Étiquette : défi

Uchi-Deshi : Tu es ton seul refuge

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Une curieuse manière de se dire au revoir… Le seul Refuge, c’est toi, m’a dit Senseï Il n’a le droit de voir personne d’autre. Oui, Senseï. Les deux yudansha (porteur de ceinture noire) acquiescent. Mon oreille gauche bourdonne encore. Qui a dit que le corps…

Uchi-Deshi: Aventurier de son existence (+ point culture)

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Situation Initiale [cet article fait suite à celui-là !] 7 ans que je fais de l’Aïkido, en dents de scie. Pratique plutôt épisodique ces deux dernières années, après une courte période intensive (12h/ semaine pendant 50jours) sur Strasbourg. Actuellement 1er Kyu (équivalent ceinture marron). Ça,…

Thierry Sache : Suivre ses envies

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Thierry Sache, allons-y !

Mais oui, allez-y. Écouteurs dans les oreilles, lancez le podcast (juste en haut de cet article). Parce que Thierry Sache a des choses à vous partager !

Si vous êtes gentils, et quémander une retranscription texte, je le ferai peut-être 😉

Traverser la manche, en maillot de bain… qui est partant ?

La vie active l’a rendu inactif. Qu’a cela ne tienne : en 2009, à 36 ans, arrêt du tabac. Prise de poids…
Et perte de poids grâce à la course à pied.

Par quoi commencer ?

«N’importe qui peut faire un marathon, avec une préparation adéquate.»
Un collègue…

Défi relevé.
Puis triathlon.

Puis direction la manche. 40km à affronter à la nage.

Vivre l’aventure de sa vie…

Thierry Sache dit oui !

Palmarès de Thierry Sache

  • 2012 : Ironman (Nice)
  • 2013 Altriman- (Diago)
  • 2014 Norseman- (Diago)
  • 2015 Ventouxman- (UTBA)
  • 2016 4Kvda- (Xtri Austria)
  • 2017 GR5 – 6666
  • 2018 GR 2013
  • 2019 Enduroman

Nourrissez votre motivation, votre feu intérieur !

Etre assidu et tenir. Facile à dire… Mais surement que votre motivation s’effrite.
C’est parce que vous ne la nourrissez pas !

Ne cherchez pas sans arrêt une méthode plus performante, un plan d’entraînement plus efficace.
Pensez juste à vous nourrir.
C’est le but de ces interviews.
De vous nourrir.
Si le fait d’écouter Thierry vous fait rêver, alors donnez du carburant à votre feu intérieur.

Si CourirUnTrail ne devait servir qu’à une chose, ce serait d’entretenir votre feu intérieur.

Alors, trouvez une application de podcast, abonnez-vous à CourirUnTrail : et c’est parti pour des dizaines d’heures inspirantes…

Thierry_sache_dans_la_manche

Envie de nager un peu plus loin ?

Donner une direction, se découvrir un rêve, je l’ai fait dans l’article J’ai décidé de devenir Champion du Monde.

Les commentaires sont là pour vous. Dites-moi votre rêve, dites-moi ce qui vous freinent, dites-moi quelles personnes inspirantes vous souhaitez entendre…

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5400 km en courant à travers l’Australie (en récoltant des fonds pour l’association française du syndrome de Lowe). L’occasion d’aller découvrir réellement le mode de vie des aborigènes. 4400 km en hydrospeed sur le Mékong. L’occasion de comprendre les populations bordant le bord de ce…

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Du 7 au 11 septembre 2019, 6 aventuriers et aventurières en herbe se sont lancés dans un jeûne de 5 jours. 5 jours sans manger, mais autrement remplis grâce à des randonnées, des conversations animées à propos de mode de vie et d’alimentation, et des…

Myriam et Jacky : Champions du monde, heureux et frugivores !

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Je suis tombé sur des aventuriers, des vrais ! Bon, ici, on a l’habitude d’en voir un peu partout, c’est vrai…
Mais là, ce sont des champions du monde de raid aventure… Je vous l’ai dit, ce sont des vrais.
Et ils sont heureux.
Ils donnent envie de croire en ses rêves.
De se donner les moyens.
Et ils se nourrissent que de fruits…

Le son du podcast a un peu souffert, mais ce petit désagrément n’est rien à côté de la joie de vivre qui est transmise par le son de leurs voix.
Qui ?
Myriam Guillot et Jacky Boisset, évidemment !

Donc, préférez l’audio, si vous pouvez.
Sinon, vous pouvez continuer l’article.

Et au fait, vous avez vu la nouvelle formation de l’école des Aventuriers ?

Myriam Guillot et Jacky Boisset

 

Bonjour Myriam Guillot et Jacky Boisset. Vous êtes des aventuriers ! Champions du monde de course d’aventure à plusieurs reprises, et un palmarès époustouflant. Est-ce que, Myriam, tu pourrais présenter Jacky, ton compagnon ?

Myriam Guillot :
Jacky, c’est mon coéquipier et mon mari.
On s’est rencontrés pendant une course.
Ce qui m’a attiré en lui, c’est un débrouillard, il aime l’aventure et il est toujours souriant !

Jacky, comment tu présenterais Myriam ?

Jacky Boisset :
Ce que j’aime chez elle, c’est qu’elle sourit tout le temps, elle est presque tout le temps de bonne humeur.
Pour moi, c’est le rêve.
Elle m’apporte vraiment un rayon de vie.
On a tous nos tempéraments.
Alors des fois, elle fait un peu semblant de ronchonner pour faire son intéressante.
J’aime bien, ça met du piquant dans la vie !

C’est quoi votre histoire dans le monde du sport ?

Myriam Guillot:
J’ai toujours fait du sport.
Mes parents étaient sportifs.
Mon père était un très bon coureur.
Mais ils ne m’ont jamais poussée à faire du sport de haut-niveau.
J’ai toujours aimé faire du sport depuis toute petite, très multisport.
Ma mère m’a inscrite à tous les sports !
Du patin à glace, du tennis, de la course à pied… Je faisais tout et n’importe quoi !
Ensuite, j’ai été en sport-études en danse.
J’ai été blessée pendant un an et demi.
J’étais interdite de sport.
On pensait que je n’allais plus jamais pouvoir faire du sport.
J’avais deux vertèbres fracturées…
Finalement, ma mère a réussi à m’amener voir un bon ostéopathe.
Il a trouvé un moyen que je refasse du sport.
Il a trouvé que l’aviron pourrait soulager mes vertèbres.
Comme j’étais toujours à fond, je me suis retrouvée en sport-étude en aviron et à faire du haut-niveau, jusqu’à mes 21ans.
Après, j’ai eu quelques déceptions au niveau de la fédération.
J’ai lâché le sport de haut niveau pour ne faire que de la montagne, pendant 4-5ans : du ski extrême, de l’alpinisme… J’adorais faire de la montagne !
Jusqu’à ce que je rencontre Jacky par hasard qui m’a fait découvrir le raid aventure.

Tu allais plus à la montagne. C’était ta profession, ou tu avais un travail plus classique ?

Myriam Guillot:
Je faisais mes études.
J’ai fait de la recherche en physiologie du sport.
J’étais longtemps à l’université !
Je me débrouillais pour partir 4-5 jours à la montagne régulièrement.
Comme j’étais longtemps en sport de haut niveau, j’étais habituée à pouvoir tout concilier.
M’entraîner le matin, faire mes devoirs, aller à l’école, m’entraîner entre midi et deux…
Je devais être organisée.
Donc même quand je faisais de la recherche, je m’organisais pour mes passions.
J’ai commencé à passer mon brevet d’état de ski de fond et alpin, parce que j’avais envie d’être guide.

Et toi, Jacky ?

Jacky Boisset :
J’ai fait de l’athlétisme et du décathlon jusqu’à 24 ans environ, notamment en tant qu’entraîneur.
Après, la fac de sport où j’ai fait un master en préparation physique.
J’étais dans le sport, mais plutôt dans le côté entraînement.
Lorsque j’ai découvert le raid, ça m’a vraiment plu, j’ai eu envie de performer là-dedans.
Ça tombait bien, j’étais entraîneur, je me suis donc entraîné tout seul.

Maintenant, vous êtes des sportifs professionnels. Depuis quand ?

Jacky Boisset :
Au début, on faisait du raid ensemble, tout en ayant un travail comme tout le monde.
On devait concilier les deux.
S’entraîner après le travail, négocier de pouvoir partir pour aller sur les compétitions…
Ça nous embêtait vraiment, ça nous empêchait de vraiment performer.
On s’est dit : on quitte notre travail et on essaye de le faire plus à fond.
À partir de là, on a arrêté notre travail et c’est là qu’on est devenu la première fois champions du monde, en 2010.
J’avais 30 ans, et Myriam, 31 ans.     Mymy et Jacky, champion du monde de Spartan Race

Dans le domaine du sport en général, les sportifs professionnels commencent assez tôt. Est-ce que c’est différent dans la course aventure, la moyenne d’âge est-elle plus élevée ?

Myriam Guillot :
Non.
J’étais athlète de haut niveau.
Et si j’avais pu être toute ma vie encadrée et aidée pour être sportive professionnelle, je l’aurai fait dès mon plus jeune âge.
Mais on n’avait pas la structure, et on avait peur.
Car avoir un statut de sportif professionnel, et ne vivre que de ses primes de courses, ce n’est pas bien vu en France.

Jacky Boisset :
Notre statut est différent de ce que tout le monde pense.
On est sportifs professionnels, car on ne fait que ça.
On vit des primes de courses, et on n’a aucune autre source de revenus.
Donc on est obligés de performer si on veut continuer à garder notre style de vie.
Alors que la plupart des sportifs ont des sponsors financiers ou des fédérations qui les aident.
Nous, on est totalement autonomes vis-à-vis de toutes les fédérations et administrations.

Myriam Guillot :
On n’a aucun soutien financier, a part les primes de courses.
Quand on a pris notre décision, c’était une vraie prise de risque.

Jacky Boisset :
Soit ça fonctionne, soit on rentre à la maison !

Myriam Guillot:
Pour anecdote, les deux premières courses où on avait décidé de partir voyager pour deux ans, on les a gagnées.
Au dernier moment, les organisateurs annoncent qu’il n’y aura pas de prime de course. Pas de budget, ou ils ont eu des problèmes.
Donc les deux premières courses, on s’est dit que ça allait être délicat. Comment on va gérer la crise…
Comme si c’était fait exprès, pour nous dire : vous êtes sûrs de votre choix ?

Jacky Boisset :
Le destin a bien changé ensuite !

C’est quoi, en fait, les courses aventure ?

Myriam Guillot :
On a été deux fois champions du monde en raid aventure précisément. C’est un enchaînement de sport en non-stop : VTT, course à pied, kayak, canyoning, spéléo, rafting, roller, ski…

Jacky Boisset :
Oui, il peut y avoir tous les sports de nature en fonction du terrain. Si on est en Norvège ou à Moldavie, ce ne sera pas les mêmes sports.

Myriam Guillot :
C’est très multisport, et en non-stop : on prend le départ, et c’est le premier qui arrive. Si on veut gagner, on ne dort pas ! Pour donner une idée, sur 7 jours, en général, on dort 7 heures. Une heure de sommeil par 24h.

Jacky Boisset :
On est en équipe de 4 : 3 garçons et une fille. On doit toujours rester ensemble.

C’est imposé d’être 3 garçons et une fille ?

Jacky Boisset :
Les équipes doivent être mixtes. Ce qui est généralement le plus performant : 3 garçons et une fille.

Vous avez une alimentation particulière… Vous êtes frugivores à 95%. C’est quoi cette histoire ? Vous ne mangez que des fruits ?

Jacky Boisset :
On n’a pas changé du jour au lendemain ! On a mis quelques années…
Pour les raids, on a vu que c’était une possibilité pour être plus performant.
Ensuite, nous avons vu que pour la santé, c’était vraiment bien.
On a essayé de s’approcher au maximum de l’alimentation idéale.
Donc, manger cru…
On y arrive depuis quelques années maintenant.

Myriam Guillot :
Pour résumer, on mange des fruits qui nous plaisent, de saison, du pays où on est.
Le sport, c’est bon pour la santé, mais le sport de haut-niveau, c’est délétère.
Donc on compense en buvant beaucoup de jus de légumes, des jus verts, et de l’eau de mer.
C’est assez simple, en fait.

Comment avez-vous fait la transition ?

Myriam Guillot :
Depuis toujours, j’étais allergique au lait et aux œufs.
Quand j’ai rencontré Jacky je mangeais déjà différemment, traditionnel, mais différemment.
Et comme on continuait à faire des raids,  je ne pouvais pas du tout boire toutes ces boissons et barres énergétiques.
À chaque fois ça me rendait malade.
On a regardé ce que je pourrais manger à la place, et on a essayé de trouver des solutions.
Manger des fruits c’était l’idéal.
Dans la même période, nous sommes partis voyager.

Jacky Boisset :
On est partis faire le tour de l’Australie pour s’entraîner.
On vivait dans notre van.
Pas de frigo, rien pour cuire…
Alors on a commencé à manger beaucoup plus de choses crues.

Et à stocker des légumes dans notre voiture, car c’était ce qui se conservait.
Donc naturellement on a commencé a enlever ce qui est viande et produits animaux.
Et après petit à petit avec nos lectures on a compris que tout ce qui était gluten ce n’était pas terrible, que tout ce qui était légumineuses c’était aussi très acide.
Donc après, petit à petit, on a enlevé certains aliments.
Ça fait maintenant huit ans que nous avons ce mode d’alimentation.Alimentation vivante pour Myriam Guillot et Jacky Boisset

Quand vous êtes devenus pour la première fois champions de Raid Aventure, vous aviez quoi comme alimentation?

Myriam Guillot :
Classique, mais déjà un peu différente.
La deuxième fois, on était en cru.
En 2013 on était déjà en cru complet puisqu’on était déjà ultra convaincus qu’il fallait manger comme ça.
Nos coéquipiers mangeaient normalement.
Pour nous, c’était flagrant de voir la différence avec eux.

Êtes-vous aussi en jeûne intermittent – vous mangez qu’une a deux fois dans la journée – ?

Jacky Boisset :
Oui ça s’est vraiment entré dans nos habitudes de vie.
La première fois qu’on mange c’est vers midi treize heures, quand on a faim, après le premier entraînement généralement.

Myriam Guillot :
C’est amusant parce que les gens nous demandent… pour nous c’est tellement naturel, on n’a pas l’impression qu’on fait des jeûnes intermittents, c’est juste naturel, sans se poser de questions.

Alors pour vous c’est évident que cette alimentation vous permet d’être plus performant ?

Jacky Boisset :
Oui, sur les sensations et l’expérience, c’est incomparable.
C’est un peu le jour et la nuit.

Myriam Guillot :
Quand on mangeait traditionnellement on avait toujours des tendinites, des blessures.
On prenait des compléments alimentaires parce qu’on avait peur de manquer de quelque chose .
Depuis que nous avons changé d’alimentation : plus de tendinites, plus de blessures et on n’a plus besoin de compléments alimentaires.
Il n’y a pas photo !

Vous êtes toujours dans la compétition,vous êtes toujours au niveau bien que vous ayez dix ans de plus ?

Jacky Boisset :
En réalité, changer d’alimentation, ça nous a permis d’être toujours compétitifs alors que la plupart des sportifs de haut niveau à notre âge, s’arrêtent.

Myriam Guillot :
Surtout que j’ai commencé le sport de haut niveau depuis l’âge de dix ans.
J’ai quarante ans donc ça fait trente ans que je fais du sport de haut niveau.
Pendant cinq ans j’étais dans les montagnes, mais sinon j’ai toujours fait du sport à haut niveau, tout le temps fait des championnats du monde.
Cette année, en 2018 , je suis la numéro un mondial en course d’obstacles, en spartan, homme et femme confondus…

Par rapport à tes vertèbres, tu n’as plus eu de soucis par la suite?

Myriam Guillot :
Au début, si.
Le médecin m’a appris à évoluer et faire du sport avec ça.
Je suis sûre que si on me fait des radios, mes vertèbres ne seront plus fracturées, elles sont normales.
Donc non je n’ai plus de soucis.
Alors qu’on devait m’opérer , on devait me mettre un corset.
J’étais mal partie, j’étais vraiment mal partie….

Et à part l’alimentation c’est quoi votre mode de vie, votre routine d’entraînement?À quoi ressemblent vos journées ? Qu’est-ce qui fait que vous êtes ce que vous êtes?

Jacky Boisset :
On a tout mis en place pour se rapprocher d’une vie plus saine.
Donc on a changé de lieu de vie on vit a Ténérife pour pouvoir avoir des légumes et des fruits toute l’année .
Chez nous, quand on dort, par exemple, il n’y a pas d’électricité, on est connectés à la Terre.
Il y a plein de choses qu’on met en place.
Comme on prend plus soin de nous, on prend plus soin de la nature aussi : on a créé un jardin en permaculture autosuffisant chez nous pour pouvoir évoluer dans un endroit vraiment sain.
Toute notre vie tourne  autour de la santé.
On s’est formés sur différentes médecines qu’on a pu rencontrer autour du monde.

Une journée  type niveau entraînement?

Myriam Guillot :
Le matin on se brosse, on se met de l’huile essentielle.
On s’étire dans le jardin, on adore ce moment, on est tranquilles pendant au moins une demie-heure voir trois-quart d’heure.

Jacky Boisset :
Étirements, respirations, on se prend un bon moment pour nous pour vraiment se connecter.

Myriam Guillot :
Après, on se fait une petite série d’abdos et puis on commence la journée.
On va s’entraîner, en général tous les jours au minimum deux entraînements. Quand on est en saison un peu tranquille.
Quand on est en grosse période d’entraînement, c’est trois séances par jour.
Un sport axé endurance/jambes et un plutôt sur les bras.
Donc en général c’est course à pied le matin et kayak l’après-midi, ou inversement.
Quand on rentre, on boit un jus d’eau de mer.
Après on mange si on a envie.
On travaille un petit peu sur internet ou dans le jardin et on repart s’entraîner.
Après on boit un petit jus, on mange et on se couche.
La journée est bien remplie !Kayak Myriam Guillot et Jacky Boisset

Jacky Boisset :
On fait bien attention aussi.
On n’aime pas se coucher tard et on aime bien se réveiller sans réveil.
On pense à l’alimentation comme secret de longévité, mais c’est vrai que le repos est très important aussi.
On n’hésite pas à se coucher tôt et à se lever quand on le souhaite.

Ça fait un peu jardin d’Eden : la vie parfaite.

Jacky Boisset :
Vu de l’intérieur c’est un peu plus dur que ça, tout de même.
C’est ce qu’on essaie de mettre en place.
On sait que nos sports sont très demandeurs pour notre corps.
On essaie le reste du temps d’être au repos au maximum pour lui donner tout ce qu’il faut pour récupérer.

Myriam Guillot :
En fait, aujourd’hui, on en est là , on peut te dire une journée comme ça.
Mais ça fait dix ans qu’on a fait des choix pour en arriver là.
Parce que la société actuelle, elle ne te laisse pas le choix d’avoir cette vie-là, à part quand tu prends tes vacances.
Mais nous, on a décidé que notre vie devait être une vie qu’on aime.
Alors, tous nos choix sont orientés pour avoir une vie où lorsque tu te lèves, tu es heureux d’être réveillé.
Le matin, tu te lèves et tu te dis : wouahou j’ai envie de vivre cette journée
Le soir, quand tu te couches, tu te dis que t’as passé une super journée.
Ce sont nos journées et on les aime !

Vous comptez rester dans la compétition haut niveau jusqu’à quand?

Jacky Boisset :
Si on doit mettre un chiffre, je pense jusqu’à cinquante ans.

Myriam Guillot :
Oui. Je vais faire un petit break parce qu’on a envie d’avoir un enfant.
Mais je sais que jusqu’à cinquante ans on peut être dans la compétition à très haut niveau.
Après on verra.
Des fois, la vie nous amène autre chose.
Du moment que ça reste une passion, que ça nous plaît, cette façon de vivre , on continue comme ça.
Peut être qu’à soixante ans, on y sera encore !

J’ai vu vous accueillez maintenant des gens par chez vous.

Jacky Boisset :
Oui.
Pendant plusieurs années on s’est formés dans plusieurs médecines naturelles.
C’était, pour nous, être très performants et en santé.
Et maintenant nous avons envie de partager tout ce qu’on a appris, toutes ces expériences qu’on a vécues.
Du coup, chez nous à Tenerife, on ouvre ce centre, le Raw Adventure Center.
Pour que les gens puissent venir expérimenter la vie comme on la vit.
Qu’ils puissent apprendre à être en santé : quoi manger, comment vivre, comment changer ses habitudes… et s’apercevoir que ce n’est pas difficile, en réalité.
Nous sommes toujours dans les compétitions, mais nous avons aussi une autre facette où on a envie de montrer aux gens que c’est possible d’être en bonne santé, et facilement.

Myriam Guillot :
L’histoire de ce centre est amusante.
Ça fait longtemps qu’on a commencé à le créer.
À la base c’était parce qu’on voyageait partout dans le monde.
On ne trouvait jamais d’endroit idéal pour pouvoir s’entraîner en tant que sportifs de haut niveau.
Il nous manquait ci ou ça.. ou c’était compliqué.
Avec Jacky, à force de voyager, on s’est dit qu’on allait créer ce centre qu’on rêvait de trouver pendant nos voyages.
Donc l’idée était partie de là, et finalement la vie a fait qu’on a évolué et changé.

