue, comme tu l’as dit ma quête de la chaussure idéale, et pour cela, je suis passé à autre chose.
Depuis le mois d’aout, je suis passé à des sandales, pour minimiser encore plus le frottement et le contact. C’est encore plus du basique : une semelle pour protéger le pied et ne pas se faire mal, et une sangle pour faire tenir.

Ça marche très bien. Au mois d’aout, en Italie, j’ai pu enchainer une dizaine de marathons en 10 jours. C’était un test grandeur nature, car ça ne pardonne pas. Il y a deux semaines, j’ai fait le raid de la Camargue, un bon 100 bornes en course nature : le sable, la terre, les vignes. Les cailloux sont peu entrés, ce qui peut être un problème sur les crocs. Sur les sandales, les cailloux ne rentrent presque pas. Et ceux qui rentrent ressortent immédiatement. Il y a une plus grande impression de liberté pour le pied et la cheville.

Je continue de valider l’idée. Je pars le week-end prochain pour une course en étape de 7 jours en Espagne. Je pars juste avec les sandales, je ne prendrai même pas en secours les crocs. Afin de continuer à valider l’idée et pour m’y habituer. Et en novembre, il y a la course non-stop de 500 km en Grèce, l’Authentique Phidipides : Athènes-Sparte aller-retour, en 4 jours. Donc j’y crois. J’y suis très bien en sandale.

Ce n’est pas demain que je remettrai des baskets normales ! Je continue dans ma recherche de la chaussure idéale et originale.

Tu as des mentors, des personnes qui t’inspirent au quotidien ?

Jean-Louis Valderrama CrocsMan : Dès le début, s’il y a un gars qui m’a vraiment fait rêver à mes débuts en course à pied, c’est Serge Girard.
C’est un coureur de grand fond, d’ultra, qui a traversé tous les continents, il a vécu des choses extraordinaires. Pourquoi pour moi c’est vraiment un modèle ? J’ai eu la chance de le rencontrer, de courir avec lui…
Ce n’est pas une machine, c’est un gars comme toi, comme moi. Il a des blessures, ils souffrent, il peut tomber malade… Ce n’est pas un Kenya, un héros, un coureur de trail qui monte tout seul une montagne et la redescend.
Il est humain, il est très simple, et je me suis reconnu en lui comme n’importe qui pourrait se reconnaitre. Il est nature, vraiment. Un gars comme ça, tu te dis que si lui il arrive, moi aussi je peux y arriver.

On n’a pas besoin d’être un surhomme, d’être bien né pour pouvoir faire ce qu’il réalise.

C’est plus une histoire de finance, de sponsor, de soutien et de temps bien sûr. Car il faut du temps pour partir un an pour traverser l’Amérique, ou faire le tour de l’Europe.

C’est vraiment lui qui m’a poussé dans ce goût pour les courses d’ultra-fond. Toujours recherché d’aller plus loin dans l’endurance infinie, sans limites.
Il m’a fait y croire. Et effectivement, je m’y suis lancé aussi dans ses courses de plus de 1000 km, ces traversées de pays, et j’y continue avec un gros projet en 2021.
C’est ma prochaine étape : une transe Europe. 64 jours de course, plus de 4000km. Là, j’aurai pour ainsi dire touché le rêve, l’idéal pour moi : d’avoir fait une course à la Serge Girard, comme je l’ai tant rêvé à une époque.

Donc hâte d’y être !
J’ai commencé à m’organiser et à en parler à mon employeur.
Avant tout, en 2019, il y aura encore de la préparation.
En été, le tour de Hollande.
En 2020, une traversée d’Espagne.
Pour arriver gentiment en 2021 sur ce grand projet qui sera l’aboutissement, peut même mon jubilé, ne sait-on jamais.

Peut-être qu’après 64 jours de course et plus de 4000km, si j’arrive au bout déjà, je n’aurai plus l’envie de courir. Peut-être que l’envie me sera passée. Alors, à ce moment-là, j’irai à la pêche, j’adore la pêche.

Mais toujours avec les mêmes chaussures, c’est l’avantage !

Jean-Louis Valderrama CrocsMan : Effectivement, je n’aurai pas besoin de tronquer mes jolies baskets.

Trois concepts qui animent ta vie ?

