Sébastien Spehler : Courir a toujours été important pour moi

Sommes-nous faits pour courir ? En tout cas, Sébastien, il semblerait que oui ! Petite entrevue avec un bonhomme qui défend les couleurs d’Alsace un peu partout.

Vous voulez courir au même niveau que lui ? Entraînement, entraînement, entraînement… Autre chose ?

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Bonjour Sébastien Spehler, merci de consacrer du temps à CourirUnTrail. Tu es la gloire de l’Alsace dans le monde du Trail ! Tu as été champion du monde de Canicross, et champion de France de Trail long, entre autres. Aujourd’hui, à presque 31 ans, ton palmarès est plus que respectable. Tu es aussi coach pour les athlètes. J’ai lu que tu avais fait ta première course à 6ans. Qu’est devenu le petit Sébastien ? Pourquoi court-il ?

Sébastien Spehler :
Tout simplement, je pense que c’est une continuité dans ma vie. J’ai commencé très jeune, un peu par hasard, car il y avait un président de club, Jean Ritzenthaler, qui habitait dans mon village et qui m’a mis à la course à pied. Je me suis rapidement inscrit dans un club d’athlétisme, puis je suis arrivé à la compétition par le cross et la piste, un peu plus tard, du 10km et enfin de la course en montagne.

C’était assez logique ?

Sébastien Spehler :
Oui. Il y a plein de jeunes qui courent puis arrêtent. Moi, j’ai continué, car j’aime bien ça. Ça a toujours été quelque chose d’important pour moi.

Quelle est ta routine d’entraînement ?

Sébastien Spehler :
Je n’ai pas particulièrement de routine, puisque j’ai des objectifs différents tout au long de l’année. Je m’entraîne de 4 à 8 fois par semaine. C’est très varié. Je suis un coureur assez polyvalent, je pense, mon entraînement est donc plutôt polyvalent.

Combien d’heures par semaines ?

Sébastien Spehler :
Entre 10 et 15 heures.

Comment gères-tu la vie de famille et les amis ? Ça ne doit pas être facile, tout en plaçant les entraînements.

Sébastien Spehler :
Oui, c’est sûr, ce n’est pas facile. Mais c’est une habitude. Et mon entourage sait ce que je fais. Il faut pouvoir se dégager du temps, bien s’organiser.

Sur ton site internet, tu parles de ton enfance plutôt rude et compliquée. Quand as-tu eu ton premier chien et qu’est-ce que cette relation t’a apporté ?

Sébastien Spehler :
J’ai eu un premier chien à 6ans, offert par ma grand-mère. Pour moi, c’était un ami, en quelque sorte.

Tu as eu un chien avant d’entrer dans l’armée en tant que maître-chien, alors ?

Sébastien Spehler :
Oui, j’ai eu des chiens toute ma vie.

Quand as-tu commencé à faire du cani-cross ?

Sébastien Spehler :
Beaucoup plus tard, à 19ans à l’armée. C’était la méthode d’entraînement pour entretenir le physique des chiens. Ça me plaisait beaucoup. J’aime bien les chiens et la course à pied. Donc ça permet d’associer les deux.

En tant que maître-chien, qu’est-ce que tu aimais le plus dans ce métier, et le moins ?

Sébastien Spehler :
Très honnêtement, je n’ai pas de très bons souvenirs de l’armée. J’aimais bien, car on faisait beaucoup de sport. Mais sinon, je m’ennuyais pas mal.Sébastien Spehler aux Templiers

Tu ne l’as pas gardé particulièrement dans ton cœur ?

Sébastien Spehler :
J’ai des bons souvenirs, bien sûr, comme les classes. Mais une fois que tu es dans les sections, c’est très cool…

Qu’est-ce qui différencie un trail d’un cani-trail, pour toi ?

Sébastien Spehler :
Je dirai que le cani-trail, on le vit avec son chien, donc il faut s’adapter par rapport à lui. Il va avoir rapidement soif, il n’a pas de camelbak avec lui ! On a la responsabilité du chien.

Les sensations avec le chien sont différentes ? On peut aller plus vite en descente ?

Sébastien Spehler :
Oui, bien sûr, même sur du plat. Avec un bon chien, on est tracté très fort. Un effet de survitesse énorme… Ce sont des sensations que j’ai beaucoup aimées en cani-cross puisque j’aime bien aller vite. C’est super intéressant.