Le sport de haut niveau c’est chouette, mais au final ça n’apporte rien vraiment à l’humanité.
On est convaincu que la santé est bien plus importante.
On adore notre planète et on est convaincus que si l’on veut faire des choses positives, si on veut aider cette planète, on doit d’abord aider l’humain.

Si l’homme est en pleine santé, s’il est heureux de vivre, c’est sûr qu’il va prendre soin de la planète.
S’il est en mauvaise santé et qu’il cherche juste a faire une performance, par le biais du dopage ou autre, ça n’apporte rien de bon à la planète.
C’est pour ça qu’on a évolué et que notre centre est devenu un centre de santé.
Tout le monde est le bienvenu, et non uniquement les sportifs.
Nous avons envie d’aider les gens à être en pleine santé.

Est-ce que tout le monde peut devenir une Myriam ou un Jacky?

Myriam Guillot :
Bien sûr!
On est comme tout le monde.

Jacky Boisset :
Mimi, elle avait des dons physiques par ses parents quand elle est née.
Moi, j’en avais un peu moins.
On a tous les deux réussi à performer au plus haut niveau.
Qu’on ait des capacités ou non, je pense que le plus important c’est vraiment d’être tenace, rigoureux, de s’entraîner, d’avoir un but et de faire quelque chose qui nous plaît.
À partir de là, n’importe qui peut devenir vraiment performant.
Ça demande beaucoup de travail, il faut beaucoup s’impliquer, mais tout le monde peut le faire.

Myriam Guillot :
Je pense que tout le monde a un don dans un domaine.
À partir du moment où l’on trouve ce qu’on aime, si on fait les choses à fond et par passion, si on y croit vraiment, c’est sûr qu’on devient compétent et épanoui.

Quels sont les choix qui ont fait de vous ce que vous êtes devenus ?Centre d'entraînement Spartan Race

Myriam Guillot :
On a cru en nos rêves et en notre passion.
C’est le choix le plus important.

Jacky Boisset :
Je pense que les conseils qu’on a donnés pour devenir une Mimi un Jacky, c’est ce qu’on a appliqué à nous-mêmes.
On a voulu devenir les meilleurs.
On s’est donné les moyens, on s’est mis à fond là-dedans, on s’est investis et on s’est entraînés dur.
On a mis toutes les chances de notre côté.

Myriam Guillot :
on s’est  détachés de ce modèle sociétal.
Tu dit qu’on a des journées parfaites…  mais nous ça fait longtemps qu’on n’a aucune couverture sociale, on ne cotise à rien, on est de vrais électrons libres.
Je pense que c’est ça le choix.
À la base, on s’est fait jeter parce que notre statut n’était pas dans les cases.
Finalement c’était une chance.

Jacky Boisset :
Ça nous a donné notre liberté.

Myriam Guillot :
Sortir du système qui nous emprisonne et suivre sa passion.
Il ne faut pas le dire trop haut, parce qu’après, on peut se faire taper sur les doigts.
Il faut le faire discrètement.

Par rapport à la famille, les amis, la vie sociale, comment cela s’est passé d’avoir pris des choix de vie original ?

Myriam Guillot :
C’était un peu compliqué au début.
J’étais dans la recherche, j’ai arrêté mes études pendant ma thèse, j’étais promise à être une grande chercheuse, et tout ce qui va bien avec.
Ma famille a eu du mal à comprendre.
Et surtout, je suis partie vivre directement dans les montagnes, je voulais être boulangère… donc rien à voir avec la recherche.

Ce fut source de conflit.
Finalement, lorsqu’ils ont vu que j’étais plus épanouie dans ce que je faisais – ça a pris du temps – ils sont revenus sur ce qu’ils m’avaient dit et leurs opinions.

Ma situation ne faisait pas rêver sur le papier, mais j’étais heureuse, c’était le plus important pour eux.

Jacky Boisset :
Je pense aussi que dans notre vie, pour pouvoir performer on a dû faire des choix et des sacrifices.
Quelque part, on a fait des choix par rapport à la famille et les amis.
On partait toujours en compétition à l’autre bout du monde, on vivait dans un autre endroit…
Forcément, on voyait moins nos amis.
On a fait ce sacrifice pour que notre vie soit comme on la voulait.
On leur a dit : on vit notre vie pour nous, il ne faut pas la vivre pour les autres.
Vivre ses propres rêves et non vivre ce que d’autres veulent pour nous.

Myriam Guillot :
À notre mariage, nous avons organisé un weekend où on les a tous invités, familles et amis.
On a mangé cru, et on leur a expliqué pourquoi on partait vivre à l’étranger.
Et depuis ça se passe  bien.
Ils ont compris et comme disait Jacky, c’est très important de vivre sa vie.

Vous avez converti des gens? Vous en avez “contaminé” ?

Myryiam Guillot :
Alors juste à l’instant, on a eu le papa de Jacky, il vient de finit un jeûne de quatre jours et là il va boire un jus !

Jacky Boisset :
Autour de nous il y a eu de très bon et de très mauvais retour après le mariage, parce que ça a beaucoup touché les gens.
Ce sont de gros changements et de grandes décisions.
Certains ne voulaient pas entendre ça.
Mais aujourd’hui, je pense que ça a eu un impact positif sur beaucoup de personnes autour de nous.
On est super contents.

Myriam Guillot :
La semaine dernière, mon grand-oncle est venu avec sa femme. Ils ont 80 et 85 ans.
Ils sont venus en stage pour refaire leur alimentation et ils ont demandé un suivi en alimentation vivante.
Ça fait chaud au cœur quand ta famille, à cet âge-là, est prête à changer.
Ils ont ressenti directement que ça leur a fait du bien.
C’est important pour eux .
Pourquoi changer une alimentation fait peur à tant de monde ?
Parce que changer d’alimentation, ça change ta vie.
Ça change tout.
C’est un sujet tabou parce que c’est un sujet très profond, l’alimentation.

Jacky Boisset :
C’est un acte politique dans le sens où tu es obligé de remettre en cause certaines choses qu’on t’a inculqué depuis toujours.
C’est vraiment une grosse remise en question.

Myriam Guillot :
Après ça te change complètement
On alimente nos cellules avec des aliments vivants, ce n’est pas du tout les mêmes résultats sur le fonctionnement du corps et des cellules qu’une alimentation classique.

Vous semez vraiment des graines et vous en récoltez les fruits c’est le cas de le dire.

Myriam Guillot :
Ça tombe bien j’adore les fruits !

Jacky Boisset :
Je dirais plutôt qu’on sème les graines et qu’on regarde les fleurs qui poussent.

Myriam GuillotQuel est le pire conseil que vous avez entendu ?

Myriam Guillot :
Qu’on était complètement inconscients de ne pas avoir de sécurité sociale.

Jacky Boisset :
Les gens nous disaient de rentrer dans le système.
Que c’était important d’être bien dans le système.
Justement, c’est ce qu’on ne voulait pas faire.
Le conseil le plus fou qu’on nous ait donné, c’était de rester dans le système actuel.

Si vous pouviez vous rencontrer quand vous aviez vingt ans, quels conseils vous donneriez-vous ?

Jacky Boisset :
Pour moi c’est assez facile, je dirai arrêtes tes études et vas-y, fonce.
Découvre le monde avant de savoir ce que tu veux faire.
Voyage !
Voyage et quand t’auras bien voyagé, que tu auras de l’expérience, tu sauras exactement ce que tu veux faire dans la vie.
Tout sera plus facile, tout sera fait par passion parce que tu te connais mieux et que tu feras les choses par envie.
Alors que j’ai fait mes études parce que je ne savais pas quoi faire d’autre.
Si j’avais voyagé, je pense que j’aurais fait mes études dans ce que j’aime faire.
C’est-à-dire ce que je fais maintenant : conseiller les gens sur leur santé, leur alimentation, et comment bien vivre.
Donc mon conseil, c’est voyager absolument!

Myriam Guillot :
Oui !
Voyage et découvre le monde!
Quand on était en Australie, on a vu des ados qui avaient dix-neuf, vingt ans, faisant leurs études en fac. Ensuite, pendant un an, ils voyageaient avant de retourner à l’université.
C’était magique.
Ils partent, ce sont des bébés, ils reviennent, ce sont des adultes qui savent ce qu’ils veulent faire.
C’est chouette à vingt ans d’avoir cette opportunité.
À vingt ans, je ne savais pas ce que j’avais envie de faire.
Je n’avais pas le choix, tout le monde était pressé : allez, il faut prendre une décision.

Le pays qui nous a vraiment ouvert les yeux et la tête, c’est la Chine.
On est passionné par ce pays.
Tout est tellement différent.
Ça nous a remis en question, on s’est vraiment posé à plat.
Je suis vraiment heureuse d’avoir découvert ce pays presque c’est un peu grâce à ça qu’on est ici aujourd’hui.

Vous êtes toujours dans une alimentation physiologique, vivante, ou est-ce qu’encore aujourd’hui vous faites des écarts?

Myriam Guillot :
De manière naturelle, on ne va pas faire d’écart.
Les seules fois où ça nous arrive, c’est parce qu’on n’a pas vraiment le choix, et qu’on a pas forcément envie de jeûner à ce moment-là.
Sinon le dernier écart, ça devait être une patate douce ou un truc comme ça.

Jacky Boisset :
On ne va pas manger un hamburger même si on a très faim, car ça ne nous attire plus du tout.
Mais si par exemple on est dans un endroit et on a un peu faim, et qu’il y a des légumes cuits on va en manger.
Ça ne tord pas les boyaux.
Ce n’est pas grave.
Faut pas être extrémiste non plus.
Si on doit manger des trucs différents, on va le faire.
Mais on ne fait pas d’écarts par envie.
On préfère vraiment manger des fruits, c’est vraiment le truc qui nous attire.

Myriam Guillot :
Je n’aime plus la sensation, vraiment plus, la sensation de manger cuit.
Tu sais on conseille des personnes et on leur dit que c’est important de refaire des écarts, de retoucher a une alimentation traditionnelle pour se casser les mémoires.
Par exemple avant j’adorais les pizzas et si maintenant je mange une pizza et qu’elle me tort le ventre, le souvenir ce sera plus le même.
Maintenant on est arrivé a un stade où l’on n’aime pas la sensation que ça fait dans la bouche.
Ça donne soif, tu n’as pas à mâcher, car ça fond dans la bouche… C’est bizarre !

Jacky Boisset :
Ça donne la langue pâteuse, l’haleine pas bonne, mal au ventre. Et on ne dort pas bien ensuite.
Il n’y a pas de côté qui nous attire.

Myriam Guillot :
Certaines personnes nous disent qu’on mange comme ça parce que c’est une mode, parce qu’on est sportifs.
Lorsqu’on arrêtera le sport, on recommencera à manger de manière classique.
Mais c’est sûr que non parce que je n’aime plus manger cuit, comme si ce n’était pas naturel.
Donc je suis bien plus contente de manger mes oranges, etc..

Et en voyage c’est plutôt facile de manger de cette manière-là ?

Myriam Guillot :
C’est ultra facile.
C’est génial!

Jacky Boisset :
Pour te donner un exemple : chez nous on avait trois kilos de poires et de papayes
Quand on était dans l’avion, on a mangé les poires et là nos papayes sont dans la chambre, on va les manger bientôt !

Myriam Guillot :
En fait manger bio, tout cuisiné c’est ultra compliqué.
Mais ne manger que des fruits c’est facile.
On est à l’hôtel on va acheter des fruits, on pèle nos oranges on les mange.

Jacky Boisset :
Il y a des marchés partout dans le monde.
Dans n’importe quel pays il y a des fruits, il n’y a plus qu’a les manger.
C’est vrai que, côté pratique, c’est facile.
Plus à cuisiner, plus à faire la vaisselle…

Êtes-vous convaincus de quelque chose que les autres considèrent comme une folie?

Myriam Guillot :
Ne manger que des fruits !
Ils nous prennent pour des fous.
Mais nous, on se dit qu’ils sont fous de nous prendre pour des fous.

Je comprends assez bien, car je suis en transition vers une alimentation vivante.
C’est marrant comme, petit à petit, les autres me trouvent bizarre et je me dis c’est eux qui font des choses bizarres. C’est marrant ce changement de paradigme.

Myriam Guillot :
Exactement !
Et c’est comme dans le sport, tous nous disent comment vous faites du sport de haut niveau en ne mangeant que des fruits ?
Et moi je me dis : comment ils font pour performer en mangeant aussi mal ?

Avez-vous trois mots, idées concepts ou valeurs qui animent votre vie ?

Jacky Boisset :
Santé.
Plaisir.
Toucher ses rêves : accomplir ce qu’on a envie de faire, passion.

Myriam Guillot :
Il prend tous mes mots !
C’est passion, la vie et l’amour.
C’est un peu fleur bleue, non ?

Jacky Boisset :
Oui, je pense que c’est comme ça quand tu changes d’alimentation.
Je n’étais pas du tout comme ça avant, ça a bien changé mon caractère.
Je suis beaucoup plus compatissant et à l’écoute des gens.

Alors pour toi il y a vraiment un lien entre ce qu’on mange et ce qu’on est?

Jacky Boisset :
Oui.
En parlant grossièrement je pense qu’il y a vingt ans j’étais un p’tit connard…
Et maintenant, je suis quand même bien plus gentil.
J’ai perdu ce côté  méchant.

Quels sont vos prochains projets, vos prochaines aventures?

Jacky Boisset :
Des projets , on en a plein la tête !

Myriam Guillot :
Dans une à deux semaines, on a notre gamme d’huile d’essentielles qui sortent.

Jacky Boisset :
Les projets, c’est une boucle.
Comme on veut aider les gens, qu’ils soient plus en santé, on a notre centre qui se fait.
On fait des conférences.
Et vu que l’on conseille les gens, ils nous demandent toujours “où est-ce qu’on peut trouver tel ou tel produit ?”.
Donc avec notre nouveau site internet on va se débrouiller pour commercialiser des produits de santé.
On a quelques produits, dont nos huiles essentielles qui vont être dessus, réalisés en collaboration avec Nelly Grosjean.

Myriam Guillot :
Niveau sportif :
Pour moi les trois championnats du monde spartan de cette année.
Je vais essayer de les gagner.
Niveau écologique, nous avons un projet Race to green the desert.
Une partie de nos primes de courses sont utilisées pour planter des arbres.
Utiliser notre image pour motiver les gens à venir nous voir et planter les arbres avec nous.
Dans les courses spartan, il y a la course élite qui est chronométrée.
Ensuite, il y a les vagues. Ce sont les amateurs qui viennent juste pour finir la course.
Pour Race To green the desert, il y aura entre 1500 et 2000 personnes.
Ça se passera en Chine.

Jacky Boisset :
En fait les gens viennent et vont s’associer à nous pour qu’on leur donne des conseils.
Ils seront contents de nous voir.
En échange ils investissent deux euros par personne pour acheter un arbre et en fin de compte ça va faire une mini forêt.

Myriam Guillot :
On en plein la tête des projets, on adore les projets !

Jacky Boisset :
On essaie d’écrire notre livre pour transmettre nos expériences et nos découvertes.

Vous l’écrivez à deux ce livre?

Jacky Boisset :
On l’écrit à trois. Tout d’abord, tous les deux, puis ensuite avec Nelly Grosjean.

Est-ce qu’il y a une question que vous aurez aimé que je vous pose?

Myriam Guillot :
Tu ne nous as pas demandé si on était heureux !

Est-ce que vous êtes heureux, par hasard ?

Myriam Guillot :
Eh bien, oui, on est heureux.

Jacky Boisset :
On adore notre vie et on est contents de se lever tous les matins.

Avez-vous un livre à conseiller?

Myriam Guillot :
Sur la santé le livre de Robert S.Morse : Le grand pouvoir de la détoxification.

Génial !

On on arrive à la fin de cette interview
Je vous remercie d’y avoir consacré tout ce temps.Vous avez un petit mot de la fin?

Myriam Guillot :
Croyez en vous !
Suivez vos rêves !
Et tout va bien se passer !

Jacky Boisset :
Oui, il faut faire les choses à fond !

Jacky et Myriam s'entraînent...

Envie de courir un peu plus loin ?

Maintenant, vous souhaitez aussi réaliser de grandes choses, comme devenir Champion du Monde de votre propre Monde ? Alors, je vous suggère discrètement de cliquer ici. 😉

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À notre époque, est-ce raisonnable d’être passionné ?
La passion est elle indispensable pour avoir de bons résultats ?
Peut-on avoir de bons résultats sans passion ?
Doit-on choisir entre être raisonnable et être passionné ?

Dans Champion dans la tête, François Ducasse parle de la passion.

Comme pour le premier épisode sur la Carte du Mental, je vais partir du livre pour y mêler ma propre expérience, et ainsi, j’espère, vous donner des pistes pour votre propre pratique.
L’idée n’est pas juste de parler pour trouver une excuse pour ne pas aller courir.
Non, je fais ces articles afin de prendre un peu d’élan, et de pouvoir courir plus longtemps.

Vous savez que j’aime bien faire des pas de côté, réfléchir différemment…
Bien loin d’un simple passe-temps, c’est surtout que je ne me reconnais pas dans les approches mainstream de la course à pied, du sport, de la vie, de la mort, de l’univers et de tout le reste.

 

Alors, la passion en course à pied, et ailleurs…

D’après François Ducasse, la passion est :

un état d’âme excessif, le contraire d’un état neutre.
C’est un intérêt irrésistible et exclusif pour une chose ou un but, entraînant un bouleversement de tout l’être, une intensification des émotions et de l’estime de soi.

J’aime ça !
On sort du politiquement correct, de la vie morne pour oser mettre du mouvement.
Je retiens le mot excessif.
Combien de fois je m’auto-sabote en voulant être “normal”, en suivant le chemin habituel ?
C’est une évidence, mais il est bon que je m’entende le dire : le chemin le plus fréquenté n’est pas le chemin le plus passionnant. C’est une évidence, car la passion est par nature exigeante.

“Un état d’âme excessif”.
“Un bouleversement de tout l’être”
“Une intensification de l’estime de soi”.

Excessif : au diable la modération !
S’engager pleinement dans une voie, comme je l’ai annoncé dans l’article J’ai décidé de devenir champion du monde, est excessif.

Mais la vie réclame de la radicalité !
Radicale, revenir aux racines, à la base.

Donc, la passion est un élan intérieur qui paraît excessif pour l’entourage.

Un bouleversement de tout l’être : il m’arrive de ne pas réussir à dormir, trop excité par des milliers de projets.
C’est bon signe ! (même si le sommeil est important, mais pour cela, il faut vider la mémoire vive avant de dormir… autrement dit, faire une transition pour aller vers le sommeil).

Et une “intensification de l’estime de soi” !
Quand on a un projet, un rêve un peu fou, il faut le respecter, nous l’avons vu ensemble la semaine dernière.
La passion va nous permettre d’être armés pour cela, en améliorant notre estime de soi.
Combien de fois vous êtes-vous résigné sur un rêve, vous disant que ce n’est pas pour vous, que vous n’avez pas les capacités ?

Qu’importe ! Cultivez votre passion, vos capacités vont venir.
Car le talent d’exercer son talent ne vient pas des autres ou de l’école, mais vient du fait de faire sautez des barrières mentales.
Soyez excessif !

Écoutons encore un peu ce que dit Champion dans la tête :

Les avantages de la passion sont si grands qu’il faut éviter de la gâcher.
Une passion est aveugle, elle nous empêche de voir les obstacles.
Elle nous procure l’énergie de surmonter des difficultés colossales.
Elle permet de développer l’estime de soi, de se sentir exister.
La nouvelle image de nous-mêmes qu’elle nous renvoie nous permet d’étayer les projets du moment, voire ceux de toute une vie.
La passion nous domine, elle est une « bonne folie », mais une folie qui s’exerce dans le réel.
Elle guide nos pas, donne du ou des sens à la vie : des sensations, une direction et une signification.

Oseriez-vous suivre votre passion ?La passion nous domine !
Mais pour se faire, il faut lâcher prise.
On retrouve l’idée de faire tomber une barrière mentale.
Car la passion ne sera jamais plus forte que toute notre éducation, nos préjugés, la pression sociale.
Elle nous dominera si on lui laisse l’espace pour s’exprimer.
Tout n’est que croyance.
La passion nous permet de privilégier certaines croyances plutôt que d’autres.
Réfléchissez à toutes les croyances que vous avez.
Il est d’ailleurs plus facile de réfléchir aux croyances que vous avez déjà laissé tomber, que vous avez déjà remplacées.

Par exemple, je pensais que je n’allais jamais pouvoir faire du sport régulièrement.
Car petit, on me l’avait dit, je ne suis pas un sportif, j’ai un décalage de longueur entre mes deux jambes.
Ça ne fait rien, je suis fort au jeu d’échecs, j’aime bien lire, je serai un intellectuel.
Donc, pendant longtemps, je refusais le terme de sportif. J’aime bien bouger, mais c’est tout.
Et puis un jour, j’ai décidé de m’investir dans les arts martiaux.
Les côtés spirituel et physique se rejoignent.
Pour aller plus loin, je dois résoudre ce problème physique, ou m’y résoudre de laisser tomber.
Ma passion pour les arts martiaux m’a permis d’aller plus loin dans la compréhension de mon corps.
Et de faire tomber cette croyance : je ne peux pas faire de sport à haute dose.
Et bien si.
Mais à moi de tracer le chemin.

Autre croyance : le fait de ne pas pouvoir faire un sport d’endurance, car je perdais connaissance petit.
J’ai une constitution fragile, voilà tout.
Eh bien non !
C’était une histoire d’alimentation !
Je reviens d’une rando de 5 jours en jeûnant, 150km avec du dénivelé : aucun évanouissement.
Croyance : 0 Mickaël : 1 point.