Jean-Louis Valderrama CrocsMan :

  • Le Partage. J’ai la grande chance de partager toutes ces aventures avec ma compagne. C’est génial de ne pas avoir à négocier la moindre course pour savoir si on va partir.
  • Le Plaisir, je pense que ça s’entend, je n’ai aucune contrainte, aucune pression. Tout n’est que plaisir et bonheur.
  • Et en toute Simplicité, comme mes chaussons. Un short, un pantalon, une paire de chaussures, de sandales, un chapeau de paille, et on y va. En route pour l’aventure !

Et justement, on peut suivre tes aventures ?

Jean-Louis Valderrama CrocsMan : Sur Facebook, il y a une page sur le Crocsing.
Ainsi que mon profil qui est public, on peut tout voir.

Et j’ai un blog : Le Récit du Solitaire. Car avant d’être crocsman, j’étais le solitaire. On peut y trouver des photos, des déguisements et des récits.

Je suis aussi présent sur plusieurs forums de course à pied.

Quelle est la question que tu aurais que je te pose ?

Jean-Louis Valderrama CrocsMan : Je trouve qu’on a bien causé. Je n’ai pas de question à ajouter, on a bien discuté, ce sont des bonnes questions.

Merci. J’ai vraiment senti quelqu’un de passionné, d’engagé, d’entier. C’est très agréable.Ça me donne envie d’aller courir, maintenant !

Jean-Louis Valderrama CrocsMan :

C’est le but ! Surtout, ne vous prenez pas la tête. Prenez du plaisir. Pas la tête.

Crocs Man au marathon du Luberon 2015
Marathon du Luberon 2015

A noter que Jean-Louis vient de finir 2ème de Via Iberica 2018 : une course par étapes de 7 jours pour 450km. Une preuve irréfutable de la légitimité de sa démarche…

Créons du lien !

Et vous, alors ? Vous courez en sandales, en sabots, en crocs, pieds nus, en échasses, en geta, en chaussures ? Laissez un commentaire. 😉

Vous êtes extrêmement faillibles (et parfaits) !

Vous êtes extrêmement faillibles (et parfaits) !

Cet article participe à l’évènement inter-blogueur du blog Sans Sucre S’il vous Plait. Pour en savoir plus, vous pouvez lire Vivre sainement : mes difficultés au quotidien. L’idée de cet évènement est de montrer que même en tant que blogueur sur le bien-être, le sport…

Le vrai secret des tarahumaras, d’après Scott Jurek

Le vrai secret des tarahumaras, d’après Scott Jurek

Minimaliste ? Simpliste ? Utopiste ? Je n’aime pas les étiquettes. Quand j’en ai une, elle me colle au dos et finit par me gratter. Alors, je l’enlève, je l’arrache. Bien sûr, c’est plus rassurant de pouvoir ranger les gens dans des cases : coureur…

Ann Trason : Coureurs, soyez sensuels !

Ann Trason : Coureurs, soyez sensuels !

Si on se détend suffisamment, le corps s’habitue tellement au rythme des foulées qu’on ne se rend même plus compte qu’on avance.
Et c’est quand on parvient à cette semi-lévitation douce et fluide que le clair de lune et le champagne font leur apparition.

Vous devez être en harmonie avec votre corps, savoir quand vous pouvez le pousser et quand il faut ralentir.

Il faut être très attentif à votre souffle.
Soyez conscient de la quantité de sueur qui s’écoule dans votre dos.
Buvez de l’eau froide, grignotez salé et demandez-vous souvent et honnêtement comment vous vous sentez précisément.
Qu’y a t’il de plus sensuel que de prêter attention à votre propre corps ?
Christopher McDougall, citant Ann Trason dans le livre Born to Run

Ann Trason est une femme passionnante, quoique peu connue, en témoigne la pauvreté de la page Wikipedia qui lui est dédié, que ce soit dans la langue de Molière, ou celle anglophone.
Pourtant, elle a été la première féminine 14 fois sur la célèbre Western States de 1989 à 2003 et a quelques records du monde à son actif.
Aujourd’hui, elle accompagne d’autres sportifs sur le chemin de l’excellence à travers son activité de coaching.