Tu prépares différemment un trail par rapport à un cani-cross ?

Sébastien Spehler :
Oui, les épreuves de cani-cross restent des épreuves courtes, basées essentiellement sur la vitesse. Ce que je fais actuellement, ce sont des épreuves d’endurance. Ça n’a rien pas grand-chose à voir.

Imaginons que je souhaite te battre sur un prochain trail. Comment je dois m’y prendre ?

Sébastien Spehler :
Déjà, l’entraînement. Et la volonté. Je trouve que la course à pied est un sport très complexe, et j’apprécie cette dimension-là. Les gens pensent qu’on va juste faire un footing. Mais c’est très complexe : la partie mentale, la partie physique… Je pense que je ne néglige pas grand-chose de tout ça. Donc si on veut me battre, il faut être préparé.

Pas de secrets, de petits trucs ?

Sébastien Spehler :
Je ne me trouve pas plus fort qu’un autre. Je sais juste ce que je fais à l’entraînement, et tout vient de là. Si j’arrête de courir, je serai rapidement plus très fort.

Tu fais de l’entraînement croisé ?

Sébastien Spehler :
Oui. Pas mal de vélo. J’aime bien et il y a beaucoup de points positifs. Déjà, de varier, ce qui fait du bien du point de vue du mental, quand on s’entraîne beaucoup. Et ça permet de travailler différemment, de se renforcer musculairement, et faire des sorties longues un peu plus facile et moins éprouvante qu’à pied.

Tu recommandes le vélo à tes coachés ?

Sébastien Spehler :
Oui, s’ils ont un vélo. Au moins une sortie par semaine à vélo.

Tu entraînes tout niveau ?

Sébastien Spehler :
Oui, et même plus des coureurs lambdas que des athlètes de haut niveau. C’est tout aussi plaisant, en fin de compte. Pour moi, le niveau importe peu. Ce qui compte, c’est la volonté de la personne de respecter le plan et à aller s’entraîner.

L’aspect mental est important ?

Sébastien Spehler :
Oui, sur un trail, c’est très important. Sur une épreuve, ce qui va faire beaucoup la différence, c’est jusqu’où on accepte la douleur et jusqu’où on est prêt à aller. Sur un trail de 50 ou 80 bornes, on sera de toute manière fatigué, qu’on le fasse à un petit ou à un gros rythme. Après, c’est donc juste une question de mental : jusqu’à où on a envie de se faire mal ?

Tu as des exercices spécifiques pour le mental ?

Sébastien Spehler :
Non. Ça se fait au fur et à mesure pendant l’entraînement. Avec des séances de fractionnées, où ce n’est que ça : chercher plus loin. Je ne fais rien de particulier. Je pense que c’est une question de caractère aussi.

Quels sont les choix qui ont fait de toi ce que tu es devenu ?

Sébastien Spehler :
C’est compliqué à résumer. À partir d’un certain âge, je me suis beaucoup écouté, même si on pensait parfois que c’était de la folie. Je me suis écouté sans prendre en compte l’avis des autres à certains moments, et c’est ce qui a fait que je suis devenu ce que je suis aujourd’hui.

Le pire conseil que tu as entendu ?

Sébastien Spehler :
En course à pied, il y en a plusieurs qu’on peut entendre un peu partout. Toujours s’entraîner plus. Le hashtag No pain no gain. Il y a plusieurs sens à ça, et il y a aussi du très mauvais dedans.

Par rapport à l’entraînement invisible – le repos, l’alimentation – tu as une posture particulière ?

Sébastien Spehler :
Non. En trail, on brûle beaucoup de calories, donc on peut manger un peu plus. Je ne fais pas extrêmement attention. Mais je trouve que je mange sainement, sans me priver. Je pense que tout le monde sait comment bien manger, il faut juste le faire. En trail, on a le privilège de pouvoir faire quelques excès de temps en temps, vu les sorties que l’on fait. Après, c’est un mode de vie sain, et c’est comme ça que je fonctionne. Parfois, les gens pensent que je me sacrifie beaucoup. En réalité, je ne me sacrifie pas. C’est ma manière de vivre. Et si je ne faisais pas de sport, je vivrais un peu près de la même manière, je pense.

Si tu pouvais te rencontrer quand tu avais 20 ans, quels conseils te donnerais-tu ?

Sébastien Spehler :
De m’écouter.

C’est plus ou moins ce que tu as fait.