Je sais qu’il me reste beaucoup d’autres croyances, à laisser tomber petit à petit.
Pour ce faire, l’action est primordiale : je pense ne pas être capable, tant pis. Je le fais quand même, et j’apprends.
La passion permet d’être excessif, d’agir contre soi-même, pour finalement découvrir que ce “soi-même” n’était qu’une chaîne.

Ça me fait penser que ce dimanche, j’ai un trail de 54km qui m’attend.
J’ai peur. Je ne suis pas capable.
Mais je serai sur la ligne de départ.
Et ma foi, j’en suis tout excité…
C’est bon signe 😉

Alors, quand est-on champion dans la tête ?

Toujours tiré du fantastique livre Champion dans la tête.

Je le suis quand…
• Je n’ai pas peur d’être déraisonnable
• Je m’accorde le droit de ne faire qu’un avec ma passion.
Je ne le suis pas quand…
• J’affirme avoir une passion, mais je ne verse jamais dans l’excès.
• Je renonce à améliorer ma condition à cause des risques.

Ces questions sont vachement importantes.
La passion est excessive, rappelez-vous.
On ne peut pas rester dans le cadre, et vivre pleinement sa passion.
Oui, être passionné dérange.
Ce n’est pas raisonnable.
Tant mieux. Jusqu’à preuve du contraire, nous n’avons qu’une vie.
Et il y a tellement de choses excitantes à vivre.
Des choses extraordinaires.
Pour sortir de l’ordinaire, il faut agir différent.

Est-ce que je m’accorde le droit de ne faire qu’un avec ma passion ?
Comment cela se traduit-il, concrètement ?
Si votre entourage vous considère comme quelqu’un d’étrange, c’est bon signe !

Pour finir, si on parlait un peu des risques…
Renoncer à améliorer sa condition à cause des risques.
Évidemment, ne soyez pas stupide.
Sinon, vous n’allez pas le rester longtemps.
Cependant, la plupart des risques ne sont pas dans le réel, mais dans notre tête.

Si je fais trop de sport, je vais m’évanouir…
Si je rentre dans ce bain glacé, je vais aller mal…

L’inconnu fait peur, car c’est éprouvant pour le cerveau d’appréhender ce qu’il ne connait pas.
Or, votre condition actuelle, il la connait.
Et même si elle est désagréable et frustrante, c’est bien plus économique pour lui – le cerveau – le cortex préfrontal pour être précis- de faire en sorte que vous restez dans une situation désagréable connu, que de plonger vers l’inconnu.
David Manise parlerait d’automatisme dans l’interview pour CourirUnTrail.
Un risque, c’est une invitation à trouver un chemin pour y aller, sans être stupide.

La prochaine fois que vous trouvez quelque chose de risquer, demandez-vous pourquoi ?
Le risque est-il que vous réussissez ?
Et alors, qu’est-ce que ça changerait pour vous, pour votre situation ?

Soyez passionnés, soyez fous, soyez vivant !

Cette série d’articles sur Champion dans la Tête de François Ducasse et là pour faire trembler vos barrières, vous armer pour l’inconnu et vous faire kiffer votre life, quoi !
À très bientôt pour le prochain article sur le sujet, on parlera de suivre son désir…

Envie de faire sauter une barrière ?
Et si vous arrêtez de subir le froid avec la première formation de l’école des Aventuriers ?

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Guillaume Arthus : Mental, Endurance, Navigation, Autonomie

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Guillaume Arthus, ou comment ne pas tout casser chez soi permet de finir les courses les plus dures du monde…

C’est l’occasion de découvrir comment on peut planifier un projet, se donner les moyens et les outils pour y arriver, et comment faire si ce dont on a besoin – comme du matériel – n’existe pas à ce jour.

Mais aussi : doit-on choisir entre son job et l’ultra-trail ?
Et l’astuce pour faire de grandes choses, grâce à ces petits moments qu’on refuse de perdre…

Je vous recommande l’écoute du podcast, disponible en haut et sur toutes les plateformes d’écoute. Les mots ne peuvent pas retranscrire tout le personnage… Néanmoins, vous pouvez retrouver l’intégralité de l’interview ci-dessous.

Toutes les photos sont de l’invité lui-même !

 

Bonjour Guillaume Arthus,
Merci de consacrer du temps à CourirUnTrail. Alors, te présenter… Tu fais de la course à pied dans ta vie. Ou plutôt, tu fais de ta vie de la course à pied. Beaucoup de course à pied. 4000km par an, partout sur la planète, tout en tournant des vidéos.

Guillaume Arthus :
Des vidéos, oui, et se faire plaisir.

Et une de tes particularités, c’est, comment dire… quand on parle de course à pied, on pense à des marathons dans des grandes villes, ou à des belles montagnes, des oiseaux qui chantent, le soleil qui brille, l’herbe qui verdoie. Mais toi, pas forcément.
Tu t’amuses, par exemple, à courir 271 fois dans les mêmes escaliers à Montmartre, ou de tenter de courir 320km dans un tunnel en Angleterre.
Ou dans le désert…
Ou encore, courir 50km en buvant 11 bières.

Guillaume Arthus :
Guillaume Arthus et les escaliers de MontMartreAbsolument.
La course à pied, et l’ultra en particulier, va se faire principalement en montagne ou en bord de mer, comme dans le Golfe du Morbihan.
Mais il y a des moments où il faut aller se tester.
Tester son mental et sa vitesse, ainsi que sa capacité à courir quand il n’y a rien autour, pour devenir plus fort par la suite.
Récemment, je me suis un peu plus concentré là-dessus : les escaliers de Montmartre, courir dans un tunnel, faire la même boucle de 7km quasiment 24h de suite.
L’idée est de vraiment travailler le mental dans ces courses pour pouvoir faire d’autre chose après, et notamment de profiter pleinement de la montagne quand j’y suis.
Ce n’est pas forcément la finalité en soi de faire des courses comme ça sans aucun paysage, mais ça m’aide énormément par la suite quand je suis dans les Alpes ou autre pour vraiment profiter au maximum.
Au final, quand on a un bon paysage, c’est plus facile mentalement, mais quand on a déjà eu des épreuves où il n’y a rien à voir, et qu’il fallait tout faire avec sa tête, on est beaucoup plus serein, face à l’adversité quand on est en montagne.

Ce n’est pas une volonté en soi de ne faire que des courses bizarres et étranges, mais surtout la volonté d’être vraiment prêt lorsqu’on en a besoin, dans des paysages grandioses.

C’est plus un tremplin, une préparation mentale, plutôt qu’un moyen de chercher tes limites ?

Guillaume Arthus :
C’est ça. Après, les limites mentales font partie de l’exercice, et bien entendu, cela m’intéresse d’aller les chercher.
Mais c’est aussi un outil de travail.
C’est un peu compliqué d’expliquer quand on voit ce genre de chose – par exemple à Montmartre, 271 fois les marches de Montmartre, plus de 11 000 m+ en un peu moins de 80km pour 22h – c’est compliqué d’expliquer que je suis en train de m’entraîner en faisant une séance de côte pour faire d’autre chose plus tard.
Pareil dans le tunnel, ne pas voir la lumière du jour pendant 1 jour et demi ou 2 jours et faire 200 bornes dans un tunnel, c’est juste pour travailler le mental et être sûr qu’on est prêt pour les objectifs à suivre.
C’est vrai que lorsqu’on regarde un objectif par-ci par-là, et qu’on voit uniquement ces courses, ça peut paraître bizarre comme pratique de la course à pied, mais en fait, ça s’intègre vraiment dans un plan global d’entraînement à l’année.

Là, je vais faire environ un ultra par mois, et il y a 3 ou 4 ultras un peu étranges dans l’année.
Et le reste de l’année, vraiment se faire plaisir.
Aller courir par exemple un 250 km en Angleterre – la Viking Way – où l’on doit être en navigation et en semi-autonomie et boucler le tout en moins de 36h.
L’idée est d’avoir des épreuves qui paraissent difficile et totalement inutile de prime abord, mais en réalité, c’est un outil de travail totalement fabuleux pour la longue distance et faire des ultras après.

Comment en es-tu arrivé-là ? Quelle est ton histoire pour qu’aujourd’hui, tu coures et filmes tout ça ?

Guillaume Arthus :
Il faut savoir que j’ai commencé à courir il y a 9 ans environ, absolument par hasard.
J’étais nageur avant.
Pour les études, je devais partir de ma ville, de Paris, pour aller à Angers, où je n’avais plus la possibilité d’être en club de natation.
Et par conséquent, arrêter la natation.
Le jour où j’ai appris ça, j’étais un petit peu énervé…
Au lieu de tout casser chez moi, je suis allé courir le lendemain matin, dans un bois à côté de chez parents.
J’ai tourné autour du lac jusqu’à ce que je n’en puisse plus.
J’étais vraiment lessivé quand je suis rentré.
C’était la première fois que j’avais couru.
En rentrant, mon père me demande ce qui s’est passé, j’étais parti deux heures.
Il me dit de regarder ce que j’ai fait. J’ai regardé sur la carte, et en fait, ce jour-là, j’ai fait un semi-marathon.Guillaume Arthus

Donc, la première fois que j’ai vraiment couru de ma vie, j’ai fait un semi-marathon.
Deux ou trois ans plus tard, je me suis dit que c’était là mon sport.
Ce fut une évidence, la natation, c’était terminé, mais que mon nouveau sport, c’est la course à pied.
Très rapidement, ça s’est transformé en long.
J’ai fait trois marathons entre 2010 et 2012, qui étaient un peu calamiteux.
Enfin, mon premier temps, c’était 4h40, puis l’année d’après 4h20.
Donc, pas calamiteux, mais c’est tout à fait accessible, rien de bien mirobolant.
Mais ensuite, quand je me suis vraiment mis à faire du fractionné et autres, c’est parti en freestyle !
L’année où je passe 3h30 sur mon troisième marathon à Paris, je m’inscris à deux trails, je finis la Saintélyon.
Un an après, je fais un 170km au Canada, où j’étais en Amérique du Nord pour mes études.
Et en 2014, 4 ans après avoir commencé à courir, je suis sur le départ de l’UTMB, et je le finis.

C’est assez bizarre comme profil et comme découverte de la course à pied.
Puisqu’au final, je suis tombé dedans par hasard, je suis resté, et je me suis assez rapidement mis à faire du long.
Parce que c’est ce qui m’intéressait : explorer des territoires en courant, aller voir des choses absolument incroyables…
Mais quand j’y réfléchis, je n’ai jamais couru pour faire de la distance.
Pour moi, la course à pied et la distance a toujours été un prétexte pour aller explorer de nouveaux endroits, voir de nouvelles choses, et explorer ses limites.
Et dans ses notions, faire des vidéos pour partager ce qu’on voit et des chemins que je découvre où il n’y a pas de course, seulement 30 personnes passent par là par an, en faire une vidéo pour montrer aux gens qu’il y a autre chose que les courses pour aller courir. C’était quasiment une évidence.
Ma première GoPro a été directement importé des US, car ce n’était pas encore vendu en France.
Tout de suite, je me suis dit que c’était nécessaire pour moi de documenter et de pouvoir partager par la suite ces expériences personnelles. Je me suis aperçu qu’il y a plein de gens qui pouvaient être intéressés et qui au final le sont, par découvrir de nouveaux espaces et d’aller les explorer à leur tour.

Tu avais déjà une bonne base en natation ?

Guillaume Arthus :
Je n’étais pas très bon nageur, mais je n’étais pas mauvais non plus.
Je faisais le 100m en 1minute 1 en bassin olympique.
Ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas exceptionnel non plus.
J’avais une condition physique correcte, mais pas non plus exceptionnelle.
Et même aujourd’hui, ma condition physique est plutôt bonne – si je m’inscris à l’UTMB, je ne vais pas avoir de problème à le finir, mais je ne vais pas non plus être dans les cinquante premiers.
Mais j’ai un niveau suffisant pour être dans le premier tiers du classement de n’importe quelle course.
Sur les courses qui sont particulièrement difficiles mentalement, où il y a de la navigation, des barrières mises contre les coureurs – c’est à dire, où la course essaie de ne pas avoir de finisher – c’est là où je vais être, on va dire, moins mauvais que les autres, et c’est à ce moment-là que je vais pouvoir faire des podiums.

Quelle est ta routine d’entraînement, que ce soit pour le physique ou pour le mental, vu qu’apparemment, le mental te distingue des autres coureurs d’ultra ?

Guillaume Arthus :
Distingue, je ne sais pas, mais c’est vrai que je porte une grande importance au mental.
Au final, quand on est en train de piocher depuis 30h, et qu’on a pas dormi, la différence ne se fait plus dans les jambes, mais dans la tête.
Donc, travaillez le mental au même titre que le physique, c’est pour moi primordial.
Et quelque part, ça permet aussi d’avoir du confort dans la vie de tous les jours.
À force d’avoir fait des efforts tellement violents mentalement et de s’être fait tellement violence en course, on se retrouve, dans la vie “réelle”, avec des moments qui, au final, ne sont pas graves, on va pouvoir s’en sortir…

Pour la routine d’entraînement, j’ai des saisons assez longues.
Je fonctionne par session de 8 mois. Je commence toujours par un énorme bloc de travail, où je vais faire 150km par semaine – en gros, c’est deux marathons par semaine, l’un le mardi soir, l’un le dimanche matin.
Je vais vraiment faire du volume, principalement sur du plat, essayer de travailler le foncier.
Ensuite, je vais enchaîner sur différents ultras qui vont être comme des sorties longues.
C’est à dire, pour préparer un 250km, je vais faire un 100 miles – 160km – deux semaines avant, par exemple.
Sur le papier, on a l’impression que je fais des ultras tout le temps, mais en fait, c’est surtout que maintenant, une sortie longue, c’est un 150km.
Donc forcément, au bout d’un moment, ça commence à faire beaucoup de kilomètres…
Je suis vraiment sur une session de 8 mois pour une saison.
Je vais être entre 7 et 8 trails au-dessus de 80km dans une saison, avec un ou deux objectifs principaux au-dessus de 250km.

Que de la course à pied, ou tu croises de l’entraînement ?

Guillaume Arthus :
Je ne croise pas trop.
Ça m’arrive de temps en temps d’aller nager un peu, mais sinon, je ne croise pas. Je ne fais pas de préparation générale non plus. Par contre, je varie les entraînements : je continue à faire du fractionné, à aller sur la piste faire des 400m, continuer à faire des footings, des séances de côtes. Et comme je voyage pas mal pour la course à pied, j’utilise les autres courses comme sorties longues et comme atelier de travail pour faire du dénivelé, savoir gérer son sac à dos et son alimentation, passer une nuit blanche à courir… J’utilise vraiment les courses comme modules d’entraînement.

Cela fait pratiquement 5 ans que je travaille sur un projet qui s’appelle la Via Alpina.
C’est un trail qui fait toutes les Alpes, de Slovénie à Monaco, en traversant les 7 pays des Alpes.
2650km avec 170 000m+.
J’ai passé les cinq dernières années à travailler sur ce projet.
À être prêt physiquement, mentalement ainsi que sur d’autres compétences.
Depuis 2014 -la fin de mon UTMB -, toutes les courses que j’ai faites ont été dans cette optique-là, de devenir plus fort et d’acquérir les compétences nécessaires pour pouvoir être prêt pour attaquer ce projet un peu pharaonique qui va commencer en septembre de cette année – 2019.
Après 5 ans de travail, c’est bientôt le moment de passer à l’acte.

Tu étais seul dans cette préparation, ou tu avais une équipe ?

Guillaume Arthus :
Je n’ai pas eu d’équipe autour de moi.
Je n’ai jamais eu vraiment d’entraîneur non plus.
J’étais en stage à un certain moment en entreprise, et j’ai eu l’occasion de travailler avec Bruno Heubi pendant six mois.
Bruno Heubi a gagné les 100km de Millau et il a été en équipe de France de Marathon et de 100km.
Il sait comment faire pour courir longtemps.
C’était il y a quelques années maintenant – 5/6ans – mais j’ai adopté sa stratégie et philosophie d’entraînement qui est toute basée sur l’endurance maximale aérobique -c’est une variante de la VMA pour ceux qui connaissent.
L’idée est de dire : quelle est ta vitesse fondamentale, et comment tu peux l’améliorer et la soutenir la plus longtemps possible.
J’ai gardé cette philosophie d’entraînement.
Je ne suis pas suivi par un coach ou une équipe en particulier, mais ma philosophie est celle de Bruno Heubi, qui est d’ailleurs un entraîneur totalement fabuleux.
Pour ceux qui veulent progresser, je vous conseille d’aller le voir.

C’est vrai qu’à titre personnel, je n’ai jamais été très coach et encadrement.
Quand j’ai compris une philosophie, j’essaye avec plus ou moins de réussite de le reproduire par moi-même, et ainsi apprendre. L’idée, au lieu d’avoir une équipe qui m’encadre pour me donner des conseils, j’ai voulu beaucoup apprendre sur le terrain.
Et c’est là que courir 200km dans un tunnel pour se tester mentalement, cela devient tout de suite assez logique.

J’avais quatre compétences qui étaient pour moi nécessaires d’acquérir : MENA.
Le Mental, l’Endurance, la Navigation et l’Autonomie.
Le mental, on voit bien ce que c’est : la résilience, la capacité à prendre de bonnes décisions.
L’endurance physique, avoir les jambes pour : est-ce que je suis capable de faire 60km par jour avec 4000m+, 43 jours de suite – ce que je dois faire pour les Alpes.
Et deux autres compétences moins connues dans le monde de l’ultra-trail, car les courses sont souvent balisées.
La navigation : savoir se servir d’une boussole, savoir estimer les temps de passages entre tel et tel point en fonction des courbes de dénivelé présent sur une carte, pour se dire si j’ai le temps d’aller au prochain point, au prochain refuge, au prochain ravitaillement.
Et l’autonomie, ce n’est pas seulement savoir quoi manger, mais surtout, savoir gérer son sac à dos, qu’est-ce qu’on met dedans pour avoir une protection pour l’ensemble du climat, il y a plein d’éléments derrière l’autonomie : à quelle vitesse on est capable de faire une rotation ?
La rotation, c’est le temps qu’on va passer entre courir et dormir, et dormir et courir. C’est du temps perdu par jour. Si tu n’es pas en train de dormir, c’est que tu n’es pas en train de te reposer de la manière la plus efficace possible.
Et si tu n’es pas en train de courir, c’est que tu n’es pas en train d’avancer.
Dans cette partie autonomie, l’idée est d’avoir le matériel et les compétences nécessaires pour pouvoir bouger le plus rapidement possible, et enchaîner jour après jour la performance pour pouvoir faire ces Alpes en courant.
C’est vraiment 5 ans de travail à développer 4 compétences pour pouvoir atteindre cet objectif.

Pour le mental, tu as des exercices quotidiens, ou c’est ta routine d’entraînement et le fait de courir dans un tunnel qui te permet de le développer ?Guillaume Arthus

Guillaume Arthus :
Courir dans un tunnel de temps en temps, ça aide.
Mais c’est plus une phase de test alors, c’est là où on va vérifier les acquis.
Mais sinon, mentalement, c’est plus, par exemple : j’ai prévu de sortir à 18h, qu’il neige, qu’il grêle ou qu’il y ait une tempête, à 18h, je suis dehors.
L’idée, c’est que l’entraînement doit être plus difficile que la course.
Les conditions météo ne doivent pas jouer sur le fait de partir à l’entraînement.
Si je ne me sens pas bien parce que j’ai mal au bide, je vais tout de même aller courir, etc.
Ne pas utiliser les moments d’inconforts comme une excuse pour décaler ou ne pas faire une séance, mais utiliser ça comme une zone de travail.
Pareil, entre 2012 et 2015, je faisais les sorties le dimanche soir après le film, où j’allais courir 35 bornes dans Paris et revenir à 3/4 heures du matin pour apprendre à courir la nuit.
Et à 7h, j’étais au travail.
Se mettre dans les situations d’inconforts – que ce soit physique, en termes de sommeil, ou mental -, se mettre dans le mal, mais dans un cadre contrôlé d’entraînement pour pouvoir ensuite le jour J être prêt.
Parce qu’au final, le corps et la tête ont déjà vu tellement pire en entraînement, que le jour J, c’est facile.
Et en termes de résultat, mentalement, je ne sens plus la fatigue arrivait avant la deuxième nuit.

Concrètement, si je pars courir le vendredi matin à 6h, je commence à ressentir la sensation de fatigue deux jours après, le dimanche matin avant le lever du soleil.
Quasiment deux tours d’horloge sans avoir la sensation de fatigue.
Et c’est un exercice mental essentiellement.
Le corps n’a pas besoin forcément de dormir, mais le cerveau va t’envoyer des signaux de malade : faut que tu dormes, ça fait 36h que t’es debout.
Mais dans la réalité, tu n’as pas forcément besoin de dormir. Ça s’apprend, et c’est un travail mental.
C’est là qu’on voit que ça porte ses fruits.
Travailler le mental en se forçant de faire des sorties difficiles en entraînement, dans des conditions difficiles, c’est le secret pour moi afin d’arriver à être plus fort dans la tête, par rapport à soi-même, bien entendu.

Tu t’entraînes combien d’heures par semaine ?