Cependant, je ne veux pas vous parler aujourd’hui d’Ann Trason particulièrement (même si elle le mérite, vous l’avez bien compris), mais de sensualité.

Certains parlent de courir en pleine conscience. Mais franchement, entre un vieux moine zen parlant de pleine conscience, et une femme me parlant de sensualité, je n’hésite pas longtemps !

Si je devais ne donner qu’un seul conseil à quelqu’un se demandant comment courir, ce serait de rester digne.
Quand on imagine quelqu’un de digne, on imagine une personne qui se tient droite, sûre d’elle-même, avec grâce et élégance. Parfait pour la biomécanique !

Mais…

Et si je disais plutôt d’être sensuel ?

Sensuel, c’est en rapport avec les sens. Directement, on remet le mental à sa place. Courir, c’est avant tout une histoire de corps, une histoire de sensation. Être sensuel, c’est déjà prendre conscience (ah, le vieux moine zen n’est pas loin) de ce que nos sens nous renvoient. Et c’est certainement la meilleure protection contre les blessures.

Ann Trason dit soyez sensuel !

Essayez d’être sensuel, si vous êtes plié en deux, traînant les pattes, haletant comme un chien mourant.
Nous sommes bien d’accord : ce n’est pas possible ( non, ne m’envoyez pas de photo pour me prouver le contraire ).

Voilà donc de quoi motiver les gens à courir.
–  Restez digne : potentiel marketing de 5/10
– Soyez sensuel : potentiel marketing de 9/10 !

Commencez à courir, c’est bon pour développer votre sensualité !

Imaginez les départs de courses, où chaque coureur n’a qu’un objectif en tête : être le plus beau possible, le plus sensuel, le plus séduisant. Pendant les longues heures que durent la course, chacun n’a que cette idée : être sexy, quoi ! Jusqu’à l’arrivée, bien évidemment…

Nous courons pour avoir la forme. Alors, cherchons à avoir une belle forme ! Faisons appel à nos sens pour savoir où nous en sommes. Et non systématiquement à des gadgets (montres, radiofréquences, lecteur de musique…). Les gadgets, c’est pour la forme des robots. Nous, nous sommes faits de chair et de sentiments.

Et il paraît qu’il y a du champagne comme récompense 😉

Merci Ann Trason pour ces quelques mots. Là où tout le monde parle d’écouter son corps, il faut encore pouvoir le sentir et le ressentir !

Dites-moi dans les commentaires :
Lorsque vous courez, vous êtes plutôt digne ? Sensuel ? Robotisé ?

 

 

Courir comme les tarahumaras !

Courir comme les tarahumaras !

Vous avez lu la chronique sur Born to Run ? Vous voulez maintenant vous aussi devenir un super-athlète, cheveux dans le vent, et courir toute la journée comme les tarahumaras (ou raramuris) ? Si aller au fin fond du Mexique n’est pas dans vos projets…

Florian Gomet : Coureur et Aventurier, le tout en jeûnant !

Florian Gomet : Coureur et Aventurier, le tout en jeûnant !

Florian Gomet : souvent pieds nus… Il y a des êtres extraordinaires qui font des choses extraordinaires. Des êtres ordinaires qui font des choses extraordinaires. Dès lors, la question reste en suspens : naît-on extraordinaire ? Peut-on naître ordinaire et devenir extraordinaire ? Sommes-nous prédestinés…

3 livres pour vivre sa Vie, que ce soit en courant, en marchant ou par le sabre…

3 livres pour vivre sa Vie, que ce soit en courant, en marchant ou par le sabre…

Un livre pour vivre sa Vie, c’est quoi ?

Pour moi, un bon livre, que dis-je, un excellent livre pour vivre sa vie – c’est à dire un livre qui peut influencer durablement la vie du lecteur – est un livre qui répond à deux critères. Comme vous allez le voir, ces deux critères ne dépendent pas que du livre en lui-même…

Tout d’abord, le livre doit me conforter dans mes choix de vie et mon mode de pensée. Autrement dit, il doit flatter mon ego. Que c’est agréable de savoir qu’on pense comme des personnes illustres, n’est-ce pas ?