Sébastien Spehler :
Oui… mais un peu plus tard. J’ai perdu un peu de temps !

Est-ce qu’il y a quelque chose que les autres considèrent comme une folie ?

Sébastien Spehler :
Plusieurs aspects. Si on ne parle pas que de sport, je pense que dans la vie de tous les jours, les gens ont parfois des principes un peu dépassés. Quand j’avais dit que je voulais vivre à mon compte avec le sport, on me prenait pour un fou. Maintenant, j’ai réussi.

Professionnellement, tu ne fais que ça ?

Sébastien Spehler :
Oui, je suis athlète et coach sportif. Les deux me suffisent pour vivre.

3 mots qui animent ta vie ?

Sébastien Spehler :
Bien sûr.
Le respect. Ça me tient beaucoup à cœur.
Le dépassement de soi.
La volonté de bien faire, de travailler.

Ce sont des mots qui t’accompagnent depuis longtemps ?

Sébastien Spehler :
Oui, depuis toujours. Surtout le respect, cela me tient beaucoup à coeur.

Tes prochains projets ?

Sébastien Spehler :
Dans 10 jours, je vais partir aux États-Unis pour une course.
Et en fin de compte, durer le plus longtemps possible dans la course à pied. Gagner quelques courses, c’est bien, mais gagner pendant longtemps, c’est mieux. Ce n’est même pas une question de fierté ou de palmarès. Je trouve que cela montre qu’on a bien fait les choses, car on ne s’est pas blessé et qu’on a toujours envie. Je trouve que c’est chouette de pouvoir durer longtemps.

C’est quoi longtemps ? Jusqu’à quel âge tu voudrais être dans le haut du classement ?

Sébastien Spehler :
Au moins jusqu’à l’âge de 40 ans.

Tu as des exemples d’athlètes qui ont duré jusqu’à l’âge de 40 ans ?

Sébastien Spehler :
C’est compliqué, car ils n’ont pas commencé au même âge que moi. Donc, pas réellement, puisqu’ils ont commencé plus tard. Mais il y a des athlètes de 40 ans qui courent encore très bien. Je pense à Ludo Pommeret, à Cédric Fleureton, ces gens-là…

Tu penses que pour toi, c’est un avantage d’avoir commencé si jeune ?

Sébastien Spehler :
C’est de l’expérience en plus. À force, je me connais beaucoup. Il y a des situations de courses que j’ai déjà rencontrées beaucoup de fois. Quelqu’un qui débute ou n’en fait que depuis 3, 4 ou 5 ans n’a pas forcément rencontré. Même ce que j’ai fait sur piste ou en cross étant jeune, c’est du plus en trail.

Quel est ton meilleur souvenir en course ?

Sébastien Spehler :
Je dirai que c’est mon premier grand trail : Lavaredo UltraTrail que j’avais remporté à la grande surprise. Une superbe ambiance, avec les Italiens qui me criaient : Forza ! De magnifiques paysages aussi…

Un livre ou un film à conseiller ?

Sébastien Spehler :
Je lis très peu. Les films, il y en a plein… Je ne vais pas répondre bêtement Forest Gump, car ce n’est pas le meilleur film. J’aime beaucoup les films sur la guerre, je ne sais pas pourquoi. Je n’ai pas de titre qui me vient spontanément à l’esprit.

Comment nourris-tu ta motivation ? Parfois, où tu te lèves et tu te dis : là, je n’ai pas envie d’aller courir.

Sébastien Spehler :
Non, ça va. Il y a des périodes plus compliquées, principalement en hiver, quand il y a une mauvaise météo. Mais au retour du printemps et quand il fait bon, il n’y a vraiment aucun souci pour aller m’entraîner.

Oui, ça fait vraiment partie de ton mode de vie.

Sébastien Spehler :
Oui. Et puis, j’ai couru depuis toujours. Donc, il n’y a pas vraiment de souci là-dessus.

Depuis quand tu ne fais que ça professionnellement ?

Sébastien Spehler :
Depuis 2015, à 27 ans.

Et l’armée ?

Sébastien Spehler :
J’ai arrêté à l’âge de 21 ans.

Pour te suivre ?

Sébastien Spehler :
J’ai une page Facebook et Instagram. Et mon site internet.

Où on peut demander un coaching personnalisé qu’importe son niveau !

Oui, c’est ça !

Merci à toi.

Pour (essayer de) suivre Sébastien !

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