Guillaume Arthus :
Entre 10 et 15h, en fonction des semaines.
Bien entendu, il faut trouver le temps.
Et trouver le temps, c’est ne pas regarder la télé, éviter de regarder des séries sur Netflix.
10h par semaine, c’est un peu moins d’une heure et demie par jour.
Et une heure et demie par jour, c’est assez facile à trouver, en fait, quand tu coupes Facebook et Twitter, et que tu évites de regarder des vidéos sur YouTube.
Tout le monde peut trouver une heure et demie par jour pour pouvoir dégager 10h par semaine.

Une question primordiale. Peut-être la moins sensée de l’interview, ou la plus inutile : est-ce que tu pourrais expliquer à ma maman pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu fais de la longue distance ?

Guillaume Arthus :
Comment expliquer à ta mère pourquoi je fais ça ?
Je pense que c’est juste parce que je peux.
Au-delà même de la Via Alpina et de ce projet dont on peut dire que tout ce que j’ai fait dans ces cinq dernières années, c’était justement pour aller vers ce projet.
Mais alors, je pourrai maintenant devoir expliquer pourquoi je veux faire cette traversée des Alpes.
C’est justement parce que je peux.
Et j’ai envie de voir si je peux effectivement le faire.
Et je crois qu’il n’y a pas d’autres raisons.
Et je crois que s’il y avait une autre raison, pour essayer de prouver quelque chose à quelqu’un d’autre, ou même se prouver à soi-même… Enfin…
Il y a des moments, quand on voit un objectif, et qu’on sent que c’est possible de le faire et qu’il faut juste travailler pour y arriver, c’est une motivation suffisante pour y aller et le faire.
Je crois qu’il n’y a pas de raison.
Ce n’est pas très satisfaisant pour ta mère ni pour la mienne, je t’avouerai.
Mais ta mère va s’y faire, au même titre que la mienne s’y est faite.
La mienne a mis 5 ans à s’y faire.

Il faut prendre un peu de temps pour comprendre que cela fait partie d’un mode de vie.
Aujourd’hui, c’est la manière dont je vis, de faire de l’ultra et d’aller courir tous les week-ends. L’entourage s’y fait, au final.
Au début, ça paraît bizarre et vraiment étrange, et par la suite, on a le droit à des discussions vraiment hallucinantes : tu as fait quoi ce week-end ? 150 bornes. Ah, du coup, tu t’es traîné, tu t’es un peu tourné les pouces.
C’est assez drôle, tu vois.
Au début, c’est : mais pourquoi ? Et au final, les gens s’habituent à tout.

La famille… Et les amis aussi, non ? 10h d’entraînement dans la semaine, il y a moins de temps pour le côté social…

Guillaume Arthus :
Oui, c’est vrai. Je sors quand même moins qu’avant.
Mais je sors tout de même une à deux fois par semaine.
Je n’ai pas sacrifié les amis pour autant.
Mais c’est vrai que les week-ends où je suis en vadrouille pour aller courir à droite à gauche, en Angleterre où je ne sais où, il y a des occasions que je loupe.
Par contre, quand je suis là à Paris, ou en France, je fais toujours l’effort de me déplacer, car je sais que les occasions sont réduites, donc à chaque fois qu’il y en a une où je suis dispo, j’y vais.
Et puis, les gens s’y font.
Ils savent que ça fait partie de ta personnalité.
S’ils ne sont pas d’accord, ça ne changera rien de toute façon.
Il y a des amis qui s’en vont et des nouveaux qui arrivent, c’est la vie.
Mais dans l’ensemble, les gens comprennent ce qu’on cherche à faire, ou plutôt, savent que ça fait partie du deal.
Ce n’est pas pour autant que je vais refuser une bière ou autre, les gens qui me côtoient savent très bien que si on me demande de faire une petite soirée, d’aller boire des bières et refaire le monde dans un bar, je suis le premier partant.

Justement, par rapport à l’entraînement invisible, donc le repos, l’alimentation… As-tu un axe particulier, ou est-ce que ça se fait assez naturellement ?

Guillaume Arthus :
C’est assez naturel.
C’est-à-dire que je ne vais pas me faire violence, que ce soit sur l’alimentation ou sur le repos.
Après, je n’ai pas besoin de beaucoup de repos, je ne dors que 6h par nuit, ça aide.
En termes d’alimentation, je ne suis pas végane, je ne fais pas excessivement attention.
Par contre, je ne prends pas de plats préparés, ou de compléments alimentaires, ou des choses comme ça.
C’est juste des gros volumes, en fait.
Quelqu’un mangerait 200grammes de pâtes, j’en mangerai 300 ou 400.
En soi, ce n’est pas une alimentation très rigoureuse. Je vais boire de la bière jusqu’à l’avant veille de la course, voir la veille.

Après, je cours aussi pour le plaisir.
Donc, si je dois retirer toute forme de plaisir à côté de la course à pied, juste pour avoir une zone de plaisir, ça ne me paraît pas très sain comme approche.
J’ai plus une approche hédoniste de l’affaire.
Et tant pis si ça me coûte de la performance.
De toute façon, ce n’est pas vraiment pour ça que j’y vais.
L’idée, c’est vraiment de se faire plaisir et de pouvoir maintenir un effort constant sur plusieurs jours.
Garder du plaisir sur l’alimentation et dans l’a-côté, c’est quasiment primordial pour pouvoir gérer mentalement l’effort et la difficulté.

Est-ce que tu penses que tout le monde peut faire la même chose que toi ? De l’ultra-trail, de l’ultra longue distance…Guillaume Arthus

Guillaume Arthus :
Absolument.
Maintenant, est-ce que tout le monde a la volonté de mettre l’effort nécessaire et les sacrifices associés à faire de l’ultra-trail ou de la longue distance, je ne pense pas.
Et ce n’est pas parce que les gens sont plus faibles ou plus forts ou quoique ce soit, non.
C’est une question de volonté.
Il y a des gens qui ont d’autres priorités, de fonder une famille, d’avoir des enfants et autres… Et c’est très bien. Mais ça prend du temps également.
Il y a un trade off, comme on dit en anglais.
On ne peut pas tout avoir dans la vie.
Je pense que si toutes les personnes qui sont effectivement motivées pour le faire peuvent le faire.
Ça va paraître un peu bizarre ce que je vais dire, mais pour moi, l’UTMB, ça reste quelque chose d’accessible.
Ça ne veut pas dire que tout le monde peut le faire du jour au lendemain, pas du tout.Ça veut dire qu’avec un plan d’entraînement sur 3/4 ans, quelqu’un qui est motivé, qui a la condition physique – qui n’a pas de déficience grave, cardiaque ou autre – peut tout à fait arriver à finir l’UTMB.
Ça ne veut pas dire que cette personne va finir dans les tout premiers et dans des conditions de fraîcheurs totalement incroyables, non. Ça va lui coûter, ça va être difficile.
Mais je pense que tout le monde peut le faire.
Il faut se donner les moyens.
Quand on commence à faire des choses difficiles, effectivement il y a du travail, il y a des sacrifices.
Il faut être sérieux dans ce qu’on fait.
Mais tout le monde peut le faire.
Il faut juste avoir l’envie.
Sans l’envie, on ne fait rien.
Et de l’envie découle ta motivation.
Et la motivation va te forcer à te donner les clés, et va te développer musculairement, mentalement, ta capacité à gérer ta course…
Bref, à te donner les clés pour y arriver.

Quels sont les choix qui ont fait de toi ce que tu es devenu ?

Guillaume Arthus :
Beaucoup de hasard.
La manière dont j’ai commencé la course à pied, déjà.
C’est un peu symbolique de ce qui me fait aujourd’hui être un ultra-traileur.
Je pense qu’il y a beaucoup de petits moments où on ne se rend pas forcément compte de leur importance.
Si je m’étais dit en 2010, à moi-même, que le fait d’aller courir pour me défouler au lieu de tout casser chez moi, me mènerait 9 ans plus tard à traverser les Alpes en courant, je me serai regardé entre quatre yeux en disant : arrête un peu tes conneries, c’est n’importe quoi.
Je trouve qu’il y a beaucoup de moments, d’opportunité comme ça qu’on ne voit pas, des pertes latentes.
Toutes ces petites choses qu’on remet à demain et que finalement, on ne fait pas, si ça se trouve, c’était l’un des moments clés qui allait changer absolument tout.
Je crois que c’est un peu la philosophie que j’ai adoptée ces dernières années dans mon entraînement, et dans la vie en général : ne pas remettre au lendemain ce qu’on peut faire aujourd’hui, car, sans le savoir, on a peut-être non seulement repousser l’échéance qu’on avait aujourd’hui, mais potentiellement quelque chose de beaucoup plus grand.
Et la seule manière de savoir si c’était quelque chose de beaucoup plus grand, c’est de le faire, et de regarder a posteriori quelques années plus tard.

Quel est le pire conseil qu’on ta donné ?

Guillaume Arthus :
Je crois que c’était au début de la course à pied : on ne doit pas faire plus d’un marathon par an.
C’est une connerie absolue.
Ça vient d’études de je ne sais plus trop où dans les années 80.
L’idée – qui n’est pas totalement faux – est de dire que si on veut faire un chrono dans l’année et absolument tout donné, et donc aller au maximum de ses capacités, effectivement, un par an, c’est le maximum.
Mais la manière dont ça a été interprété par tout le monde, c’était de dire : eh bien voilà, tu ne dois pas faire plus d’un marathon par an, qu’importe à quelle vitesse tu le cours.
Mais pas du tout ! Tout est une histoire d’intensité et de durée.
Si tu fais quelque chose à faible intensité, tu peux faire 5 marathons, 6 marathons à la suite, et en faire comme ça des sessions, 10 par an.
Ça ne pose pas de problème.
Maintenant, ça ne veut pas dire que quelqu’un qui n’a jamais couru peut en faire 10 par an.
Les limites imposées sur le papier – pas plus d’un marathon par an- c’est n’importe quoi. Et puis, il y a des choses empiriques aussi qui vont casser la théorie.

Il y a une autre théorie qui m’a fait hurler, sur le sommeil : obligé de dormir après 36h.
Dans le même temps, il y avait une “petite” course, le Tor des Géants, où les gens ne dorment pas pendant plus de 48h – une centaine de personnes ont fait ça…
Il ne faut pas forcément prendre tous les conseils qu’on voit sur internet, ou même si ça vient d’une étude brute comme ça.
Avoir un regard critique, regarder le contexte où ça a été fait, et toujours remettre en question les conseils qui ont été donnés.
Un ou deux conseils font hurler, et un ou deux qui après analyse critique paraissent beaucoup plus censés que de prime abord.

Dernièrement, on m’a cité une étude : faire un ultra-trail, c’est s’enlever 6 mois de sa vie.

Guillaume Arthus :
Eh bien voilà, j’ai déjà perdu 5 ans de ma vie.
C’est le genre d’étude à hurler.
Tu te demandes comment ils ont fait pour être publiés… Ça fait vendre du papier, c’est très bien.
Dans la vraie vie, non, absolument pas.

Tu n’as pas l’impression de raccourcir ta vie quand tu cours, alors ?

Guillaume Arthus :
Non. Tu sais, c’est l’éternelle question : est-ce que tu as envie de vivre jusqu’à 85 ans en n’ayant rien fait, ou jusqu’à 80 ans en ayant fait des choses tous les week-ends ?
Raccourcir ta vie… Mais si tu ne fais plus rien dedans.
Est-ce que tu es vraiment en train de la raccourcir ? Tu es plutôt en train de l’allonger de l’autre côté.
Ça ne veut pas dire pour autant que je vais clamser à quarante ans.
On sait qu’on a un capital santé dès le départ, qu’on peut entretenir, maintenir, développer… mais on part avec une base.
Après, libre à nous de faire ce qu’on veut avec.
Mais moi vivant, tu ne me verras jamais me dorer la pilule sur la plage trois semaines par an.
Ce ne sera jamais mes vacances.
Ça va très bien à des gens, et tant mieux pour eux.
Je trouve que c’est un peu dommage au vu des opportunités qui existent, de réaliser des projets, de finalement juste être libre à ne rien faire.

Si tu pouvais te rencontrer à 20 ans, donc il y a 8 ans, quel conseil te donnerais-tu ?

Guillaume Arthus :
C’est un peu près quand j’ai commencé à courir.
Je crois que je ne me donnerais pas de conseils, sur la course à pied en tout cas, car je ne me serai pas cru.
C’est ce que j’ai dit avant, si je m’étais dit il y a 8 ans, qu’aujourd’hui, je suis en train de parler parce que je prépare une traversée des Alpes en courant, je me demanderai quelles sont les drogues de synthèses qui ont été développées depuis, et qu’est ce que je suis en train de fumer.
Donc, sportivement, je ne me serai rien dit.
Par contre, d’un point de vue humain, je me serai dit qu’il aurait peut-être fallu faire encore plus de ces petits moments qui change tout.
Et de vraiment ne rien remettre au lendemain, d’essayer de vivre pleinement le jour J pour éviter de louper quelque chose d’important.

Es-tu convaincu de quelque chose que les autres considèrent comme une folie ?

Guillaume Arthus :
C’est une bonne question.
Je suis convaincu qu’on est tous censés faire un projet, quelque chose de sa vie, hors du commun…
Entreprendre, essayer…
Quand je regarde autour de moi, dans les discours, c’est souvent le cas, tout le monde dit la même chose.
Mais dans les faits, il y a peu de gens au final qui vont se dire, on y va vraiment.

Est-ce qu’on est prêt à quitter son job pour un projet ?
Est-ce qu’on est prêt à se lancer dans l’entrepreneuriat ?
Est-ce qu’on est prêt à tout plaquer pour devenir violoniste professionnel ?
Est-ce qu’on est prêt… ?

Il y a plein de gens qui vont dire : oui, j’aimerai bien…
Ou pire, j’aurais du…
Et au final, ils ne l’ont pas fait.
Et ils ne le feront peut-être jamais.
Et ça, je suis convaincu : il faut tenter même si on se plante.
Dans la mesure du risque, bien sûr. On ne va pas sauter d’un avion sans parachute.
Mais pour autant, ça ne veut pas dire qu’on doit rester enfermé chez soi sans rien faire. C’est une allégorie, les gens ne restent pas enfermés chez eux sans rien faire.
Mais ils peuvent rester dans un confort du quotidien…
Et je pense vraiment que tout le monde a quelque chose à offrir, que tout le monde peut faire quelque chose d’exceptionnel.
Mais au final, il faut se donner les moyens, avoir l’envie, et la motivation de se donner les moyens pour faire ces choses-là.
100% des personnes qui ont fait quelque chose d’exceptionnel ont essayé.
Combien ont échoué avant, je ne sais pas.
Mais il y a une base : tous ceux qui ont réussi ont essayé.
Que les gens essayent plus…Que essayer fasse partie inhérente de la vie.
Que les gens prennent plus de risque.

Trouver sa singularité ?

Guillaume Arthus :
Trouver ce qui te fait plaisir.
Ce n’est pas forcément être singulier.
Si quelqu’un, son plaisir, c’est d’élever une famille et d’avoir trois enfants, c’est super. Et s’il arrive, tant mieux.
Ce n’est pas forcément un projet singulier, mais c’est son projet qui le fait vivre et ceux pourquoi il veut vivre.
Et dans ce cas-là, cette personne a tout compris.
Mais si une autre personne fait trois enfants, juste parce qu’il n’avait pas envie d’en avoir deux et demi comme la moyenne nationale, et qu’elle se rend compte ensuite qu’elle n’a rien fait de sa vie, et qu’elle voulait faire du piano, c’est là que je trouve que c’est extrêmement dommage.

Pourrais-tu choisir trois mots qui animent ta vie ?

Guillaume Arthus :
On va essayer.
Le premier que je donnerai, c’est projet. Que je substitue à rêver.
Un rêve, c’est quelque chose qu’on veut atteindre, mais sans travailler pour. Alors qu’un projet, c’est très lointain, mais qu’on va essayer d’obtenir, qu’on réussisse ou non.
Le deuxième mot, c’est essayer. Essayer, qui est le pendant du troisième mot, échouer.

Les trois se rejoignent. Quand on a un projet, on va essayer, et on va de temps en temps échouer.
Je pense que ces trois moteurs sont absolument essentiels pour le développement personnel et en particulier dans l’ultra-trail.
Quand on veut commencer à faire de la distance, il est nécessaire d’essayer, d’échouer, et de continuer à avancer pour aller vers nos projets.

Ton prochain projet, Via Alpina ?

Guillaume Arthus :
Absolument.
5 ans de travail pour faire ce projet : 2650km de Slovénie à Monaco, en autonomie complète.
Je vais acheter de la nourriture en cours de route, bien sûr, mais je n’ai pas d’équipe d’assistance.
L’idée est de pouvoir explorer les Alpes, que je connais déjà par petites touches, par des courses ou autres, au Liechtenstein et autre.
L’explorer de A à Z et faire cette aventure un peu hors-norme.
Mais ce n’est vraiment pas parce qu’est hors-norme que je souhaite le faire, j’avais vraiment envie de découvrir les Alpes et voir ce que ça donne, et de pouvoir le partager.
C’est un projet qui me tient à cœur, forcément, 5 ans de ma vie dédiée, on peut s’en douter que ça me tient à cœur…

J’ai commencé à travailler avec une équipe de production professionnelle de vidéo, Peignée verticale, qui fait des projets splendides. Cela me permettra de faire un documentaire sur la Via Alpina, et partager cette expérience que j’espère inoubliable pour moi, et donner envie aux autres de partir à l’aventure – pas forcément sur ce format-là-, de tenter les choses et de se rendre compte que ça ne sert à rien de rêver, il vaut mieux avoir un projet et travailler pour.

Pour ce projet-là, pour boucler le budget sur la partie vidéo, il y a une page de financement participatif.
Les gens peuvent participer à la réalisation du documentaire, sachant que l’ensemble des fonds vont effectivement au documentaire. J’ai déjà réuni la plupart des fonds, plus de 95%. Il s’agit d’aider pour le complément, les 5000euros manquant.
Les personnes qui soutiennent le projet seront invités à la première du documentaire sur Paris, avec toute l’équipe, en avant-première.
Cela permet aux gens qui me suivent depuis plusieurs années de participer enfin à un projet comme ça.
Mais aussi, cela permet de partager le documentaire aux mieux, sur un projet qui est, il faut tout de même le reconnaître, un peu fou.

Professionnellement, comment ça se passe pour que tu puisses partir pendant plus de 40 jours ?

Guillaume Arthus :
Il faut négocier avec son job.
Ce sont des discussions difficiles, mais nécessaires.
Quand on a un projet de vie, qui a commencé avant même l’obtention de mon job actuel – je suis aujourd’hui comptable.
Forcément, mon ordre des priorités personnel, je le connais.
Ensuite, l’aligner avec le projet professionnel également.
Mais il faut savoir aussi se donner les moyens de ses ambitions, même si ça peut vouloir dire, quitter son job.
Alors, normalement, ce ne sera pas le cas pour moi. Il faut savoir jusqu’où on peut aller. Se donner les moyens de réussir.

Tu as déjà pensé à l’après ?

Guillaume Arthus :
Oui, un peu.
Mais c’est difficile de l’exprimer.
Déjà, parce que c’est un gros projet déjà.
Mais ça me donnera sûrement d’autres idées pour faire des projets dans le même genre, si celui-ci aboutit correctement.
Pour l’instant, on va déjà se concentrer sur la Via Alpina, c’est déjà un beau projet !
Et ensuite, il y a le documentaire.

Mais il y aura forcément un après.
Quand j’ai commencé à courir en 2010, je me suis donné 10 ans pour arriver sur l’UTMB, et j’y étais en quatre.
Et après l’UTMB, je me suis donné 5 ans pour traverser les Alpes, et j’y suis effectivement en 5 ans.
Donc il y aura forcément un autre projet, car c’est comme ça que je fonctionne.
Je fonctionne avec un objectif, et travailler pour, d’accomplir quelque chose.
Juste parce qu’on peut, en fait.
Ce n’est vraiment pas pour prouver quelque chose à qui que ce soit, et encore moins à moi-même.
Mais juste, quand on peut faire un truc comme ça, je pense qu’il est quasiment nécessaire, on a le devoir de le faire.
Je ne sais pas si c’est cohérent, mais l’idée, c’est ça.
Il n’y a plus de motivations extérieures.
Il y a quasiment plus de motivations internes non plus.
C’est tellement dans les veines, dans la chair, que je n’ai plus besoin de me motiver moi-même à me dire que je vais y arriver, ou à puiser dans une source externe de motivation.
Je sais que je vais y arriver, de toute façon.
Parce que je n’ai pas le choix.
Parce que je ne me donne pas le choix, et que je n’ai pas besoin d’avoir le choix.

Tu n’es plus du tout dans le pourquoi, juste dans le comment.

Guillaume Arthus :
Exactement.
Et quand on n’est plus dans le pourquoi, c’est beaucoup plus simple.
On s’amuse plus à faire des plans sur la comète.
On arrive en étant le plus préparé possible.
L’échéance est ce qu’elle est, septembre sera septembre.
Je serai au plus prêt possible, avec la meilleure condition physique possible, la meilleure préparation mentale possible, les conditions de navigations les plus propices possible, et être au maximum possible de l’autonomie.
À tel point que je me suis mis à faire du design pour mon propre matériel, pour pouvoir faire mon propre sac à dos, ma propre doudoune, etc.
Pour avoir du matériel à la pointe de la technologie et répondre aux mieux à mes besoins.
Du coup, j’ai dû apprendre la couture, etc.