Une fois cela fait, je deviens réceptif aux autres messages du livre. Et là, ça devient intéressant… Car pour que le livre soit impactant il doit, après m’avoir conforté dans mes choix, me proposer d’aller plus loin. Me déranger. Me montrer une zone de confort à atteindre, une nouvelle zone un peu plus loin. Me titiller, tel un massage à la fois agréable et désagréable. On aimerait que ça s’arrête, mais en même temps, juste encore un peu…

Un livre pour vivre sa vie, pour changer de vie, est un livre qui doit être accueillant en étant rassurant, mais aussi qui va clairement bousculer des idées qu’on pensait stables. Voilà pourquoi un excellent livre dépend du livre, certes. Mais aussi du moment dans notre vie où nous avons décidé de vivre cette aventure par procuration qu’on appelle lire.

Pour cette occasion, j’ai eu envie de vous partager des histoires vraies, sous forme de romans. En espérant que la lecture en soit aussi agréable et dérangeante que possible !

 

Born To Run

De Christopher McDougall

Le livre best-seller Born to Run

Il y a de fortes chances que vous le connaissiez déjà. On suit les aventures de l’auteur qui, en voulant savoir pourquoi il souffre tellement lorsqu’il court, se retrouve dans la tribu mythique des Raramuri, plus connue sous le nom des Tarahumaras, de super-athlètes courant des jours entiers à travers les montagnes mexicaines. Scott Jurek (Eat and Run) est aussi de la partie.

Pourquoi ce livre m’a consolidé dans mes idées ?

Courir n’est pas malsain pour la santé, et vivent les chaussures minimalistes !

Pourquoi ce livre m’a permis d’atteindre une nouvelle zone de confort ?

Raccourcir ma foulée, vraiment.
Savoir que devenir un super-athlète, cela prend des années.

Cliquez ici pour lire la chronique de Born to Run.

 

Wild

De Cheryl Strayed

Wild, livre pour vivre sa vie

Jeune femme désœuvrée, sans repère dans la vie, enchaînant les relations d’un soir et la prise de produits nocifs. Elle décide, envers et contre tout, de faire le Pacific Crest Trail, une escapade de 1600km aux États-Unis. Livre très touchant et profond, écrit par la concernée…

Pourquoi ce livre m’a consolidé dans mes idées ?

Suivre ses idées, même si, de prime abord, on n’est “pas fait pour ça”.

Pourquoi ce livre m’a permis d’aller plus loin dans ma zone de confort ?

Croire en soi, avant toute chose. Que cela peut être difficile et dérangeant…

 

Musashi : La Pierre et le Sabre / La Parfaite Lumière

Musashi, La Pierre et le Sabre, Eiji Yoshikawa

De Eiji Yoshikawa

Un roman en deux tomes sur le célèbre escrimeur japonais Miyamoto Musashi. Comment un petit teigneux peut devenir un homme accompli à travers de multiples renaissances (au sens métaphorique) et de leçons plus ou moins agréables…

Pourquoi ce livre m’a consolidé dans mes idées ?

Trouver ma propre voie, et non suivre une route impersonnelle toute tracée.

Pourquoi ce livre m’a permis d’aller plus loin dans ma zone de confort ?

Utiliser la figure de Musashi pour oser expérimenter, avancer, tenir bon dans les moments difficiles (visualisation positive).

Un livre pour vivre sa vie, quelle idée !
Photo de Dmitry Ratushny sur Unsplash

 

Voilà pour les 3 livres que je voulais vous partager aujourd’hui, dans le cadre de cet article.
Et vous, ici et maintenant, quels sont vos 3 livres pour “vivre sa vie” ? Laissez un commentaire. 😉

 

Cet article s’inscrit dans le cadre d’un carnaval d’article, autour du thème : les 3 livres qui ont changé votre vie. Cet évènement interblogueur est proposé par le site Des Livres pour changer de Vie, dont je vous conseille la lecture de l’article La Tribu des Mentors, c’est là l’occasion de s’inspirer grandement de gens ordinaires qui réalisent des choses extraordinaires… Cela ne vous rappelle rien 😉 ?

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Stéphane Brogniart est un personnage bien connu dans le milieu de l’ultra-trail. Déjà, il a l’aspect homme des bois réglementaire : grand, svelte, cheveux longs, vit dans sa cabane. Et puis, il en a dans les guibolles, palmarès à l’appui. Dans les guibolles, dans le…