Le projet en soi qui est de courir simplement… Aujourd’hui, pour pouvoir courir au mieux pendant 43 jours, j’ai dû apprendre à coudre…

Ça marque bien aussi l’esprit.
Si tu as besoin d’apprendre à coudre parce que tu ne trouves pas le sac à dos qui correspond à ce qui t’intéresse, eh bien tant pis ! Tu t’achètes une machine à coudre, tu vas commencer à chercher des matériaux, tu vas faire des patrons, des prototypes, et tu sors un sac à dos qui t’intéresse.
C’est vraiment dans l’approche même de la Via Alpina.
J’ai un besoin qui est de faire le plus rapidement possible et dans les meilleures conditions la Via Alpina.
Et pour ça, je dois développer mes compétences, je dois développer mon physique, et avoir le meilleur matériel possible.
Et tous les moyens possibles sont bons. Tous les moyens, on s’entend, sans se piquer, bien entendu.

C’est totalement fantastique de se dire que tu es parti d’une colère qui t’a fait aller courir autour d’un lac, à apprendre la couture pour aller vivre une aventure dans les Alpes. C’est une sorte de conte de fées.

Guillaume Arthus :
Oui, c’est incroyable.
Et c’est pour ça que je ne dirai rien si je me rencontrai il y a 8 ans.
Ce serait spolié, ce serait gâché.
C’est ce côté magique, on ne sait pas où on allait, et au final, on y est allé quand même.
Ça a un côté sympa.
Si je savais directement où j’allais, ce serait beaucoup moins satisfaisant d’y aller.
Il y a ce côté un peu initiatique et découverte de soi.
Et d’apprendre des choses. D’échouer. De prendre de mauvaises décisions. D’abandonner des courses. Et de se relever. De repartir. De continuer à travailler et à progresser.

Une question que tu aurais aimé que je te pose ?

Guillaume Arthus :
C’est une bonne question !
Il y a une question qui revient souvent, sur mon job et les sponsors.
Je n’ai pas de sponsors.
J’en avais les années précédentes, mais je les ai laissés de côté pour pouvoir avoir le meilleur matériel possible.
Et j’ai effectivement un job, je travaille entre 50 et 60h par semaine, je suis comptable dans un grand groupe.
Il y a beaucoup de gens quand ils me voient ou m’entendent dire que je fais un ultra par mois, ils se demandent si c’est mon métier.
Non, pas du tout. J’allie vraiment un job, on va dire, comme tout le monde, travail dans un bureau, avec costard cravate – même si je n’y vais pas avec un costard cravate, mais tu vois l’idée – à essayer de briser des barrières avec des gros projets.
Je crois que c’est important, ça fait partie du message : on n’est pas forcément obligé d’être sponsorisé pour pouvoir entreprendre des projets, bien au contraire.

Si tu avais la possibilité d’en faire ton métier à temps plein, tu le feras, ou tu as besoin de cet équilibre ?

Guillaume Arthus :
On ne va pas se mentir.
Si quelqu’un a une passion, et peut vivre de sa passion, c’est comme si cette personne avait arrêté de travailler.
Bien entendu, j’aimerais que ce soit le cas.
Il faut aussi rester réaliste.
Quand on regarde qui peut vivre de la course à pied et qui vit de la course à pied sur le long terme, il y a quand même très peu de personnes qui y arrivent.
C’est souvent des élites mondiales via des sponsorings, et très peu par la création de projets comme celui-là.
Bien entendu, j’aimerais pouvoir en vivre. Bien entendu, j’aimerais pouvoir en faire un produit de grande consommation du sac à dos que je suis en train de concevoir, et permettre aux autres coureurs d’en profiter. La même chose pour la doudoune et la veste étanche.
Maintenant, il faut aussi être réaliste.
Même si le projet est dans les bacs, et que je vais tenter l’aventure aussi à ce niveau-là, je sais pour autant que ce ne sera pas forcément le cas. J’aurai essayé de le faire en tout cas.

Je pense que c’est l’idée de l’ultra-trail, vraiment, la philosophie, de se dire : on ne sait pas forcément si on va arriver jusqu’au bout, mais au moins, on va se donner tous les moyens d’y arriver.

Tu t’imagines toujours courir dans 10 ans, 20 ans, 30 ans ?

Guillaume Arthus :
Dans 20 ans, oui. Dans 30 ans, je ne sais pas.
Il y a 10 ans, je ne courais pas du tout, et ma vie allait très bien.
Donc je ne sais pas si un autre moment va arriver dans ma vie et je vais aller faire autre chose, de fonder une famille, ou de faire beaucoup de vélo… Il y a plein d’axes différents, et on évolue. Je ne sais pas si je courais dans 30 ans, mais si c’est le cas, je pense que j’aurai baroudé pas mal et j’aurai vu pas mal de choses et j’aurai encore pas mal d’histoires à raconter.

As-tu un livre à conseiller ?

Guillaume Arthus :
Ça va paraître bizarre, mais ce n’est pas un livre sur la course à pied.
C’est la formation de l’acteur, de Constantin Stanislavski.
C’est un livre assez obscur des années 80.
Il y a un passage absolument incroyable.
C’est une vraie histoire.
Il y a une grande actrice russe qui n’arrive pas à monter un personnage. Son personnage, c’est son objectif final, quelque part.
Le metteur en scène, l’auteur du livre, lui dit : concentre-toi sur les petites choses, les tout petits points de détails que tu peux voir : un geste de main, une intonation de main, telle ou telle phrase dite comme ça, et tu verras qu’au final, tu arriveras à tout rassembler vers cet objectif.
Dans le livre, il appelle ça un super objectif.

Cette philosophie de dire : on ne sait pas comment atteindre l’objectif final – le rôle pour l’actrice – on se concentre sur les petites choses qu’on sait faire et qu’on peut améliorer.
Et au final, ça nous aidera à atteindre le grand projet.
Pour moi, c’est primordial, juste se concentrer sur les petites choses.
Un peu obscur comme bouquin, c’est vrai.

Où peut-on te suivre ?

Guillaume Arthus :
Sur internet, vous pouvez me retrouver sur YouTube sur Guillaume Arthus.
Et sur tous les autres réseaux sociaux sur Runnexplorer, qui est le nom du projet avec l’ensemble des vidéos, une petite centaine, et des nouvelles régulièrement.
C’est aussi là que les gens vont pouvoir suivre la Via Alpina ainsi que les courses les plus farfelues de la planète, ou alors avec de beaux paysages.

Tu as une formation dans la vidéo ?

Guillaume Arthus :
Non.
C’est aussi un exemple des choses qu’on découvre sur le tas et qui finalement nous sert.
Je suis autodidacte.
J’ai commencé à faire des épisodes de Star Trek avec des amis à l’âge de 8 ans.
On avait fait des épisodes entiers qu’on faisait à l’appareil photo, avec des séquences de 20 secondes, car l’appareil ne pouvait pas filmer plus de 20 secondes. On faisait des épisodes de 45 minutes, avec du montage.
Je reviens encore dessus : on ne sait pas où tel projet va nous conduire plus tard. Quand je faisais à 8 ans des vidéos de parodie de Star Trek, je n’aurai pas pu dire que cela m’amènerait à faire des centaines de vidéos sur la course à pied 10 ans plus tard.

Fantastique… Je te remercie beaucoup de m’avoir consacré du temps. Un mot de la fin ?

Guillaume Arthus :
Pas spécialement. Merci d’avoir pensé à moi et de partager le projet Via Alpina. J’espère que ça va plaire aux auditeurs !

Guillaume Arthus

Courir encore un peu plus loin

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Marcher 200km en 7 jours, sans manger : oui, vous pouvez !

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Marcher en jeûnant, vivre une expérience de groupe, avec un aventurier singulier ? Gratuitement ? En partenariat avec CourirUnTrail. Alors, pas d’hésitation ! Toutes les infos en cliquant ici ! Du 29 avril au 5 mai 2019, venez vivre la première édition de la Marche…

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Pierre Dufraisse, c’est un type éblouissant de santé et de force, qui, sur sa chaîne VérismeTV, est suivie par plus de 20 000 abonnés pour parler de… physiologie. Comprendre comment le corps fonctionne lorsqu’il est en pleine santé, et pourquoi la loi de l’hormèse -tout…

Fred Whecler : Quand je rêve que je cours, c’est le moment de repartir !

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Avec Fred Whecler, c’est le moment de découvrir comment joindre l’utile à l’agréable en courant pour de bonnes causes, comment changer de chaussures peut vous redonner l’envie d’aller courir, que la course à pied peut symboliser la liberté, et qu’avant toute chose, l’exploration est intérieure…
Et cela vous donnera envie, peut-être, pourquoi pas, de parcourir le monde en courant tel Jamel Balhi!

Comme d’habitude, vous pouvez retrouver l’interview en format podcast ci-dessus, en vidéo juste en dessous, et en version texte sur cette page.

Bonjour, Fred, tu es un ultra-coureur minimaliste. Petits pompes, mais grand cœur. J’ai entendu parler de toi et de ton défi réussi de courir 147km en 24h pour le Téléthon.

Fred Whecler :
Oui, c’est bien ça. J’ai couru le Téléthon dans mon village.
J’ai emmené tout le village autour du Téléthon cette année, comme l’année d’avant.
C’était une envie que j’avais, car j’aime bien courir de très longues distances, alors autant joindre l’utile à l’agréable. Quand on aime courir longtemps, on essaye toujours de faire des choses au plus proche de chez soi.
Alors j’ai fait des boucles autour de mon village tout autour de l’église, des campagnes environnantes, ce qui m’a amené à faire 147km.

Cela représentait combien de boucles ?

Fred Whecler :
Il y avait trois boucles.
Une de 600 mètres pour permettre à ceux qui veulent courir moins longtemps de le faire.
Une boucle de 3km et une boucle de 7km500.
Je ne sais plus combien de boucles j’ai faites (rires).
J’avoue que je n’ai pas tout compté !
L’ensemble du village, avec beaucoup de coureurs, a réalisé quasiment la distance jusqu’à Rotterdam, en cumul.

Ouah ! Alors, comment Fred Whecler est devenu Freddou, le coureur pour le téléthon ?

Fred Whecler course à piedFred Whecler :
Mon histoire de coureur remonte à assez longtemps.
Je me présente : je m’appelle Frédéric Whecler, j’ai 50 ans cette année, et je cours depuis que j’ai 17/18 ans.
Cela est venu un peu par hasard. Avant d’entrer dans l’armée, j’avais envie de me mettre à faire du sport.
L’idée m’est venue de vouloir courir un peu plus loin, de faire un marathon. J’ai commencé à courir, et ça m’a plu.
Parallèlement à ça, j’aimais bien faire du cyclotourisme, partir à vélo et à l’aventure.
Chemin faisant, un peu plus tard, j’ai découvert que je pouvais courir longtemps aussi, comme ce que je faisais à vélo, mais à pied.
Partir loin, à pied.
J’ai fait pas mal de petites virées, au début, comme tout le monde, des 10km, des semis, des marathons.
Mais je ne suis pas un coureur très rapide, alors ça m’a vite lassé.
En plus, le marathon, c’est très épuisant, c’est un entraînement assez spécifique. Mon meilleur temps c’était 3h18 à New York. Donc tu vois…
Ensuite, je suis passé sur des distances plus longues.
En 2003, j’ai découvert une communauté qui s’appelait à l’époque ultra-fondue, où on dépassait le marathon.
J’ai essayé, j’ai commencé  par des 50km puis des 24h, des 100km, des 6 jours, et ensuite je suis passé à des courses hors stade.
J’ai fait Lyon-Paris, j’ai traversé l’Islande, j’ai fait Lyon-Turin, j’ai traversé l’Autriche, à la seule force de mes mollets, si j’ose dire.
J’ai eu quelques pauses dans ma vie de coureur.
Et à chaque fois que j’ai arrêté de courir, je me remets à courir lorsque je rêve que je cours. C’est plutôt magique.

Quand je rêve que je cours, c’est le moment de repartir !


Il y a quelques années de ça, j’ai lu un livre qui s’appelle Born to Run, de Christopher McDougall. Où on parle de coureurs en sandales.
Comme j’aime bien les choses nouvelles et originales, j’ai essayé de courir en sandales.
J’ai acheté des semelles Vibram et je me suis fabriqué des sandales. Ça m’a plu.
J’ai retrouvé un plaisir de courir que je n’avais plus eu depuis très longtemps.
Cette sensation de courir un peu pieds nus.
Je me suis dit : courir avec des sandales c’est bien, et je pense qu’on peut aller très loin. Je me suis mis à recourir des ultras en sandales cette fois-ci… et ça marche.

Essentiellement du bitume et du chemin, ou du trail aussi ?

Fred Whecler :
Du trail, du chemin, du bitume aussi…
Je préfère les sentiers, la campagne, les sous-bois et la montagne.
Cela dit, tout le monde disait, attention les sandales en montagne, ce n’est pas terrible… Mais ça marche.
J’ai fait dernièrement une traversée jusqu’en Espagne, de Perpignan à Vic, au nord de Barcelone.
150km en 2jours par des sentiers très escarpés.
Donc on arrive à faire de grandes distances en sandales.

C’est le fait de courir en minimaliste, en sandales comme des huaraches (sandales typiques mexicaines), qui t’a redonné goût à la course ?

Fred Whecler sandales type huaraches.

Fred Whecler :
Oui.
J’ai arrêté entre 2009 et 2012.
Lorsque j’ai repris, j’ai repris avec des chaussures.
Et quand j’ai découvert ce mode minimaliste, j’ai tout de suite adhéré.
J’ai d’abord commencé à courir pieds nus.
On dit que la transition, faut la faire tout doucement.
Mais comme je suis parfois quelqu’un d’un peu excessif, j’ai attaqué direct avec 15km… Bon, j’avais un peu mal aux mollets le lendemain.
Et puis j’ai persisté, j’ai continué, j’ai insisté et finalement, je m’y suis mis. J’ai essayé de remettre des chaussures, mais ce n’est pas la même sensation, ce n’est pas du tout pareil.
Du coup, je ne peux plus mettre de chaussures pour courir !
La dernière fois que j’ai mis des chaussures pour courir, c’est quand j’ai tenté de faire l’UT4M à Grenoble. Ce fut une catastrophe, j’ai arrêté, j’avais des ampoules partout sur les pieds. Ça m’a fait mal de partout.
J’ai dit : terminé les chaussures.
Je ne cours qu’en sandales, et gros avantage de la sandale, ça dure plus longtemps qu’une paire de chaussures. Je viens de changer de sandales, j’ai investi dans une autre paire de sandales, maintenant je ne les fabrique plus, je les achète toutes prêtes, ce qui est beaucoup plus pratique.
Et j’ai fait 6000km macadam. Elles sont toujours bonnes.

Qu’est-ce que la démarche minimaliste, pour toi ? Est-ce juste les chaussures, ou est-ce qu’il y a d’autres dimensions ?

Fred Whecler :
Je pense qu’il doit y avoir d’autres dimensions.
Il y a les chaussures, car on est au plus près du sol. Mais aussi tous les accessoires qu’on peut avoir autour.
Je dirai qu’il y a aussi l’approche partir à la nature sans rien, juste avec les sandales, le short et un t-shirt, c’est pour moi le pur minimalisme.
Effectivement, dans la réalité quand on a besoin d’aller plus loin, on a besoin de s’orienter, donc on a besoin minimum d’une carte. Mais c’est vrai que maintenant, on est quand même beaucoup à être équipé de téléphones, de montres qui font GPS, cardio…
Tant en temps, j’aime bien couper tout ça, revenir aux sources de la course. Quand on pense à nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, ils partaient sans rien. Juste le but de trouver de l’alimentation, en courant.
Alors, je fais des essais. Je suis quelqu’un qui fait pas mal d’expériences sur mon corps et dans la course.
Il m’arrive de partir courir avec très peu d’eau pour voir ce que ça peut faire.
Je t’avoue qu’en ce moment c’est quand même plus pratique, car il fait moins chaud qu’en été.
De partir aussi sans manger, de courir à jeun le matin et de partir jusqu’au midi voir début d’après-midi sans avoir quelque chose dans le ventre.
On puise après dans ses réserves… On atteint parfois une autre dimension.

C’est tout à fait possible pour toi de faire de longues distances en étant minimaliste ?

Fred Whecler :
Oui. Pour moi, je me pose même plus la question.
C’est naturel, c’est normal pour moi.
C’est normal de courir en sandales sur les sentiers, même pour 300-400 ou 500km. Ça fait partie de moi maintenant.

As-tu une routine quotidienne ? Comment t’entraînes-tu ?

Fred Whecler :
Je n’ai pas de routine.
C’est vraiment à la sensation.
Je cours un peu près 120-150km par semaine, en moyenne. Ça peut être plus, parfois un peu moins aussi.
Quand je pars le matin, je me fixe un petit objectif, je vais faire un tour sur 15km.
Mais parfois, j’en fais 20km, parfois, 10.
Si je pars la nuit, je vais partir à 3h, je vais faire 30km.
Je n’ai pas de routine.
Le but c’est de courir et de se faire plaisir avant tout.
J’aime bien l’imprévu, donc il faut aussi quelquefois sortir de sa zone de confort, on a pas forcément envie d’y aller, mais une fois qu’on a mis un pied dehors, ça part tout seul, et c’est un vrai bonheur.
Il s’agit surtout accumuler du kilomètre.
Je ne fais pas de programme. J’en ai fait quand j’étais plus jeune, avec les marathons et les semi-marathons.
Je n’aime pas m’imposer des choses.
J’aime bien une certaine liberté dans la course à pied.
Car pour moi, la course à pied symbolise la liberté. Et faire comme on veut, c’est important.
Alors, je ne suis pas rapide, et c’est vrai que je pourrai gagner en vitesse si j’avais un plan d’entraînement plus strict, mais je m’en sors pas mal.

Le plaisir prime ?

Fred Whecler :
Oui, le plaisir avant tout, c’est vrai. Je peux faire des jours où je sors 2,3 voir 4 fois, et des fois courir que 2 ou 4 km, et le lendemain, en faire beaucoup plus.

Si je te dis, course d’aventure, que me réponds-tu ?

Fred Whecler :
Évasion, voyage intérieur. Surtout intérieur.
Parce que quand tu fais du long, à un moment donné, tu retournes dans une petite bulle qui se trouve à l’intérieur de toi, et c’est vraiment une course qui est par rapport à soi.
Il y a une distance, au bout de 4-5h, 30km, ou on commence à être dans un autre état.
Et après, c’est rigolo, il y a des hauts, des bas, des hauts, des bas, des moments d’euphorie, des moments de moins bien. Dans les moments de moins bien, on essaye de faire le vide et puis ça repart.
Partir à l’aventure, pour moi, c’est partir sans savoir trop ce que je vais rencontrer. C’est partir en montagne avec une vague idée de l’endroit où on va aller. Pour le coup, on peut se retrouver dans des situations où il faut savoir s’adapter.
Quelques fois, tu te trouves face à un chemin qui ne va nulle part. Ou la nuit tombe, et tu n’as pas prévu la frontale…
Pour moi, c’est ça, l’aventure.

Fred Whecler courir de nuit

C’est vraiment dans le quotidien, et pas seulement sur de longues périodes ?

Fred Whecler :
Oui, c’est ça. Par exemple, le matin, tu vas courir, et puis le jour se lève et tu te dis : ah tiens, mais il faut peut-être que je rentre et que j’aille au travail. C’est un peu ça aussi (rire)

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui aimerait courir de longues distances ? Ou autrement dit, est-ce que tout le monde peut réussir à faire ce que tu fais?

Fred Whecler :
Je pense que tout le monde est capable de courir de longues distances.
On se met juste des limites dans la tête, des freins.
Je suis quelqu’un qui pense que la volonté peut faire beaucoup de choses.
Vouloir, c’est pouvoir.
Après, il faut être patient.
Si on fait 4-5km habituellement, on ne peut pas partir sur 100Km d’un coup.
Il faut être très patient, mais il faut persévérer, continuer. Refaire, refaire sans cesse. Et ne jamais baisser les bras.
Ce n’est pas simple.
Car dans le quotidien, on est pris par mal de choses.
Donc il faut aussi trouver le temps.
Mais je pense que quand on veut, on peut.
Il faut juste sortir de ses habitudes, essayer de faire différemment, et de se fixer un objectif et de s’y tenir.

As-tu un prochain grand projet ?

Fred Whecler :
J’ai un projet dans mes cartons que j’aimerai bien réaliser : partir sur la route de la soie, jusqu’en Ouzbékistan.
C’est un projet qui mûrît.
Après je dois voir comment je peux le mettre en place par rapport à la vie professionnelle. Ce n’est pas évident.
C’est un projet qui représente environ 6000km. C’est une centaine de jours pour moi.
Sans assistance. Car le but aussi, c’est de partir sans avoir une voiture à côté.
Je ne sais pas si tu connais ce coureur qui s’appelle Jamel Balhi.
Il a traversé tous les continents comme ça. Il est parti juste avec son sac et son appareil photo.
Il court assez vite, vu qu’il a une moyenne de 12km/h. Ma moyenne est à 9km/h, ce n’est pas la même dimension non plus.
Partir sans trop savoir où tu vas arriver le soir… Et découvrir au quotidien les gens, en minimaliste, bien sûr.
Pour le coup, une seule paire de sandales peut suffire pour faire la distance.
C’est le projet. Je ne manquerais pas de faire part de la suite !
Début 2020, ce serait bien.

Sans assistance, c’est-à-dire que tu dormirais chez l’habitant, ou dans un hôtel ?

Fred Whecler :
Chez l’habitant, une petite toile de tente, ou un hôtel, ou sur un banc…
J’ai déjà fait sur des parcours de 300Km, de trois jours, sans pratiquement dormir.
En fonction de la saison, tu peux dormir sous un arbre, un peu à l’imprévu.
Courir des fois la nuit…
L’idée est de diviser par tranche de 24h.
En 24h, je fais 60-70-80 km, et en fonction de ça, tu planifies ton 24h, en fonction de la forme et des personnes que tu rencontres. Parce qu’effectivement, si tu déjeunes avec des gens, tu ne vas pas les laisser en plan et partir tout de go.
Il y a toute une découverte de soi qui est très intéressante.

Tu es essentiellement seul dans tes escapades. Pas de problème avec la solitude ?

Fred Whecler :
Ça ne me gène pas !

Trois mots, valeurs ou concepts qui animent ta vie ?

Fred Whecler :
L’optimisme. La persévérance et l’instant présent.
L’optimisme parce que c’est toujours mieux de voir les choses du bon côté.
Je suis quelqu’un qui voit toujours le meilleur côté des choses, ça permet d’avancer.
La volonté, parce que la persévérance. Il faut vouloir. Comme j’ai dit tout à l’heure, quand on veut des choses, on est pratiquement sûr de pouvoir les atteindre.
Et l’instant présent, parce que le passé, c’est du passé, et le futur, on ne sait pas encore ce qui va venir.
Il faut vraiment réellement profiter du moment qui est une petite frontière entre le passé et l’avenir.
Mais ce présent est pour moi très important.
Sur de longues distances, le fait d’être dans l’instant présent permet d’effacer tous les km que tu as faits avant.
Quand tu en as fait 80, tu as l’impression de ne pas en avoir fait, et tu peux encore en faire 80, et ainsi de suite.

As-tu des personnes, des livres ou des films qui t’inspirent ?

Fred Whecler :
Nous avons déjà parlé de Born to Run, de Christopher McDougall.
Il y a aussi un livre que j’ai bien aimé : la Mort suspendue de Joe Simpson.
Cela parle du courage et de la volonté.
Joe Simpson a fait une expédition dans les années 80 au Pérou avec Simon Yates, son camarade de cordée.
Il a eu un accident dans la descente. Son collègue a été obligé de couper la corde, sinon, tous les deux allaient y passer.
Il est revenu à son camp de base, sur 3-4jours, à la force de son mental.
C’est un livre qui m’a beaucoup marqué qui est pour moi en termes de force mentale
En termes de personne, j’admire aussi Mike Horn. C’est quelqu’un qui part aussi sur des projets, des grandes lignes droites, des choses un petit peu folles. Et Jamel Balhy, dont on parlait tout à l’heure.

Quelle est la question que tu aurais aimé que je te pose, et ta réponse ?

Fred Whecler :
Qu’est-ce qui est le plus important pour moi dans la vie ? Apprécier chaque instant.

On retrouve l’instant présent ! Merci beaucoup de m’avoir consacré ce temps !

Pour courir plus loin…

Petit CV de notre ami Freddou
Chaussures classiques

  • Lyon Paris sans assistance 8 jours 520 km 2004
  • 200 km contre  l’exclusion Noël 2004 au profit des restos du cœur en 36h (4 boucles de 50km autour de Lyon)
  • Lyon Turin en ligne droite printemps 2005 , 330 km en 6 jours sans assistance
  • Transislande 425km en 5 jours en autonomie complète juin 2006
  • Transautriche 800 km en 11 jours avec assistance aout 2007 au profit de l’association MAHVU
  • Tour Loire haute 500km en 6 jours avec assistance en aout 2008 au profit de l’association MAHVU

En sandales à partir de 2013

  • Tour du Bugey 142 km sans assistance en 36h30 juin 2014
  • Tour du Valromey 105 km avec assistance en 28h septembre 2015
  • Ruoms Perpignan 290 km sans assistance septembre 2017 en 71h30
  • Téléthon 2017 Andert et Condon 147km 24h
  • Perpignan Cic 150 km sans assistance en septembre 2018 en 45h (en duo)
  • 100km pour le 100e anniversaire de l’armistice Andert et Condon en 16h
  • Téléthon 2018 Andert et Condon 147 km en 24h
  • Toutes les sorties longues qui peuvent aller jusqu’à 100 km ….

Records : 10Kms (40′), semi (1h28′), marathons (3h15′) puis 100 kms (13h30′), 24h(175km), 6 jours (513km).

Prêt pour la prochaine étape de l’humanité ?

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Bienvenue dans votre vie, cette œuvre d’art dont vous êtes le héros. Extrait de l’e-book La prochaine étape de l’humanité Pendant trois jours, j’ai partagé l’entraînement et la vie quotidienne de Florian Gomet, aventurier hygiéniste. J’en ai tiré un reportage de 14 minutes, et surtout,…

Entretien avec Ghislaine Soulet : Commencer un art martial à 50 ans

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.Commencer un art martial à 50 ans, est-ce bien raisonnable ? N’est-ce pas un peu tard pour embarquer le corps et l’esprit dans une aventure où certains y consacrent leur vie sans voir le bout du chemin ? Serait-ce seulement possible et souhaitable, si on…

Aventurière Julie : Réussir sa Vie dès le matin !

Aventurière Julie : Réussir sa Vie dès le matin !

Nous allons parler de méditation, d’affirmations positives, de salutation au soleil, de méthode Tabata et de bain froid !

Tout cela pour quoi ? Pour réussir sa Vie. Pour être plus performant, dans la course à pied, mais aussi et surtout dans le quotidien. Et aujourd’hui, je ne suis pas seul, mais je suis avec Julie !
Vous l’avez découvert dans la vidéo Onegashemas ! Vous la retrouvez maintenant dans la routine quotidienne.

Remarquez la différence 😉

Réussir sa vie, oui, mais quand ? Dès le matin ! Dès le prochain matin. N’attendez pas pour vivre votre vie. 😉
Demain matin est le début de votre Vie future !

L’aventure vous tend la main dès le réveil, quelle chance, n’est-ce pas ?

 

La méditation pour activer le nerf vague

Temps : 15 minutes.

Tout le monde sait que la méditation est censée apporter des tonnes de bénéfices, études à l’appui.
Commencer la journée avec une forme de méditation paraît donc censé et même, dans l’air du temps.
Au lieu de vous énoncer tous ces bénéfices, je vais me focaliser sur le nerf vague.

Aucun rapport avec l’océan, si ce n’est qu’un nerf vague correctement stimulé permet d’être détendu, comme si vous étiez bercé par des vagues…

Eh oui, le nerf vague assure beaucoup de fonctions différentes, et notamment le fait de réguler la digestion, la fréquence cardiaque… Toutes ces choses qui forment le système nerveux autonome, et donc on ne peut pas agir directement dessus. On ne peut pas agir directement dessus, mais grâce à la méditation, on peut avoir un effet.
Il suffit pour cela de se recentrer sur la respiration. L’air qui sort, et l’air qui entre, avec une respiration qui vient plutôt du ventre.
Cela aura pour effet d’être plus détendu, un rythme cardiaque plus bas et une meilleure disponibilité intellectuelle.
Ici, l’intérêt est aussi de faire une transition entre la nuit et la journée qui s’annonce.
Donc, la prochaine fois que vous avez l’occasion de méditer, sachez que ce n’est pas juste pour être à la mode. La méditation a des effets mesurables sur le corps humain !

Source :

Des livres pour aller plus loin :

 

Les affirmations positives pour activer sa bonne étoile

Temps : 5minutes

Ensuite, c’est le moment des affirmations positives. À travers des phrases à fort impact émotionnel pour la personne, il s’agit de s’influencer positivement, et commencer la journée positivement.

C’est aussi le bon moment pour penser à 5 choses dont on éprouve de la gratitude. Mais pourquoi ? N’est-ce pas un peu trop naïf ? Que nenni ! En s’exerçant, ne serait-ce que 5 minutes par jour à éprouver de la gratitude, on influence notre cerveau à être plus attentif à toutes les petites choses qui nous font du bien. Vous pouvez lire cet article sur la gratitude, ça fait du bien.

Les phrases de Julie

  • Je me respecte et me protège, je n’ai pas peur.
  • Santé, bonheur et force
  • Aujourd’hui, j’ose et ne regrette pas, j’avance toujours.
  • Je suis ma meilleure alliée, j’ai confiance en moi.
  • Ce ne sont pas nos aptitudes qui nous définissent, mais nos choix.
  • Aujourd’hui, je n’ai pas de rancune, pas de remords, je reconnais mes torts.
  • Chaque jour, j’innove,je dépasse mon égo et je m’amuse.
  • Pardonne pour toutes les fautes qui ont été commises.
  • Chaque jour, je fais preuve d’audace et d’intelligence.
  • Je dirige mes pensées, contrôle mes émotions et choisis ma destinée.
  • Vive la liberté et vive la différence.
  • Je suis la sagesse et je découvre la vérité.

Les phrases de Mickaël

  • Ceux qui n’ont pas peur du vide ne tombent pas. Keny Arkana
  • Ne critique pas, ne condamne pas, ne te plains pas. Napoleon Hill
  • Pain is inevitable. Suffering is optionel.
  • Le seul adversaire que je dois vaincre, c’est moi. Le moi qui traîne tout mon passé.
  • Si tu échoues, ne pense pas que tu n’es pas doué. Aussi longtemps que tu auras une tête, deux bras, deux jambes, un corps et une humanité pour centre, ce que tu fais est bien. Car ce n’est pas la pratique de quelqu’un d’autre que tu perfectionnes, mais la tienne propre. Kazuo Chiba
  • commencez par forger un ki positif, et vous réussirez. Koichi Tohei
  • La marque constante de la sagesse est de voir le miraculeux dans le banal. Emerson
  • Celui qui a un “pourquoi” qui lui tient de but, de finalité, peut vivre avec n’importe quel “comment”. Nietzsche
  • Aie le courage de ton propre entendement.
  • Voir à travers les montagnes et le coeur des êtres.
  • Les 5 piliers du Birankaï : le centrage, la connexion, l’intégrité, la vitalité et l’ouverture.
  • Les émotions quotidiennes sont un mauvais guide.
  • Être architecte lorsqu’il le faut. Être artisan lorsqu’il le faut.
  • Le succès est la réalisation progressive d’un idéal.
  • Quelle est la meilleure chose à faire maintenant ?
  • Détends-toi et recentre-toi.
  • Je suis l’alchimiste de mon propre corps.
  • Aussi longtemps que vous ressentirez ce qui est bon ou mauvais dans vos amis, vous provoquerez une faille par laquelle peut entrer la méchanceté dans votre cœur. Éprouver, entrer en compétition, critiquer les autres vous affaiblit et vous abat. Morihei Ueshiba

Un livre pour aller plus loin, sur les affirmations positives et sur bien plus de choses encore…

La Salutation au Soleil pour s’activer

Temps : De 2 répétitions à… 108 ! De 1 minute à 1h.

Maintenant, il est temps d’accueillir le soleil. Cette salutation au soleil que vous voyez est ici du yoga. C’est un échauffement relativement complet pour réveiller le corps, si ce n’est qu’il n’y a pas de torsion. Chaque mouvement est à faire sur la respiration. Mais ça, c’est tout le principe du yoga, je ne vais pas m’éterniser dessus. Surtout que nous avons une journée à vivre !

Un livre pour découvrir le yoga et trouver un lien avec notre culture :

 

La Respiration Wim Hof pour activer l’hormèse

Temps : 3 rounds. 5 minutes.

Ah, voilà qui est bigrement intéressant…  Les respirations de la méthode Wim Hof.
Il y aurait tant à dire… C’est une méthode qui a le vent en poupe, ces dernières années.

Et ce n’est pas près de s’arrêter.

Ici, la routine consiste à faire 30 grandes respirations, en insistant bien sur l’inspiration. Puis, de rester en apnée à la fin d’une expiration, donc les poumons vides. Avec de l’entraînement, on peut tenir 1min puis 1min30, puis 2min, 3minutes…
Les cellules du corps apprennent à mieux utiliser l’oxygène, notamment en multipliant les centrales qui produisent de l’énergie dans les cellules : les mitochondries. Mais pour quoi faire ?
Plus d’énergie dans les cellules, cela se traduit par une plus grande capacité à faire des efforts musculaires, une meilleure résistance au froid. Mais aussi, cet exercice permet d’agir sur le système hormonal, et notamment sur l’adrénaline. En mettant volontairement le corps en situation de stress : il n’y a plus d’air. Ce dernier apprend à gérer l’afflux de stress, et donc, après un premier pic d’adrénaline, à faire redescendre le niveau de stress.
Le stress est une réaction positive lorsqu’elle est vive et puissante. Le stress devient négatif lorsqu’il est permanent.
Je reviendrai dans de prochaines vidéos sur cette méthode fantastique et son inventeur fou !

Un livre pour faire du froid son précieux ami :

Le site de la méthode Wim Hof

 

La méthode Tabata pour activer le système cardiovasculaire

Temps : de 4 à 16 minutes

La méthode Tabata !
Oui, Tabata !
C’est le nom du professeur qui a mis au point ce protocole : Izumi Tabata.
Cette méthode a été testée avec succès à l’Institut National du Fitness et des sports au Japon.
Le principe est simplissime : 20 secondes d’activité à intensité maximale, suivi de 10 s de récupération.
Pour faire simple, Izumi Tabata a conclu que 4 minutes d’entraînement équivalent à une heure de vélo, à intensité modérée, pour les bienfaits cardiovasculaires.
Autre avantage tout personnel : cela donne la patate pour un bon moment !
Sachant qu’un tabata dure 4 minutes, vous pouvez bien sûr en enchaîner un autre, ou deux ou trois… Du moment que vous vous donnez toujours à fond.
À vous de piocher dans la gamme d’exercices pour faire votre cocktail explosif…

Un site fantastique pour trouver son WOD (Workout Of the Day) -autrement dit, ces exercices du jour :

La Litobox

À poil dans le froid : mais que d’activités !

Temps : de quelques secondes à 5 minutes, et au-delà.

Une des manières les plus simples d’améliorer sa santé est de passer du temps dehors.

Avez-vous des activités que vous pourriez faire à l’extérieur ?

Que ce soit votre musculation, vos étirements ou, pourquoi pas, prendre un bain… C’est en tout cas ce que recommande la méthode Wim Hof. Une mise en garde s’impose : on ne prend pas des bains glacés dans une rivière du jour au lendemain. Allez-y progressivement, renseignez-vous, on profite mieux de la vie en restant vivant…

Exposition froid

Le choc du froid réveille un instinct de conservation qui déclenche une série de réactions physiologiques. Correctement mené, faire l’expérience du froid devient précieuse pour une meilleure santé, mais aussi de meilleures performances physiques et une meilleure créativité.  Entre autres choses…

bienfaits methode wim hof

Nous voilà arrivés à la fin de la routine matinale. La journée vient tout juste de commencer. Alors, prêt pour l’aventure de votre Vie ?

Vous êtes intéressé par remettre de l’aventure dans votre vie, mais n’avez pas le temps et l’énergie pour passer un mois perdu dans les montagnes ? Que diriez-vous d’un coaching à distance sur mesure ?

J’ai eu cette pépite d’humanité et j’espère qu’un jour, je pourrai la donner…

J’ai eu cette pépite d’humanité et j’espère qu’un jour, je pourrai la donner…

Courir Un Trail est là pour montrer que tout le monde est capable d’effectuer de grandes choses, même si cela paraît impossible dans un premier temps.. Benoît Millet est un excellent exemple. Voilà comment monsieur tout le monde et pas sportif pour un sou finit…

Aventurière Julie,  Onegaishimasu !

Aventurière Julie, Onegaishimasu !

[ratings] Aujourd’hui, nous partons à l’aventure avec Julie ! Pour un nouveau départ ! Si vous préférez la courbure de l’écrit à la sonorité de la vidéo, il suffit de lire la suite de l’article. Sinon, vous pouvez simplement visionner la vidéo (et vous abonnez,…

Comment commencer à courir ?

Comment commencer à courir ?

Bravo ! Si vous arrivez ici, c’est que vous avez pris la décision – ou peut-être vous êtes en train de la prendre – de commencer à courir. Et vous méritez un deuxième Bravo ! car en plus, vous vous renseignez sur comment commencer à courir. Gonflé de ces deux Bravos ! , prenez encore un peu de temps pour lire cet article. Je l’ai écrit pour qu’il vous rassure, vous guide et vous encourage à sauter le pas ! C’est un big article, en voilà le sommaire : [ez-toc]

Un pourquoi en béton pour commencer à courir

Si vous cherchez comment commencer à courir, c’est que vous avez déjà une idée de pourquoi courir.
Cela peut être très varié : perdre du poids, être en meilleure forme (ou avoir de meilleures formes), passer du temps avec un coureur, déstresser son organisme et son mental… À chacun ses raisons.

Sachez que le “pourquoi vous commencez à courir” va évoluer.
Et les raisons pour lesquelles on continue ne sont pas les mêmes. Cela va évoluer au fur et à mesure de vos sorties, mais aussi d’une journée sur l’autre, en fonction de votre niveau d’énergie, de vos émotions, de vos pensées…

Si pour sauter le pas, c’est indispensable d’avoir une raison assez forte pour bousculer vos habitudes, soyez prêt à utiliser votre imagination pour cultiver la motivation.
Si vous manquez de motivation pour aller courir, voilà une petite liste de raisons.

À vous de trouver celle qui résonne en vous en ce moment même, et surtout de rajouter vos propres raisons.
Chaque semaine ou chaque mois, vous pouvez faire la liste de ce qui vous motive à aller courir.
Ainsi, vous pouvez l’accrocher près du frigo, de la télé, de la porte d’entrée, de votre ordinateur…
C’est important de la mettre à jour, et de réécrire régulièrement les raisons – à la main ou en faisant une chouette mise en page sur ordinateur. Notre cerveau s’habitue vite à un nouvel élément dans notre environnement.

Le mettre à jour, le réécrire, changer la feuille de place stimule à nouveau notre cerveau et donc notre motivation. (vous pouvez retrouver cette liste dans le carnet d’entraînement disponible sur ce site)

Je cours parce que…

  • J’aime la joie et le plaisir instinctif de bouger.
  • Je peux laisser l’enfant en moi s’exprimer.
  • J’aime sentir mon corps en mouvement.
  • C’est ma manière de méditer, de résoudre un problème, de trouver des solutions.
  • C’est un temps que je m’offre.
  • Cela me permet de me réapproprier ma vie, d’agir sur quelque chose de concret : mon existence à l’instant présent.
  • J’aime découvrir mon environnement, je suis sensible à la poésie autour de moi, aux signes discrets.
  • J’ai l’impression de partager avec l’humanité la plus vieille activité physique au monde.
  • Je partage un moment privilégié avec mon compagnon à quatre pattes.
  • J’ai besoin d’avoir assez d’énergie pour affronter ma journée. Courir tôt le matin me donne cette énergie.
  • Car j’aime sentir les éléments sur mon visage.
  • Mon modèle / mentor / source d’inspiration court aussi.
  • Courir, c’est gratuit !

Enfin, la motivation vient en commençant. Dans le doute, courez juste 5 minutes avant de décider que vous n’allez pas courir plus longtemps. Il y a de fortes chances que ces 5 minutes vous enthousiasment pour continuer. Sinon, vous avez tout à fait raison de rentrer chez vous et de faire autre chose. Ce n’est certainement pas le bon moment. Peut-être ce soir, ou demain…

Vous avez bien 5 minutes à vous offrir, non 😉 ?

Commencer à courir : dédramatisons un peu…

Comment commencer à courir ?
Dédramatisons, je disais…

Courir, c’est dangereux / ça coûte cher / ça ne sert à rien…

Aujourd’hui, nous sommes bombardés d’informations dans tous les sens. Pire que de l’information, c’est la plupart du temps des données – de la data – en pagaille. Quelques mots sur un moteur de recherche amènent des dizaines de milliers de réponses, au minimum. Il y a un écart entre les données et l’information. Un écart entre l’information et la connaissance.

Mais là où il y a, non pas un écart, mais un énorme gouffre, c’est entre la connaissance et l’action.

Courir, c’est dangereux ?

Que nenni. Mal courir est dangereux. Ne pas courir peut être dangereux. Mais courir est naturel. Lancez-vous. Votre corps récolte des données tout au long de vos activités. Ces données vous serviront à augmenter la connaissance que vous avez de vous-même. Grâce à ces retours, à ces sensations, vous pouvez petit à petit vous améliorer.

C’est donc le fait d’agir qui amène à la connaissance. Ne vous laissez pas prendre au piège de faire le chemin inverse. À trop vouloir savoir, on n’agit plus.

Agissez et apprenez. 😉 Votre corps ne va pas vous laisser vous autodétruire si facilement. Partez l’esprit léger et ouvert, ne pas courir – et ne pas faire d’activité physique – est certainement plus dangereux pour votre corps et votre esprit. Just do it ! Sauf cas extrême (et c’est à votre médecin qu’il faut s’adresser alors), tout le monde peut courir, qu’importe votre forme. S’il le faut, marchez jusqu’à pouvoir courir.

Courir, ça coûte cher ?

Il faut des chaussures ultra-perfectionnées, avec un amorti calculé par microprocesseur. Et en changer tous les 6mois. Et puis des vêtements techniques pour laisser passer la transpiration, mais pas la pluie. Et une boisson aux électrolytes. Et des gels à manger. Et une balise GPS si on se perd. Et une Go-Pro pour partager ce qu’on vit avec la planète entière…

Non, partez de votre corps et de vos envies. Et surtout, partez !

  • Des chaussures de running ?

Christian Harberts court pieds nus depuis 2010 (plus de 10 000 km réalisés en 2015). Jean-Louis Valderrama, dit Crocs-Man, a couru 16574km en compétition en… crocs ! Je cours pieds nus ou en sandales minimalistes… La chaussure ne doit pas être un frein. Prenez les chaussures dont vous avez l’habitude. Et go !

  • Des vêtements techniques ?

Pour les vêtements techniques, la plupart du temps, je cours juste en jupe – oui, une jupe pour homme – et c’est tout. C’est réellement tout ! Si je suis en milieu un peu plus civilisé, je rajoute un t-shirt pour passer – plus ou moins – inaperçu. Essayez ! Des milliers de personnes courent des marathons (42,195km !) en costume ! Alors, oui, ils galèrent, mais ils le font avec le sourire.

  • Des boissons spéciales “effort”, des gels nutritifs ?

Partez l’esprit, le corps et l’équipement léger ! Vous pouvez courir plusieurs dizaines de minutes sans boire ni manger. Au contraire, c’est source d’apprentissage pour votre corps. Lors de mes jeûnes secs (ni manger ni boire pendant plusieurs heures / jours !), je continue à courir, sans que mes performances décroissent ! C’est un apprentissage pas-à-pas… qui se transforme vite en avantage !

Apprenez à vous connaître pour savoir ce dont vous avez besoin. Et pour cela, courez ! Pour commencer à courir, il faut… commencer à courir. 😉 Comment commencer à courir, et avec quoi et pourquoi...

Courir, ça ne sert à rien ?

C’est ce qu’on peut apprendre chez les sportifs fan de l’optimisation. Mais oui, la corde à sauter, c’est bien plus efficace. Ou le HIIT. Ou la méthode Tabata. Ou…

C’est une vision simpliste et partielle.
Courir est un tout. Si on veut commencer à courir, ce sont pour des raisons diverses. Il y a donc des avantages divers. Pour chaque avantage précis, il y a forcément une méthode précise qui va amener de meilleurs résultats sur ce point précis. Mais…

Lorsqu’on court, c’est pour l’expérience en elle-même. Pas juste pour avoir une meilleure aisance respiratoire. Pas juste pour avoir des quadriceps plus puissants. Pas juste pour améliorer la coordination des jambes. Pas juste pour…

La course est une activité naturelle et complète. C’est un outil. Et il existe de multiples variantes pour travailler plus en profondeur certains points : fractionné, endurance fondamentale, fartlek, travail de côtes…

Courir, c’est avoir l’esprit ouvert.

Chercher trop d’optimisation dès le début, c’est le plus court chemin vers l’arrêt de l’activité. Or, c’est bien le chemin qui nous intéresse…

Courir, ça n’a pas besoin de servir à quelque chose, ça doit juste vous servir à vous.

Avant de courir / après avoir couru : que faut-il faire ?

Une petite appréhension pointe son nez.
Vous êtes motivé pour courir, et vous savez que vous n’avez besoin de rien. Mais tout de même… Courir, c’est du sport. Et c’est bien connu qu’avant de courir, il faut s’échauffer.

S’échauffer, c’est faire chauffer le corps et le mental. En gros, il s’agit de dire à son corps : va falloir bosser mon coco. Cela afin d’avoir plus de plaisir et d’éviter les blessures liées à un corps pas encore bien réveillé.

Première bonne nouvelle : l’échauffement peut consister à aller courir. Oui, vous avez bien lu. Courir très tranquillement peut suffire à échauffer son corps. Ça tombe bien, votre objectif est justement d’aller courir… Ou alors, vous pouvez marcher jusqu’à être prêt, physiquement et mentalement, pour courir. Cependant, certaines personnes ressentent le besoin d’y aller plus progressivement encore. Et si vous avez un peu de temps, c’est une très bonne idée.

Quel échauffement ?

Au lieu de vous donner du poisson, je vais vous apprendre à pêcher. Au lieu de vous donner une séquence type d’échauffement, je vais vous expliquer les principes. Après, c’est à vous d’explorer !

Les articulations

Pour courir, nous avons besoin d’une bonne partie des muscles du corps, et non juste de ceux des jambes. On va d’abord s’intéresser aux articulations. Quelles sont les parties dans votre corps qui s’articulent les une avec les autres ?

  • les orteils
  • les chevilles
  • les genoux
  • le bassin
  • les vertèbres
  • les épaules
  • les coudes
  • les poignets
  • les doigts
  • la tête (nuque / cou)

Commencez par mobiliser ce qui vous semble intéressant pour vous. Par mobiliser, j’entends le fait de les bouger dans les différentes directions possibles, avec douceur. Je suis sûr que vous allez trouver… Faire des ronds peut être un bon début. Évidemment, il y a des indispensables pour la course à pied : chevilles, genoux. Mais le bassin a aussi un rôle à jouer. Et les épaules. Et la tête ! Bref, encore une fois, c’est à vous de jouer. Essayez, allez courir, observez ce qui se passe, puis ajustez.

Amenez un peu de chaleur

Le simple fait de courir va accélérer le rythme cardiaque, et les muscles vont produire plus de chaleur en brûlant des calories. Si vous voulez préparer ce travail-là, vous pouvez chercher quelques mouvements à faire. Pendant ces mouvements d’échauffement, vous pouvez être plus essoufflés que lors de votre séance de course, cela ne pose pas de problème. Ne soyez juste pas épuisé. Cela permet aussi de préparer les muscles proprement dits. Exemples de mouvements :

  • Sauter sur place
  • Corde à sauter
  • Faire des burpees
  • Faire des pompes
  • Danser !
  • Ce que vous voulez !

Alterner les mouvements comme vous le souhaitez. Mettez-y du fun. 😉

Et le mental !

Dernière partie de l’échauffement, c’est le mental ! Vous allez courir. Vous pouvez avoir un petit rituel pour signifier à votre tête que c’est le moment de votre séance. Relire vos motivations pour aller courir, fermer les yeux pendant 30 secondes en vous imaginant courir, visualiser votre circuit, pensez à Rocky, mettez VOTRE musique de warrior…

(bon, contrairement à Rocky, gardez le sourire )

Après avoir couru ?

Certains vous diront qu’il faut absolument s’étirer, sinon, vous serez bombardé de courbature le lendemain… Sachez qu’aucune étude ne montre un lien direct entre les étirements post-séances et la présence de courbatures. Les étirements eux-mêmes ont tendance à être assez critiqués.

C’est surtout l’hygiène de vie globale qui semble influencer les capacités de récupération.

Flûte, alors, on est foutus, on ne sait pas quoi faire.

Pas d’inquiétude, car vous avez une chance énorme. Vous. Vous êtes votre chance énorme. Essayez, trouvez ce qui vous convient. Et ce qui vous convient aujourd’hui peut être différent de ce qui vous convient demain. Testez. Mais que tester ?

  • La descente progressive : ralentissez votre rythme de course, puis marchez encore quelques minutes, pour que votre corps, vos muscles et votre rythme cardiaque se calment tranquillement.
  • De légères mises en tension de vos muscles pendant 5 à 10 secondes, accompagnées d’une respiration profonde. Il s’agit de tendre les muscles qui ont été particulièrement sollicités : mollets, quadriceps.
  • Pourquoi pas un enchaînement de mouvements de style Yoga ?
  • Et tout ce qui passe par votre tête.

La posture du coureur

Commencer à courir : soyez digne
Ceci n’est pas être digne…

Avez-vous déjà vu passer ces coureurs qui ont l’air d’être à la fin de leur vie, lors de leur footing du matin ? Est-ce qu’ils sont beaux ? La question peut faire sourire, mais elle est essentielle. Lorsque vous courez, restez digne, restez beau. Ann Trason dirait : restez sensuel. Courir est naturel. Donc la posture doit rester naturelle.

Pensez à rester digne vous évitera la plupart des erreurs de posture. Et vous permettra de courir plus longtemps avec moins de fatigue. Si vous pouvez de temps en temps vous faire filmer, c’est royal. Voilà quelques repères :

  • La règle des petits pas : faites des petits pas. Cela réduit les traumatismes à chaque pas.
  • Le regard est à une dizaine de mètres devant vous, menton légèrement rentré.
  • Le corps est sur un même axe, incliné légèrement vers l’avant. Il n’y a pas de cassure au niveau du milieu du corps.
  • Les coudes sont pliés à angle droit, les épaules relâchées.
  • On court avec ses bras. Si vous souhaitez aller plus vite, accélérez le mouvement de vos bras.
  • Prenez du plaisir et profitez du paysage.

Suivre un plan d’entraînement ?

Vous venez à peine de vouloir commencer à courir, et vous pensez déjà à un plan d’entraînement… Où est donc l’innocence de l’enfance ? Pour répondre déjà à LA question :

Est-ce qu’un plan d’entraînement est indispensable pour progresser ? Non.

De grands ultra-traileurs courent “à la sensation” et atteignent des sommets. De toute manière, le plan d’entraînement ne devrait venir que dans un second temps. Lorsque vous avez déjà accumulé assez de données sur vous-même et votre fonctionnement. Si vous trouvez ça fun de suivre un plan d’entraînement, allez-y. Mais en gardant justement le côté fun. Allez courir, même si vous n’avez pas la motivation pour faire la séance d’entraînement prévue.

Des alternatives aux plans d’entraînements ?

Les plans d’entraînements donnent du sens aux sorties. Vous pouvez vous-même trouver du sens à donner à ces sorties.

  • Découvrir un nouveau lieu / chemin / sentier par séance.
  • Ajouter une minute de plus par sortie.
  • Alterner la marche et la course. La course lente et rapide.
  • Aller courir hors des chemins, grimper aux arbres, courir à quatre pattes…

Courir, combien de fois par semaine ?

Vous avez du plaisir à aller courir ? C’est bon signe, continuez !

Faites de petites séances 5 fois par semaine, plutôt que deux grosses. Moins de traumatisme pour le corps = une meilleure adaptation de l’organisme.

Testez ce qui vous réussit le mieux. Vous pouvez commencer par 5 minutes le premier jour. Et vous ajoutez une minute par jour. Cela, du lundi au vendredi. Et regardez jusqu’où vous pouvez aller… Si vous “loupez” une séance, c’est tout à fait normal. Reprenez simplement le lendemain où vous vous étiez arrêté.

À quel rythme courir ?

Pour vous récompenser d’être venu sur ce site et de vouloir commencer à courir, je vais vous livrer un secret.

Ne vous préoccupez pas de votre rythme.
Concentrez-vous sur votre respiration.
Prenez l’air par votre nez.
En termes de rythme, cela doit être votre seule contrainte.
Prenez l’air par le nez.
Si vous n’y arrivez pas, ralentissez.
Si vous n’y arrivez toujours pas, marchez.
Ainsi, vous développez votre endurance de fond, la célèbre endurance fondamentale.
Tant que vous arrivez à prendre l’air par le nez, vous ne fonctionnez pas en sur-régime.
Ceci est un secret que je ne révèle qu’à vous. N’en parlez à personne… (dites-leur plutôt de se rendre sur Courir Un Trail !)

Quel objectif viser ?

Si vous êtes motivé pour courir la prochaine séance, vous êtes dans la bonne direction. Finissez votre séance avec le sourire, plus ou moins frais et dispo. Le “No Pain No Gain” n’a aucun avenir. Le bonheur, la joie de vivre et l’enthousiasme sont les armes de la réussite. Et non la douleur, la souffrance et l’inutile dépassement de soi. Chaque jour, agrandissez votre zone de confort, et vous vivrez heureux 😉 Et surtout… commencez à courir !

Scott Jurek : Courir pour surmonter les difficultés de la vie

Pour finir, je vous laisse avec les mots de Scott Jurek, l’un des plus grands ultra-traileurs, qui a mis son mode de vie au service de ses exploits dans le monde du trail.

” Je m’étais mis à courir pour des raisons que je commençais seulement à comprendre.
Quand j’étais enfant, je courais pour le plaisir, dans la forêt et autour de la maison.
Adolescent, je courais pour être en meilleure forme.
Plus tard, je le ferais pour trouver la paix.
Je courais parce qu’on m’avait appris que, quand on commence quelque chose, on ne s’arrête pas en chemin.
Parce que dans la vie, comme dans l’ultra, il faut aller de l’avant.
Je courais surtout parce que j’étais devenu coureur, parce que ça m’apportait un plaisir physique et m’éloignait des soucis, des petits tracas du quotidien.
Je courais parce que j’aimais les autres coureurs.
Je courais parce que j’aimais les défis et parce qu’il n’y a rien de meilleur que de passer une ligne d’arrivée ou d’achever une séance difficile.
En tant que coureur accompli, je pouvais dire aux autres à quel point il est bon de vivre sainement, de bouger tous les jours, de se confronter aux difficultés, de manger de façon saine.
Je pouvais dire que ce qui compte, ce n’est pas l’argent qu’on gagne ni l’endroit où on vit, mais la façon dont on vit.
Je courais parce que surmonter les difficultés d’un ultra-marathon me rappelait que je pouvais aussi surmonter celle de la vie, parce que surmonter les difficultés, c’est la vie. ” Eat and Run, Scott Jurek

Merci sincèrement d’être arrivé à la fin de cet article particulièrement costaud ! Si vous connaissez des personnes qui hésitent à commencer à courir, aidez-les en leur partageant cet article. 😉

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Au moment où je m’attelle à l’écriture de cet article, nous sommes le 18 septembre, je suis sur une terrasse Cévenole en t-shirt, en sirotant un thé glacé au litchi… La vie est parfois cruelle, mais il faut que je me replonge dans la fraîcheur vosgienne de début septembre.

La 1ere Traversée des Vosges du projet Hagakure consiste en 5 jours de marche, d’Abreschwiller à Belfort, sur le tracé de Stéphane Brogniart, départ le 1 septembre. 210Km, 7700m de dénivelé positif, soit 40km par jour en moyenne.

“En ce qui me concerne, le début d’une aventure est de ne pas savoir comment je la réaliserai. Si je n’ai que 5 à 10% de réponses à mes questions, je pars. L’inverse ne serait pas intéressant.”
Mike Horn

Vous vous attendiez à ce que je commence le récit le matin du 1 septembre, sur le parvis de l’église d’Abreschwiller, avec ma compagne me souhaitant une belle aventure ? Pauvre naïf. L’aventure a commencé plus tôt, bien plus tôt.

Mi-août. Je travaille en tant qu’animateur. Mon job consiste à créer des animations pour les enfants, à les emmener en forêt, et si possible, les ramener sains et sauf à leurs parents. Initiation à la survie, au trailball, à la faune et à la flore… Chaque moment passé dehors est une petite préparation pour ma traversée. Mon esprit, lui aussi, cherche des moments de temps libre pour se préparer à la traversée.
Ma préparation est toujours un mélange d’organisation et d’improvisation. Plus j’ai confiance dans mon corps, mon matériel et mes connaissances, plus j’ouvre l’espace des possibles et m’autorise à improviser.

J’ai prévu de partir le 13 septembre, ce qui me laisse du temps pour organiser le tout.

Mais un coup de fil, une discussion et un peu d’imagination bousculent ce qui a été prévu.

Un dojo d’Aïkido dans les Cévennes a besoin d’un peu d’aide. C’est une occasion de se faire la main dans l’enseignement en assurant quelques cours, et de dynamiser le groupe local. Mais si ma compagne et moi acceptons la proposition, il faut être sur place le 8 septembre…
Mais… mais… J’avais commencé à tout bien prévoir : recevoir mes nouvelles Luna Sandals, faire un jeûne de 5 jours, dont trois à sec, faire une rando par semaine de 40-50km…

Passer trois mois dans le Sud, découvrir un nouveau lieu et de nouvelles personnes… En plus, quasiment un an jour pour jour après notre départ au Mexique en tant qu’élèves internes dans un dojo (Uchi-Deshi : un système à l’allure féodale pour aller dans la profondeur de notre être à travers un art martial…). Si ce n’est pas un signe…

Pour moi, il est évident que je veux saisir cette belle opportunité.

Les diablotins sont de la partie

Et voilà qu’un diablotin apparaît. C’est vrai, j’ai une excuse en or pour ne pas faire cette traversée maintenant. La décaler à 2019 : je serai mieux préparé, physiquement, mentalement et matériellement.

Je ne sais pas si vous connaissez ce diablotin. Il a pour mère la déesse de la procrastination intelligente, et le démon de la mauvaise fois comme géniteur. Ce diablotin s’exprime souvent en ces termes :

Pas de précipitation. Pourquoi faire aujourd’hui, ce que tu peux faire demain de manière bien plus efficace ?

Après tout, ce n’est pas de ma faute… Et puis, presque personne ne suit mes aventures Hagakure. Mes proches comprendront, les autres ne le remarqueront même pas.

Heureusement, la vie m’a déjà appris quelques petits trucs ces 25 dernières années. Notamment, si tu croises le doute, tue-le. Et pour le tuer, il faut agir.

“L’opportunité doit être investie avec tout mon être
Comme si c’était ma dernière chance.
J’évite ainsi les remords de l’inaction et j’apprends par l’action.”
Bushido, le code des Samouraïs

Donc, je dois bien sûr aller dans les Cévennes. Et je dois faire cette Traversée. Adaptabilité.

Nous partons pour les Cévennes le 7 septembre.
La Traversée dure 5 jours. Il faut prévoir un jour de plus par sécurité.
Je veux faire un jeûne. Minimum 3 jours, 5 jours idéalement.
Je dois gérer la reprise alimentaire, pour ne pas être mal pendant la Traversée.
Je ne dois pas abandonner les enfants en forêt, et donc tenir mes engagements professionnels.

Bienvenue dans “Gère ma Vie”, le jeu de gestion interactif où il n’y a pas de gagnant.

Évidemment, ce fut possible. Quitte à faire chevaucher certaines activités – Être en jeûne sec et animer ? – Pas de souci.

Le calendrier s’est montré plutôt coopératif, et j’ai renvoyé le diablotin faire mumuse dans un endroit plus chaud.

Mes Luna Sandals viennent des Etats-Unis. 20 jours de délai, mais je n’ai pas trouvé mieux plus près…

Tiens, ils ont agrandi le paquet.
Tiens, elles paraissent vachement grandes, tout de même.
Tiens, mon pied a vachement rétréci.

Oh la vache, je me suis gouré de taille.

Je n’ai plus le temps d’en commander d’autres. Adaptabilité, toujours.

Randonner en chaussures ? Non, hors de question. Si il pleut (il paraît qu’il y a des risques qu’il pleuve dans les Vosges… Il paraît…), les chaussures mouillées sur 5 jours, non. De plus, pour être le plus léger possible, pourquoi s’encombrer de chaussettes ?

Je passe au monstre bleu Décath’. À la recherche de la sandale de rando la plus physiologique possible…

Il y a 5 modèles, de 13 à 80 euros…

Je le savais : la plus physiologique est celle qui est la moins perfectionnée, et donc la moins chère. A 13 euros mes sandales, cela me change des Lunas à 80…

Elles ne sont pas parfaites, elles ont notamment un petit soutien plantaire sur l’intérieur. Mes pieds vont devoir s’en accommoder.

Ça, c’est fait.

La liste des points d’eau ? Aucun souci, Nicolas Castano du projet Terre Loups m’a envoyé les lieux – avec photos ! Il y a un endroit où il n’y a pas d’eau sur 40 km. Mais grâce au jeûne sec, je sais que, en cas de pépin, je peux rester plusieurs heures / jours sans eau. Mentalement, je suis en confiance.

L’itinéraire ? A l’ancienne, le GPS du téléphone me servira uniquement en cas de doute. L’autonomie est assez mauvaise, et je ne veux pas m’alourdir d’une batterie externe.
J’ai donc imprimé les 14 parties de cartes, sur 7 pages A4, que j’ai retaillées aux ciseaux. Parfait !

Je suis prêt. Évidemment, j’aurai aimé être un peu plus prêt : un mental un peu plus confiant, un corps un peu plus musclé, certains objets un peu plus éprouvés… Petit diablotin, je vais te laisser moisir sous la pluie.

31 août, notre château ambulant (tel un rônin moderne en quête d’accomplissement, je vis avec ma compagne dans un van aménagé) est posé à 3km d’Abreschwiller, lieu du départ. Difficulté à m’endormir avec le stress de l’aventure, nous regardons un film (bon, d’accord, un rônin très moderne…). Vous savez, vous, que le diablotin a une sœur qui fait dans l’auto-sabotage ?

1er septembre, 7h : le réveil sonne. Il fait frais. Cette fraîcheur m’accompagnera pendant toute la balade.
7h30 : Sur le parvis de l’église, l’aventure commence. Une première et dernière photo, avant cinq jours de jeûne technologique.

Hagakure : le matériel de la première Traversée des Vosges

Premier objectif : atteindre Schirmeck – à 30km / 940m+ – pour retrouver un compagnon de chemin, qui devrait m’accompagner jusqu’au lundi matin, au Col du Bonhomme.

Je me sens léger, je cours par moment, malgré mon sac un peu lourd pour cela. Qu’importe ! D’ailleurs, c’est agréable, cela descend. Je continue de courir, innocemment, la fleur aux dents… Néanmoins, malgré mon innocence, j’ai grandi dans les montagnes. Toujours se méfier quand ça descend. Mais la course est tellement facile en descente…
Trop, c’est trop. Je sens l’erreur de parcours. Ayant trottiné pendant une vingtaine de minutes en descente, ce n’est pas bon signe. Je sors le GPS – déjà – pour confirmer que j’ai raison. Parfois, j’aime avoir tort, pourtant. Effectivement, petite erreur de parcours.

J’aime l’état mental qui apparaît à ce moment-là. Je suis seul, ce n’est pas une situation héroïque, c’est juste la vie. Je dois faire demi-tour, remonter pendant bien 30minutes pour revenir où j’étais. Une petite heure de « perdue ».

Si le chemin est plus important que la destination, alors ce genre d’erreur n’est pas censé impacter le moral. Au contraire, cela rallonge, que du plaisir en somme, non ?

Je n’en suis pas encore là…

Je prends juste un malin plaisir à observer l’impact que cela peut avoir. Pour l’instant, ça va. Il y aura sûrement d’autres moments comme ça. Chaque chose en son temps.

J’ai une bonne vitesse de marche, que j’estime pas loin des 5km/h.

Gare de Schirmeck, 30km / 940m+, 14h45 : Lieu de rendez-vous pour récupérer Plouis, mon compagnon. Certains d’entre vous se rappellent de lui, c’était le Schtroumph bleu du Marathon en escadrille.

Plouis, une bonne tête de champion !
Plouis au sac léger, une bonne tête de champion…

Il est là. Et je ne peux que m’étonner. Non pas de sa présence, mais de l’absence de gros sac sur son dos.

J’ai une certaine expérience en rando, et j’ai une certaine fierté d’être considéré, par le commun des mortels, comme un Marcheur Ultra-Léger. Ou en tout cas, bien plus léger que la norme (concernant le matériel, bien évidemment, et non de ma masse corporelle). Et là, Plouis a moins de matos que moi. Certes, il n’est là que pour une grosse trentaine d’heure, mais seule la nourriture devrait nous distinguer. Étant en autonomie, la majorité du matériel devrait être similaire.

Un sac qui doit faire dans les 20 litres à tout casser, avec la tarp et le matelas qui se ballade à l’extérieur… Il manque quelque chose… Le sac de couchage.
« J’ai trouvé un sac de survie pour alpiniste. Le vendeur ne voulait pas me le vendre, mais je l’ai pris quand même »

À chacun son autonomie. Je ne veux pas lui faire partager mes peurs, je souris en acquiesçant. Parfois, il y a des génies qui s’ignorent.

Nous repartons, direction le Struthof, encore une bonne dizaine de kilomètres avant de s’arrêter pour la nuit.

Je suis assez fatigué. Après avoir dépassé ce lieu tristement célèbre qu’est le Struthof, le seul camp de concentration nazi sur le sol français, je décrète, au 42ème km et 1700m+, que c’est l’endroit parfait pour grignoter et dormir. Je me couche rapidement, emmitouflé dans mon sursac, laissant Plouis installer sa tarp et son système ultra-light de couchage.

Je l’entends juste constater : « mais, il n’est que 18h30 ». Trop tard, la fatigue me berce déjà vers un monde où les jambes sont légères comme les ailes d’un papillon…

C’était la première fois que j’expérimentai le concept de sursac bivi. Le principe est de se passer de tarp (et de tente) en mettant son sac de couchage dans un grand sac. Au besoin, il suffit de mettre un k-way au dessus de sa tête pour ne pas être mouillé. Avantage secondaire appréciable : le sursac fait aussi office de coupe-vent. Autant vous dire qu’au réveil, j’avais bien chaud, ce qui est plutôt rare quand je passe une nuit dehors. J’émerge donc, bien reposé, le corps et l’esprit vaillant.

J’aperçois à ce moment la forme vaguement humaine d’un être assis, recroquevillé sous moult vêtements. D’après la mine de cet individu, la nuit a dû être longue, sombre et bien trop consciente.

L’ultra-minimalisme en matière de couchage n’a pas encore été trouvé…

Le couchage de Plouis : ceci n'est pas le couchage parfait
Le couchage de Plouis : ceci n’est pas le système parfait…

Mais qu’est-ce qu’une nuit avec peu de sommeil à 25 ans ? Sans ménager mon compagnon fatigué, je range mes affaires, profitant de l’énergie du vent frais. Ça te requinque n’importe quel bonhomme, non ?

Alors, c’est parti, en sandale et t-shirt, pour marcher les 40km du jours. Plouis suit, avec ses 5 couches de vêtements, dont deux caleçons…

Nous sommes le 2 septembre, deuxième jour de l’aventure. Au fur et à mesure de la journée, notre oralité est étroitement liée au dénivelé qui s’accumule, et le silence est le meilleur reflet de notre état de forme. Les paysages sont magnifiques, j’aime particulièrement l’ambiance des forêts, même si elles sont un peu trop rangées à mon goût. Parfois, je creuse l’écart avec Plouis, qui me rattrape à la prochaine mini-pause. Je suis étonné que malgré son état, il soit plus vigilant que moi pour trouver le bon chemin.

Nous espérons atteindre le col du Bonhomme le soir même, mais petit à petit, cela ne semble plus être du domaine du possible. Or, mon compagnon frileux doit être récupéré le lendemain matin au Col à 9h. Sauf si il se fait chercher avant…

J’ai peur de subir des reproches de la part des Offices de Tourismes du coin, mais je dois encore une fois vous parler d’un autre démon qui sévit dans les Vosges. Un démon particulièrement attachant. Telle une graine discrète, il grandit à grande vitesse dans un coin de l’esprit. L’esprit de Plouis pour être précis.

On regarde la carte. Plouis peine pour avancer. Où peut-il être cherché ? Je tente de le motiver, il me répond élégamment :

“Quelqu’un de sage m’a dit un jour qu’on donne les conseils qu’on aimerait entendre.”

Je me tais, maudissant la débilité profonde de la philosophie de comptoir.

Arrivé au col de Sainte-Marie-aux-Mines, 75km / 2800m+, on se sépare, afin qu’il puisse retrouver la civilisation, sa femme, un bain, un repas chaud et un lit respectable. La civilisation, ça n’a jamais été mon truc, je continue. Non mais.

Le soleil qui descend petit à petit me redonne de l’énergie, et je me mens à moi-même en me promettant qu’après cette montée, je m’arrête. Je me fais avoir pendant plusieurs montées, et j’arrive à l’Arbre de la Liberté, après la Tête du Violu. Un magnifique refuge non gardé semble m’attendre. Sur un panneau, il est écrit que le Champ du Feu est à 12h (nous avons dû quitter cet endroit il y a 8h environ). Parfait, je mérite bien de me reposer et en plus, j’ai un toit au-dessus de la tête.

L'arbre de la liberté, un refuge pour la nuit

Une mezzanine, avec des araignées à moins d’un mètre au-dessus de moi. Il n’y a aucune raison que je monte au plafond. Donc, elles n’ont aucune raison d’en descendre. Chaque chose à sa place. Je me prépare, trouve un magazine altermondialiste fort intéressant. Avant l’extinction des feux, je regarde l’heure.

18h30.
Il n’y a pas à dire, la marche, ça use. L’idée de repartir pour grappiller encore une heure ou deux me traverse l’esprit. Mais je ne suis pas homme à se laisser mener par ses impulsions. Je me promets de me lever tôt, et mets mes pieds au même niveau que ma tête pour une bonne nuit de sommeil.
Mes jambes sont lourdes. Les soulever pour changer de position me demande beaucoup d’énergie. Et mon genou droit semble hésiter : ai-je mal à droite du genou, ou à gauche ?

Je m’endors, rêvant qu’une équipe de chantier vient détruire la maison tout entourée d’un lac gelé.

3 septembre, 7h. Un brouillard épais a pris possession de la montagne. Je repars confiant, des jambes moyennement légères, un genou droit encore en pleine réflexion. Par moment, la visibilité ne dépasse pas les dix mètres, mais cela me permet de croiser des chevreuils, et même, chance, un chamois. Petit privilège des lève-tôt non sensibles à la météo.

Le manque de visibilité n’aide pas à trouver le chemin, et les travaux forestiers non plus. Face à un énorme panneau “interdit, travaux forestiers”, je prends deux minutes pour évaluer la situation.

Je n’ai pas assez de mobilité pour faire du hors-pistes. Je pourrais, malgré le panneau m’aventurer sur le chemin fermé mais … CRAAAAC… un énorme bruit retentit. J’imagine sans peine l’arbre d’une centaine d’années qui tombe fatalement. Non, je ne vais pas aller par là. Il ne me reste qu’une solution : allumer le GPS, faire un détour et retrouver le chemin un peu plus tard. Oui, en longeant une route un peu plus bas, c’est possible.

Ainsi, j’ai pu atteindre le Col du Bonhomme : 86km et 3350m+.

Et puis, le Col du Lac Blanc : 93km et 3670m+.
Une idée me vient à l’esprit. Démon perfide ou ange salvateur ?

Je commence à douter de pouvoir aller jusqu’à Belfort. Car mon genou droit est toujours tiraillé d’un côté et de l’autre. Il y aurait des tendons pas contents, cela ne m’étonnerait pas. Mon pied droit râle aussi. Je soupçonne les sandales. Je pourrais atteindre le Col de la Schlucht, puis redescendre sur Munster où vivent mes parents. Pour une première tentative, faire 3 jour sur 5, un peu plus que la moitié, c’est honorable.

Et si c’était une excuse ? Et si je ne voulais qu’un peu de confort ?

Lors du Marathon du Vignoble 2018, au bout du deuxième km, je ressentais déjà une gêne, puis une douleur à l’extérieur du genou droit. Je m’étais dit : je vais jusqu’au bout. Je concentrais mon attention pour entrer dans un état semi-méditatif et continuais malgré tout. Arrivé au 21ème km, je m’étais arrêté, forcé de remarquer que mon corps ne faisait pas de caprices, mais qu’il s’agissait bien d’un souci biomécanique. Une matinée passée aux urgences le lendemain l’avait confirmé. Il s’agit de ne pas refaire la même erreur.

Je n’ai qu’à continuer jusqu’au Col de la Schlucht, et prendre une décision à ce moment-là.

Évidemment, la décision était déjà prise. Mais je voulais au moins croire que mon corps pourrait vouloir changer d’avis.

Arrivé au Col de la Schlucht, 105km et 4100m+. Un petit doute est encore présent : je pourrais continuer. Après une bonne nuit de sommeil, je pourrais repartir les muscles et surtout les tendons reposés. Je décide finalement de rentrer. Et rentrer, cela signifie marcher encore 13km avec 765m-. Et la descente, ce n’est pas le plus moral-friendly.

Poco a poco, je me rapproche de la maison. À 4km, je m’assieds en mangeant une pomme fraichement cueillie. C’est déjà la fin de l’aventure. Ai-je arrêté trop tôt ? Je vis sans regret. Et c’est trop tôt pour analyser. Mais quand même…

Une bonne petite pause de 10 minutes, en mâchant avec gratitude cette pomme. De retour à la civilisation. Les gens me regardent d’un air un peu méfiant dans le village. Qu’est-ce que c’est comme vagabond, celui-là…

Je me relève pour marcher la petite heure qu’il me reste. Je me relève. J’essaie de me relever. Je suis relevé. Je pose mon pied droit par terre. J’ai une douleur à la voûte plantaire du coté gauche, au sommet de l’arche. J’ai une douleur à l’extérieur du pied, une douleur au genou à l’intérieur, et une autre à l’extérieur.

J’ai bien fait de prendre la décision de rentrer.
Et l’aventure n’est pas encore finie. Je dois réussir à avancer sans trop m’abimer.

J’arrive à la maison. Mon périple aura fait en tout 118km et 4150m+, en trois jours.

Pendant quelques jours, la marche fut difficile.

Cela fait quelques années que je ne porte que des chaussures minimalistes – donc plates, avec de la place pour mes orteils. Mes pieds se sont habitués et prennent petit à petit une forme non contrainte par des chaussures. Le fait de revenir à des chaussures un peu moins respectueuses de la physiologie de mes pieds a apparemment sur-sollicité certains tendons. Et comme j’ai un côté droit dont les muscles sont plus courts, c’est lui qui a payé la facture…

Place à la vie Cévenol !Nous sommes aujourd’hui le 18 septembre 2018.
Il est temps de quitter la terrasse. J’ai pu reprendre toutes mes activités, même la course pieds nus. Je suis comme un ancien fumeur, qui a voulu réessayer juste une fois, pour voir ce que ça fait. Eh bien, je vous le dis, les chaussures qui n’ont pas la forme de mes pieds, ce n’est pas pour moi !

Cette expérience est 100 % bénéfique pour moi. J’ai pu faire toute la partie de la balade que je ne connaissais pas. J’ai fait trois jours de marche intense. J’ai appris à gérer plus finement mon alimentation. Je compte retenter la Traversée en marchant au printemps 2019. Pour ainsi, en septembre 2019, améliorer mon temps, et passer sur 4 jours.
Enfin, ça, c’est si je ne suis pas envoyé à l’autre bout du monde pour l’Aïkido.

Maintenant, place à la vie cévenole.

Merci d’avoir lu ce récit.
Un petit commentaire, un petit partage, c’est comme un sourire sur un sentier, cela ne coûte rien, mais ça me touche 😉

Cliquez ici pour retrouver l’article sur la préparation de la 1ère Traversée des Vosges.

Hagakure : 1ère Traversée des Vosges, la préparation !

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Vous connaissez mon projet fou : pouvoir traverser les Vosges en courant d’ici 2023. Les motivations du projet sont expliquées dans l’article être l’aventurier de sa vie. Il s’agit de réaliser un ensemble de petits défis chaque année, à chaque fois avec la traversée comme repère.…

Florian Gomet : Coureur et Aventurier, le tout en jeûnant !

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Florian Gomet : souvent pieds nus… Il y a des êtres extraordinaires qui font des choses extraordinaires. Des êtres ordinaires qui font des choses extraordinaires. Dès lors, la question reste en suspens : naît-on extraordinaire ? Peut-on naître ordinaire et devenir extraordinaire ? Sommes-nous prédestinés…

Hagakure : Être l’Aventurier de sa propre Vie

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Aventurier ? Hagakure ?

Qui n’a jamais rêvé, étant petit, ado, ou même adulte, de devenir un héros, un aventurier, un explorateur…? Bref, d’être quelqu’un d’exceptionnel, de sortir de la banalité, de la routine, du monsieur et madame Tout le monde : métro / Boulot / Dodo ?

L’imaginaire est omniprésent dans l’enfance, pour petit à petit se rétrécir vers des idées (et idéaux) à l’adolescence, et enfin pour être bien souvent muselé à l’âge adulte.

Et pourtant…

Et pourtant, l’imaginaire peut être un outil pour traduire un idéal en une suite d’actions concrètes. Pour partir d’une situation rêvée et fantasmée, pour retrouver la réalité, puis repartir vers ce futur irréaliste, et ainsi, à force d’allers-retours, mettre en place une feuille de route.

Autrement dit, l’imaginaire peut permettre à tout un chacun de réaliser ses rêves, en balisant le futur d’étapes nécessaires pour devenir celui qu’on souhaite être.

Même le plus grand voyage commence par un petit pas.

Donc, synthétisons.

Situation initiale -> Rêve -> Volonté -> Écriture du scénario de sa Vie.

C’est quand même vachement cool et excitant l’imaginaire, non ?

Quand même, les aventuriers, ils ont trop de la chance

Revenu de la superbe conférence de Stéphane Brogniart (c’est par là pour découvrir la puissance de ce type ), je ne peux que me laisser rêver à ce qu’il va vivre à travers son projet ETARCOS : une suite de défis, de 2018 à 2023, qui l’amènera à traverser le Pacifique à la rame en solitaire. C’est pour lui le moyen d’aller plus loin que le trail, la manière de passer de traileur à aventurier. Lorsque Stéphane parlait de ses motivations profondes (son cloud, comme il l’appelle) pendant la conférence, ma compagne m’écrivait sur mon cahier de prises de notes :

N’écoute pas, fuyons !

Si elle savait à quel point elle avait raison. Oui, fuyons, car elle sait bien que je me laisse facilement embarquer dans les projets les plus fous, me régalant de rêver d’un objectif lointain, et à vrai dire, ce que j’apprécie le plus, c’est bien le chemin pour tenter de m’approcher de cet objectif, plus que l’objectif en lui-même.

Mais je suis un homme, moi, madame. Je ne vais pas fuir devant l’appel de l’Aventure. Ah, ça non. Et comme elle n’est pas du genre non plus à fuir, je sais qu’elle me soutiendra, quoi qu’il arrive, dans mes élucubrations.

Stéphane Brogniart a son ETARCOS ? Soit. J’aurais le mien.

Je décide d’utiliser la dynamique du vosgien (oui, Stéphane est vosgien, impossible de l’ignorer) pour la faire mienne.

Mon ETARCOS à moi

Un parcours de référence : La Traversée des Vosges, d’Abreschviller à Belfort : 210 km et 7700 m de dénivelé positif. Tracé par Stéphane lui-même, en 2016.

Chaque année, courant septembre, je ferai cette traversée. Ce sera mon point de repère. L’occasion de mesurer objectivement mon avancement.
5 ans pour passer de la 1ère Traversée des Vosges en marchant (septembre 2018) à la 6ème Traversée en courant (Stéphane l’a fait en 31h07, le record actuel est à 29h33 par Romain Sophys en mai 2018).

Mais aussi, un ensemble de petits défis qui viendront ponctuer ces 5 ans, enrichissant ma pratique du trail : routine quotidienne, coaching, formation, interviewer Stéphane, course…

Ce qui compte avant tout, c’est l’état d’esprit :

Tester, expérimenter, connaître et comprendre ce qui fonctionne pour moi.

L’objectif ultime est de développer ma propre méthode d’entraînement, petit à petit, et non pas de suivre bêtement ce que je peux lire dans les magazines ou sur internet…

ETARCOS, c’est tout simplement Socrate à l’envers, personnage emblématique du roman initiatique Le Guerrier Pacifique de Dan Millman (je vous le recommande !).

Pour ma part, ce sera…

葉隠 L’Hagakure

Signifie littéralement : caché sous les feuilles. N’est-ce pas approprié pour un traileur ?

C’est le nom d’un guide pour samouraï, écrit par un ermite au XVIIIème siècle. L’Hagakure devait servir de méthode secrète pour guider les jeunes aspirants.

 

Infographie Hagakure, mon ETARCOS a moi

Pourquoi je peux réussir ?

Vous pouvez retrouver mon histoire sur cette page.

Après avoir vécu une période intensive d’élève interne (Uchi-Deshi ) pendant 5 mois dans deux dojos d’Aïkido (un art martial traditionnel d’origine japonaise) au Mexique et aux États-Unis, je ne voulais pas revenir à une vie classique. Vie d’ailleurs que je n’ai jamais supporté bien longtemps. J’ai toujours cherché l’aventure, dans des domaines aussi éloignés que le jeu d’échecs, les méthodes de bien-être corporel, les arts martiaux, la musique, l’informatique, l’animation auprès d’enfants, le théâtre, les communautés, la botanique…

Si cette expérience d’élève interne ne fut pas une réussite en terme de progression martiale, il y a au moins une chose qui s’est définitivement fixée : je veux que mon quotidien soit au service de ma vie, et non au service d’obligations subies. Je veux choisir mes contraintes.

Je ne peux pas redémarrer ma vie, mais je peux décider comment je vais utiliser le temps que j’ai à ma disposition.

Choix d’un mode de vie léger, minimaliste et mobile, où je pourrai mener mes expériences sur mon corps. Je vis donc en van aménagé avec ma compagne depuis mars 2018. Cela me permet de passer beaucoup de temps dehors, et d’organiser mes journées comme je le souhaite. Je m’entraîne donc tous les jours, à travers différents mouvements et exercices que je sélectionne au fur et à mesure de mes expérimentations.

Autant que possible, je reste près des Vosges du côté alsacien, donc un terrain idéal pour le trail.

Mes bases en art martiaux et dans le domaine du bien-être me donnent une sensibilité et un goût de l’effort. Je sais qu’il n’y a pas de coupure entre le corps purement physique, et un mental déconnecté. C’est au contraire une seule et même entité.

Pourquoi je peux ne pas réussir ?

Vous pouvez retrouver mon histoire sur cette page.

Je suis né avec un côté droit particulier. Des muscles à droite plus courts, surtout les ischio jambiers. Délicat, lorsqu’il s’agit de courir pendant plusieurs heures, non ? La différence de longueur est subtile, mais se répercute sur tout le corps. Si dans la vie quotidienne, cela ne me pose pas de problème, dans le cas de mouvements précis, cela peut simplement rendre le mouvement impossible.

Cela peut-il m’empêcher de courir des ultra-trails ? Je l’ignore. Mais je compte bien le découvrir. Et si tel est le cas, comprendre pourquoi, pour pouvoir tout de même le faire.

Mon expérience en Aïkido ne m’a pas renforcé le mental, comme on pourrait s’y attendre. Au contraire, cela m’a ouvert à beaucoup de doutes, voire de peurs, sur moi-même. Suis-je capable ? Est-ce la méthode qui est mauvaise, ou est-ce simplement moi qui ne suis pas “fait pour ça” ?

“Fait pour ça”, quelle expression étrange !

Si j’arrive effectivement à faire de grandes choses à travers ce défi Hagakure, cela permettra de montrer que si je peux le faire, alors chacun doit pouvoir le faire.

Si j’arrive à trouver ce potentiel invisible, alors chacun doit pouvoir le trouver et l’exploiter.

Mon corps est un laboratoire, dont je suis non pas le cobaye, mais le laborantin.

Alors, me suivrez-vous dans cette aventure Hagakure ?
Avez-vous, vous aussi, un projet fou ?

Dites-le dans les commentaires !

Si vous ne connaissez pas Stéphane, vous pouvez le découvrir à travers cet article : Devenir Champion du Monde de mon Monde.
Le projet qui a inspiré l’Hagakure : ETARCOS.